Rayon Action: Episode 3

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Rayon Action, Episode 3: la vengeance! Si les grosses pétoires, les katanas, les mâchoires carrées et les bombinettes ninjas vous manquaient, vous allez pouvoir en reprendre une grosse dose qui sent la poudre! Au menu: des ninjas hyperactifs qui frôlent la crise d’épilepsie, un JCVD qui se ressource au grand air et montre sa queue à des gamins, un Statham tristounet qui ne manquera pas pour autant de soulever la patte et des catcheurs qui se foutent à dos des mafieux violeurs! Autant vous dire que vous allez suer!

 

Ninja Condor 13

Ninja Condor 13! Rien que le titre, vous savez déjà que vous êtes placés entre de bonnes mains. Et ne vous en faites pas, il n’y a pas douze autres Ninja Condor, vous pouvez donc mettre les pieds dans le plat et vous dégueulassez les chaussures avec ce génial nanar placé sous le signe du ninja et qui rameute les artisans de ce sous-genre dégénéré. On a donc en réalisateur Wu Kuo Jen, planqué sous le pseudo James Wu, déjà réalisateur de Super Ninja, filmant sa « star » Alexander Lou, héros des deux Super Ninja, ainsi que Eugene Thomas, grand black croisé dans Mafia vs Ninja. Autant dire qu’ils restent en terrain connu et connaissent mieux que personne les techniques des nos cagoulés japonais, qui vont exploser ici dans un déluge de superpouvoirs à rendre jaloux les Pokémons de votre petit frère. Car dans Ninja Condor 13, ça se téléporte, ça joue la multiplication, ça creuse sous la terre, ça nage comme un castor et ça utilise des armes hilarantes (petit pot rouge explosif, avion télécommandé explosif lui aussi, les habituelles bombinettes qui font des fumées de toutes les couleurs). L’histoire ? On s’en fout de l’histoire, et les scénaristes (visiblement, c’est Godfrey Ho à la plume, ce qui rassure toujours) autant que nous! Oh, ils se débrouillent tout de même pour trouver un petit quelque-chose, une raison suffisante pour pousser nos héros déguisés à sortir leurs sabres et se mettre sur la gueule. On retrouve donc un certain Brian, jeune garçon qui se balade avec son père lorsque de vilains motards débarquent et écartèlent le papa, sans trop que l’on sache pourquoi. Heureusement, le flic Tyler passe par-là et réconforte le marmot. Les années passent (sans transition, Brian étant vu d’un plan à l’autre avec son supérieur qui lui dit « Ces hommes ont tué ton père », ce qui rappelle que le montage va être brutal) et notre jeune héros est désormais à la solde de Lucifer (ah ah), un chef ninja qui se verrait bien contrôler la région et détrôner la mafia locale. Mais voilà, Lucifer demande à Brian de tuer Tyler, mais notre héros, également appelé Aigle Blanc (c’était pas censé être un condor ?) refuse d’assassiner celui qui l’a aidé plus jeune. Ce qui n’empêche pas Lucifer de le faire tuer par ses sbires et tronçonner la femme de l’infortuné, enceinte, prouvant que c’est des méchants très vilains et pas gentils du tout. Mais la rébellion de Brian passe mal et Lucifer compte bien lui faire payer, envoyant ses troupes ninjas pour les tuer, lui et sa fiancée. Celle-ci succombe d’ailleurs à une bombe placée dans la voiture, poussant Brian à la vengeance. Il sera aidé par Eddy, grand black bagarreur, flic et frère de Tyler, qui lui aussi cherche vengeance.

 

