Nue pour l’Assassin

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Les femmes dénudées ont toujours fait partie de l’univers aussi mortel que sensuel du giallo. Mais quand la fesse prend plus de place que la mort, le fantasticophile fait la gueule. Et le vieux Rigs Mordo avec.

 

Comme les trois-quarts des fantasticophiles peuplant notre belle planète bleue (mais en passe de devenir verte kaki avec la pollution), vous devez pensez que je suis comme vous, à savoir que je ne crache pas sur les formes naturelles de ces dames. Vous n’avez qu’à moitié raison car s’il y a effectivement de la perversité chez le gérant de la crypte, elle ne prend jamais le pas sur le reste. Ainsi, lorsque je lis le titre du film qui nous préoccupe actuellement, Nue pour l’Assassin, le dernier mot attire plus mon attention que le premier. Car si je ne suis pas contre un nibard ou deux lors d’un film fantastique, ce n’est tout de même pas pour ça que j’enfourne un DVD dans mon lecteur. Ce qui n’est visiblement pas le cas d’Andrea Bianchi qui avec son giallo va plutôt s’attarder sur les corps que sur la lame qui les transperce. Jolis culs, poitrines volontaires, tétons aguicheurs, oui. Coulée de sang sur le carrelage, couteau dans la nuit, mains gantées, oui, mais moins. Le réalisateur n’a de toute façon pas trop de quoi se faire du mauvais sang puisque son film sort en pleine explosion du style, soit en 1975, année des Frissons de l’Angoisse, le classique des classiques du style. Mais la comparaison s’arrête là…

 

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Autant le dire tout de suite, Nue pour l’Assassin ne ment pas dans son titre, car il y a bel et bien un assassin et beaucoup de filles nues. Et pas juste topless, non, nues. Totalement à poil, vous verrez d’ailleurs bien plus de poils dans ce film que dans Le Loup-Garou. Vos tondeuses vont pleurer car il y a du gazon dans Nude per l’Assassino (le titre italien comme vous l’aurez deviné vu que ça ne sonne pas trop chinois). Féminin, le gazon, cela va sans dire. Il faut dire que le script est malin puisque situant l’action dans une agence de top models qui voit forcément déambuler plus de nichons que la messe du dimanche. Tout va bien dans le meilleur des mondes là-bas, les photographes baisent, les dirigeants de l’entreprise baisent, les filles baisent, bref, tout le monde baise. Et ça, on va bien vous le soulignez, ne vous en faites pas. S’il y a bien une chose qu’on voit dans Nue pour l’Assassin, c’est de la baise. De la baise le matin, de la baise à midi, de la baise le soir. De la baise, de la baise, de la baise ! C’est bien simple, on se demande parfois si on n’est pas tombé sur un film érotique comme en diffusaient M6 ou AB3 lors de mon adolescence. Ce n’est que lorsqu’on se souvient qu’on a changé la langue pour passer du français à l’italien car, décidément, la VF était sacrément pourrie, que nous revient à l’esprit qu’on est bien devant un dvd Neo Publishing (ça se voit parce qu’on doit repasser par le menu pour changer la langue et que c’est chiant). Remarquez que la vf était pas si illogique que ça car elle sonnait vraiment comme un porno allemand doublé à la va-vite, entre deux tasses de café le matin. Ca collait bien avec le film mais dans l’espoir de lui trouver une qualité votre serviteur (mais néanmoins ami, n’est-ce pas?) a tout de même foutu la version originale. Qui nous plonge dans un italien des plus outrancier donc autant dire que le jeu d’acteur ne s’en trouvera pas magnifié. Bon ben, on cherchera les bons points plus loin, il doit bien y en avoir un ou deux cachés dans les culottes des filles.

 

