Les Gardiens de la Galaxie

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Il ne vous aura sans doute pas échappé que Toxic Crypt ne s’aventure que rarement dans les eaux un peu trop claires du blockbuster. Non pas que cela soit un gros mot en ces lieux, loin s’en faut, mais disons que pareilles grosses machines ne lorgnent que rarement vers les sujets qui nous intéressent. Ce n’est pas plus le cas des Gardiens de la Galaxie que des autres énormes succès de l’année mais c’est tout de même par lui que viendra l’exception. Quoi de plus normal pour un film exceptionnel ?

 

Ghostbusters est mon deuxième film préféré, juste après le thriller coréen Memories of Murder de Bong Joon-Ho. Je ne plaisante pas avec S.O.S Fantômes qui fait partie des œuvres à m’avoir fait entrer dans le monde merveilleux du cinéma, fantastique qui plus est, une œuvre à laquelle je rends encore hommage très régulièrement en obtenant les goodies qui en découlent. Et je ne parle pas dans le vent, j’ai encore fait l’acquisition d’un mug aux couleurs du jus de Bouffe-Tout alors que je ne bois ni café ni tisane, juste pour que mes yeux de fan éternel aient une chance supplémentaire de tomber sur ce si célèbre sigle a l’ectoplasme barré. Non, je ne plaisante pas avec Ghostbusters. Car quoi de mieux qu’une œuvre mélangeant esthétique apte à satisfaire les marmots (un gamin normalement constitué doit faire une montagne dans son froc en découvrant un film live dans lequel des fantômes se font capturer par des rayons lasers sortant de packs de proton!) tout en balançant quelques dialogues bien sentis qui amuseront les adultes. Il y a toujours un petit truc que l’on découvre dans cette bombe d’Ivan Reitman, un détail amusant qui nous avait échappé ou un dialogue que l’on découvre plus fin que prévu. Et ça, c’était fréquent dans des années 80 qui avaient le chic pour fournir du vrai divertissement, noble, qui ne se foutait pas de son public et qui lui proposait du vrai spectacle qui ne se sentait ni obligé d’être ridiculement crétin ni exagérément explicatif. Pourquoi je vous raconte ma vie alors que vous ne m’aviez de toute évidence rien demandé ? Tout simplement parce que ces œuvres sont désormais écartées de nos radars cinéphiliques, Les Aventuriers de l’Arche Perdue, Les Goonies, Retour vers le Futur et autres Gremlins peinant bien à trouver la descendance qui leur est due, certains vieux briscards comme Indy étant même obligés de remettre leur chapeaux poussiéreux sur le crâne pour tenter, malheureusement en vain, de ramener un peu de pureté dans le divertissement actuel. Et si certains peuvent s’approcher de l’état d’esprit d’antan qui parvenait à mélanger les sentiments à l’action (Super 8), la plupart des blockbusters actuels prennent soit leur public pour des demeurés pour lesquels il n’est pas nécessaire de créer un scénario intéressant ou des personnages attachants (la saga des Transformers est le maître étalon du genre), soit pour des crétins à qui il faut tout expliquer, plongeant même dans les détails les plus abyssaux alors que tout le monde s’en branle (les Batman version Nolan). Si des Guillermo del Toro, Edgar Wright et quelques autres courageux tentent d’évacuer le cynisme fatiguant et la cérébralisation peu utile qui dominent le grand spectacle depuis quinze années, parfois avec brio d’ailleurs, nous attendions toujours LE film capable de nous ramener trente années en arrière, à une époque où rêver simplement était encore possible, à une époque où un film n’avait pas besoin d’être psychologique pour être intelligent, à une époque où un scénario n’utilisait pas sa fantaisie pour s’excuser de son ineptie. Une époque où les personnages étaient le centre de tout, où le sentiment était roi. Une époque où l’on s’adressait à nous. Las, cette époque est terminée depuis bien longtemps maintenant. Elle s’était refermée sur elle-même sans même prendre le temps de former de nouveaux élèves qui pourraient reprendre le flambeau et venir nous toucher au cœur. Et puis James Gunn est arrivé…

 