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Il y a plusieurs types de nanars: les chiants pas très marrants qui restent agréables pour une ou deux scènes bien connes et ceux qui sont drôles tout du long. Par chance, Ninja Condor 13 est de ces derniers. C’est bien simple, cela ne s’arrête pour ainsi dire jamais, le film comptant facilement une bonne quinzaine, si ce n’est une vingtaine, de scènes d’action. Des combats à mains nues, bien sûr, qui en prime ne sont pas trop mal, car bien nerveux et avec quelques jolis mouvements (c’est pas du Jackie Chan non plus hein, vous vous en doutez), renforcés par des bruitages nanars et un montage hystérique qui n’hésite pas à accélérer les séquences jusqu’à l’excès. Et ce n’est rien face aux bastons de ninjas, comme si le déguisement rendait les personnages fous. Ils sautent dans les arbres, se téléportent, passent sous terre, font du moon-walk, le tout avec de nouveaux bruitages qui renforcent encore la folie qui inonde notre écran. Difficile de ne pas être abasourdi devant pareil spectacle, totalement autre et qui atteint un pic de nanardise rarement atteint, l’utilisation de mannequin en mousse étant en prime aussi fréquente que visible. Mais nos héros sont aussi des amateurs de grosses pétoires et l’on se tape un climax renvoyant le Commando avec Arnold à la maternelle. Si vous pensiez que le carnage explosif de la villa perpétré par John Matrix dans le petit classique des bourrins des années 80 était exagéré, vous n’avez encore rien vu. Car Ninja Condor 13 va bien plus loin, tuant une cinquantaine de personne en cinq minutes, dans un déluge d’explosions, un torrent de balles mitraillées dans tous les sens, dans une fureur totale. Erection obligatoire. Bien évidemment, il faut bien que nos héros se reposent un peu, mais deux minutes, pas plus. L’occasion d’apprécier des dialogues à la con, qui n’ennuient jamais puisque fort drôles, en grande partie grâce à Eddy qui est un personnage bien sympathique et peut sans problème porte la couronne du meilleur sidekick black. Autant dire que si vous aimez les ninjas, même modérément, vous ne pouvez pas passer à coté de cette tornade de n’importe quoi, qui ridiculise constamment ces nobles guerriers (combats sur une patinoire ou un manège, assassinat sous un matelas gonflable dans une piscine). Un indispensable du nanar qui te colle un sourire digne du Joker!

 

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  • Réalisation: Wu Kuo Jen (James Wu)
  • Scénarisation: Godfrey Ho
  • Titres: parfois appelé Ninja Condors
  • Pays: Chine
  • Acteurs: Alexander Lo Rei, Eugene Thomas, George Nicholas, Ehoud Pazy, Stuart Hugh, Timothy Johnson
  • Année: 1987

 

 

 

 

 

 

Cavale sans Issue

Dans le genre projet qui te fout une gaule à t’en péter le menton, Cavale sans Issue se pose là. Imaginez un peu: un film de Robert Harmon, qui est pour rappel le réalisateur du génialissime The Hitcher (et, quelques années plus tard, du très bon Highwaymen), avec Jean-Claude Van Damme en star. Comment ne pas aimer l’idée ? Impossible ! Ca commence d’ailleurs fort bien avec un JCVD taulard, muté vers une autre prison et que l’un de ses amis va aider à prendre la fuite, accident de fourgon musclé à l’appui. Mais dans l’échange de tir, le pote du belge se ramasse une balle qui l’envoie vers un monde meilleur, laissant notre héros, ancien braqueur pas bien méchant, seul dans la forêt. Il y rencontre Rosanna Arquette et ses mioches (dont Kieran Culkin, frère de Macaulay) qui ont de gros problèmes avec un promoteur qui veut les expulser pour raser leur petite ferme pour y construire son super projet à la con. Et pour ça, il est prêt à tout, y compris à engager un salaud (joué par l’excellent Ted Levine, le Buffalo Bill du Silence des Agneaux et le père de famille du remake de La Colline à des Yeux) qui n’hésite pas à user de la violence pour se faire entendre. Inacceptable pour Van Damme qui va bien évidemment venir en aide à la petite famille (et tringler madame, bien entendu, ça reste un Van Damme) et distribuer des sandwichs au talon.

