Slaughter High

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Il y a deux sortes de mauvaises blagues. Celles qui vous collent la migraine à force d’y rechercher le trait humoristique, souvent mieux planqué que la recette du Coca-Cola, comme celles d’Omar et Fred ou de la série Kaamelott. Et puis il y a celles qui consistent à pourrir la vie d’un pauvre gars en le défigurant, ce qui entraine généralement une farce en réponse, celle de la victime, qui pour l’occasion va décimer toute une bande de jeunes cons. Coup de bol pour nous, on évitera le service après-vente pas drôle pour la deuxième option.

 

Qu’est-ce qui ressemble plus à un slasher des années quatre-vingt qu’un autre slasher des années quatre-vingt ? Rien, si ce n’est peut-être les clips de R’n’B que se complait à diffuser MTV et qui maîtrisent fort bien l’art du copier-coller. Mais dans le petit monde de l’horreur sur pellicule, c’est clairement le genre popularisé par Halloween qui peut se targuer d’être le fier représentant de la stagnation. Un meurtrier, un lieu unique, une nuit, des jeunes, des meurtres, des nichons et du gore. Les Tables de la Loi du style, l’abécédaire, la recette de grand-mère dont on ne peut dévier. A raison d’ailleurs puisque les quelques brebis égarées qui ont tenté le dangereux exercice de l’écart en sont rarement revenues grandies. Le slasher, plus il est simple, meilleur il est. Un sous-genre qui n’est définitivement pas fait pour s’embarrasser d’une quelconque considération auteurisante, voire même artistique, se contentant bien souvent de son image de plaisir hédoniste qui offre au goreux ce qu’il est en droit d’attendre: des boobs et du blood. Grandes pourvoyeuses de psychokillers furibards, les eighties constituent toujours le réservoir favori des amoureux du genre, qui trouvent généralement les avatars des 90’s trop propres sur eux tandis que les années 2000 sortaient plus volontiers des productions zédeuses rarement heureuses… C’est qu’il est difficile de citer des slashers modernes totalement réussis, et pour quelques Cold Prey, Dark Clown ou Gutterballs, combien de tristes Fanatique, Murders loves Killers too et autres Burger Kill ? Alors que si vous vous téléporter devant un rayon de vidéoclub d’il y a trente piges, vous serez servis en slashers qui arrachent, noyés que vous serez entre les excellents Carnage, Rosemary’s Killer, The Slayer et autres Massacres dans le Train fantôme. Suffisait de se baisser pour en remonter une dizaine! Bien évidemment, il y avait aussi quelques ambassadeurs du style moins talentueux, quelques daubes réalisées rapidement pour ne pas louper la vague. Et le Slaughter High qui nous réunit en ce beau jour est parfois rattaché aux échecs du style, se faisant par exemple traiter de purge dans l’article de Jean-Baptiste Herment publié dans le hors-série de Mad Movies sur le genre. Ce qui est très rude puisque ce film qui revient sur les bancs d’école est au contraire l’un des plus agréables carnages adolescent de son époque.

 

