Death Race: Course à la Mort

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On le disait immortel dans le film de Paul Bartel, il nous le prouve en reprenant le volant plus de trente ans après sa dernière course mortelle. Frankenstein is back, avec cette fois Jason Statham sous le masque en lieu et place d’un David Carradine qui ne sera finalement pas mort sur le bitume…

 

 

Il est amusant de constater à quel point Roger Corman aura façonné le cinéma américain, principalement de genre, tout en restant en dehors des clous. Il fait partie de ces hommes respectés par tous mais qui restent vus comme des marginaux qui ne font au final que des mauvais films. Et c’est un fait, son âge d’or est définitivement derrière lui, ce qui ne l’empêche pas de continuer à s’amuser en envoyant des hordes de jolies jeunes filles dénudées dans les gueules de dinosaures affamés et autres bestioles peu recommandables. Un producteur de films fauchés, bricolés avec les moyens du bord, l’homme d’affaire partant du principe qu’un film qui ne coute rien ne peut que rapporter. Son influence sur le septième art aura toujours été indirecte, aucun de ses films ne rencontrant un succès capable de lancer une mode durable (aussi fabuleuses soient-elles, ses adaptations de Poe avec Vincent Price n’ont pas lancé le mouvement gothique des années 60, qui avait débuté avec la Hammer et l’italien Riccardo Freda). Son importance n’éclatera réellement que lorsqu’il freinera ses activités de réalisateur pour se concentrer sur la production, mettant le pied à l’étrier de futurs cadors du genre comme Francis Ford Coppola ou James Cameron, puis plus tard lorsque Tim Burton et quelques autres souligneront la portée que ses œuvres auront pu avoir sur les jeunes réalisateurs de l’époque, qui grandirent avec ses séries B. Moins un grand qu’un mentor ou une étoile guidant les mages, au fond. Mais tout arrive à qui sait attendre et en 2008 le brave Corman aura eu ses entrées dans une production friquée, remake de l’une de ses productions phares des 70’s: Death Race 2000. Le chiffre tombe mais le principe reste le même, à peine modifié: des fous du volant vont s’affronter lors de courses où tout est permis, surtout les coups bas.

 

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Une production d’envergure, qui aura mis quelques années à se concrétiser, la ligne de départ se trouvant en 2002 alors que celle d’arrivée pointe le bout de son nez en 2008, année de la sortie. Entre temps, c’est de la danse, une valse de producteurs et acteurs qui viennent mettre leur grain de sel puis se désistent au fil des versions du scénario. Tom Cruise par exemple, qui était très motivé à l’idée de passer les vitesses sous le masque de Frankenstein tout en produisant le tout. Mais chemin faisant, il finira par quitter le volant pour se contenter de la banquette arrière, celle où les producteurs se laissent conduire, aux cotés d’un Roger Corman qui s’investit à son tour dans le film puisqu’il est crédité comme producteur délégué. Un titre probablement plus honorifique qu’autre-chose car j’imagine mal le Corman avoir grand-chose à dire dans pareille machine hollywoodienne, le roi de la série B n’étant probablement qu’un nom collé sur la jaquette pour rassurer les petites centaines de fans de l’original quant aux intentions des vrais patrons derrière le remake. On signalera d’ailleurs qu’il n’est pas fait mention de Paul Bartel, réalisateur de l’original, et que c’est Corman qui est mis en avant comme force créatrice de Death Race 2000 version 75, ce qui est tout de même un poil exagéré… Mais soit, après tout, qui se souvient de Bartel si ce n’est quelques zinzins comme vous et moi ? Personne et certainement pas les costards-cravates de la Universal, qui finira par distribuer ce remake, piloté par un Paul W.S. Anderson qui devra revoir ses ambitions à la baisse. Car si en 2002 il parlait d’une œuvre futuriste avec des bagnoles dignes des Transformers (les caisses devaient se démonter et se remonter toutes seules), il devra finalement se contenter de « simples » voitures équipées de mitraillettes qui se tirent la bourre dans des hangars et prisons désaffectés. Vu que Speed Racer est sorti la même année et proposait, lui, un avenir aussi coloré que lointain (et s’est par ailleurs joliment planté), il était sans doute préférable que Death Race laisse de coté l’esthétique jeu-vidéo et reste dans le cambouis…

 