 

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Malheureusement, on ne peut pas dire que nous sommes là face au plus bourrin des films des muscles bruxellois, Cavale sans Issue étant plus un thriller familial qu’un film résolument porté sur l’action. Jean-Claude passe effectivement plus de temps à réparer une moto, faire du camping, roupiller dans la paille, jouer avec les gosses ou niquer madame qu’à casser des gueules, ce qui fait que ce film est plus conseillé à vos mères qu’à vous, fidèles lecteurs tatoués. C’est donc bien gentillet et nous sommes bien loin du couteau pointé sur la braguette de The Hitcher même si Harmon ne peut pas s’empêcher d’être un peu malsain, même si cela semble malgré lui. En effet, tout familial soit-il, le film commet quelques étranges dérapages, comme lorsque la gamine de cinq ans dit que Van Damme à un gros pénis (vous noterez qu’il ne la contredit pas) ou lorsque Rosanna Arquette dit à son fils que le belge a dormi avec elle, sous-entendant ce que vous pensez bien. Le petit lui demande alors, goguenard, ce qu’elle lui a fait car il a l’air épuisé. Tout cela sans la moindre ambigüité, tout comme lorsque Jean-Claude sort du lac à poil alors que les mioches le matent. Des scènes rigolotes et déplacées qui permettent de patienter entre deux bastons, souvent courtes et guère stressantes, les adversaires n’étant pas de fins karatékas capables de rivaliser avec notre star. Heureusement, le final rehausse le niveau de ce film pas désagréable mais un peu sage pour les furieux que nous sommes.

 

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  • Réalisation: Robert Harmon
  • Scénarisation: Joe Eszterhas, Leslie Bohem, Randy Feldman
  • Titres: Nowhere to Run (USA)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Jean-Claude Van Damme, Rosanna Arquette, Ted Levine
  • Année: 1993

 

 

 

 

Safe

Safe. Soit « coffre-fort » en anglais mais aussi « en sécurité ». Laquelle des deux traductions concerne donc cette petite péloche d’action sortie en 2012 ? Les deux, mes amis, puisque le récit concerne aussi bien un coffre-fort que tous les pourris de New York (mafias russes et chinoises mais aussi la police et la mairie) aimeraient bien voir ouvert et que seule une petite chinoise super douée en mathématiques qui connaît par cœur le code capable de l’ouvrir. Autant dire que la gosse est désormais dans le collimateur de toutes ces crapules, les uns désirant mettre la main dessus tandis que les autres songent à l’assassiner, histoire que la combinaison renfermée dans son cerveau ne profite à personne. Qui pour la protéger ? Ce bon vieux Jason Statham, bien entendu, qui est encore moins souriant qu’à l’accoutumée (ce qui vous donne une idée de la gueule qu’il doit tirer durant 1h20). Remarquez que ça nous convient puisqu’on ne lui demande pas franchement de faire des bisous à ses adversaires mais plutôt de leur faire manger ses semelles. Ce qui sera chose faite puisque le chauve est en grande forme et nous rappelle une fois de plus qu’un coup de pied de sa part nous propulse certainement dans la tombe plus efficacement qu’une rencontre avec le pare-choc d’un camion. Mais s’il est physiquement à la page, le Statham a plus de mal psychologiquement: ancien assassin pour le compte du maire de la ville, il a finit par aller chercher le pardon dans les cages du combat libre, pensant sans doute que se faire cogner fera partir une culpabilité autrement plus douloureuse que quelques ecchymoses. Mais coup du sort, Statham qui était censé perdre un combat arrangé se retrouve à envoyer son adversaire dans le coma après une unique mandale, son concurrent n’étant visiblement qu’un amateur qui n’avait pas sa place face à lui. Mais en plus de s’en vouloir encore un peu plus, notre star de l’action se fout à dos la mafia russe, qui avait misé beaucoup sur sa défaite. En guise de représailles, elle va donc aller tuer Madame Statham et promettre à Jason, Luke Wright dans le film, qu’il aura régulièrement ces enfoirés sur le dos et que s’ils le voient en train de discuter avec qui que ce soit, cette personne mourra dans les heures qui suivent. Totalement esseulé, devenu synonyme d’une mort qui se répand à son seul contact, notre protagoniste est au fond du trou et décide d’en finir en se laissant passer dessus par une rame de métro. Mais alors qu’il s’apprête à faire le grand saut, le dernier, son regard croise celui de Mei, la petite chinoise qui a la bosse des maths, poursuivie par des gros durs. C’est décidé, sa vie va prendre un nouveau sens: sauver cette petite fille.

