Dark Floors

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Le cinéma est une affaire compliquée. Parfois, tout est réuni pour faire un bon film et offrir une bonne petite soirée relax devant une série B sans prétention mais néanmoins bien shootée. Et puis arrive un grain de sable gros comme un rocher qui vient enrayer la machine et tout foutre en l’air…

 

Vous savez ce que c’est… On achète, on achète, et on n’a jamais le temps de regarder tout ce qu’on a. On passe des heures à éplucher les bacs vidéo ou les pages d’Amazon à la recherche de la bonne affaire, de la petite série B sans doute pas terrible mais qui a le mérite d’être bon marché, une qualité toujours appréciable. On pardonne tout, ou presque, à une œuvre bon marché. Mais ces foutus DVD qui nous font de l’œil en magasin sont tout à coup moins séduisants une fois dans notre étagère, comme si nous nous rendions compte qu’on venait d’acheter un truc dont on n’a pas besoin. Et voilà que l’on se retrouve avec des bisseries encore sous cellophane qui ne seront visionnées que dans cinq ou dix ans. Si elles ont de la chance ! Heureusement pour elles, il nous arrive d’avoir vu tout ce que nous avions à voir dans notre dvdthèque, ce qui nous fait nous rabattre sur des trucs mis de coté depuis des lustres. C’est le cas de Dark Floors, jadis vendu avec le Mad Movies et qui arbore une pochette qui ne donne pas vraiment envie, genre série Z de fantôme classique. Mais bon, c’est un film d’horreur finlandais et on n’a pas franchement l’occasion d’en voir toutes les semaines, donc autant foncer. Et puis on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise.

 

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Et ça part plutôt bien d’ailleurs puisque le film débute sur un générique d’ouverture assez soigné et qui ne pue pas la misère pour un sou. Et ça continue dans la bonne direction avec une première scène dans un hôpital, un jeune père assistant aux examens que mènent les docteurs sur sa fille autiste. Alors qu’on craignait avoir à subir un énième DTV à l’image dégueulasse et terne comme un dimanche sans soleil, on se retrouve face à une série B à la jolie photographie qui, encore une fois, ne sent pas la dèche. Mon dieu, serait-il possible que Dark Floors s’annonce bien ? Ca m’en à tout l’air, mes amis, d’autant qu’en mettant en scène un père perdu face aux troubles de sa fille, le scénariste nous propose un personnage assez attachant. Qui a déjà eu un proche hospitalisé sait que l’on ne sait jamais si l’on peut totalement faire confiance aux médecins, s’ils ne vont pas aggraver le cas du malade dont ils sont censés prendre soin. C’est ce que Ben, notre père du jour, ressent, hésitant à confier sa fille Sarah dans les mains de ces blouses blanches. Et ça ne s’arrange pas lorsque l’analyse que la petite passe tourne mal, la gosse se retrouvant coincée dans la machine. C’en est trop pour Ben, qui décide de quitter les lieux, suivi par une jolie doctoresse qui compte bien le faire changer d’avis. Mais l’ascenseur qu’ils empruntent se bloque entre deux étages durant plusieurs minutes, les laissant prisonnier avec un vieux patient au discours incohérent, un costard-cravate de mauvais poil et un vigil. Et lorsque les portes de leur prison s’ouvrent, c’est pour les faire déambuler dans un hôpital complètement vide…

 

