Vidéotopsie 13 et 14

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« Mieux vaut tard que jamais », disait fort justement l’employé des docks dans Ghostbusters II lorsqu’un fantomatique Titanic revenait enfin au bercail. Il en va de même pour la découverte du petit monde du fanzinat qui ne sera pas apparue de manière précoce dans la crypte toxique. Mais bien des erreurs peuvent se réparer et celle-ci sera balayée par la découverte de la revue Vidéotopsie, tenue par le plus bis des légistes, j’ai nommé David Didelot.

 

Et oui, je sais, c’est un peu honteux mais je découvre à peine l’univers du fanzinat. Bien sûr, je n’étais pas sans savoir que la plupart des journaleux du bis sont passés par là, que Christophe Lemaire débuta avec le sien nommé Phantasm ou que le désormais célèbre Mad Movies du non moins célèbre Jean-Pierre Putters était lui aussi un petit fanzine sans prétention, pour n’en citer que deux. Ce que j’ignorais, c’est que tels les zombies Fulciens, les fanzines ne sont jamais réellement rentrés dans leurs tombes et se refusent à consommer un sommeil pourtant bien mérité. Car méritant sont ces activistes de l’ombre qui, par amour pour le genre mais également pour le support papier, continuent de mettre en pages leurs chroniques de quelques bisseries oubliées, se confrontant à des efforts et des soucis d’ordre pratique alors qu’il leur serait plus aisé d’opter pour la solution du blog ou du site internet. Mais en bons nostalgiques des années quatre-vingt (ce qui est loin d’être un défaut, bien au contraire!) qu’ils sont, ces fanzineurs se refusent à laisser tomber le support qui leur a tant apporté. Et putain, c’est tout à leur honneur! Reste que lorsqu’on est un campagnard belge (qui n’a donc que difficilement accès aux boutiques spécialisées françaises) qui n’était en prime pas inscrit sur Facebook (mine de rien encore le meilleur endroit pour découvrir de pareilles activités), cela rend difficile la découverte des Médusa Fanzine, Torso, Le Bissophile, Cannibale Fanzine, Trrrashh !!! et autres Cinétrange. D’autant qu’il ne faut pas espérer trouver ces petites bibles tirées à peu d’exemplaires chez Tata Simone, votre buraliste préférée. Ce sera donc à vous d’aller vers cette offre pléthorique et passionnée, qui vous le rendra bien en débarquant dans vos boîtes aux lettres, les individus derrière ces publications bis envoyant eux-mêmes leur œuvre dans vos foyers. Un lien humain bien agréable à notre froide époque où le contact entre vendeur et acheteur se résume bien souvent à un mail d’Amazon vous récapitulant votre commande. C’est donc avec joie que l’on posera sur nos genoux tremblants les Vidéotopsie de David Didelot, amoureux fou du cinéma bis dans son ensemble comme le prouve la belle longévité obtenue par son zine. Rendez-vous compte: il a commencé à disséquer les bobines les plus obscures dès 1993! Une longévité d’autant plus impressionnante que la durée de vie de pareil journal est souvent courte, les fanzineurs n’ayant pas toujours le temps de laisser leur œuvre perdurer. C’est que ça prend du temps d’écrire, de maquetter, d’empaqueter, de motiver les troupes… Déjà que se poser dans un canapé durant deux heures pour matter du bis ne se fait pas toujours aussi fréquemment qu’on le voudrait… David fera d’ailleurs une pause d’une dizaine d’années, entre 2001 et 2011, ce qui avec le recul s’apparente à prendre du recul pour permettre au phénix de ressusciter de plus belle et prendre un envol plus majestueux. En témoigne la couverture de la revue qui aura pris de nouvelles couleurs lors de son onzième numéro, celui du grand retour, qui tranchait fameusement avec le précédent, qui en était resté aux délicieux collages d’antan. L’un n’est pas meilleur que l’autre, les deux ont leurs charmes mais il faut reconnaître que les derniers opus nous hameçonnent l’œil immédiatement. Et ne nous laissent jamais vraiment repartir…

 

gore8Les numéros 1, 7 et 12.