 

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Safe prend donc un tour sentimental assez surprenant pour ce type de production et se paye le luxe de travailler son personnage principal en suffisance. Certes, il reste le meilleur de son genre, un tueur implacable, une machine à zigouiller, un fantôme qui vous tue entre deux clignements d’œil. Mais il est aussi un être humain rongé par la culpabilité, qui va jusqu’à pleurer (pas tous les jours qu’on voit Statham verser sa larmichette, même s’il est une épave dans le terriblement chiant Crazy Joe, drame que je déconseille fortement) et tenter le suicide. L’occasion pour Statham de montrer qu’il peut apporter un peu de variété à son jeu, souvent limité à un serrage de mâchoire apte à faire sauter une dizaine de plombages. Mais si l’aspect psychologique est bien branlé, le principal est sauf également: ça bastonne bien et ça vide un max de chargeurs. On félicitera d’ailleurs le réalisateur Boaz Yakin, personnalité présente à tous les stades du cinéma qui tranche ou qui troue puisqu’il fut le scénariste du Punisher avec Saint Lundgren mais aussi le producteur des Hostel d’Eli Roth et du 2001 Maniacs de Tim Sullivan. Etonnamment, le Boaz réalisateur versa surtout dans le drame, ce qui explique sans doute la dimension dramatique entourant les personnages de Statham et de la petite Mei, forcée de tenir les comptes des Triades sous peine de voir les bridés mafieux assassiner sa mère. Le passé artistique de Yakin explique sans doute aussi la profondeur thématique que l’on retrouve dans Safe, qui semble s’articuler sous l’analyse de la paternité, exprimée à travers les relations entre Luke et Mei, entre cette dernière et le mafieux qui doit se charger d’elle, entre le chef des Russes et sa petite famille. Rien d’envahissant cependant, le but du film étant bien évidemment de rester au service d’une certaine nervosité et d’un suspense qui ne se dément jamais. Perdu au centre d’une guerre impliquant au moins quatre clans, Statham n’a que peu de répit et doit jouer de la gâchette à plusieurs reprises. Si l’on pense un peu au très bon Risque Maximum avec JCVD, la comparaison s’arrête à l’aspect mafieux de cette bande, qui joue plus volontiers la carte du réalisme, les situations ne s’éternisant pas dans des folies à la Michael Bay. Ce qui ne veut pas dire que Yakin n’esthétise pas ses séquences d’action, très bien foutues, lisibles et dotées d’un montage dynamique. Le scénario s’en tire avec les honneurs également, tout en restant très compréhensible alors que le casting compte une bonne quinzaine de personnages à avoir leur mot à dire sur l’histoire et son déroulement. Mais le plus plaisant dans Safe est indiscutablement le plaisir de voir un vrai film d’action à l’ancienne, qui accepte ses références old-school sans pour autant s’en servir d’excuses pour se satisfaire d’un scénario simpliste et bas du front. De même, quel plaisir d’assister à un actioner moderne qui se déroule ailleurs que dans des hangars bulgares avec une photographie grisâtre et moche (comme dans les prods Millenium). Bref, on retrouve le plaisir d’assister à une série B dotée de moyens dignes d’un film A, jonglant sans cesse entre la brutalité de la première classification et le travail d’écriture de la seconde. Réjouissant!

 

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  • Réalisation: Noaz Yakin
  • Scénarisation: Boaz Yakin
  • Pays: USA
  • Acteurs: Jason Statham, Catherine Chan, James Hong, Robert John Burke, Matt O’Toole
  • Année: 2012

 

 

 

 

 

 