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Lorsque le cinéma nous permet de jeter un coup d’œil vers le futur, c’est généralement pour nous montrer à quel point notre avenir va craindre. Pas de changement dans Death Race puisque l’on apprend que dès 2020 tout va s’effondrer, le chômage va atteindre des sommets, les gens sont malheureux, on s’emmerde, il n’y a plus rien de bien à la télévision et au cinéma,… La misère, quoi. Ce qui pousse les gens à passer leurs soirées devant Death Race, l’émission télévisée culte de l’époque dans laquelle des prisonniers participent à une course de bolides armés jusqu’aux dents. Celui qui parvient à survivre à ses concurrent et traverse la ligne d’arrivée le premier aura l’honneur d’être libéré, quittant la prison pour un monde meilleur et plus doux. Le plus populaire de tous les pilotes est sans conteste Frankenstein, un homme dont personne ne connaît le visage puisqu’il porte un masque. Il est aussi à deux doigts de quitter sa cellule pour de bon puisque sur les cinq courses à gagner pour pouvoir retrouver sa liberté, il en a déjà quatre en poche. Mais voilà, le pauvre homme a perdu la vie lors de sa dernière virée meurtrière, tué par l’impitoyable Machine Gun Joe (Tyrese Gibson), ce qui emmerde profondément Hennessy (Joan Allen), la directrice de la prison et également productrice de l’émission. C’est que le brave Frankenstein était une valeur sûre, du genre à faire grimper l’audimat jusqu’au plafond. Si lui trouver un remplaçant physique n’est pas un problème puisque le personnage était masqué, il sera plus compliqué de trouver un pilote à sa hauteur. C’est alors que le choix de la fourbe femme se porte sur Jensen Ames (Jason Statham), un ancien conducteur de talent qui serait parfait en Frankenstein. Mais encore faut-il qu’il atterrisse en prison… La démone fait alors assassiner l’épouse du pauvre homme et lui fait porter le chapeau, l’amenant entre ses murs et lui promettant de retrouver sa liberté et sa fille s’il reprend le rôle de Frankie et gagne la dernière course à sa place. Ce qui ne sera pas une mince affaire…

 

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Dans le genre réalisateurs modernes qui connaissent le succès populaire mais attendent toujours le critique, Paul W.S. Anderson est assez bien placé. Il faut dire qu’il nous a bien déçu car après son Mortal Kombat certes un peu gogol mais qui respectait bien l’univers du jeu et ressemblait à ce qu’on pouvait en attendre et un Event Horizon qui a réconcilié la flippe et l’espace, il a bien chuté dans notre estime en foutant en l’air deux des projets les plus attendus des fantasticophiles. A savoir un Alien vs Predator qui ne sera pas la rencontre espérée et un Resident Evil qui laissait toutes les qualités du jeu au placard pour les remplacer par des éléments ultra putassiers qui transformaient le survival-horror en une grosse pétarade. Un genre contre lequel je n’ai rien mais qui ne se marrie pas nécessairement avec l’image que l’on avait de la saga de Capcom a l’époque (car depuis cela a bien changé puisque ça explose autant dans les jeux que dans les films) et qui aurait été plus adaptée à une adaptation de « House of the Dead » (qui ne sera pas mieux loti) ou du « Zombie Revenge » de la Dreamcast, jeu d’arcade avec des morts-vivants mutants qui aurait bien mieux collé à la réalisation de l’énervé Anderson. Il aura en tout cas foutu en l’air nos espoirs de voir un jour une belle adaptation live de la célèbre franchise, qui n’a cessé de sombre plus en profondeur au fil des épisodes. On ne peut donc pas dire que nous sommes très heureux de le retrouver aux manettes de Death Race, mais c’est oublié qu’il sera sans doute bien plus dans son élément ici que dans une saga qui misait sur la tension (même si Event Horizon nous avait laissé pensé l’inverse). Il sera donc dans ses petits souliers une fois dans un univers où la carrosserie se cabosse et les flammes sortent de toutes parts, les principaux défauts qui plombaient Resident Evil se transformant en qualités lorsqu’ils sont transposés dans une œuvre ouvertement bourrine comme Course à la Mort.

 

