Maniac Cop 2

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On le sait, plus ils sont méchants, plus vite ils reviennent. Et Matt Cordell, qui tue les innocents et aide les délinquants à prendre la fuite, en a à revendre, de la méchanceté! Personne ne sera donc surpris de le voir faire un retour énervé…

 

Attention, cette chronique contient des spoilers !

 

Après tout, pourquoi Cordell ne pourrait pas revenir à la vie? Si Jason Voorhees peut survivre à l’explosion de son corps et que Freddy Krueger ressuscite grâce à de la pisse de chien, il n’y a aucune raison pour que le Maniac Cop ne se remette pas de la poutre qui l’a empalée et de la chute dans la flotte qui s’en suivit. C’est en tout cas ce que Larry Cohen, le scénariste, et William Lustig, le réalisateur, on dû se dire, les deux compères remettant le couvert pour une nouvelle virée sanglante dans la froideur des nuits de New York. La même équipe derrière la caméra, la même devant aussi, Bruce Campbell, Robert Z’Dar et Laurene Landon reprenant leurs rôles respectifs dans ce Maniac Cop 2. Un peu comme le film, qui reprend à la fin du premier, nous repassant la fin de Cordell avant d’embrayer sur son retour, qui commence sur les chapeaux de roues, notre maniaque au badge laissant la vie sauve à un braqueur pour mieux éliminer le tenancier de la boutique attaquée. Le premier meurtre d’une longue liste, notre flic préféré s’amusant à éradiquer les passants les uns après les autres, faisant gonfler la rumeur de son retour. Un bourdonnement qui commence à raisonner un peu trop fort aux oreilles de la police, qui aimerait bien noyer le poisson, une opération déjà débutée avec la mise à pied des officiers Forrest (Bruce Campbell) et Mallory (Laurene Landon), seuls survivants du massacre du premier film. Mais si vous avez vu le premier film (et j’espère pour vous que c’est le cas), vous devez donc savoir qu’un script rédigé par Larry Cohen n’est pas sans surprises. Etonnés nous étions à la mort de Tom Atkins dans le premier opus, lui qui portait le costume du héros, qu’il refila donc à un Bruce Campbell dont l’infidélité provoqua la mort de sa femme!

 

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La surprise dans ce Maniac Cop 2 ne tarde pas non plus: Bruce Campbell et sa copine se font butter. Et rapidement, pas genre dix minutes avant la fin. Non, le pauvre Campbell n’a que deux scènes et puis s’en va vers un monde meilleur (on lui souhaite, du moins). Si cela n’étonne pas plus que ça pour sa compagne, c’est tout de même surprenant pour sa part vu qu’il cartonnait dans les Evil Dead et était tout de même le héros final du premier film. Mais du coup, qui pour s’opposer à Cordell? Robert Davi, bien sûr! Chanteur de jazz, le bonhomme est surtout un acteur de seconds rôles prisé dans les années 80, croisé dans Piège de Cristal et surtout Les Goonies dans lequel il incarnait le chantant Jake Fratelli. Il sera même le méchant affrontant James Bond dans Permis de Tuer, l’un des deux opus avec Timothy Dalton. Bref, une petite star de l’époque, aujourd’hui surtout employé pour faire des voix dans des séries animées ou des jeux vidéos ou pour trainer sa classe naturelle dans des séries B ou Z que peu auront la (mal)chance de voir. Dans les frusques d’un lieutenant taciturne et désabusé, il est évident qu’il ne fera pas le poids tout seul face au géant Cordell, c’est pourquoi on lui met dans les pieds une psy incarnée par Claudia « The Hidden » Christian qui semble décidée à découvrir la vérité sur Cordell. Pendant ce temps-là, ce dernier va s’amuser à repeindre la ville en rouge sang et se faire un ami en la personne de Turkell, un serial-killer spécialisé dans les strip-teaseuses. Le meurtre, ça rapproche.

