Cyborg

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Si je vous parle d’un film avec un robot et une star du film d’action, vous me répondez ? Comment ça « Terminator » ? Oui, bon, vous n’avez pas tort, mais c’est oublier un peu vite le Cyborg de notre choux de Bruxelles favori même s’il est recommandé de ne pas cligner des yeux si l’on veut apercevoir le cyborg en question.

 

Depuis une bonne dizaine d’années, Jean-Claude Van Damme est considéré comme un débile profond. Il n’est pas rare d’allumer sa télé et de tomber sur un bêtisier de l’action-man belge, il est vrai jamais le dernier à se lancer une philosophie toute personnelle mélangeant pectine et masse moléculaire. Mais de là à continuer à se foutre de lui des années plus tard… Vous me direz, quand on met des émissions du type « Les enfants de la télé » présenté par Arthur, on le cherche un peu. Mais tout de même, voir ce pauvre Jean-Claude être pris pour un autiste par une tablée composée de Dany Boon, Gad Elmaleh, Elie Semoun et consorts (qui sont, comme chacun sait, de vrais génies…), soit des types qui n’auront probablement jamais le quart de sa carrière, ca vrille les bourse et pas qu’un peu. Alors c’est sûr que JCVD dit des conneries qui sont marrantes, c’est sûr aussi que depuis quelques années il a joué dans plus de merdes que de grands films, mais ce n’est pas une raison pour oublier les films très fréquentables dans lesquels il distribue du bourre-pif, du style Replicant ou Cyborg, justement. Encore que ce dernier fait polémique, même chez les amateurs du belge capable de casser des noix entre ses fesses, un talent tristement inexploité dans sa filmographie…

 

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J’aime bien JCVD. Voilà, c’est dit, et assumé qui plus est. Le gaillard est sympa, est un vrai cinéphile et on pourra penser ce qu’on veut de ses films, il n’empêche que le belge s’y implique. Qui plus est, sa filmo n’est pas aussi catastrophique qu’on peut le dire (il a tout de même croisé Woo, Lam, Hark et Hyams, pas toujours dans des classiques, mais c’est pas rien) et cela me fait mal d’avoir vu mon compatriote être cité dans les « plus grandes hontes des belges » lors d’un sondage réalisé par le Télémoustique, magazine belge que les français ne doivent pas connaître. Une « récompense » imméritée et assez surprenante venant d’un pays, le mien en l’occurrence, qui aime tant se vanter de son second degré, visiblement en vacance le jour du sondage. Bon, ce n’est pas avec Cyborg que l’avis des détracteurs changera, mais si nous ne sommes pas face à un classique, le film n’en mérite pas moins une place dans le petit cœur fragile des bisseux. D’une part parce que c’est un post-apo, d’une autre parce que ça cause un peu de cyborgs. Et de toute façon, le film ne se prive pas de quelques moments de cruauté (qui le ferait ?), comme une décapitation, un gros morceau de bois qui traverse un crâne ou une main coupée. Evidemment, on n’est pas dans un gore allemand ou dans du V-Cinema japonais, c’est pas très sanglant et en général on change de plan avant que ça commence à gicler, mais même si on ne voit rien, ça participe à l’ambiance et ça fait plaisir. D’ailleurs que serait un film d’action sans un bon méchant ? Et dans un monde futuriste ravagé par la peste, on n’en manque pas. Fender n’est pas le dernier d’entre eux et semble si heureux dans cet univers morbide et crasseux qu’il veut empêcher une gonzesse d’amener le remède contre la peste à Atlanta (pourquoi là-bas, j’en sais rien, faites avec). Et ce Fender est si méchant que notre héros du jour, Gibson (oui, ils ont tous des noms de guitares dans ce film, sans doute pour ça qu’ils ont du mal à s’accorder) le cherche et aimerait bien lui faire avaler ses dents, histoire de venger sa famille, tuée par le vilain pas beau. Un scénario fin comme un pet de chat mais nous n’allons pas demander tout un roman alors que le but est de s’envoyer des coups dans la gueule durant plus d’une heure. Enfin, le résumé au dos du dvd vend quand même le truc comme un « thriller high-tech post-apocalyptique », ce qui fait beaucoup, surtout quand deux étiquettes sur trois sont à peu près mensongères.