 

Comme toute bonne denrée rare, les treize premiers numéros sont malheureusement épuisés. C’est que ça part vite, ces choses-là! Espérons que David fera comme son ami Didier Lefèvre qui s’est récemment lancé dans un nouveau pressage de ses anciens numéros… qui partiront eux aussi à la vitesse d’un cannibale affamé! Nous ne pouvons donc qu’espérer pouvoir découvrir les premières torpilles balancées par David, comme ce premier opus qui donnait le ton en se penchant sur le Virus Cannibale de Bruno Mattei (l’un des réalisateurs favoris de Didelot), le numéro cinq et sa Maison aux Fenêtres qui rient, le septième qui plongeait dans les rues les plus sales du Londres de 1888 pour pister Jack l’éventreur et ses adaptations cinématographiques, le huitième qui donnait la part belle à Joe d’Amato (que vénère notre Vidéotopsieur) ou les plus récents numéros onze et douze qui revenaient respectivement sur Le Manoir de la Terreur et L’antéchrist. Nul besoin cependant d’ouvrir ces fanzines pour constater que le menu est alléchant, leur épiderme suffisant bien à nous révéler la bonne chair qui se trouve planquée dessous. Car en ces temps où les professionnels, pour espérer survivre quelques mois de plus, se sentent obligés de placarder du Luke Skywalker, du hobbit ou de l’homme-araignée sur leurs devantures, il est plus que revigorant de se retrouver face à l’affiche de Blue Holocaust ou en tête à tête avec des zombies au stade final de la décomposition. Mais à défaut de pouvoir balader nos pupilles sur ces pages qui fleurent bon le spaghetto saignant, nous pouvons toujours nous arracher les paupières sur les numéros treize et quatorze, ce dernier étant toujours disponible sur le blog de Vidéotopsie, où vous pourrez également précommander la très attendue quinzième salve, qui se fera plus coquine (mais pas que!) en revenant sur le parcours d’Annie Belle la bien nommée. En prime, les frais de port vous seront offerts! Une chance à saisir, d’autant que les rayons de David risquent de bien vite se vider… Mais avant de plonger dans les formes rebondies de cette quinzième autopsie, allongeons-nous tranquillement dans nos cercueils pour parcourir les deux précédentes offrandes aux Rois du Bis!

 

video1Les numéros 5, 8 et 11.

 

Et tant qu’à faire, faisons tout cela dans l’ordre en épluchant le Numéro 13, plutôt galopin lui aussi puisque mettant en avant un Caligula (que l’on connaît pour sa pureté, comme chacun sait…) dont le visage fou est entouré d’une orgie qui nous soulève la braguette. Et pour affiner le tout, une belle image tirée du Monstre qui vient de l’Espace, visiblement en bien mauvaise posture puisqu’il fond comme neige au soleil, sans doute rendu trop échauffé par la partouze qui l’entoure. Qui pour le lui reprocher ? Caligula, donc, qui rameute ses troupes dénudées pour venir se positionner dans la salle d’examen du Dr. Didelot, paré pour la nécropsie! Mais ne vous attendez pas à voir le pauvre Malcolm McDowell sanglé sur la table d’opération de notre terrible légiste puisque, comme précisé plus haut, David préfère largement la compagnie de la bande à d’Amato, qui comme tout bon réalisateur italien du début des années quatre-vingt s’était lancé dans le duplicata. Et c’est cette fois l’œuvre de Tinto Brass qu’il avait dans le collimateur en nous sortant son Caligula, la véritable histoire, dérivé qui n’a pas perdu le sens de la fesse et du sang de son modèle puisque les lances rentrent dans les fions et les demoiselles branlent les chevaux (photos à l’appui, car David est partageur). Pour fêter cette débauche italienne, notre maître de cérémonie a mis les petits plats dans les grands en nous concoctant un dossier d’un peu moins de trente pages qui lui permet d’analyser l’œuvre dans ses moindres détails. Les acteurs d’arrière-plan, le scénario, les décors, les pochettes des VHS, les différences entre les versions plus ou moins censurées, les éditions DVD: tout y passe, tout! Didelot n’oublie rien, parvient à nous donner envie de voir un film qui n’était pas nécessairement au goût de tout le monde (je sais de quoi je parle, je me foutais de ce Caligula rital comme de mes premières fèces et j’ai désormais envie de plonger dans ce monde de luxure), et en profite pour revenir sur une partie de la carrière du grand Joe, celle qui le voyait mettre en scène des tétons et des sandales dans du cul d’une autre époque. Autant dire que ce premier dossier mélangeait avec gourmandise sang et semence, soit les deux ingrédients inhérents à une première fois réussie (la mienne, pour le coup)!

 

video2Le numéro 13 (cliquez pour agrandir).