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James Gunn, je l’ai toujours beaucoup aimé. D’une part pour son parcours, car ce n’est pas tous les jours que l’on peut assister à l’ascension d’un affreux jojo sortis des usines toxiques de chez Troma. Ce mec a gravi les échelons un à un, sans se presser et surtout sans cesser de faire ce qu’il voulait. Un film d’horreur humoristique qui jouait la carte du old-school dans une période où on ne jurait que par le Torture-Porn ? Il le fait avec Slither (on oubliera le titre français Horribilis, nul à en chier des limaces). Un film de super-héros déprimant à une époque où Iron Man, Batman et les autres super gaillards font la loi ? Il le fait avec Super le bien-nommé. D’une autre part, le gars est tout simplement sympathique. Il dit ce qu’il pense et est souvent intéressant (voir son discours sur McTiernan qui change un peu du classique « on est des fans, libérez-le! ») tout en étant capable de péter un câble et se masturber sur le bureau de son mentor Lloyd Kaufman, juste pour le plaisir de faire un truc insensé. Gunn est un mec simple, sans chichi, tout l’opposé du clan carriériste qui entoure un gars comme Michael Bay. C’était donc avec d’autant plus d’effroi que l’on aura acceuilli la nouvelle de sa participation à ce Les Gardiens de la Galaxie en tant que capitaine. Certes, c’était plutôt rassurant pour le projet d’avoir un jeune talent à l’univers aussi personnel que varié (le rire et les larmes ne sont jamais loin avec lui et peuvent fusionner en un claquement de clé à molette) mais n’y avait-il pas le risque que l’usine Marvel ne broie ce talent naissant ? Car si certains réalisateurs parvenaient à fournir des blockbusters parfois très réussis (Joe Johnston, Shane Black, Joss Whedon et le Jon Favreau du début), il est obligatoire de constater que l’un dans l’autre tous ces films de super-héros sortaient plus ou moins du même moule. Rien de problématique là-dedans pour le spectateur, il est après tout logique qu’une certaine unité relie des œuvres pensées pour former un tout, mais est-ce qu’un punk comme Gunn allait parvenir à insuffler de sa personnalité dans une situation surveillée au sniper tel que GotG (pour Guardians of the Galaxy, simplifions-nous la tâche) ? Car l’erreur est difficilement permise lorsque l’on bosse ET pour Marvel ET pour Disney, qui plus est en adaptant un comic qui n’est guère connu, même chez les amateurs de bandes-dessinées. On pouvait donc imaginer que les producteurs ont tenté de minimiser les risques en calibrant au maximum leur torpille estivale. Et c’est un peu le cas…

 

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Autant vous prévenir d’avance: GotG ne réinvente pas la roue et n’en a jamais eu l’intention. La structure scénaristique ne propose donc rien de particulièrement novateur, quand bien même on a la sensation de voyager plus que dans les précédentes productions Marvel et que le récit est un poil moins sur des rails. Nous sommes malgré tout une fois de plus devant l’habituel combat du bien contre le mal et il ne faudra pas chercher les plus belles qualités du film dans sa trame, quand bien même celle-ci se trouve être plutôt fonctionnelle et efficace, envoyant une bande de bras cassés (Peter Quill le loser dansant, Gamora la combattante traîtresse, Rocket Raccoon le raton-laveur énervé, Groot l’arbre au vocabulaire réduit et enfin Drax le vengeur sauvage et premier degré) épiler les burnes du grand méchant de la galaxie, à savoir Ronan, un cousin éloigné de Skeletor, dont le but est de réduire en bouillie un peuple qui a éliminé ses ancêtres. Vu le caractère de celui-ci, on peut imaginer qu’ils l’avaient bien cherché… Reste que tout cela est bien classique et que ce n’est pas dans les rebondissements qu’il faudra chercher le Nirvana cinéphilique. Alors oui, Gunn, également scénariste, trébuche un peu sur cette marche-là, ce qui ne le fera pas dégringoler puisque le film se laisse suivre sans le moindre problème, d’autant que le tout parvient à éviter les explications assommantes. Gunn se fout pas mal de donner du sens à tout et n’importe quoi et prend soin à rendre son film accessible pour celui qui n’aurait pas vu les précédents opus du Marveluniverse. Certes, on retrouve Thanos et le Collectionneur (ce dernier étant présent dans le fade Thor 2) mais leurs rôles ne sont reliables aux films précédents que pour qui les a vus, le spectateur encore innocent pouvant voir là de simples seconds rôles comme les autres. Plutôt agréable puisque tout le monde n’a pas forcément envie de se taper huit films pour pouvoir en apprécier un neuvième… Reste que ce qui intéresse avant tout le réalisateur, c’est ses fameux gardiens, sa galerie de personnages timbrés. Il faut dire que l’on a la sensation de tomber dans un cirque spatial au vu des tempéraments et looks des intéressés…

