42nd Street Forever

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Une fois n’est pas coutume, intéressons-nous un peu aux bandes-annonces plutôt qu’aux films qu’elles tentent de vendre. L’éditeur anglais Synapse nous propose de faire un voyage dans le temps, au début des années 80, pour replonger dans les salles de quartier de la 42e rue. N’oubliez pas le pourboire de l’ouvreuse.

 

Ah la 42e rue… Située à New-York, cette avenue mal famée, peuplée de prostituées, de camés et de pervers en tout genre (un petit coin de paradis, quoi), est également célèbre pour ses cinémas d’exploitation qui déversaient un torrent de gore, de sexe et de violence sur les passants. Un lieu de culte pour certains réalisateurs, qui iront y puiser l’inspiration de toute une carrière. Demandez donc à Frank Henenlotter, le papa de Basket Case et Brain Damage, ce qu’il en pense, le réalisateur ayant passé sa jeunesse à se balader d’une salle à l’autre à la recherche de spectacles interdits. Pas étonnant que son cinéma soit aussi taré et libre. Car c’est bien la liberté que l’on cherchait dans ces temples de l’exploitation, la liberté de voir ce que l’on veut et non ce que les grandes enseignes voudraient que l’on subisse. Un plaisir, non, un droit!, qui n’existe presque plus maintenant, les cinémas du genre ayant presque tous été avalés par les majors qui ont remplacés les principaux acteurs des écrans de la 42e rue par des super-héros proprets et de prudes comédies. Volatilisés les majorettes coquines, les blacks en colère, les karatékas manchots et les cannibales italiens. Heureusement, l’éditeur Synapse se fait une joie de les ramener sur nos téléviseurs via leur série 42nd Street Forever, qui compte déjà six DVD et un Blu-Ray qui constitue une sorte de best-of.

 

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Le principe de ces DVD et Blu-Ray est simple: goinfrer le spectateur de bandes-annonces d’époque. Une idée qui peut paraître bizarre pour bon nombre de cinéphiles qui ne comprennent pas l’intérêt d’une galette réunissant une cinquantaine de trailers alors qu’ils ont accès à des milliers sur Youtube. Et si le phénomène des DVD à trailers peine à percer chez nous, il marche plutôt bien aux USA, les américains ayant a leur disposition des galettes comme All monsters Attacks! et ses classiques de la SF ou Extra Weird Sampler et ses 100 trailers de films tous plus bizarres les uns que les autres. Et puis il y a les Festival of Fright et leurs bandes-annonces des classiques de l’épouvante, mêlés à quelques séries B moins prestigieuses. Des DVD difficiles à trouver chez nous et bien entendu zone 1 donc impossibles à lire sur nos petits lecteurs zone 2. C’est là que l’alternative 42nd Street Forever apparaît, prête à satisfaire les amoureux de trailers qui font des taches ! Malheureusement, les amoureux d’horreur risquent fort de faire un peu la tronche… Car s’il y a bien de pures bandes-annonces bis dans le lot comme Antropophagous ou The Deadly Spawn il y a surtout beaucoup, BEAUCOUP de trailers sexy.

 

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Soyons clairs, si vous êtes dans les films coquins (mais pas trop non plus), vous allez être aux anges. Car la bonne moitié du Blu-Ray, qui dure tout de même 3h15, est constituée de bandes-annonces friponnes comme The Pom Pom Girls ou When Women had Tails. Un brin décevant pour l’amoureux d’épouvante, qui n’aura à grignoter que quelques minutes d’horreur pure. Heureusement, quelques sujets proches comme la SF, la blaxploitation ou les films de vengeance viennent complémenter le tout mais il faut bien avouer que ces pulsions de violence sont noyées dans les petites culottes. Et si je pense qu’aucun spectateur mâle ne crachera sur quelques trailers affriolants, je ne pense pas que beaucoup arriveront à tenir bien longtemps face à tous ces films qui, avouons-le, semblent se ressembler pas mal. Un drôle de choix éditorial de la part de Synapse ? Pas vraiment car si l’éditeur possède bien entendu bon nombre de films d’horreur comme Patrick, Maniac Cop, Street Trash ou quelques Hammer, ils ont aussi pas mal de films érotiques old-school dans leur catalogue. Du coup, les goreux et fantasticophiles risquent de s’ennuyer un brin durant les 3h14 de 42nd Street Forever, tandis que les plus ouverts d’esprit risquent de passer un bon moment. A moins qu’ils n’enclenchent les commentaires audio plutôt festifs et nous donnant l’impression de partager la salle avec des journalistes spécialisés dans l’horreur en provenance de Fangoria, Temple of Schlock et Avmanicacs.com. Une chose est sûre et certaine: Synapse nous aura fait profiter de sa DeLorean pour nous emmener dans les cinémas de quartiers des années 70 pendant 225 minutes. Ça donne envie de manger du popcorn, tiens…

Rigs Mordo

 

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  • Editeur: Synapse
  • Pays: Grande-Bretagne
  • Année: 2012

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