 

Mais David ne va bien entendu pas se contenter de ce dossier pourtant ultra-complet, ces trente pages d’introduction n’étant qu’une moitié du plaisir qui nous attend. En grand amateur de la collection Gore, comme l’a prouvé son excellent ouvrage sur le sujet (Gore, dissection d’une collection, pour rappel), notre mangeur de littérature dégueulasse se lance dans un entretien avec le regretté directeur de la collection, Daniel Riche, agrémenté d’un article sur le bonhomme et ses bibliographie et filmographie, ainsi que d’un texte sur le Grand Prix du roman Gore de 1987. Tout ceci est bien évidemment retrouvable dans la bible éditée par Artus Films, qui n’était bien entendu pas sortie en juillet 2013, date de sortie de ce treizième numéro. Enfin, dernier dossier du lot, on notera un intéressant regard, décalé comme précisé dans la revue, sur les deux premiers Halloween, apporté par Stéphane Prieur, un fan qui a décidé de noter les quelques détails amusants qui parsèment les premiers méfaits de Michael Myers. Enfin, pour compléter le tout, nous retrouverons les rubriques habituelles du zine, à savoir un petit coup d’œil du coté des copains du fanzinat pour nous aiguiller encore un peu plus dans cet océan de parutions, la partie « Et pour quelques infos de plus… » qui permet à David de revenir sur les éléments marquants des derniers mois et, of course, les inévitables reviews bis. Au programme un passage nostalgique avec un beau retour sur le génial Halloween 3 (le meilleur de la saga, si si!) par un Christophe Gaquiere qui connaît son sujet et nous transmet sa passion pour cette œuvre masquée avec un enthousiasme qui fait bien plaisir. Mais le plaisir ne serait pas complet sans une belle bouillabaisse bis, ici composée de quelques bandes particulièrement obscures. Sans toutes les citer, nommons tout de même le coquin L’Altra Donna qui permet à Didelot de reparler de Mattei, trois dingueries philippines sorties du caveau de l’oubli par Didier Lefèvre (Zuma, The Killing of Satan, The Woman Hunt), un nouveau détour chez d’Amato via La Nuit Fantastique des Morts-Vivants et Porno Holocaust, sans oublier une palanquée de titres aussi réjouissants que Les Monstres du kung-fu, Daddy Goodbye ou encore Le Monstre qui vient de l’espace, qui n’était bien évidemment pas placé en couv’ pour rien! Autant dire que ce numéro anniversaire (bon annif’ avec plus d’un an de retard, en passant!) rempli jusqu’à la gueule vous en donnera pour votre argent (7€) et vous donnera furieusement envie de passer au suivant…

 

video3Le numéro 14 (cliquez pour agrandir).

 

Volume suivant qui garde bien entendu la même base avec ses passages obligés: une pincée de romans de la collection Gore, le rayon fanzine pour faire ses emplettes, les infos du moment qui reviennent notamment sur le Bloody Week-End et bien évidemment les délicieuses reviews bis qui, pour l’occasion, s’incrusteront durablement dans les années quatre-vingt. Du Phantasm 2, du Réincarnations (Dead and Buried), du Chuck Norris dans un élan slashersque (Horreur dans la Ville), élan qui continue avec Blood Diner. Que du bon auquel vient s’ajouter les bisseries les plus lugubres comme Cruel Jaws, Sexy Cat, Belle da Morire (obligatoire retour sur Mattei pour Didelot), Apocalypse dans l’Océan Rouge (l’occasion d’accueillir la géniale plume de Claude Gaillard du site Ecranbis),… Le tout servi par une belle armée d’amateur de cinoche dégoulinant, ce qui permet à Vidéotopsie de varier les rythmes et les humeurs, comme lorsque Jocelyn Manchec prend son plus beau stylo pour se montrer un peu déphasé par rapport au reste du zine, le rédacteur étant bien plus dur avec la production fauchée que ses petits copains. Ce qui n’est nullement un problème puisque cela apporte un regard diffèrent (et particulièrement bien rédigé) qui encore une fois change un peu le tempo de cette livraison sortie en février 2014. Niveau dossiers, du lourd encore avec une interview de Lone Fleming, demoiselle qui croisa le chemin des Templiers à deux reprises (dans La Révolte des Morts-Vivants et sa suite Le Retour des Morts-Vivants), ce qui me fit bien plaisir puisque je ne bouffe jamais assez de Templiers zombies! Mais les gros morceaux sont bien évidemment les deux dossiers qui occupent la majeure partie de ces pages diaboliques. Le premier, écrit par Alexandre Jousse (co-réalisateur, avec Luigi Cozzi, du Blood on Melies Moon dont je vous causais il y a peu, et réalisateur en solo d’une brouette de courts), revient sur la carrière du méconnu Jack Starrett, le flic salopard qui fit bien chier Rambo dans sa première aventure. Un acteur, donc ? Oui mais pas seulement puisque le gaillard (mais non pas celui d’Ecranbis!) fut également un cinéaste très actif dans la période dite « Grindhouse », enchaînant les œuvres de durs devenues cultes tels que Course contre l’Enfer, Justice Sauvage 3, La vengeance aux tripes ou Slaughter, soit de la blaxploitation, des bolides qui se crashent, des flinguent qui crachent la mort et des bikers mécontents. Que de la bonne came que vient sniffer pour nous Alexandre Jousse, qui va revenir sur chaque réalisation de Starrett, une à une et dans des avis très développés. Nous ne connaissions que peu, voire rien, sur le réalisateur, nous voilà désormais bien informés puisque plus rien ne nous échappe! Et toujours dans cette volonté d’aller repêcher les parties les plus enfoncées du cinéma, David Didelot revient de son coté sur la carrière bis de Linda Blair, qui ne fut pas que la petite Megan qui vomit mais aussi une vigilante, une ennemie des skinheads, une prisonnière de prisons de femmes, la pote d’un super-héros zédeux ou encore une sorcière! Tout cela dans des titres de vidéoclubs, genre Cryogenus, Les Maîtres de la Mort ou encore Savage Island. Là encore, Didelot prend chaque film un par un et prend donc tout son temps pour analyser les qualités et (surtout) les défauts de chacun. On apprend beaucoup puisque nous découvrirons tout au long de ce dossier (et de ces deux Vidéotopsie en général, d’ailleurs) une myriade de titres à dépoussiérer et tester. Car à ce train-là, ça tient du véritable catalogue des horreurs! Et on en redemande forcément…

