Entretien avec David Marchand

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C’est bien connu: pour un film d’horreur français qui se concrétise, il y en a cinquante qui restent à quai derrière lui et attendent la prochaine locomotive qui voudra bien les amener jusqu’aux salles de cinéma. David Marchand aurait pu être de ceux-là mais plutôt que d’attendre avec les autres, il a décidé d’user ses semelles et faire le trajet à pied. Une route longue, sinueuse, parsemée d’embuches, de bonnes et de mauvaises rencontres. Le parcours d’un passionné, d’un boxeur qui ne compte pas quitter le ring et compte bien prendre tous les coups si ça lui permet de coller un bon direct aux spectateurs, du genre à les clouer à leurs sièges. Une personnalité attachante qui revient pour vous sur son parcours atypique, forgé à la force de ses poings, et qui nous donne envie d’aller suer avec lui. En piste !

 

 

Salut David ! Pour commencer, peux-tu te présenter à mes lecteurs, expliquer comment tu es tombé dans la marmite du cinéma d’horreur ou bis ?

Salut ! Alors dès mon enfance j’étais attiré par le fantastique, la SF, l’horreur, je me souviens notamment des affiches de cinéma qui me faisaient rêver comme celles de Frayeurs, Hurlements, Piranhas, Le continent des hommes poissons, Le bateau de la mort,… J’avais 100 fois plus envie de voir ces films que de voir un dessin animé ! Il faut dire également que l’émission « TEMPS X » des frères Bogdanoff me passionnait au plus haut point, il y avait des extraits de films fantastiques/SF qui m’intriguaient ou me faisaient carrément flipper, Terreur Extraterrestre par exemple avec ses bestioles s’accrochant à un pare brise ! Je me souviens également du trailer de La chair du diable avant de voir une comédie française, Les Bidasses.

Le 1er film de ce genre que je vis au ciné était L’Invasion des piranhas de Margheriti,un choc à l’époque surtout qu’il y avait au casting Lee Majors qui avait bercé mon enfance avec L’homme qui valait 3 milliards donc je ne m’attendais pas à ces débordements graphiques dans le film, notamment le gros dévoré avec ses intestins se déroulant sous l’eau avec une musique glauque ! Ensuite vinrent les VHS louées en vacances chez mes grands parents : Vendredi 13, Mad Max, La Nuit des morts vivants,… Les Dents de la Mer fut le premier loué car celui ci j’en rêvais depuis tout petit (mes parents avaient été marqués par ce film), je le vis en boucle durant le week end, quelle maîtrise du suspense ! Il y eut aussi L’Exorciste, Contamination et vint Phenomena de Dario Argento, une révélation celui ci, je découvris ensuite Suspiria, Les Frissons de l’angoisse, les samedis soir à Canal+ durant les années 80, je découvrais Lucio Fulci, L’Au-delà me marqua particulièrement, c’était un cauchemar éveillé, un vrai no man’s land de spectateur, je compris alors que le cinéma italien était grandiose !

Les autres chocs furent Maniac, Zombie chez René Château, les fameux « films que vous ne verrez jamais à la TV », des films incroyables. Maniac m’avait foutu une peur bleue avec sa fin et ses mannequins (objets que je déteste, liés à un événement enfantin). Cannibal Holocaust, vu à 13 ans, m’a mis mal à l’aise aussi, c’est malsain mais profondément novateur et efficace. Je pourrai écrire des pages sur mes ressentis face à des œuvres du fantastique qui procurent des sensations fortes comme il était coutume de le dire dans les 80’s !

 

lust new pics 2

 

Tu fais des courts-métrages depuis quelques années maintenant, comment t’es-tu décidé à franchir le pas et comment furent tes premiers pas ?

C’était en 1999 avec une bande de potes cinéphiles, je pensais que puisque nous étions un groupe d’amis c’était le moment de se lancer ! J’écrivis un scénario influencé par le cinéma italien et les slashers américains, le titre était justement « Slasher », je voulais profiter de la vague Scream  pour lancer un film de ce genre en France. Plus d’une fois j’en ai eu envie après la vision des Vendredi 13, Meurtres à la Saint Valentin, Halloween,… Alors j’ai lancé un casting féminin dans le vidéo club du coin grâce à 2 amies gérantes du vidéo club en question. Je trouvai des filles motivées, le plus étrange fut qu’elles étaient très sérieuses et dévouées alors que mes amis se décourageaient petit à petit face à l’ampleur du travail et honnêtement ils n’y croyaient pas, convaincus que c’était impossible de réussir dans ce milieu.