Banlieue Interdite

Qui veut voir un film avec Van Dam ? Je vois déjà des bras qui se lèvent et quelques attentifs qui me font remarquer que j’ai fauté dans la retranscription du patronyme de notre action star ! Mais non, aucune faute à l’horizon puisque je ne parle pas de Jean-Claude Van Damme mais bel et bien de Rob Van Dam, catcheur américain qui se reconvertit plus ou moins dans le cinéma musclé. Plus ou moins car ses incursions sur la pellicule restent peu nombreuses, quand bien même on le retrouvera en 2015 aux cotés de Lloyd Kaufman dans un Naked Alien Massacre au nom qui tient de la grande promesse de finesse comme vous pouvez le constater. Il y a malgré tout de grandes chances pour que ce Wrong Side of Town (titre original de Banlieue Interdite) reste longtemps son titre de gloire, ses autres apparitions cinématographiques n’étant pas des plus marquantes. Le gaillard aura tout de même eu la chance de tourner pour Tsui Hark, même si c’est par malchance dans l’un de ses pires films (Black Mask 2). Comble de la guigne, ce Banlieue Interdite qui est jusqu’à présent le seul film rendant Rob le costaud fier (il avoue ne pas apprécier outre mesure ses premières bandes) est aussi une série B peu remarquée, ignorée du plus grand monde. Il faut dire que cet actioner réalisé par David DeFalco (lui aussi catcheur et également producteur de série B ou Z, notamment du Hideous de Charles Band ou d’Heavy Metal Massacre) fait partie de ces œuvres fauchées qui lors de leur sortie, ici 2010, n’ont rien pour attirer le chaland, peu attiré par les films d’action désargentés. Mais la donne pourrait changer pour ce petite film de série qui aura eu la bonne idée de faire jouer une autre star du catch qui a depuis été sacralisée en jouant dans l’un des films les plus rentables de l’année (quoi de plus normal pour le meilleur film de l’année ?). Je parle bien entendu des Gardiens de la Galaxie et du génial Drax le Destructeur, qui était donc incarné par David Batista (ou Dave Bautista, ou David Bautista, choisissez), qui est donc également à l’affiche du film de DeFalco. On constatera d’ailleurs que c’est lui qui est foutu en avant sur l’affiche, reléguant Rob Van Dam à l’arrière-plan, et j’en déduis que le Batista était un nom plus vendeur au pays du ring (je ne peux que le déduire car je n’y connais rien ou presque niveau catch), une mise en avant qui devrait plutôt aider le film à s’écouler s’il est toujours trouvable. La preuve: j’ai acquis le Blu-Ray pour trois misérables euros parce que le Drax était en couv’! On ne se refait pas… Je parle, je parle, mais j’en oublie presque le film en lui-même, qui s’attarde sur le cas du pauvre Bobby (Van Dam), un bon père de famille qui est invité par son voisin dans une boîte de nuit. Mais la soirée se passe mal et le tenancier du club tente de violer la femme de notre héros, qui voit rouge et malmène un peu l’indélicat. Le résultat ne se fait pas attendre et le bougre se tue lui-même, se plantant de tout son long sur la lame qu’il tenait en main. Un accident, certes, mais qui met tout de même de fort mauvaise humeur Seth, le frère du violeur en herbe, qui décide de mettre la tête de Bobby à prix, envoyant sur lui une bande de motards et de gangstas, alléchés par les 100 000 dollars offerts pour la capture du gros trapu. C’est donc à une lutte pour sa survie que va faire face Bobby, qui va parcourir la ville en tentant d’éviter ses ennemis, leur défonçant la gueule lorsque c’est nécessaire.

 