 

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Autant le dire d’emblée: les cinq protagonistes principaux qui forment la bande de sauveurs sont tous particulièrement adorables. Tous les cinq, sans exception. Y compris ceux que l’on s’imaginait moins aimer, comme le héros Peter Quill (excellent Chris Pratt), loser magnifique, Indiana Jones du futur, volontiers roublard mais jamais mauvais. Un pauvre homme qui masque pourtant un passé douloureux, présenté en introduction et qui nous rend immédiatement le garçon sympathique, cette entrée en la matière étant gorgée d’émotion. Ou encore un Drax que l’on imaginait plutôt froid et qui était peu mis en avant dans la promotion et qui se trouve être une petite boule de comédie, son premier degré total occasionnant quelques passages succulents (« Métaphore! »). Dave Bautista fait donc partie des révélations du film, ce qui est d’autant plus étonnant qu’il n’était guère marquant dans le sympa L’Homme aux Poings de Fer, dans lequel il n’était pas un comédien particulièrement convaincant. Belle avancée pour le colosse, donc ! Sans surprise, Rocket (Bradley Cooper en VO) est le plus marquant du lot et va vite devenir la mascotte du Marveluniverse. Et comment l’inverse serait-il possible alors que la petite teigne réussit à être aussi drôle (ses blagues de mauvais goût) que furieuse (il prend du plaisir à tout faire sauter et ne s’en cache pas). S’il nous fait jubiler, il peut aussi nous tirer quelques grosses larmes, le pauvre raton n’ayant pas eu un passé très joyeux… Créé dans un laboratoire, c’est avec un mélange de paranoïa et de détresse qu’il explose de colère, persuadé que personne ne l’aime et qu’il n’est vu que comme un sinistre monstre. Ne t’en fais pas Rocket, moi je t’aime! Mention également pour le sympathique et amusant Groot (Vin Diesel en VO), là encore un personnage touchant, qui semble un peu en retrait mais se taille une belle part du gâteau au bout du compte. Peut-être pouvons-nous dire que la demoiselle Gamora (Zoe Saldana) est un peu moins mémorable, ce qui est plus imputable à son rôle sur l’échiquier qu’à son personnage en tant que tel. Plus sérieuse, elle sert de contrepoint aux autres, son manque d’humour servant justement à souligner la folie des quatre autres, ce qui ne fait pas d’elle la plus appréciable (et encore, elle est largement plus attrayante que n’importe quel héros des autres films Marvel, hein!) mais la rend tout de même indispensable d’un point de vue scénaristique. Notons également un excellent Yondu, chasseur de prime incarné par un Michael Rooker qui chie la classe par tous les pores et qui parvient à rendre son alien bleuté aussi hilarant qu’effrayant! Et puisque l’on parle d’effroi, signalons que le vilain Ronan est, surprise, un méchant tout à fait valable. Cliché, certes, mais qui sent le danger, ce qui nous change de la bande de nazes qu’étaient les Loki, Whiplash (Iron Man 2) et autres elfes des ténèbres de Thor 2. Ronan n’est pas le meilleur méchant du monde pelliculé, c’est certain, mais il a un bon look, fait son taff et putain, en ces temps de vilains des cours de récré, ça fait déjà du bien…

 