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La raison de la sortie de ce Slaughter High en 1986 n’est cependant pas due à une volonté de créer un chef-d’œuvre pur et simple et il est bien évident que les producteur Stephen Minasian et Dick Randall (duo derrière Pieces ou Don’t Open Till Christmas, disponibles en DVD chez Uncut Movies) désiraient surtout continuer leur route tracée dans le cinéma d’exploitation en pondant une nouvelle bande singeant Vendredi 13. C’est donc dans cette optique qu’ils embaucheront un trio de débutants qui tiendront la caméra et emballeront leur nouveau massacre, à savoir Peter Mackenzie Litten, George Dugdale et Mark Ezra, ce dernier étant le seul à avoir perduré dans le milieu, continuant à bosser sur des petits budgets. Notons tout de même que Dugdale est généralement celui qui est considéré comme le véritable metteur en scène de la chose, les deux autres étant quelques fois occultés des crédits. Un chanceux par ailleurs, le George, puisqu’il était l’époux de la miss Caroline Munro, que je ne vous présente plus, ce qui par ailleurs aidera sans doute à amener la belle anglaise sur les plateaux du film, quand bien même elle précise en interview qu’elle ne pensait pas obtenir le rôle malgré l’implication de son mari. Et plutôt franche, elle avoue dans le même temps qu’elle pensait que le résultat ne serait pas brillant en découvrant le peu de temps et de moyens dont disposait l’équipe, avant d’ajouter qu’elle fut agréablement surprise lorsqu’elle découvrit le film, qui fonctionne toujours bien selon ses dires. On ne la contredira pas puisque nous avons là un slasher typique de l’époque qui peut se vanter de perpétuer la tradition de la plus belle des manières, notamment en prenant pour base une fête. Puisque Michael Myers s’occupe du 31 octobre, que Jason a réservé les vendredi 13, que la saint Valentin est prise par un adepte du coup de pioche et que les fêtes de fin d’année sont déjà gâchées par toute une troupe de sadiques (Black Christmas, Douce Nuit Sanglante Nuit, Christmas Evil et j’en passe), c’est le soi-disant plus rigolo 1er avril qui est choisi pour donner de la couleur à cette série B. Mais manque de bol, le film qui devait à l’origine s’appeler April Fool’s Day (que l’on appelle chez nous le « poisson d’avril » mais qui signifie en fait « le jour des fous ») devra changer de titre suite à la sortie la même année, 1986, d’un slasher du même nom (et qui chez nous sera renommé Week-end de Terreur). Après une petite retouche qui permettra au film d’être connu sous le nom Slaughter High, le film peut enfin toucher l’Amérique, de petite manière cependant puisque sortant dans de très rares salles et ne fonctionnant pas aussi bien que prévu en VHS, marché qui attend pourtant ce genre de péloches avec les bras grands ouverts. Cela n’empêchera pas le film de continuer sa route ailleurs, comme au Japon où il a gardé le titre d’April Fool’s Day, ou en France où il mutera en Le Jour des Fous, traduction qui respecte donc le titre prévu à l’origine. Pour sa sortie en DVD en 2009 dans le catalogue de l’excellent éditeur Uncut Movies, c’est le titre Slaughter High qui sera privilégié, tout comme l’affiche d’origine qui laisse donc de coté cet espèce de zombie squelettique diplômé qui ornait nos VHS d’époque (mais aussi quelques VHS américaines et des DVD) et qui, à titre perso, me faisait bien rêver lorsque je la regardais dans la collection de mon père. Je ne vis pas la chose à l’époque mais je me suis bien rattrapé avec la galette d’Uncut Movies, qui affiche une copie très propre et donc particulièrement recommandée!

 

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L’histoire, elle est bien évidemment assez simple et prend donc place le premier avril. Pas de poisson mutant ou géant qui viendrait croquer les mauvais blagueurs, non, mais tout simplement la vengeance d’un intello du nom de Marty, un peu trop malmené par ses camarades de classe. C’est même un euphémisme puisque ce dernier en voit de toutes les couleurs: alors qu’il pensait pouvoir emballer la plus jolie gonzesse du bahut (et incarnée par Caroline Munro, qui se faisait donc ici passer pour une adolescente alors qu’elle avait 36 ans au compteur), il se retrouve piégé dans le vestiaire des filles et se retrouve avec la tête dans la cuvette des chiottes, le tout bien évidemment filmé par la dizaine de malotrus. Histoire d’en rajouter une couche, ils mettent des pétards dans une cigarette qui fait rire qu’ils lui offrent et trafiquent son travail de chimie. Résultat des courses: la salle de science s’enflamme et le pauvre Marty se ramasse un jet d’acide sur la gueule, ce qui lui donne la tronche de Double Face. Se promettant vengeance, il décide quelques années plus tard d’inviter ses anciens camarades de classe dans leur bahut, désormais bien vide et en voie de destruction, pour les convier à une petite fête. Et au menu, leurs morts. Un scénario plutôt classique dans l’ensemble, ce qui n’est de toute façon pas un gros problème lorsque l’on cause slasher, mais qui a le mérite de bien définir son assassin, que l’on découvre lorsqu’il n’était encore qu’un petit nerd inoffensif. Il sera d’ailleurs bien difficile de se prendre d’affection pour ses tortionnaires et de regretter qu’il se lance dans l’exercice de la vengeance vu l’acharnement dont ils font preuve à son encontre. Certains regretteront que le tout est un poil lent et il est vrai que la partie slasheresque prend son temps pour pointer le bout de sa lame tranchante. Mais c’est malheureusement un défaut fréquent des slasher et il serait idiot de reprocher un démarrage rampant à Slaughter High alors que Carnage, Vendredi 13 part.4 ou encore The Slayer, parmi d’autres, souffrent du même constat et n’en sont pas pour autant mal vus. De plus, cela sonne ici moins comme une tentative de gagner du temps pour atteindre les obligatoires 80 minutes qu’à l’accoutumée puisque cela développe et explique la rancœur de notre tueur, qui arbore un joli masque de Joker (celui des cartes, pas de Batman). Il y a même un petit coté Toxic Avenger dans ce récit, un sentiment renforcé par le jeu des acteurs, plus qu’outrancier. A leur décharge, les comédiens étaient anglais pour la majorité et devaient donc imiter l’accent ricain, ce qui ne facilite pas forcément la concentration sur leur jeu, qui s’en trouve très exagéré. Pas bien gênant cependant puisque le tout apporte un coté « cheesy » qui aura plutôt tendance à apporter un peu de bonne humeur dans cette première partie plutôt sombre, mais qui ne se prend pas au sérieux pour autant.