J’avais tourné sans aucune connaissance de la technique, à l’intuition. J’avais 15 minutes montées, je pris le taureau par les cornes et montai à Paris à la rencontre de la team Mad Movies et Damien Granger alors rédac-chef me soutenu, il me fit un bel article dans le n.120 sorti en juillet 1999 et je dois reconnaitre que c’est lui le premier à avoir cru en en moi, et avec son soutien j’étais convaincu de ne pas lâcher l’affaire malgré les désistements des amis…

Les effets de la parution dans le magazine furent immédiats : nombreux contacts téléphone , mais le plus surprenant fut l’appel de Canal+, Frederic Bénudis de Nulle Part Ailleurs, qui me proposait un concours fantastico-gore, le court métrage ne devait pas dépasser 5 minutes, je réalisai alors « Freudstein’s revenge » une mini suite à La Maison près du Cimetière de Lucio Fulci, un hommage que je lui voulais, et je me demande si quelque-part Lucio ne l’a pas entendu car le destin me fit un signe des années plus tard, j’y reviendrai… Je ne gagna pas le concours mais j’ai continué tant bien que mal à tourner, des courts comme « La Tarentule » (giallo) (2001) VHS-C, « La nuit du Wurdalak » (style fantastique) (2004) VHS-C ou « Ummites » (un documenteur avant la mode) (2007) VHS-C. Puis j’en ai eu assez de tourner avec des amateurs qui me plantaient sans arrêt par manque de motivation… Beaucoup de gens s’imaginent qu’on tourne un court métrage en 2h maxi !

Je traversais des événements difficiles dans ma vie, en 2008 je déménageai, changea ma vie, j’étais seul et prêt à me sacrifier du temps sérieusement dans la réalisation, c’est pour cela que pour « Le Destin de Torelli » je voulais de vrais acteurs, du bon matos, j’achetai une caméra pro HDV qui me couta un bras !

 

Torelli 2013 by Laurence

 

Ton gros projet actuel est un giallo, « Des Gants sur la Nuque », et pour faciliter sa mise en marche, tu as fais un court-métrage, Le Destin de Torelli, et deux teasers (vous pouvez voir le premier ICI et le deuxième ICI). Avant de parler de ces trois films, considères-tu qu’il est aujourd’hui obligatoire de faire des fausses bandes-annonces ou une version courte d’un projet pour le voir se concrétiser ? Car la pratique semble devenir de plus en plus fréquente (voir Mama ou Father’s Day par exemple)…

Lorsque j’écrivis le scénario de long métrage « Des Gants sur la Nuque » en 2009 il était clair dans mon esprit que je voulais en lancer un court métrage qui servirait de démo si je puis dire, chose que j’expliquai à Martial Marie, l’acteur incarnant Torelli, donc je lui expliquai que nous ferions dans un premier temps « Le destin de Torelli » en prenant quelques ingrédients du long métrage mais en les modifiant un peu, histoire de ne pas gâcher le plaisir du spectateur.

J’ignore si la méthode est la bonne mais c’était une volonté dès le départ, je voulais tester le public, les producteurs. Savoir s’ils avaient envie de connaitre cette histoire mystérieuse, avec ce Claudio Torelli un peu dépassé par les événements. Cela a fonctionné au-delà de mes espérances, du moins au niveau du public, beaucoup m’ont dit qu’il était trop court, pourtant il dure 17 minutes ! J’avais un producteur intéressé mais qui reprochait cette fin abrupte, j’argumentais que justement c’était tout l’intérêt de ce court, donner l’envie d’en connaitre davantage. En definitif, il me fit attendre pour rien, il avait peur et en même temps il voulait le voir et moi j’avais le cul entre 2 chaises ! Pour ne pas me décourager j’ai tourné un nouveau teaser visible en ligne et qui a plu.

 

Commençons par Le Destin de Torelli, visible sur l’édition limitée de La Lame Infernale chez The Ecstasy of Films. J’ai eu la sensation que c’était un prologue à Des Gants sur la Nuque, une présentation du personnage principal…

Oui en effet comme je l’expliquais « Le destin de Torelli » est une démo qui met en avant le personnage de l’inspecteur Claudio Torelli que Martial Marie a incarné comme je le voulais, de plus il est physiquement le personnage, c’est incroyable ! Je montre cette enquête et son histoire personnelle, les deux étant parallèles… Mention spéciale aussi à Sylvie Gonnord alias Madame Torelli, et Patricia Ricordel alias Dr Trebin qui ont assuré leur rôle avec conviction.

