Alien Apocalypse

Category: Films Comments: No comments

alienapoteaser

On aura tout vu. Après les limaces mutantes, voilà les termites de l’espace, sans doute des voisines du homard venu de Mars… Qui pour affronter pareils machins ? Cet habitué de Bruce Campbell, bien sûr !

 

Le talent, ça ne déteint pas comme ça. Preuve en est la troupe de Sam Raimi, constituée d’une bonne dizaine de potes. Dans le lot, seul le réalisateur des Spiderman sera devenu un cinéaste reconnu et respecté. Son frère, le sympathique Ted Raimi, sera resté un second rôle, tout comme Scott Spiegel, réalisateur de séries B plus ou moins sympathiques (Intruder pour le plus, Hostel III pour le moins). Josh Becker est du même tonneau, celui qui était chargé de la prise de son et de la photographie sur Evil Dead étant devenu un réalisateur de séries B, voire Z, qui ont comme dénominateur commun la présence de Bruce Campbell, le Ash de la saga qui lança Raimi. Quelques années après avoir réalisé plusieurs épisodes de la série Xena la guerrière, Becker se lance dans Alien Apocalypse, un projet de longue date qui commence seulement à prendre forme. Sans surprise, c’est son vieil ami Bruce qui tient le premier rôle de ce téléfilm qui fit un carton lors de sa diffusion sur Sci-Fi Channel, aux USA.

 

alienapo1

 

Campbell est le docteur Ivan Hood, un pauvre type qui aura tout raté dans sa vie. Sa seule « réussite » ? Etre parvenu à faire partie d’une expédition spatiale visant à créer une sonde. En réalité, il est surtout là car aucun autre médecin ne voulait être cryogénisé pendant quarante longues années! Et lorsqu’il revient sur Terre en espérant être accueilli comme un héros, le pauvre Ivan découvre bien vite que l’humanité a été réduite en esclavage par… des termites aliens! Ca ne s’invente pas. Des bestioles qui ne sont d’ailleurs pas très sympathiques puisqu’elles bouffent la tête et les doigts des hommes, qui doivent bosser pour elles dans une scierie. Car ce qui intéresse ces insectes verts, c’est le bois, qu’elles peuvent revendre et manger à volonté. Ca ferait un super jeu de gestion tout ça. Bien sûr, Ivan ne va pas en rester là et va essayer de trouver des gens pour l’aider à monter une rébellion et botter le cul de ces envahisseurs. Un script bien entendu blindé de second degré, Becker sachant fort bien que pareille idée rendra mieux avec un peu d’humour et évitera à l’entreprise de sombrer dans le ridicule le plus total. Malheureusement, ce n’est pas parce qu’on apporte ça et là quelques blagues qu’une idée débile devient soudainement une mine d’or, surtout lorsque les gags sont d’une qualité discutable. Rarement drôle alors qu’il y a matière à un sacré délire, le film s’embourbe dans des gags répétitifs, Becker semblant penser qu’une mauvaise vanne peut devenir hilarante si l’on insiste un peu et qu’on la change en running gag. Manque de pot, le fait que Bruce Campbell se prend un vent en voulant serrer la main de ses interlocuteurs n’est pas plus drôle la dixième fois que la première.

 

alienapo4

alienapo2

 

Répétitive, la trame narrative l’est aussi, la moitié du film n’étant qu’une succession de rencontres entre Campbell et des gens qu’il aimerait voir rejoindre son groupe d’éradicateurs d’insectes. Et c’est la même chose à chaque fois, que ce soit avec l’amazone, le pêcheur, l’esclave ou le bossu: Campbell les soigne ou les aide d’une manière ou d’une autre, se prend son habituel vent en voulant leur serrer la main (rires) puis réveille leur conscience par un joli discours. Quand on se tape tout ça à quatre ou cinq reprises, on finit par en avoir un peu marre, vous en conviendrez. Et le reste du film n’est pas particulièrement plus réussi, que ce soit une exposition un peu longue mais efficace (on comprend tout assez rapidement) ou un assaut final qui trahit le manque de moyens. C’est qu’avec un budget d’1.5 millions de dollars, on ne peut pas faire des folies, surtout avec un tournage en 17 jours à peine. Ce qui se ressent dans le casting, Becker voulant à l’origine Lucy Lawless, la Xena de la série du même nom, avant de choisir Renée O’Connor, autre actrice de la saga (également vue dans Darkman 2, suite du film de… Sam Raimi!), plus abordable financièrement. Mais le trou dans le budget se ressent aussi dans des effets spéciaux d’un autre temps. Réalisé en 2005, le film parait avoir été fait en 1996, en pleine période Power Rangers. Les termites sont bien sûr créées par ordinateur (sauf lors des plans rapprochés, ou de dos) et ne bougent pas de manière très fluide. Et lorsqu’elles sont plusieurs, on en copie une et on la recolle dix fois derrière! Cela apporte un coté nanar prompt à faire sourire mais ce n’est malheureusement pas assez pour sauver l’entreprise…

 

alienapo3

 

Il faut tout de même reconnaître que Becker a de l’ambition car malgré son portefeuille désespérément vide, il essaie de créer un final épique. Le résultat ne l’est pas, évidemment, mais il a le mérite d’essayer, les esclaves se rebellant contre leurs maîtres insectes, à coups de flèches enflammées. Une envie de bien faire qui rend l’entreprise sympathique, tout comme la présence de Peter Jason, un habitué de Carpenter (on le voit dans Le Village des Damnés ou Prince des Ténèbres) qui interprète ici un président dépassé par les évènements. Les fans de Bruce Campbell seront aussi heureux de revoir leur acteur fétiche, qui nous fait ici son habituel rôle de ringard qui se croit irrésistible. Mais tout cela ne fait pas un bon film, malheureusement, et Alien Apocalypse est loin d’être un indispensable du genre, ne comportant que peu de qualités pour beaucoup de défauts. Et le coté délirant du script ne parvient jamais à relever le niveau, le tout débordant d’un humour daté. L’on se plait d’ailleurs à imaginer ce qu’aurait donné tout cela sous la coupe d’un Edgar Wright… Distribué en 2007 avec le Mad Movies, le dvd est de ceux qui trainent dans l’armoire pendant des siècles avant d’être enfin visionné lors d’une soirée pluvieuse où l’on n’a rien de mieux à se mettre sous la dent. Etonnant de voir que le film a même gagné le prix du meilleur inédit vidéo lors du festival Fantastic’Arts de 2007… Là-bas aussi il ne devait pas y avoir grand-chose de mieux ce jour-là…

Rigs Mordo

 

alienapocalypseposter

 

  • Réalisation: Josh Becker
  • Scénarisation: Josh Becker
  • Production: Thomas Becker
  • Pays: USA
  • Acteurs: Bruce Campbell, Renée O’Connor, Remington Franklin
  • Année: 2005

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>