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Nos nouveaux amis se retrouvent donc seuls au monde dans un endroit où semble s’être passé des biens laides choses si l’on se réfère aux cadavres disséminés ça et là, dont un qui n’a même plus ses yeux pour pleurer. Un petit coté Silent Hill donc et l’on est bien curieux de voir ce qui va attaquer nos êtres perdus. Et ça ne tarde pas trop, une espèce de fantôme féminin débarquant en gueulant, appelé la Scream Queen. Pourquoi pas, après tout. Mais tout de même, quelque-chose attire le regard… On ne sait pas trop quoi mais ce fichu spectre nous rappelle quelqu’un… Bah, c’est sans doute une coïncidence, passons ! Une fois cette gueuleuse d’un autre monde repoussée, nos protagonistes continue leur route et tente de prendre un nouvel ascenseur qui est bien vite attaqué par une nouvelle bestiole. Et là le film bascule… Notez que ce n’était déjà pas forcément une bombe auparavant, car au final c’est très classique avec des personnages trop clichés, mais ça se laissait voir sans problème vu que la réalisation était maîtrisée. Mais voilà, après la scène de l’ascenseur, plus rien ne sera pareil. A cause du monstre. Grand, musclé, avec deux gigantesques rangées de dent, c’est un membre du groupe Lordi. Oui, Lordi, le groupe de hard-rock finlandais qui a gagné l’Eurovision en 2006 et qui a fait scandale parce que ses membres ont pour habitude de se déguiser en monstres. Ben ces monstres, c’est ceux que vous retrouverez dans Dark Floors. Et je ne dis pas ça comme une métaphore pour dire que les gloumoutes du film sont mal foutus et rappellent ceux du groupe, non non, les affreux sont joués par les membres de Lordi qui ont leurs costumes de scène. Exactement les mêmes. Et du coup on comprend mieux pourquoi la demoiselle rencontrée plus haut ne nous était pas inconnue, c’est tout simplement la claviériste monstrueuse de nos métalleux finlandais.

 

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Si vous n’avez jamais entendu parler de Lordi avant cet article, la présence de ces musiciens infernaux ne vous gênera pas, ou si peu. Mais si à l’inverse vous les connaissez fort bien, autant dire que le film va très vite prendre un autre tour… Il est effectivement bien ardu de prendre encore tout ce cirque au sérieux, d’autant que les monstres attaquent sans cesse et crée un décalage constant entre le ton adulte et dénué d’humour qu’arbore le film et la présence de ces bestioles munies d’épaulettes cloutées et des vestes en cuir. Limite, on verrait débarquer les gars de KISS ou de Gwar que ça nous choquerait plus à ce stade… Le pire c’est que le reste commence à sombrer aussi, à devenir un brin agaçant, à commencer par ce vieil homme un peu fou qui semble tout savoir mais qui ne dit rien ou presque, ne s’exprimant que via des énigmes dignes d’un sphinx. Et ne comptez pas sur les autres personnages pour lui poser des questions, c’est trop leur demander… Le récit ne s’arrange pas avec un final qui part dans tous les sens, nous bazardant à la gueule des zombies et Mr Lordi, le leader du groupe, qui apparaît tel le diable en personne, déployant des ailes noires et se répandant comme une mélasse ténébreuse qui détruit tout sur son passage. On ne vous révèlera pas la fin mais elle est assez difficile à saisir…

 

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Lorsqu’on se renseigne sur cette étrange petite bande qu’est Dark Floors, on se rend compte que le tout est tiré d’une idée originale de Mr Lordi en personne et que le réalisateur, Pete Riski, est un ami d’enfance de ce dernier et s’est occupé des clips du groupe de monster metal. Cela explique bien des choses… On regrette tout de même l’arrivée de ces monstres de carnaval, sans doute parfaits pour une nuit de folie lors d’un concert plein de décibels, mais qui ne sont pas vraiment à leur place dans un film premier degré. Car si l’humour avait eu sa place, ils auraient eu la leur aussi, mais ce n’est jamais le cas, Dark Floors étant terriblement sérieux, voire mélancolique. On a donc un film hybride, qui ne sait jamais où se positionner et qui a fait le mauvais choix de mettre en avant le célèbre groupe sans même les relooker. C’est bien simple, le seul à s’en sortir un peu, c’est la momie, assez sympathique tout comme l’utilisation du sable qui annonce sa présence. Dommage, d’autant qu’il y a de bonnes idées, comme le temps qui s’arrête sur un orage, qui reste donc figé au milieu d’une ville éteinte, ou l’utilisation du paradoxe temporel, bien exploité. On a donc l’impression que Riski n’a pas su choisir entre le film d’horreur fun et décomplexé qu’il pouvait faire avec le bestiaire mis à sa disposition et l’histoire plus personnelle écrite par son scénariste. Dommage, le film avait de la gueule…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Pete Riski
  • Scénario: Pekka Lethosaari (d’après une idée de Mr Lordi)
  • Production: Markus Selin, Jukka Helle,…
  • Pays: Finlande, Islande
  • Acteurs: Noah Huntley, Skye Bennett, Dominique McElligott, Ronald Pickup, Mr Lordi
  • Année: 2008

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