 

Il y a un « détail » qui m’a marqué dans le film, vers le début, lorsque Torelli montre son agacement mêlé de fausse décontraction face à la maladie de sa femme. J’ai eu l’impression de me retrouver devant un film italien des années 70, avec ces personnages un peu crâneurs qui peuvent s’énerver assez rapidement. Est-ce que tu as dirigé ton acteur principal en lui demandant de prendre exemple sur la manière dont les acteurs de l’époque jouaient ?

Oh la la ! Mille fois merci d’avoir noté ça ! Je suis rassuré sur ma direction d’acteurs, car Martial ne connaissait absolument rien du cinéma italien, au giallo etc… Physiquement je pensais à Giancarlo Giannini, quand à la personnalité du personnage c’est bien de cela dont il s’agit, il joue les durs mais en fait il a une fragilité, si tu trouves qu’il a un côté italien 70’s j’en suis profondément heureux ! Je pensais bien sur à tous ces giallis, aux polars italiens, il fallait que Torelli soit un de leur confrère !

 

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Que ce soit dans Le Destin de Torelli ou dans le premier des deux teasers que tu as fais, on retrouve cette volonté de faire un vrai drame dans lequel vient se greffer une intrigue de giallo, avec des meurtres. La femme de Torelli semble très malade dans le court-métrage, dans le trailer on voit une fille mélancolique prête à se suicider,… Peux-tu parler de cette touche personnelle ?

Encore une fois tu as l’esprit vif de me dire cela, en effet je veux apporter si possible une touche personnelle au genre giallo, d’où un côté dramatique avec certains personnages et situations sans non plus trop verser dans le mélo, tu verras quand le film sera fait comment il navigue dans plusieurs tonalités…

 

Souvent dans les gialli, les personnages doivent puiser dans leurs souvenirs parce que là se trouve la clé de l’énigme. Dans tes courts, les souvenirs sont présents mais d’une manière plus mélancolique, douloureuse ou nostalgique. On sent une volonté de montrer des personnages fébriles, surtout les femmes qui ne se résument pas à de belles fleurs qui vont se dénuder…

Ah oui les femmes je ne les montrerai pas comme de simples plantes, cela pourra paraître bizarre à certains quand on veut aborder un genre comme le giallo mais je veux qu’elles aient une véritable profondeur et importance. Malgré cela j’ai glissé dans l’histoire une scène qui est une figure imposée du giallo. J’ai tout de même l’envie ne pas faire du copié/collé des gialli alors si ça peut être via deux ou trois ingrédients j’en serai content, vraiment. Pour résumer, les personnages vont morfler psychologiquement et physiquement pour certain(e)s.

 

Je sais que tu as habité en province, loin des villes, et cela se retrouve dans tes gialli, qui ont des décors campagnards. Ça paye puisque tes décors sont sublimes, mais est-ce une réalité qui s’est imposée à toi ou un véritable choix d’utiliser ces décors naturels plutôt que de verser dans le « giallo citadin » ?

Il m’est arrivé de résider en ville mais en effet depuis 2008 j’habite la campagne de l’Yonne. La découverte d’une maison abandonnée dans mon village à été le point de départ de l’intrigue, je trouve qu’en France nous avons un potentiel en décors pour des films de genre, voir Haute Tension, le plus réussi je trouve. J’ai aussi l’envie de faire un giallo campagnard, car je le veux effrayant et la nature peut l’être si elle est entourée d’un mystère !

Une anecdote des plus étranges : l’an dernier ma grand-mère vit « Le destin de Torelli » et reconnu la maison abandonnée ce fut la maison ou sa maman était née !!! Je n’en croyais pas mes oreilles, j’ignorais que mon arrière grand mère avait vécu là ! Ce projet est « mystique », je compte écrire quelque chose là-dessus car des événements comme celui ci il y en a eu d’autres autour du projet ! Et merci du compliment pour les décors naturels choisis.