 

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A première vue, le script de Maniac Cop 2 est en grande partie identique à celui du premier film, les héros des débuts laissant la place à de nouveaux pour seul changement. Et c’est vrai que les bases sont les mêmes, le suspense en moins puisque tout ou presque a déjà été dit dans le premier opus. Sans mystère à résoudre, comment faire? Car Maniac Cop premier du nom était une réussite grâce à l’équilibre créé entre horreur et thriller. La réponse est simple: en virant le coté policier pour le remplacer par de l’action. Et pas qu’un peu! Transformé en véritable Terminator, Cordell se la joue Schwarzenegger et s’attaque à un commissariat, tuant les flics à la chaine, comme une vraie machine de mort, prônant la distribution de pruneaux pour tout le monde. Et pour en rajouter une couche, le film se paye le luxe d’avoir dans sa pellicule l’une des plus cultes scène de poursuite en voiture de l’époque. Car jamais à court d’idée, Cordell attache la pauvre psy au volant d’une bagnole alors qu’elle est à l’extérieur et pousse le tout dans une descente. Une cascade impressionnante s’il en est et qui fait encore sensation aujourd’hui, plus de vingt ans après son tournage! On sent bien que Larry Cohen s’est une fois de plus amusé à écrire le scénario, encore une fois très typé bande-dessinée, multipliant les morts originales, comme ce policier accroché au crochet d’une remorque!

 

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La réalisation de ce bon vieux William Lustig ne change pas beaucoup non plus, toujours aussi efficace. L’on remarque tout de même que si le bonhomme ne se foule pas outre mesure lors des scènes de parlotte, mises en boîte de manière on ne peut plus classique, il donne tout ce qu’il a dans les séquences qui bougent et qui l’intéressent. L’attaque du commissariat par exemple, qui comporte d’excellents plans, comme la sortie de Cordell des ombres du stand de tir. Idem pour les scènes dans la prison, Lustig nous offrant de très impressionnantes scènes de bonhommes enflammés. Le plus souvent, lorsqu’un mec crame, le plan est volontairement court, pour lui permettre d’être éteint rapidement. Pas de ça ici, les plans sont longs, impressionnants (cette inflammation en contre-plongée!) et rendent le Maniac Cop encore plus implacable. Mais Lustig sait être inspiré lors des moments les plus intimistes, comme cette discussion entre Cordell et Turkell, magnifiquement éclairée, iconisant le boogeyman à mort, comme dans une bonne bande-dessinée. On pourra juste regretter que le réalisateur utilise à nouveau le flash-back de l’agression de Cordell dans les douches de la prison, déjà présent dans le premier film et servant juste de rappel aux éventuels bisseux qui auraient loupés le premier film.

 

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Au final, le constat sur Maniac Cop 2 est le même que pour son grand-frère: c’est une excellente série B, l’une des meilleures de son époque. Impressionnante, fun et bien écrite. Avec en prime un casting qui regorge de gueules familières car en plus de Robert Davi et Bruce Campbell, nous avons la chance de croiser Sam Raimi (réalisateur des Evil Dead, pour ceux qui vivent dans une caverne), Charles Napier (Rambo 2) et même Danny Trejo (Machete) dans un peu de figuration. Mais vraiment un peu hein, clignez pas des yeux, le vieux Danny se contentant d’être allongé sur un banc. Autant dire qu’il ne fait pas grand-chose. Un peu comme Robert Davi, d’ailleurs. Personnage principal du film, il se contente de se balader à droite à gauche et ne croise jamais le Maniac Cop, un comble tout de même! Etonnant traitement réservé au héros, dont l’enquête n’avance même pas particulièrement. Mais bon, c’est du chipotage de vieux diable jamais totalement content, car si ce n’est ce léger reproche, il n’y a pas d’ombre au tableau de Maniac Cop 2, le film préféré de Bill Lustig. On regrette d’ailleurs que le bonhomme soit aujourd’hui à la retraite, niveau réalisation du moins, car si on est bien contents de profiter de ses DVD et Blu-Ray sortis chez Blue Underground, sa boite, on ne cracherait pas sur une nouvelle tuerie prenant place dans les quartiers sales, que l’on ne voit plus guère de nos jours. Reviens, Bill, tu nous manques!

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: William Lustig
  • Scénarisation: Larry Cohen
  • Production: Larry Cohen
  • Pays: USA
  • Acteurs: Robert Z’dar, Robert Davi, Bruce Campbell, Claudia Christian, Laurene Landon
  • Année: 1990

2 comments to Maniac Cop 2

  • Ranx Ze Vox  says:

    Justement, il y avait le dvd du 1 au vide grenier hier matin !
    Je vais me revoir ça (j’avais complétement oublié ce film) et tenter de choper le 2 également.
    Je reviens plus tard pour mes impressions sur cet alléchant programme.
    Hugo Spanky

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