The Pact

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Esprit, es-tu là ? Pas la peine de demander, ni même de fouiller sous nos lits ou dans nos placards, car tous les fantômes de la Terre semblent avoir trouvé refuge… dans nos DVD ! Car ces foutus ectoplasmes n’arrêtent plus et il n’est pas rare de se réveiller la nuit avec un film de spectres à la TV, que nous avions pourtant coupée. La nuit dernière, c’était The Pact.

 

C’est plus vrai que jamais: un bon court-métrage vous permettra de faire un long, à condition semble-t-il de garder la même histoire. Car après Mama d’Andy Mischetti, version longue d’un court portant le même nom, c’est au tour de Nicholas McCarthy d’étirer son The Pact, qui gardera par ailleurs le même patronyme lui aussi. Une évolution logique, la version écourtée ayant reçu d’assez bonnes critiques au Festival de Sundance, qui se concentre sur les films indépendants et, il faut bien le dire, assez branchouille et ennemi de longue date de Lloyd Kaufman si l’on se fie à ses livres, dans lesquels il n’hésite pas à chier dessus, les fesses bien écartées. Reste que McCarthy doit visiblement beaucoup au festival, qui accueillera la version longue de son œuvre en 2012, soit une année seulement après la diffusion du court. Nouveau succès d’estime pour le film, qui obtient de bonnes critiques et commence à se faire une petite réputation. Pas vraiment une hype, d’ailleurs les chiffres au box-office n’explosent pas particulièrement (7 millions environ, ce qui n’est pas énorme), mais suffisamment pour que le film traverse l’océan à la nage et atterrisse chez nous en DVD, dans une relative indifférence qu’il ne méritait pas, quand bien même on peut comprendre que le chaland ne se lance pas dans l’aventure, qui semble assez assommante de prime abord. Car The Pact fait un peu partie de ce que l’on pourrait appeler la vague des « Arte Horror Movie », ces films qui débutent comme des documentaires ou films ultra-réalistes avec une lumière terne comme la chaîne allemande aime bien nous en foutre sous les yeux deux fois par semaine, avant que le fantastique ne s’invite dans le processus. En un mot comme en cent: cela fait un peu « arty » et ce n’est pas rassurant, car qui dit arty dit souvent « chiant comme une journée devant le Tour de France ».

 

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Nos craintes semblent d’ailleurs fondées lorsque l’on se fie aux premières minutes, qui nous montrent une jeune femme (Agnes Bruckner, qui a quelques films d’horreur à son actif comme le slasher Venom ou le The Woods de Lucky McKee) qui déambule dans la maison de sa mère, décédée il y a peu. Le fantastique apparaît peu à peu, via les habituelles lampes qui clignotent ou les portes qui s’ouvrent et se referment toute seules, faisant par ailleurs disparaître la donzelle dans un placard sombre. Une évaporation qui force sa sœur Annie (la jolie Caity Lotz, vue dans la série Death Valley de MTV, dans laquelle des flics doivent se débarrasser de zombies, vampires ou loups-garous) à rester dans la baraque, un lieu qu’elle n’aime guère pour y avoir subi quelques sévices de la part de ses parents, visiblement assez mauvais. Comme elle ne tient pas à passer la nuit seule dans ces lieux bourrés de mauvais souvenirs, elle invite sa cousine Liz à occuper l’un des lits de la baraque, ce que cette dernière accepte, malheureusement pour elle d’ailleurs puisqu’elle disparaît à son tour. Annie commence donc à se poser des questions, voire à s’inquiéter lorsqu’une force invisible se met à la secouer comme un prunier, la forçant à prendre la fuite et avertir la police. Mais il est bien difficile pour l’officier Creek (Casper Van Dien, qui s’échappe donc pour un temps des séries Z pourries) de croire une histoire aussi rocambolesque, quand bien-même il trouve étrange de trouver une porte planquée derrière la tapisserie dans cette maison qui contient décidément beaucoup de secrets… Une enquête s’impose, mon cher Scooby !