 

video4Les numéros 2, 9 et le futur 15 (sortie novembre).

 

Pour ne rien gâcher, Vidéotopsie est un zine particulièrement plaisant à feuilleter. Malgré son noir et blanc imposé, cette étude médico-légale parvient sans mal à esquiver la sensation d’arpenter les froids couloirs d’une clinique et parvient même à être coloré. Un paradoxe rendu possible par l’intelligente maquette ici déployée qui compense son manque de teintes par des détails savamment placés, histoire de nous rappeler dans quel monde nous nous engouffrons. Une soucoupe très « Ed Woodienne » qui semble nous livrer le sommaire, une citrouille, une tête de Templier ou une Linda Blair pour évoquer les dossiers, télévisions ou livres ensanglantés,… Didelot et son maquettiste Juju (gloire à lui) parviennent à jongler avec leurs icones sans en faire trop, livrant juste ce qu’il faut de folklore horrifique, acceptant le coté désuet de la chose, reconnaissant même ses évidents charmes. Ce qui fait bien plaisir à voir, surtout en ces temps où Mad Movies profite de sa nouvelle formule pour sombrer dans la sobriété totale, dans l’austérité la plus triste, comme si le mag’ rejetait tout ce qui fait le sel du cinéma qu’il défend, préférant le costard-cravate au tablier de boucher (et c’est dit par un fan de la revue qui a plutôt tendance à tenter de la défendre). Point de ça dans Vidéotopsie qui ne tente jamais de se placer plus haut que le sujet qu’il traite, l’aimant pour ce qu’il est, acceptant ses qualités comme ses défauts et esquivant par la même occasion le syndrome de la presse fantastique pour banquiers. Une forme au final en adéquation avec le ton utilisé ici, celui des passionnés qui soignent leurs textes sans se sentir obligés de plonger tête baissée dans une quelconque intellectualisation, celui d’amoureux qui n’ont pour autre but que celui de vous montrer ce qu’ils aiment et d’essayer de vous y intéresser. En toute simplicité, en toute sincérité. David Didelot s’adresse directement à nous et nous savons fort bien qui nous lisons: l’un des nôtres. Autant dire que Vidéotopsie est une porte d’entrée parfaite dans le fanzinat, une ligne de départ qui nous amène vers ses petits cousins tels Médusa Fanzine (découverte très bientôt) et les autres. Inutile également de dire que Toxic Crypt attend avec impatience le quinzième rapport d’autopsie de David… On est déjà dans la salle d’attente!

Rigs Mordo

 

 

6 comments to Vidéotopsie 13 et 14

  • Dirty Max 666  says:

    Une magnifique présentation qui donne vraiment envie de se plonger dans l’univers Bis de ce Vidéotopsie. Je ne louperais donc le prochain numéro pour rien au monde (en plus, j’aime beaucoup Annie Belle, l’inoubliable Laure d’Emmanuelle Arsan).

  • Roggy  says:

    Il faut vraiment que je me procure les derniers numéros sur Paris. J’aime bien cet esprit fanzine séminal écrit avec les tripes et la passion. Les couvertures sont très belles et donnent vraiment envie. Longue vie à « Videotopsie » !!!

  • David Didelot  says:

    Encore merci à Rigs pour cet article qui fait chaud au coeur ! On a rarement parlé aussi bien du fanzinat…

    Alors oui, le 15 est en préco sur le blog de « Vidéotopsie » (parution début novembre); pour les « précommandeurs », les frais de port sont gratuits.

    Plus de 13 non, et plus qu’un seul opus 14 sur le blog !

    Merci à tous en tous cas, et à bientôt !

    David – Vidéotopsie – Didelot

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