 

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Le deuxième trailer est assez diffèrent du premier et du Destin de Torelli, qui présentaient une mise en scène plus crue et rappelant des gialli plus brut. Dans ce deuxième trailer, on sent une volonté de retrouver un style plus coloré, à la Argento ou Bava, plus mystique…

Alors voilà justement ce que je veux démontrer, ce giallo aura différentes touches, un côté en effet très brut, un côté coloré. Ce 2ème teaser tourné sans rien avec l’aide de ma fiancée Laurence Pruvost, qui incarne la médium, nous avons voulu le tourner juste pour le plaisir car j’étais en train de réviser mes story-boards et je lui disais que les plans avec le tueur en mode aquatique étaient faisables. Elle m’a encouragé à foncer, nous nous sommes lancés. Elle avait peur devant la caméra, n’ayant jamais tourné, elle s’en est bien sorti je trouve, ainsi que son fils Romain Dekens. Il faut dire qu’elle est artiste peintre à ses heures perdues d’où la notion des couleurs beaucoup plus claire dans mon esprit maintenant.

En effet il y aura du mystique dans « Des gants sur la nuque« , lorsque je l’ai mis en ligne via Facebook j’avais peur des réactions, elles ont été merveilleuses ! Encouragement notamment de Sergio Martino qui m’a clairement dit de foncer vu le travail accompli, ça m’a fait du bien au moral ! La grande surprise de ce teaser ce fut lorsque Fabio Frizzi l’a découvert : il m’a demandé le scénario ! Il a adoré et veut faire la musique du film, j’en suis fou de joie, c’est incroyable car je veux un vrai hommage au cinéma italien. Et donc au casting il y a des noms connus qui me suivent, plus le compositeur, je vais parvenir à concrétiser mon rêve : faire  ce giallo comme s’il avait été perdu dans les années 70 et qu’on le découvrait de nos jours, c’est clairement ma note d’intention.

 

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Parlons aussi de Lust Murders. Je crois que tu as fais une rencontre décisive sur la création de ce court lors du Bloody Week-end… Peux-tu parler un peu de ce court, qui devrait être édité prochainement en DVD chez Crocofilms ?

« Lust Murders » est né de ma rencontre avec le Dr Bérangère Soustre de Condat Rabourdin, anthropologue en criminologie. Nous parlions via Facebook, puis nous nous rencontrâmes lors du festival Bloody Week-end de Loic Bugnon. Ce fut une belle rencontre, elle aima « Le destin de Torelli » qui était en compétition, puis vu mes influences, lança cette idée de « Lust Murders » et comme pour « Des gants sur la nuque » je lui ai conseillé que nous lancions un court métrage avant d’attaquer un long métrage et elle le rédigea.

Ma grande surprise fut qu’en 2011 j’avais rencontré Silvia Collatina, la petite fille rousse de La Maison près du Cimetière de Lucio Fulci. Nous nous étions bien entendus lors d’une convention aux usa ou je m’étais rendu pour différentes rencontres pour « Des gants sur la nuque« . Quand je disais plus haut que le destin, des fois… Moi qui avais tourné « Freudstein’s revenge » en 1999 et qui rencontre là, devant moi, la fille de Freudstein ! Lorsque je pensais à de potentiels acteurs pour « Lust Murders » et que je dis à Bérangère que j’avais rencontré Silvia, elle m’a dit « Allez, on lui propose ! ». J’ai répondu « Allez! Let’s Go! ». Notre grande surprise c’est qu’en lisant le script du court métrage « Lust Murders » elle accepta de suite ! Wow j’allais tourner un court métrage avec une telle actrice !

Donc nous avons tourné ce court en 2012. Vu que d’une part Silvia Collatina et Davide Cantatore (le rôle du tueur dans le court) ne parlaient pas très bien français et que d’autre part le sujet était difficile (un serial killler nécrophile cannibale), il était plus judicieux de tourner en langue anglaise, afin de viser de suite le marché anglo-saxon. Ce fut payant car nous avons été sélectionnés aux USA, en Argentine avec super réception du public, à Buenos Aires nous avons été diffusé dans un immense cinéma Gaumont !

Alors « Lust Murders » est un court métrage sous forme de faux trailer Grindhouse bien brutal, cela a fait son effet aux USA. Lors de la projection à Rhode Island les spectateurs ont attendu la fin de la soirée pour aller demander quand sortait en salle le film. Notre pari était gagné ! Même Alexis l’éditeur Crocofilms s’est fait prendre au jeu du trailer, j’étais ravi et je le remercie d’ailleurs de nous éditer avec le film Hollywood Chainsaw Hookers, bien réprésentatif du style grindhouse. La sortie prévue en mai 2014, DVD all zone avec VOSTF.

 

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Pour le moment, tu te concentres sur le giallo. Penses-tu dans le futur aborder d’autres thèmes ou est-ce vraiment dans ce style que tu te sens bien ?