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Nous sommes donc face à une sorte de Nuit du Jugement (et je sais que je l’ai déjà dit mais si vous n’avez pas vu cette bombe, courez-y) en version bourrine. Enfin, plus ou moins bourrine, car la maigre enveloppe allouée à DeFalco ne lui permet malheureusement pas de faire des ravages et mieux vaut ne pas s’attendre à une furie constante de quatre-vingt minutes. Bien évidemment, les combats tombent à intervalles réguliers mais ils sont généralement assez courts et pas franchement motivants, Van Dam (qui par ailleurs pourrait ressembler à Van Damme si ce dernier devenait gros) étant avant toute chose un catcheur, ce qui entraine des chorégraphies pataudes et peu visuelles. Plus dégourdi, Batista vient remonter un peu le niveau, pouvant compter sur son entraineur, Marrese Crump, un type qui monte peu à peu dans la série B, maitrisant les arts-martiaux philippins et qui donc peut se vanter d’une certaine agilité, ici couplée à une technique utilisant des couteaux (je signale tout de même que les bonus, qui montrent l’entrainement de Batista et de son mentor, sont nettement plus impressionnants que les scènes du film, ce qui est quand même un comble). L’autre gros problème, c’est la réalisation très cut de DeFalco, qui nous offre un plan par coup, ce qui n’aide pas franchement à donner de l’ampleur aux combats, sa caméra préférant les gros plans. Sans doute dans une volonté de masquer le coté lourdaud des échanges, pas franchement tenus par des pros du kung-fu. Il fait d’ailleurs tout son possible pour donner un peu de peps à l’ensemble, utilisant notamment des ziks rock ou metal qui, à vrai dire, sont en décalage avec l’image, nettement plus balourdes que le rythme effréné qui les accompagne. Notons d’ailleurs que DeFalco, qui joue aussi dans son film, caviarde son œuvre de riffs gras un peu partout, y compris lors de moments qui ne s’y prêtent pas, comme lorsque Van Dam et sa fille descendent tout doucement d’un pipeline glissant en tentant de ne pas se viander. La musique nous laisse donc supposer qu’on à là un monument de l’action bourrine alors qu’à l’écran on a juste un spectacle d’équilibriste qui ferait passer Fort Boyard pour un Die Hard. Et bien entendu, il ne faut pas compter sur les acteurs, venus de tous les horizons (catch, porno, arts-martiaux, rap, vrais comédiens) pour relever le niveau, les deux seuls à savoir jouer à peu près correctement étant Batista (mais pas de bol, on ne le voit guère dans le film malgré ce que l’affiche nous vend) et Randal Reeder, gros biker barbu que vous avez sans doute vu au moins une fois et qui proposait du sandwich à la viande de bite à Harold et Kumar dans leur escapade à Guantanamo. Van Dam n’est donc pas très bon et, à vrai dire, pas très charismatique non plus, ce qui ne l’empêche pas de développer un certain capital sympathie. Comme le film d’ailleurs, qui n’a aucune réelle qualité mais qui est plutôt sincère, tenu par de braves gars qui transpirent la volonté de bien faire (Van Dam fait ses cascades lui-même) et qui donnent envie de les suivre. Alors oui, c’est raté de chaque coté (jusque dans le générique d’ouverture, James Bondien, mais un peu loupé), mais ça fait partie de ces films que je n’ai pas envie de dégommer, car je ne me suis malgré tout jamais emmerdé, le tout se laissant regarder pour peu qu’on sache ne pas en attendre trop. Et puis, c’est quand même plus cool que Die Hard 5 !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: David DeFalco
  • Scénarisation: David DeFalco
  • Titres: The Wrong Side of Town (USA)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Rob Van Dam, David Bautista, Lara Grice, Edrick Browne, Louis Herthum
  • Année: 2010

6 comments to Rayon Action: Episode 3

  • Roggy  says:

    Cette rubrique « Action » est devenue indispensable au site ! Encore un beau papier sur un genre où il y a matière au bis. Du JCVD, du Jason Tatane, du catcheur et du ninja asiatique, c’est parfait comme attelage. Perso, je n’ai vu que le Van Damme et ce « Safe » qui sont se laissent regarder avec plaisir. Le dernier me semble bien bourrin et raté, alors que le ninja de service mériterait une soirée bis à la cinémathèque 🙂

  • Princécranoir  says:

    Un peu de sport, ça fait du bien ! Très bonne rubrique au pays des film d’action cheap et sympas. Le Statham ne me dit rien qui vaille mais, en revanche, je note bien le titre du dernier (avec l’idole de cet été) avant de retourner à mes haltères.

  • Dirty Max 666  says:

    Comme le dit Roggy, ce Rayon Action est incontournable !
    Quatre péloches judicieusement sélectionnées par notre maître affineur pour former un hommage explosif au B qui débourre.
    Sinon dans le lot, je me souviens avoir vu « Cavale sans issue ». Enfin je me souviens surtout avoir vu Rosanna Arquette dans « Cavale sans issue » (Rosanna, tu me manques). Sympa mais mieux vaut oublier le « Hitcher » du même Harmon en matant le film…
    Quant à « Safe », ça reste du pur Statham : direct, sans chichis et même un peu 80’s dans l’esprit. On a même le droit à une punchline qui tue : – « Putain, toi t’as des couilles! »(Chris Sarandon)- « Ouais, tellement que mes cuisses se touchent même pas! »(Statham). Dommage que la caméra se sente obligée de bouger comme une folle lorsque l’action s’emballe (maudite shaky cam qui m’a aussi ennuyé sur « Homefront »).

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