 

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D’ailleurs, le coté « campy » ou « cheesy », sans doute volontaire, est encore renforcé par une bande-son qui laisse songeur. Vous retrouverez dans ce Jour des Fous deux morceaux qui apparaissent plus qu’à leur tour et qui déploient une ambiance sonore fort particulière. Sorte de mélange entre un son de clavier bontempi atroce et du pop-rock peu inspiré (et c’est peu dire), ces deux « chansons » sont si ridicules et loupées qu’elles en deviennent drôles, une sorte de running gag qui grossit au fil du film puisqu’elles déboulent très fréquemment (je vous en offre une, tiens: le lien). Mais soyez rassurés, il y a aussi quelques gazouillis plus adaptés, notamment des plages qui sont clairement plagiées sur celles des Vendredi 13. Et pour cause, c’est Harry Manfredini qui s’occupe des platines, l’homme-orchestre ayant sans douté été embauché pour reproduire son score sans pour autant le ressortir à la note près. D’ailleurs, les clins d’œil à la saga Voorhees ne sont pas rares puisqu’il est fait mention du gros Jason et que l’une des têtes-à-claques porte un masque de hockey pour effrayer ces dames. Car il y a des faux sursauts en quantité, passages obligés et un peu énervants à longue, de tout slasher, mais nous oublierons bien vite ces fautes de goût puisque niveau meurtres, ça ne blague plus du tout. Ou plutôt si, ça blague, mais de manière noire. Les créateurs de Slaughter High se sont effectivement décarcassés pour imaginer des mises à mort originales et qui contiennent ce petit coté décalé qui rappellera que le tout se déroule un 1er avril. Certains pièges pourraient même rendre jaloux le Jigsaw de la saga populaire qu’il n’est point nécessaire de nommer: canette de bière qui renferme un produit chimique qui fait sauter les intestins du malheureux qui la vide, bain d’acide qui fait fondre une demoiselle, noyade dans une fosse septique ou encore électrocution d’un couple qui a forniqué sur le mauvais lit. De quoi changer un peu les habitués du genre qui auront autre-chose à se foutre sous les canines que les habituels coups de couteaux et affiliés, quand bien même quelques meurtres se la jouent plus classiques comme une hache dans la gueule ou un torse perforé par une épée. Marty est en tout cas un boogeyman plutôt en forme et n’a clairement rien à envier à ses modèles puisqu’il règle leur compte à une douzaine de glandus. Joli score pour un débutant…

 

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D’ailleurs, les glandus en question méritent bien leur sort, car en plus d’avoir été des tyrans quelques temps auparavant, ils sont aussi devenus très cons. Certes, quand on a un tueur aux trousses, on ne réagit pas toujours comme on le devrait, on prend parfois des mauvaises décisions. Mais tout de même, il y a des limites. L’Oscar de la connerie revient ainsi à l’une des brunes de la bande, qui décide d’aller prendre un bain alors qu’un fou éradique ses potes. Et je ne parle pas là d’une petite toilette pour se rafraichir mais bel et bien d’un pur bain, à poil (plan nichon offert, cela va de soi) et bien allongée, en prenant son temps. Et lorsque l’eau laisse la place à l’acide, la connasse ne pense pas à se tirer de la baignoire et tente au contraire de fermer le robinet, sans y parvenir bien évidemment. Y’en a qui cherchent leur mort, c’est moi qui vous le dis. Si le scénario ne rivalise pas toujours de bon sens et peine à insuffler un peu d’intelligence à ses personnages (même si tous ne réagissent pas comme des lobotomisés), il faut reconnaître qu’il prend tout de même des risques, dont celui de s’aliéner une partie du public. Et attention, ça va spoiler un brin ici, vous êtes donc prévenus et il n’est pas trop tard pour sauter au paragraphe suivant. Ca y est, y’a plus personne ? Bien! Le final donc, commence par lorgner un peu du coté du Maniac de Lustig en montrant les victimes se réveiller et attaquer Marty, qui comme vous vous en doutez est en plein délire. Mais là où certains vont tiquer, c’est lorsqu’on leur apprendra que tout le film, à l’exception de l’accident ayant défiguré le pauvre homme, était faux et n’était autre qu’un rêve de l’intéressé. Et oui, tout cela n’était que l’imagination d’un être tombé dans la démence et qui rumine sa vengeance au point d’imaginer toute une histoire dans laquelle il élimine ses ennemis, un à un. Le genre de retournement qui ne plaira pas à tout le monde mais vous pourrez vous consoler en vous disant qu’au fond, tout ce qu’il vient de penser, il risque fort de le réaliser… FIN DU SPOIL