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A ce stade du texte, vous devez commencer à vous demander si je ne me suis pas trompé. Je suis censé parler d’un giallo et pourtant je ne fais que déblatérer sur de la fesse douce et du téton rose. Mais où sont les meurtres ? Ne vous en faites pas, il y en a. Il y en a même quelques uns. Mais je doute fort qu’ils marqueront vos esprits. Il y a bien une castration (offscreen, faut pas rêver, on n’est pas dans Cannibal Ferox) mais pour le reste, le tueur se contente de poignarder ses victimes avec un petit couteau. Rudimentaire, pour ne pas dire banal ou sans imagination. Et comme la réalisation n’essaie même pas de rendre ça passionnant et va au plus simple, il ne faut même pas compter dessus. Non, les meurtres, tout le monde s’en branle dans Nue pour l’Assassin. Ca se sent comme un trou du cul au milieu du visage. Tout le monde est là pour filmer du fion et seulement du fion. Souvent, les scènes de cul sont là pour faire patienter le spectateur entre deux tueries. Pas ici. Les meurtres sont là pour faire patienter entre deux accouplements. Ils sont expédiés, balayés de la main négligemment. Pas de temps à perdre, on a du cul à filmer ! Alors si ça en ravira forcément certains, il faut avouer que l’on est en droit de bailler à s’en décrocher la mâchoire pour peu que quelques scènes érotiques qui ne sont en rien (mais alors en rien) émoustillantes se déroulent sous nos yeux endormis.

 

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Et l’intrigue policière dans tout ça ? Car on est dans un giallo, il y en a forcément une. Ils en ont tous une. Pas Nue pour l’Assassin. Ca se résume à des meurtres et à une boucle d’oreille retrouvée dans la main d’une morte. Bon comme on est dans le milieu de la photo les héros vont bien entendu analyser toutes les putains de photos de famille en leur possession, mais ça se résume à ça. Mais je vous dis qu’on est là pour voir du cul ! Commencez pas à chercher une histoire ou même une belle réalisation, on n’est pas là pour ça. C’est en tout cas le cas pour le réalisateur, Andrea Bianchi, qui réalisera plus tard Le Manoir de la Terreur. Si on n’a pas d’indice pour l’enquête, on en a sur la médiocrité du film lorsqu’on sait que le Bianchi a réalisé ce fameux film qui se trimballe une sinistre réputation. En tout cas on pourra difficilement le féliciter pour la réalisation ultra générique de Nue pour l’Assassin, qui finit d’envoyer le machin dans la catégorie « téléfilm érotique de bas étage ». Et n’espérez pas vous rattraper sur les filles qui n’ont absolument aucun charisme. Même Edwige Fenech, d’habitude si belle, est ici terriblement quelconque. Et si vous aimez la photographie, passez votre chemin, car votre passion n’a pas une belle image ici. Car les filles sont des putes. Oui, des putes. Tous les persos du film le disent et elles ne démentent pas. Elles couchent avec tout le monde, garçon ou fille, tant que ça leur assure la cover de leur magasine putassier, pas grave si on doit sucer des kilomètres de tube de chair. Même Edwige Fenech ! Au départ, lorsque l’on voit son perso, un peu plus sec que les autres, on se dit « ah, elle va être l’héroïne qui couche pas et qui est plus maligne que les autres ». Tu parles ! Deux minutes plus tard elle suce déjà le héros, joué par Nino Castelnuovo ! D’ailleurs, puisqu’on parle de lui, on a rarement vu un connard pareil dans un film. Je suis d’ailleurs persuadé que même en enfer on ne voudrait pas de lui tant il est imbuvable.

 

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Bon je vous préviens, ça va spoiler sévère, donc si vous n’avez pas vu le film et que vous êtes tentés (pauvres de vous), ne lisez pas ce qui suit. Le héros s’appelle Carlo et il est photographe. Mais si vous voulez qu’il prenne des photos de vous, il faut coucher avec. Le contrat est simple sauf qu’au début du film, on comprend clairement qu’une fille est morte suite à un avortement qui s’est mal déroulé. Je vous révèle la fin tant pis, je vous avais prévenus: c’est Carlo qui avait foutu la gonzesse en cloque (en même temps, on s’en serait douté vu qu’il doit avoir fameusement augmenté la population italienne en quelques semaines à peine). Et pour ne pas être soupçonné, le mec avait maquillé l’accident en suicide. Et donc, un tueur décide de tuer toute l’entreprise en décidant de finir par Carlo, qui est à la base de tout. Mais voilà, notre assassin en question meurt à la fin du film, emportant le secret de Carlo avec lui, ce qui fait que ce dernier ne sera jamais inquiété par la police. Le plus gros enculé du film ne risque donc absolument rien, ce qui est quand même assez surprenant, voire décevant (quoique très audacieux). Car le gars nous agace pendant une heure et demie, ne cessant d’engueuler son monde, se servant d’Edwige Fenech (qui tombe toujours amoureuse des gros enculés dans ses films, à croire qu’elle a la tête à aimer les enfoirés) pour enquêter à sa place et s’adressant à elle comme à de la merde pour qu’elle lui serve son café. Il faut le voir, alors qu’il n’est pas chez lui mais chez elle, l’invectiver parce qu’elle n’a pas de lait à mettre dans son café, lui ordonnant d’aller en chercher. Et vous savez la meilleure ? A la fin du film, se sachant tranquille puisque le tueur est mort et que rien ne le relie à l’affaire, il décide de baiser avec Edwige. Bon, vu qu’ils ont déjà baisé plusieurs fois avant, ça ne nous choque pas. Mais lui, il veut passer par derrière. Mais Edwige ne veut pas de sodomie. Mais il insiste et la retourne plus ou moins, le sourire en coin. L’image se fige. Générique. Quelle fin ! Le héros, qui était déjà un salopard de première, va plus ou moins violer (plus ou moins car elle est pas claire) la fille qui l’a aidé dans son enquête, avec le sourire, et on te tape une musique guillerette. Genre « on a eu chaud mais finalement ça va » ! Le film se termine donc sur une note qui ne peut que nous faire rire tant sa misogynie, crasse et ultime, va loin, sans honte, du genre à faire pleurer des larmes de sang des Femen et vous déchirer en deux une Isabelle Alonso. Ca serait culte si ce n’était pas aussi nul, tiens !