 

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Comme dit plus haut, il est bien difficile de faire confiance en ce The Pact qui n’a pas l’air d’être très fun, et c’est rien de le dire. Les premiers instants sont d’ailleurs assez difficiles, le rythme assez mollasson du film n’aidant pas nécessairement à garder éveillé. Réalisation simple et sans esbroufe, musique si discrète qu’on dirait qu’il n’y en a pas, nous sommes clairement dans une œuvre calme, qui tente de rester aussi terre-à-terre que possible, quand bien même c’est assez délicat pour un film de fantôme. On s’emmerde d’ailleurs un peu au début, il faut bien l’avouer, l’ambiance mortifère n’étant pas compensée par une histoire particulièrement entraînante, car l’un dans l’autre, des gens qui disparaissent et des fantômes qui font les cons avec les lumières, on a vu ça des centaines de fois. Seul le lieu semble varier un peu les plaisirs puisqu’il n’est cette fois pas question d’un manoir ou d’un château mais d’une maison américaine comme il en existe des millions d’autres, d’une évidente modestie. Un film de fantôme « réaliste » donc, presque social par certains aspects, pas passionnant mais tout de même assez intéressant. Manque juste un petit quelque-chose qui permettrait au récit de basculer un peu et de se sortir du chemin somme toute assez banal dans lequel il s’est embourbé. Et sans devenir un monstre d’originalité, The Pact parvient tout de même à rebondir de fort belle manière en entrant de plein pied dans une enquête qui réserve quelques jolies surprises.

 

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Il est difficile d’en parler car, pour le coup, je n’ai vraiment pas envie de révéler le twist, qui est bien senti. Il y a plusieurs types de twists: ceux qui foutent le film en l’air (Shutter Island, mais je me rends compte que je suis seul sur ce coup-là), ceux qui ne l’améliorent ni ne l’altèrent (Dead Silence) et, enfin, ceux qui rendent le film meilleur (Incassable). The Pact fait définitivement partie de cette dernière catégorie, ce retournement final parvenant même à donner envie de revoir le film, qui sera par ailleurs meilleur lors d’une seconde vision, ce qui est tout de même assez rare lorsqu’il s’agit d’un film avec un retournement final, la plupart de ces films étant souvent des one-shot, des revolvers qui n’ont qu’une balle dans le barillet et qui perdent beaucoup de leur force lorsqu’on les revoit une deuxième fois, m’en sont témoins The Game de Fincher ou Identity. McCarthy évite donc de tomber dans le piège du « tout ça c’était pour de faux » et utilise donc sa fin pour renforcer la première partie, non pas pour la remettre en question ou l’annuler. Une idée finale qui par ailleurs lui permet de placer une enquête à propos d’un serial-killer bien mystérieux, entraînant une montée de tension progressive, le film trouvant son rythme de croisière par la même occasion.

 

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The Pact n’est pas un chef d’œuvre et ne sera sans doute jamais considéré comme tel, trop handicapé par une première partie qui pousse à pioncer. Mais si le trajet n’est clairement pas le point fort de ce premier long de McCarthy, la destination en vaut clairement la chandelle. Mieux, les dernières minutes du film parviennent à foutre un peu la pétoche (un peu hein, pas besoin de couches pour ce coup-ci), ce qui est d’autant plus fort que la réalisation, d’une sobriété absolue, ne se prête pas vraiment aux poussées d’émotions. C’est dans tous les cas une bonne surprise et dans le genre « indépendant cérébral » (si si, c’est un genre), il y a bien pire à s’envoyer. Notons par ailleurs que le film est en train de faire un petit puisqu’une séquelle va voir le jour cette année, pilotée par deux réalisateurs. Je peine à comprendre l’intérêt d’une suite, l’histoire ne s’y prêtant absolument pas. Une décision d’autant plus surprenante que s’il s’est rentabilisé, ce premier opus ne deviendra certainement pas l’une des affaires les plus juteuses du cinéma d’horreur… Mais allez comprendre avec ces gens-là !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Nicholas McCarthy
  • Scénarisation: Nicholas McCarthy
  • Production: Jaime Burke, Jamie Carmichael, Ross M. Dinerstein, Sam Zuckerman
  • Pays: USA
  • Acteurs: Caity Lotz, Casper Van Dien, Agnes Bruckner
  • Année: 2012

One comment to The Pact

  • Roggy  says:

    D’accord avec toi, un petit film d’horreur indépendant sympa au budget modeste. Moi, ça me va 🙂 4/6.

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