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Et mine de rien, cette adoration pour ces protagonistes principaux change toute la donne par rapport à un film classique du même genre. On a tendance à l’oublier puisque le cinéma actuel peine à nous offrir plus que des mannequins désincarnés mais lorsque l’on est attaché à des personnages, on se prend à flipper un peu pour eux. Tout l’inverse d’un Avengers qui ressemblait plus à une course à l’égo, ce qui colle sans doute avec les comics (en ai jamais ouvert un donc je ne suis pas le mieux placé pour comparer) mais a également l’inconvénient de minimiser encore l’affection que l’on pouvait ressentir pour des persos pour lesquels on ne s’en faisait déjà pas des masses. Trop forts, trop parfaits et trop populaires pour être sacrifiés (Œil de Faucon mis à part). Les Gardiens, eux, n’ont rien des dieux nordiques, des génies en armure d’acier ou des super soldats présentés jusqu’alors et pourraient tout aussi bien mourir au combat. On ressent donc un sentiment rarement éprouvé, celui d’être impliqué dans le combat mené par nos psychopathes au bon fond, qui nous semblent proches dans ce qu’ils ont de plus pathétique. Les défauts de Thor et Iron Man ne semblent être que des problèmes d’adolescents en comparaison avec les peines rencontrées par Quill et sa bande, qui ont tous perdus des êtres chers (Quill a été enlevé par des extra-terrestres au moment où sa mère est morte, Gamora a vu ses parents mourir sous ses yeux tandis que Drax a perdu sa femme et sa fille, tuées par Ronan) ou qui sont tout simplement engloutis dans une solitude sans fonds (véritable créature de Frankenstein, Rocket est le seul de sa « race », fabriqué qu’il a été dans un laboratoire, ce qui le condamne à la colère). Ces pauvres types ont tellement souffert que l’on peine à leur souhaiter plus de douleur encore et puisqu’il n’ont rien à perdre, on espère qu’il trouveront quelque-chose dans leur périple: une famille, une alchimie. Ce qui ne loupe bien évidemment pas, l’équipe qui se déteste de prime abord (et qui se forme d’une manière qui ne semble jamais forcée, par ailleurs) finissant, au fil des aventures, par s’apprécier. Certains trouveront le tout un peu trop sucré, et le final ne les contredira pas, mais GotG c’est comme les glaces à trois boules (quatre ça tombe): c’est sucré mais délicieux. Et puis, pourquoi se plaindre d’être touché par une scène ou deux alors que les blockbusters de récente mémoire peinaient à offrir ne serait-ce qu’un soupçon d’émotion ? Gunn réussit donc parfaitement son coup et nous happe dans son univers particulièrement coloré. Car en prime, le bonhomme ne crache jamais sur ses origines dessinées, contrairement à certains (tiens, j’entends Christopher Nolan éternuer), acceptant les codes visuels de l’œuvre qu’il adapte ici, n’hésitant jamais à proposer un déluge de gouache qui croque peu à peu un espace séduisant, un monde enchanteur (la planète du début est splendide).

 

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Et tout comme l’attachement que nous portons aux personnages permet d’apprécier une trame plutôt fine et vue à de nombreuses reprises (avec l’habituel super artéfact de la mort qui tue qui te cuit ta choucroute en deux secondes), ce même attachement fait passer les séquences d’action à un tout autre niveau d’implication. Car encore une fois, le travail est bien fait mais pas exceptionnel dans le domaine de l’explosif puisque l’on se retrouve avec plusieurs séquences de vaisseaux qui se tirent dans le cul, quelques coups dans la gueule et autres acrobaties et bien entendu des gunfights. Pas de séquences excessivement originales donc, mais toujours rondement menées (l’évasion de la prison est très excitante, tout comme le climax), ce qui n’est pas toujours gagné avec votre serviteur qui est aussi excité devant les trucs à la Star Wars que devant une capote crevée découverte sur un trottoir. Et ceux qui craignaient que Gunn ne retrouve sa caméra un peu trop tremblotante de Super (qui ne devait en effet pas sa réussite à son aspect visuel) soient rassurés, Les Gardiens de la Galaxie est une œuvre toujours lisible, y compris dans ses scènes d’action qui prennent le parti de n’être ni trop longues ni trop courtes. N’espérez donc pas vous retrouver avec des combats de quarante minutes comme on en trouve chez Bay, ça n’existe pas dans l’esprit de Gunn, qui préfère donner trois coups qui cognent juste qu’une ribambelle de tapettes de gonzesses tout juste utiles à gonfler artificiellement un film. En outre, ces scènes d’action plutôt courtes respectent l’aspect Comics puisque les combats dans les œuvres de Stan Lee et consorts ne duraient jamais très longtemps et se résumaient à quelques coups. L’ancien scénariste de Troma respecte également l’aspect iconique de son modèle et nous offre très régulièrement des plans à nous en faire tomber les paupières, comme le saut de Quill vers son vaisseau ou l’envolée des lucioles créées par un Groot plus romantique que jamais.