J’ai envie d’aborder différents genres et je peux te dire que la version long métrage de « Lust Murders » sera différente d’un giallo. J’ai aussi envie de tourner un documenteur « Ummites » basé sur un de mes courts, donc ce sera SF. Silvia Collatina m’a proposé un projet de Vigilante-movie mâtiné de fantastique. Mais je ferai d’autres gialli oui, c’est une certitude, de toute manière je le dévoile ici mais « Des Gants sur la Nuque » sera une trilogie. Je rêve de tourner un Vendredi 13, j’ai écris une préquelle au premier, juste un synopsis qui mélange l’enfance de Jason et revient ensuite entre les épisodes 4 et 6. Je sais qui est son père !

 

On le sait, monter un long-métrage horrifique en France est très difficile. Est-ce pareil pour les courts ?

Oui enfin pour ma part monter un court métrage de genre en france c’est dur, en tout cas. Pour « Le destin de Torelli » j’ai investi 1500 euros tout compris (cachets + défraiements + nourriture) et ce n’était pas assez du tout, enfin je n’étais pas très bien assisté je dois dire. Pour « Lust Murders » j’ai tenté de monter via Ululle un budget en mettant en avant la présence de Silvia Collatina et je n’ai rien récolté ! Du coup Denis, le mari de Bérangère, et moi-même avons investi 2000 euros pour produire le court,j’avais une super équipe : Silvia Collatina, Davide Cantatore, Juliet Kennedy, Sylvie Gonnord, Pascal Frezatto, Séverine Parent, Sélène de Condat, sœur de Bérangère et talentueuse photographe, et ça a fait la différence. Donc oui jusqu’ a présent j’ai eu des budgets de misère pour monter mes courts mais tu as des mecs qui claironnent qu’ils font des courts avec rien alors qu’ils possèdent un MAC avec super logiciel, une RED ONE, Steadycam etc… Mais comme ils disent ils n’ont rien en budget !

 

homme de l'eau

 

Quels seraient les conseils que tu donnerais à des débutants qui souhaiteraient se lancer dans la même aventure que toi ? La marche à suivre et les erreurs à ne pas commettre ?

Première chose: si vous faites un court avec des potes soyez sur qu’ils sont vraiment prêts à prendre du temps sur leur repos, loisirs etc… Dites leur bien que s’ils veulent que ça aboutisse il faut être sérieux, nous ne sommes pas là en colonie de vacances ni en soirée beuverie. Le mieux c’est de faire appel à des acteurs pros, attention ne pas avoir peur du mot pro, ça ne veut pas dire forcément des milliers d’euros. Si le projet a de la gueule, ils vous suivront, même s’il faut avoir tout de même un peu d’économie car ça va très vite les dépenses pour tourner, rien que la restauration et la location de matos…

J’ai aussi envie de reprendre une citation de l’acteur JCVD  » il ne faut pas écouter les bruits du monde, mais écouter le silence de l’âme ». N’écoutez pas les gens qui vous diront que c’est impossible, que vous rêvez, accrochez-vous. Avec mon argent je suis allé à Cannes, Hollywood, Rome, à la rencontre des personnes avec lesquelles j’avais envie de travailler. David Hess (Krug dans l’original de La Dernière Maison sur la Gauche, ndlr) a beaucoup apprécié, il a mouillé sa chemise pour moi en me présentant au gratin hollywoodien lors d’une soirée VIP pour la 1ere mondiale de Triangle. C’est un exemple qui montre que lorsque vous faites des efforts et que vous en voulez et croyez en votre projet, on vous suivra tôt ou tard.

 

Quels sont tes projets actuels ? Dans l’entretien que tu as donné pour le DVD de La Lame Infernale tu semblais avoir plusieurs pistes…

Actuellement Bérangère Soustre De Condat peaufine le scénario de « Lust Murders » version long-métrage, donc nous allons concrétiser ce projet qui je vous le garanti va faire passer Henry: Portrait of a Serial Killer pour un conte de fée !

Je n’ai pas lu le scénario définitif mais Bérangère m’en a raconté les grandes lignes, nous voulons vous mener à un voyage d’où vous ne sortirez pas indemnes. J’ai bien peur que la censure ne nous tombe dessus vu que nous nageons dans les mêmes eaux troubles que Cannibal Holocaust et A serbian film mais là c’est la réalité. Je pense que le projet va prendre de l’ampleur, car Bérangère vient de passer première profiler de France après un stage avec le FBI etc… Je la remercie du fond du coeur de m’avoir proposé ce projet excitant.