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La finesse n’est donc pas le point dort d’Anderson et cela tombe bien pour lui, elle n’a pas lieu d’être dans une production de cet acabit. Ce qui peut choquer lorsque l’on se remémore le premier film, qui avait certes pour lui son principe séduisant de cette course où les participants s’entretuent, mais était surtout mémorable par la satire qu’il mettait en place. Tout le monde en prenait plein la gueule dans le film, à commencer par les médias qui étaient vus comme de stupides marchands de violence, bourgeois dans leurs apparences mais profondément barbares sous leur épiderme clinquant. Le film de Paul Bartel était certes une serie B fauchée mais qui avait des choses à dire et ne se reposait pas sur son seul spectacle, que son auteur savait limité puisqu’il n’avait pas les moyens de faire énormément de folies et devait donc contrebalancer par une certaine intelligence du propos. La version 2008 est l’exact opposé de Death Race 2000. C’est une production friquée qui ne se repose que sur ses artifices, ses cascades et sa pyrotechnie, n’essayant jamais de développer une quelconque critique, se foutant comme de l’an 40 du message que pouvait avoir son modèle. Le seul élément qui pourrait rapprocher les deux œuvres spirituellement est le fait que la directrice de la prison est également la tête pensante d’une chaîne de télévision, faisant un lien direct entre le petit écran, les médias et l’incarcération. On peut donc y voir une sorte de « la télévision nous enferme derrière des barreaux à notre insu », mais on peut également se dire que je vois un peu trop loin et que les scénaristes n’ont jamais eu l’intention de livrer autre-chose qu’un film d’action bourrin à mort et que si quelque-chose d’autre en ressort, c’est probablement accidentel. Allez savoir… Reste que ce Death Race version 2008 ne peut de toute manière pas trop se permettre de critiquer trop ouvertement cette ivresse de la violence puisque, de toute évidence, cela reviendrait à cracher à la gueule de ses spectateurs, qui viennent justement pour avoir leur dose de sang et de pneus fondus. Hors de question de se permettre des publicités gorgées d’humour noir à la Robocop, voire à la Running Man (qui partage beaucoup de points communs avec le film d’Anderson), cela reviendrait à chier dans le slip d’un public qui pourrait ne pas apprécier l’idée. On a donc l’étrange sensation que ce remake est très exactement ce que l’original critiquait, Bartel ayant été assez visionnaire quant à l’évolution de la télévision qui ne cesse une escalade dans la violence et le mauvais goût. Deux éléments dans lesquels Anderson saute sans hésitation…

 

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Bien entendu, je ne vais certainement pas me la jouer hypocrite et venir prétendre que tout cet étalage d’action, parfois gore qui plus est, me dérange, car ce n’est pas le cas. C’est même très précisément ce qui rend ce remake fort sympathique puisqu’il se contente de fournir la dose d’adrénaline que l’on est en droit d’attendre de lui, sans vous donner plus que ce que vous avez commandé. Le problème, c’est plutôt la manière dont c’est fait, pas des plus finaudes. Passe encore pour les scènes qui bourrinent, même si la réalisation aurait pu être meilleure (j’y reviendrai), c’est par contre plus gênant lorsque débarque les copilotes féminines de nos conducteurs infernaux. Car dès qu’une nana un peu sexy débarque dans le cadre, Anderson freine sa caméra comme un affamé, la langue pendante, nous gratinant de ralentis et gros plans sur les guibolles de ces dames et, surtout, de chansons RnB qui, vous l’imaginez bien, ne sont pas faites pour remonter l’estime que l’on peut avoir de ces séquences. Ce n’est pas un problème de montrer des nichons et des culs, je fais même partie de ceux qui savent apprécier ces racolages à leur juste valeur, mais en faire des tonnes et des tonnes comme peut le faire Anderson, transformant son film en un clip de Rihanna durant quelques instants, tombe dans une vulgarité telle qu’elle en devient risible. Je veux bien que le metteur en scène se rende compte qu’il ne réalise pas un produit très fin mais de là à prendre son public pour un ramassis de beaufs qui se branlent à la moindre occasion, il ne faut pas exagérer. Bref, ces quelques passages qui nous donnent plus l’impression d’être au salon de l’auto que dans une prison où les incarcérés luttent pour leur liberté ne sont pas ce que le film a de mieux à proposer. Par chance, il se rattrape quand il s’agit de mettre le turbo.

 