 

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Et tout cela sans jamais se prendre au sérieux, qui plus est! Car GotG est drôle, très drôle, et pas qu’à l’occasion. Sans avoir le rire difficile, votre serviteur ne l’a pas facile non plus, ce qui ne l’a jamais empêché d’ouvrir sa petite tronche nucléaire pour en sortir le plus caverneux des rires. Car on se marre tout le temps ici, le film étant définitivement mauvais pour nos muscles faciaux puisque quand on ne rit pas on sourit. Plus drôle que 90% des comédies existantes, GotG parvient pourtant le difficile jeu d’équilibre qui consiste à faire marrer tout le monde tout en faisant stresser lors des moments de tensions et autres climax. A ce sujet, il faut saluer l’aspect schizophrénique du récit, qui passe d’un moment particulièrement éprouvant et triste à la peur absolue face à une menace totale avant de nous lancer dans le plus gros fou rire du film. Et des moments comme ça, le film en déborde, sans pour autant en faire trop et donner la sensation d’être exténuant comme peuvent l’être certaines films très amusants mais également fatiguants tant leurs gags et péripéties s’enculent sans répit (l’excellent Pain & Gain de Michael Bay, qui est abonné à cette chronique, est un bel exemple de film drôle mais épuisant). Gunn jongle avec tout cela dans une aisance qui force le respect, gardant la squelette imposé par les impératifs Marveliens tout en l’habillant de la chair qui lui tient à cœur. Et comme précisé plus haut, c’est dans les années 80 que le réalisateur ira chercher son influence principale, nous concoctant une présentation de Quill qui renvoie au premier Indiana Jones ou en ne cessant d’amener des éléments des eighties devant sa caméra ou dans les enceintes des cinémas, la bande-originale étant une ode aux hits passés. Et certainement pas dans le but de paraître cool ou pour faire des clins d’œil aux spectateurs mais tout simplement pour affiner la personnalité de son personnage principal, qui écoute ces chansons en boucle pour garder un peu de sa mère décédée avec lui. Rien n’est gratuit dans GotG qui nous montre à quel point Gunn est habile dans la création d’un monde complet au possible sans avoir à s’expliquer, tout passant par l’image. Inutile dès lors de préciser que nous tenons là le digne héritier du divertissement d’antan, noble au possible, qui aime ses personnages et nous les fait aimer avec lui, qui ne prend jamais ses spectateurs pour des abrutis. GotG est si bon qu’il semble tenir de l’accident, du miracle, nous donnant même l’impression d’assister à un film des années 80 perdu depuis lors et qui viendrait d’être retrouvé. Des défauts ? Fort peu, tout juste un effet spécial peu concluant (Thanos, qui est assez mal branlé, ce qui tranche avec la beauté de Rocket et Groot), ce qui n’entache jamais ce film rock’n roll, cette aventure irrévérencieuse (ça ose même quelques insultes, ce qui semblait pourtant impossible à une époque où l’on coupe des « Fuck » dans un Die Hard) qui risque fort d’être le film de l’année puisqu’aucun candidat sérieux ne semble prêt à se présenter d’ici janvier prochain. L’espace de deux heures, je suis redevenu le gamin de huit ans que j’étais voilà vingt piges, et je pense bien avoir trouvé mon Ghostbusters des années 2010. Mais une question subsiste: Gunn s’est-il offert une branlette dans les bureaux de Marvel et Disney ?

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: James Gunn
  • Scénarisation: James Gunn, Nicole Periman
  • Titre original: Guardians of the Galaxy (USA)
  • Production: Marvel Studios
  • Pays: USA
  • Acteurs: Chris Pratt, Zoe Saldana, David Bautista, Bradley Cooper, Vin Diesel, Michael Rooker
  • Année: 2014

20 comments to Les Gardiens de la Galaxie

  • Mr Vladdy  says:

    Grand amateur de films de super héros, j’avais quelques craintes avec ce Marvel mais elles ont été vite balayées et au final j’ai vraiment passé un excellent moment. Il va falloir que j’en écrive un petit avis d’ailleurs ^^

  • Dirty Max 666  says:

    LA chronique définitive sur « Les gardiens de la galaxie » ! Moi qui partage avec toi, un amour immodéré pour Ghostbusters (quand j’étais môme, j’avais les figurines de la série animée mais elles n’ont pas résisté à l’âge adulte…), je ne peux que plussoyer tes propos ! Et puis tu me rassures quant à ce « GotG ». Après les excellents « Horribilis » (« titre français nul à en chier des limaces » !) et « Super », j’avais peur que la verve de James Gunn ne se noie dans l’océan Marvel/Disney. Mais grâce à ta critique enthousiaste, mes craintes se sont envolées. J’irai donc voir le film en salle.