Bien sur parallèlement j’essaie de monter mon giallo « Des gants sur la nuque« . Il y a un producteur français qui est intéressé par les 2 projets, il veut le « bi pack » si je puis dire. Il m’a clairement dit qu’il est très excité par « Lust Murders » ce qui ne m’étonne guère, ce projet est vendeur internationalement, le sujet fascine la planète entière ! Il a le dossier entre les mains donc j’attend…

Alexis de CROCOFILMS m a proposé de tourner un court métrage « Refregirator 2 » pour la sortie du premier en DVD collector, mais c’est encore embryonnaire. J’ai un court métrage en vue, « Une silhouette dans la nuit », un giallo contemporain qui se passe en ville celui-ci. Je l’ai écrit voilà trois ans mais il ne voit pas le jour, chaque fois se greffe un problème… Projet maudit celui-ci ? Je me le demande…

 

Enfin, comme de coutume, je te laisse le mot de la fin, tu as carte blanche et tu peux donc faire passer le message de ton choix !

Merci pour la carte blanche accordée ici, je dirais pour commencer de bien se protéger avec les droits d’auteur quand on réalise, ne sous-estimez pas votre travail, il peut avoir un potentiel. Je dis cela parce que j’ai une affaire en cours à ce sujet, ensuite je tiens à remercier ici ceux qui m’ont soutenu, me soutiennent et me soutiendront, c’est une grande aide pour un artiste le soutien moral croyez moi. Alain Schlockoff notamment qui a bien compris que je voulais créer avant tout, Damien Granger qui fut le premier à m’encourager, les acteurs qui m’ont suivis et me suivront sur les projets à venir.

Les fanzines « vidéotopsie » et « médusa », les magazines « l’écran fantastique », « les années laser », le public qui commence à augmenter pour « Torelli » et « Lust Murders » et sans le public nous ne sommes rien. Les sites web comme Toxic Crypt qui ont l’audace d’accorder leur page pour découvrir des nouveaux réals ou ceux qui peinent. A tous les petits jeunes qui veulent se lancer allez-y, n’hésitez pas, les échecs vous construiront un mental d’acier et les récompenses vous donneront du courage. Puis à l’Italie que j’aime tant et à qui je veux rendre un bel hommage. Merci Toxic Crypt.

 

 

Un énorme merci à David pour sa disponibilité et sa gentillesse et, surtout, bonne chance à lui pour ses projets! N’hésitez pas à aller voir son Facebook pour guettez ses news ainsi que celui de Crocofilms pour de nouvelles annonces puisque ses courts-métrages seront proposés en bonus sur les DVD de l’éditeur. Enfin, dépêchez-vous d’acquérier l’édition collector de La Lame Infernale, édité chez The Ecstasy of Films (leur site officiel), qui contient « Le Destin de Torelli » et un entretien avec David !

Entretien réalisé par e-mail les 21 et 22 février 2014.

 

10 comments to Entretien avec David Marchand

  • david david  says:

    Merci à Toxic Crypt et Rigs de m’avoir accordé cette interview qui a eu un beau succès auquel je ne m’attendais pas 🙂
    je reviendrais donner des news fraiches au fur et a mesure !

  • romain  says:

    it’s passionnant

  • david david  says:

    Merci Romain 😉

  • ingloriuscritik  says:

    Alors la je reste sans voix…(ce qui n’a pas de rapport avec le fait que je sois simplement devant un clavier ).
    D’abord par la qualité de l’entretien ,la pertinence des questions et celle des reponses!j’ai été emporté par tant de passion échangée .Je suis encore tout chose (je le relirai d’ailleurs plus tard ) Du coup , moi qui viens juste de découvrir le travail de david depuis quelques jours ,je découvre leconnaisseur passionné behind the work ! je n’ai pas grand chose a rajouter a part un « bravo collégial et je vais encore plus suivre david , marchand de cauchemars ou de …phantasm !!!

  • david david  says:

    wow merci beaucoup Ingloriuscritik !!
    ça me touche tes mots,et à ma grande surprise comme le dit Rigs cette interview a été un succès et je remercie encore Toxic Crypt !
    Avec des retombées comme cela je suis bien motivé merci du soutien 🙂

  • david david  says:

    2 affiches pour le projet de long métrage le giallo « des gants sur la nuque » par 2 artistes aux styles différents je donnerai à Rigs les fichiers dispos pour le site !
    Gros engouement du fait du tournage de la démo jamais eu autant de retombées d’artistes de différents horizons voulant donner un coup de main au projet,j’en suis ravi merci à tous du soutien !

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