 

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Notons également une scène pour le moins surprenante. Le propriétaire de l’agence, un obèse de la quarantaine, aimerait bien se faire l’une des fameuses gonzesses et l’invite donc chez lui. Après menaces de viol et tentative de paiement, elle accepte de coucher avec. Mais comme rien ne va jamais comme il faut, le pauvre homme à un problème de pompe. Et le voilà en train de pleure: « Maman ! Pourquoi je n’y arrive jamais, tu avais dis que je pourrais ! ». La fille se casse et le gros monsieur s’en va chercher une poupée gonflable à qui il dit « il n’y a qu’avec toi que j’y arrive » ! Et c’est lors de ce moment d’infinie tendresse que choisit l’assassin pour arriver, le bandeur mou s’emparant d’un couteau et allant jeter une œil… avec sa poupée gonflable !!! Bon, on va être gentil, on va quand même essayer de trouver une qualité au film: le tueur a un bon look. Il est fringué en motard et ça lui va bien. D’ailleurs c’est probablement pour cette raison que le film est considéré comme le chainon manquant entre le giallo et le slasher, au point que le look de l’assassin sera plagié dans Les Yeux de la Terreur qui est… un slasher. Le problème c’est que peu de temps auparavant le nettement meilleur (euphémisme) La Larme Infernale nous mettait déjà en face d’un tueur pareillement casqué et on ne me fera pas croire que Bianchi ignorait l’existence de ce film, sorti dans son pays d’origine et assez connu. Bref, ça sent le copieur… Reste qu’en dehors de cela, il n’y a pas grand-chose à tirer de ce film, même Edwige Fenech ne sauve pas les meubles de ce giallo terriblement emmerdant. Pour vous dire, lorsque l’assassin révèle son identité, je me suis demandé qui c’était ! J’étais pourtant assez attentif, autant qu’on peut l’être face à un film aussi chiant, et pourtant… Il est d’ailleurs amusant de constater que s’il existe de mauvais gialli, il est très rare d’en voir des nanars. Et bien en voilà un ! Un gros nanar, c’est ce qu’est Nue pour l’Assassin, qui aura tenté de masquer son indolence par le sexe. Mais ça n’a pas marché chez moi, l’avalanche de nichons n’ayant pas détourné mon attention de la pluie de défauts de ce giallo indigne et indigeste…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Andrea Bianchi
  • Scénarisation: Massimo Felisatti
  • Titres: Nude per l’Assassino (ITA), Stip Nude for your Killer (USA)
  • Production: Silvestro DeRossi, Sergio Simonetti
  • Pays: Italie
  • Acteurs: Edwige Fenech, Solvi Stubling, Nino Castelnuovo
  • Année: 1975

2 comments to Nue pour l’Assassin

  • Dirty Max 666  says:

    Un giallo mineur et très moyen, à la mise en scène plate et poussive. Et l’érotisme y est effectivement bien grossier. Mais un giallo avec Edwige Fenech (et Femi Benussi) possède toujours une saveur particulière… D’ailleurs, Nue pour l’assassin ne vaut que pour sa divine présence. En revanche, c’est toujours un plaisir de retrouver tes chroniques, Rigs. Toxic Crypt : un site qui poutre !

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