 

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Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Slaughter High est plus soigné qu’il n’y parait et ne fait pas vraiment partie du troupeau de slasher sans imagination qui se contentaient d’une belle affiche et d’une mention « par les producteurs de… » pour écouler leur marchandise. On ressent ici une volonté de proposer une réalisation travaillée, qui propose de jolis plans, réfléchis, et tente quelques idées visuelles, comme les bras du tueur qui sortent d’un poster à son effigie. On en oublie même que les effets gore sont plutôt inégaux et que pour des viscères qui sortent d’un bide avec bonheur on doit aussi subir quelques effets trahissant la rudesse du budget. Mais qu’importe, nous en avons ici pour notre argent, ce qui n’est pas toujours le cas dans le genre, et on pourra même apprécier la performance hallucinée de Simon Scuddamore, notre petit revanchard de Marty. Il excelle ici lorsqu’il se met à menacer une pauvre Caroline Munro d’un javelot, montrant toute sa folie, éclatant dans un rire énervé et sardonique. Malheureusement, nous tenons ici le seul film à l’avoir accueilli, l’acteur s’étant suicidé peu de temps après le tournage, visiblement aussi instable que le personnage qu’il incarnait. De quoi rajouter à l’aura macabre qui habite déjà ce slasher entre deux eaux, qui accepte pleinement le coté désuet de l’ensemble et embrasse le coté « campy » du style tout en tentant d’apporter un peu de noirceur à l’ensemble, comme avait pu le faire le très bon The Slayer. Il n’y a donc pas de quoi se boucher le nez devant Slaughter High et les amoureux du genre peuvent bien passer sur la boutique d’Uncut Movies. Évidemment, les réfractaires aux films de psychokillers ne seront pas plus séduit par le style après la vision qu’avant, mais là n’était pas le propos. On peut en tout cas avoir envie de voir ce que le documentaire Don’t go to the reunion, qui revient sur l’expérience, a dans le ventre, en espérant que ses intestins nous éclabousseront eux aussi un jour.

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation : George Dugdale, Peter Mackenzie Litten, Mark Ezra
  • Scénario : Mark Ezra, Peter Litten
  • Production : Dick Randall, Stephen Minasian
  • Titres: Slaughter High (USA), Le Jour des Fous (France pour la VHS)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Caroline Munro, Simon Scuddamore, Carmine Iannaconne, Gary Martin
  • Année: 1986

4 comments to Slaughter High

  • M. Bizarre  says:

    Entièrement d’accord, et le Herment doit être un peu dans la lune pour le considérer comme une purge. Le film offre des morts quand même franchement osé comme cette fille qui « fond » littéralement dans le bain d’acide, où celle qui se noie dans une fosse sceptique, et montre une volonté de créer quelque chose d’un peu plus grandiose que les coups de couteau classiques et vite conçu.

    Le thème musical est totalement génial dans son genre et l’épilogue totalement fou est plutôt réjouissant (en plus de donner sens a quelques folies du scénario qui seraient improbable en réalité). Son seul « défaut » est selon moi SPOILER la mort inutile du sympa homme d’entretien, le seul a défendre ce pauvre Marty. L’acte le transforme en monstre et pour le coup il devient difficile de compatir avec lui. //

    Une chose a signaler aussi, le masque n’est pas juste celui d’un bouffon. C’est en fait un personnage théâtral européen que l’on retrouve sous divers nom (le Joker, Mr. Punch, Guignol) et qui sur scène brisait littéralement le 4ème mur pour déstabiliser le public. C’est un protagoniste anarchique qui n’obéit a aucune règle, tantôt gentil, tantôt monstrueux selon les histoires où il est employé.
    Et il est connu pour utiliser un bâton. Dans ce film, l’épilogue qui révèle que tout ça SPOILER n’est qu’un rêve, un fantasme de vengeance // correspond parfaitement au côté anarchique et briseur de règle, et dans le film Marty utilise une batte de baseball. En gros, Slaughter High n’est pas juste un slasher, c’est une adaptation de Mr. Punch / Guignol dans le thème du slasher des années 80.

    PS. Caroline Munroe y est super sexy, comme d’habitude.

  • Dirty Max 666  says:

    Encore une petite perle « campy » décryptée avec soin par notre gardien de la crypte ! Je me rends compte qu’il y a encore une flopée de slasher 80’s que je n’ai toujours pas vu, dont ce « Slaughter high ». Du coup, un tour chez Uncut Movies s’impose. Surtout s’il y a Caroline Munro dedans !

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