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Car à ce niveau, il n’y a pas grand-chose à reprocher à Death Race qui nous propose des courses aux péripéties variées et se permet même quelques bonnes idées aptes à foutre une gaule bien plus énergique que lorsque les copilotes débarquent en petite tenue. Comme ce gros camion, véritable engin de guerre, qui vient compliquer la course en tirant sur les candidats, que ce soit à coups d’obus ou en usant du lance-flamme. Les petits plats sont mis dans les grands et ça saute de partout, avec des cascades qui raviront les amateurs et des explosions en veux-tu en voilà. Mieux, le film se permet d’être franchement sanglant, avec des corps transpercés par du gros calibre quand ils ne sont pas tout simplement réduis en bouillie par un véhicule blindé qui passe par là. A ce niveau, il n’y a rien à reprocher à Anderson, qui nous fout le nez dans l’huile enflammée et nous divertit de fort belle manière. C’est que sa réalisation nerveuse colle bien au sujet, parfois un peu trop comme en atteste certaines séquences qui usent et abusent d’un montage un peu trop cut qui ne permet pas toujours de bien comprendre ce qu’il se passe. Ce qui est surtout vrai pour le début du film, peut-être que chemin faisant je me suis habitué au montage et me suis adapté malgré moi mais j’ai l’a sensation que plus le film avance plus il tente d’être lisible. Remarquez que ce n’est pas facilité par les bolides, moins différenciés que dans l’original, qui comptait dans ses rangs une voiture à forme de lézard, une autre épousant le look d’un taureau ou encore une aux airs de char germanique. Ici, seules leurs tailles et formes semblent varier, leurs couleurs tapant toutes dans le sombre, ce qui n’aide pas l’œil à les différencier lorsqu’elles sont prises dans l’angle d’une caméra parkinsonienne et à toute allure. Les différents participants ne sont pas non plus particulièrement soignés, seul Frankenstein étant un poil caractérisé. Mais vraiment un poil, hein, il est juste le veuf qui veut se venger de la méchante, qui est par ailleurs très méchante et joue bien son rôle, même si c’est sans finesse. Quant à Machine Gun Joe, on s’éloigne clairement de son incarnation des années 70, qui prenait les traits d’un Stallone qui prenait beaucoup de plaisir à jouer ce rital très violent et colérique, qui devenait une source humoristique sous l’œil de Paul Bartel. Son pendant moderne est très diffèrent puisque de mafieux il devient un gangsta, toujours très colérique mais nettement moins rigolo car beaucoup plus sérieux dans sa hargne. Il faut dire que de simple sport, le jeu devient ici une question de vie ou de mort, poussant ses protagonistes à se prendre un peu plus au sérieux…

 

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Le reste de la bande n’est pas plus développée, la plupart étant de simples taulards très dangereux et méchants, principalement définis par leurs origines. On a le nazi, le cubain, l’asiatique (ce qui nous permet de revoir Robin Shou, le Liu Kang des Mortal Kombat),… Ils sont là pour faire nombre et se faire décimer dans la course, c’est une évidence, et c’est là encore assez triste de ne pas avoir joué une carte plus cartoonesque, au moins dans leurs accoutrements, ce qui aurait permis de les différencier un peu plus facilement comme c’était le cas dans le premier film. Les acteurs quant à eux ne font rien de particulier, la majorité n’étant de toute façon pas là pour tenter de gagner un oscar. Ils viennent pour grogner, faire des gros yeux en serrant la mâchoire et avoir l’air très méchant. Des Statham ou Tyrese Gibson ne seront jamais des génies de la comédie mais leurs tronches d’éternels mécontents ne dépareillent pas dans un univers grisâtre et sale comme celui de Death Race. Le meilleur acteur du lot est peut-être Ian McShane (le père-noël fou de la deuxième saison d’American Horror Story), plutôt bon en sage mécanicien. Notons également David Caradine qui revient dans un caméo vocal pour illustrer le premier Frankenstein. Aucune originalité particulière à souligner donc, si ce n’est cette méchante, très clichée mais qui a le mérite d’être une femme, ce qui n’est pas commun dans un film carcéral. Pas de quoi modifier grand-chose à un spectacle qui n’a de toute façon pas pour ambition de révolutionner le genre. Il n’y parvint d’ailleurs pas, les résultats au box-office étant bons sans être incroyables (le film s’est rentabilisé, quoi) et les critiques étant généralement assez mauvaises. Il faut bien avouer qu’il est préférable de mettre son cerveau en veille à la vision de ce film de bourrins, mais si vous n’en attendez rien d’autre qu’un cirque furibard qui ne s’arrête que rarement, alors vous allez être aux anges. C’est très con mais c’est peut-être justement pour ça que c’est bon…

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation: Paul W.S. Anderson
  • Scénarisation: Paul W.S. Anderson
  • Titre Original: Death Race (USA)
  • Production: Paul W.S. Anderson, Jeremy Bolt, Paula Wagner et Tom Cruise
  • Pays: USA
  • Acteurs: Jason Statham, Joan Allen, Ian McShane, Tyrese Gibson
  • Année: 2008

3 comments to Death Race: Course à la Mort

  • Dirty Max 666  says:

    Je suis un fan absolu de l’original qui – pour être fauché – n’en est pas moins culte. Évidemment, on ne peut qu’être déçu de ne pas retrouver dans ce remake, la folie et les aspects satiriques du classique de Bartel. Pour le reste, ce Death Race 2008 reste bien sympatoche, et ce malgré un côté « Fat & Foirous » assez irritant. Et puis, il en impose toujours autant le Statham. En tout cas, ta chronique est impeccablement rédigée et argumentée. Comment pourrait-il en être autrement ?

  • Roggy  says:

    Un divertissement regardable, pour un W.S Anderson :), qui prend une autre route que l’original de Paul Bartel. Ce dernier, je l’avais vu en VHS à l’époque avec des potes. Toute une histoire.

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