  • Roggy  says:

    Pour ma part, il est possible que j’aille le voir le we prochain, donc je ne lirai pas ta chronique avant 🙂 Et, apparemment, vu qu’elle est très réussie, je ne préfère pas me faire mal avant d’en faire une moi-même 🙂 Et, je lirai aussi celle de MrVladdy et de Max s’il en fait une…

  • Princécranoir  says:

    Je passais dans le coin et je m’apprêtais à déposer une gerbe de fleurs dans le cimetière des récents disparus quand, tout à coup, mon regard s’est figé, interdit, devant l’annonce d’une chronique sur « les Gardiens de la Galaxie ». Je me retrouve donc ici, par hasard (enfin à moitié), à lire un panégyrique sur … « Ghostbusters » ! « there is Something strange in the naighbourhood » comme dirait l’autre ! Si les deux films partagent bien la même initiale, je me dis qu’il en faut tout de même davantage pour que Rigs Mordo en ait à ce point confondu l’intitulé. Certes, j’ai moi-aussi longtemps révéré les fameuses vannes de Peter Venkman, et tenté de chasser les revenants (on en revient au cimetière) avec un aspirateur accroché dans le dos, mais je dois admettre que je l’ai depuis rangé au placard. Reparti sur la piste des « gardiens de la Galaxie », j’entame enfin le premier chapitre du roman qui leur est consacré ici et découvre au fil des mots tout le bonheur éprouvé à la vision de ce Blockbuster. J’aurais tant aimé partager la même liesse, taper du pied et remuer la tête comme Stevie Wonder à l’écoute de « Hooked on a feeling », mais hélas rien n’est venu. Ces super-héros là naviguent sans doute dans une galaxie lointaine, trop lointaine de la mienne. Je n’y ai vu que Bugs Bunny pilotant un vaisseau, que Musclor peint en bleu et Neytiri repeinte en vert débitant des banalités pas très drôles, plus tout une armée de muppets numériques qui s’agitent en pure perte (et j’ai vu aussi Skeletor, c’est vrai, mais il avait un marteau). Du coup, mon aspirateur me fait la gueule, il me dit que lui préfère un balai que je me serais enfoncé dans le … Bref, pour faire court, j’ai pas trop aimé 🙂

  • Roggy  says:

    Encore une belle chronique qui transpire la passion et surtout pour le ciné de genre, celui qu’on aime, comme Ghostbuster. Je suis tout à fait d’accord avec ton analyse, même sur les faiblesses du film (le scénario). Même si j’ai été moins touché que toi par le film 🙂 j’ai passé néanmoins un bon moment, avec une musique qui m’a emporté. D’ailleurs, j’ai écrit ma chronique avec la BO dans les oreilles 🙂

  • Moskau  says:

    Un excellent divertissement, en dépit d’un scénario barbu de chez barbu… Un défaut à corriger pour la suite, une suite que j’attends déjà avec impatience !

  • Nola Carveth  says:

    Me suis dit : « Tiens, Rigs a-t-il écrit sur Slither ? » Je constatai que non, mais ai pris bien plaisir à te lire sur ce Gardiens de la Galaxie, qui n’est pas ce que je préfère, mais m’avait bien plu. Décidément, avec en plus la découverte hier de Super, ce James Gunn me plaît bien. Belle chro qui frémit, et j’ai bien ri pour le mug 😉

  • Nola Carveth  says:

    Pour Super, je n’ai pas noté la caméra tremblotante que tu évoques. J’ai trouvé ça maîtrisé, avec pas mal d’idées. Un film assez grave, plus que Slither. Non mais vraiment j’aime bien James Gunn ! Dommage qu’il n’ait pas fait encore plus de films pour le moment, et s’il part dans des projets tels que Gotg, ça va moins m’attirer, mais je pense et j’espère qu’il nous réserve des surprises !

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