 

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Cyborg. Quand vous entendez ce titre, vous vous imaginez forcément une horde de cyborgs, à la Terminator, ou au moins en voir quelques uns, deux ou trois devraient suffire. Mais regardez-bien… Le titre est au singulier. Et oui, il n’y a qu’un cyborg et ce n’est même pas Van Damme. Ce n’est pas le bad guy non plus. Non, l’unique cyborg de tout le film, c’est la gonzesse qui détient le remède (jouée par Dayle Haddon, qui jouait Spermula dans le film du même nom avec Udo Kier, qui en est sans doute ressorti vidé). Elle est escortée par Fender, qui veut obtenir le remède, et elle s’en accommode puisqu’elle voit là un bon moyen de le faire tomber dans un piège à Atlanta. De son coté, Van Damme se retrouve avec une gonzesse dans les pattes, cette dernière voulant s’assurer que le remède arrive bien à Atlanta. Notre ami le belge fait donc le gars pas très content d’avoir de la meuf à ses cotés mais au fond on sent qu’il en a un gros comme ça. C’est son problème, il a beau faire celui qui s’en fout, deux minutes après il ouvre son petit cœur tout grand. Ainsi il demande à deux mômes et leur mère de se magner le cul assez sèchement l’aprem avant de leur caresser la tête le soir en avouant qu’il les aime, bien qu’il vient de les rencontrer et ne les reverra sans doute jamais. De même, il traîne sa nouvelle amie comme un boulet mais lui avoue au coin du feu qu’il ne veut pas qu’elle meure. C’est que malgré sa dureté, il a vécu des sales trucs, vous voyez. Comme les trois quarts des héros du style, en fait. Cela dit, le Jean-Claude ne joue pas trop mal son rôle. Je dis pas qu’il le joue bien hein mais il n’est pas honteux non plus, disons qu’on a vu bien pire, y compris de sa part. Le gus qui joue le méchant Fender (Vincent Klyn, vu dans Point Break) en fait des tonnes de son coté, gueulant comme forcené en bandant les muscles et jouant de ses lentilles, qui lui confèrent un regard d’un autre monde

 

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Évidemment, dit comme ça, ça sent pas le chef d’œuvre, ni même le bon film. Et pourtant, Cyborg contient des moments de grâce. Notamment cette course-poursuite tendue entre Van Damme et les hommes de Fender, de véritables sauvages échappés de Ken le Survivant. On se prend à stresser pour Van Damme et sa copine, sentant que s’ils se font chopper, c’est terminé. Car la bande de salopards a beau crier en hululant comme des cons, ils n’en dégagent pas moins une certaine dangerosité, bien mise en valeur par la réalisation d’Albert Pyun. Ce dernier, qui fera deux ans plus tard un premier film Captain America, ne filme pas comme un demi-dieu, sa réalisation est en général très lambda, mais de temps à autres, il te chie des plans de toutes beauté. Comme celui où Van Damme est accroché, tel le christ (JC… VD!), sur le mât d’un navire échoué sur une plage déserte. Ou encore celui, très Mario Bava, de notre héros faisant son légendaire grand écart entre deux murs, au-dessus d’un sale type qu’il ne va pas tarder à éliminer. On peut regretter que le reste du film ne soit pas aussi chiadé que ces quelques plans, mais vu le peu de jours de tournage mis à disposition d’Albert, ce n’est pas très surprenant. Il s’en accommodait d’ailleurs, préférant bosser dans la précipitation, te faisant un film convenable en cinq jours à l’occasion. Vous lui donnez trois semaines et il vous fait les trois Hobbit, le mec.

 

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Finalement, ces bons moments sont assez étonnants car dénotant pas mal dans le film, qui suit sa petite routine tranquillement le reste du temps. Les combats ne sont pas géniaux, loin s’en faut, la musique est mémorable mais pas particulièrement réussie et les acteurs ne crèvent pas l’écran non plus. Et c’est vrai que le titre est un peu mensonger puisque le cyborg en question n’est pas marquant, apparaît peu et semble surtout avoir été foutu là-dedans pour surfer sur la vague des Terminator et Robocop. Mais malgré tout, cette petite péloche est attachante. Surtout quand on sait qu’elle a été faite avec que dalle. Pyun devait réaliser pour la Cannon une suite aux Maitres de l’Univers (avec Dolph Lundgren) ainsi qu’un Spiderman. Mais alors que 2 millions de dollars avaient déjà été investis en décors et costumes, les producteurs ont remarqué qu’ils n’avaient pas remis de pile dans leurs calculatrices et qu’ils n’avaient plus assez pour payer les licences à Mattel et Marvel. Histoire de profiter de ce qui avait déjà été préparé, Cyborg a été mis en branle vite fait bien fait pour 500 000$. Pyun confesse même qu’à la base, il voulait Chuck Norris comme héros. Déjà que le film est assez Z, si tu fous Norris dedans en plus, je te dis pas le carnage… Donc dans ces conditions de production pour le moins compliquées, c’est un miracle de voir que Cyborg est un joli petit plaisir. Peut-être un peu coupable, oui, mais un plaisir quand même. Et puis c’est pas tous les jours que je peux parler un peu de Van Damme dans ces colonnes alors on en profite…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Albert Pyun
  • Scénario: Kitty Chalmers
  • Production: Cannon Entertainment
  • Pays: Etats-Unis
  • Acteurs: Jean-Claude Van Damme, Vincent Klyn, Deborah Richter
  • Année: 1989

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