ATM

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Vous connaissez la rengaine: c’est les fêtes et il faut donc sortir un truc en rapport avec Noël. Black Christmas ? Trop évident. Douce nuit, sanglante nuit ? Trop commun. Pareil pour les Gremlins… Que faire alors ? Et pourquoi pas ATM, tiens ? Ca vous changera un peu des pères noël maléfiques !

 

Pourquoi changer une recette qui gagne ? C’est ce qui a du passer par la tête de Chris Sparling, un brave homme ayant écrit Buried qui, comme chacun sait, a plutôt bien marché. Serait-il possible qu’enfermer des types dans un endroit exigu soit la recette miracle pour obtenir un succès et obtenir un cercueil rempli de biftons ? Après tout, Phone Game de Joel Schumacher avec Colin Farrel avait bien fonctionné il y a une dizaine d’années, prouvant que le public est friand de huis-clos se déroulant dans des lieux étriqués. Le scénariste a donc ressorti sa machine à écrire et nous a pondu ATM, réalisé par David Brooks, pour qui c’est le premier long. Cette fois, pas de cercueil mais un distributeur de billets dans lequel sont coincés trois jeunes banquiers, aux prises avec un tueur qui les attend dehors. Pas de bol, ils allaient acheter des pizzas et du coup on ne saura jamais ce qu’ils allaient prendre… Margherita ? Quatre fromages ? Forestière ?  Un suspense intenable comme vous pouvez vous en douter, des questions qui resteront sans réponses, ce qui nous attristent très fort car les voir manger leur repas n’aurait pas été moins intéressant que les attaques de l’assassin…

 

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David est amoureux d’Emily et a un pote qui s’appelle Corey, les trois sont banquiers. Le troisième conseille au premier d’aller draguer la deuxième, d’autant que cette dernière va bientôt quitter le job, ce qui va raréfier les occasions de la prendre en levrette. David prend sa bite et son destin en main et lui propose de la raccompagner après la fête pourave qu’ils viennent de se taper pour noël. Comme il faut bien que le film se fasse, elle accepte. Mais Corey, le chieur de service, décide de s’incruster. On ne sait pas trop pourquoi, il fait chier son pote pour qu’il aille parler à la gonzesse mais alors que ça commence à rouler pour lui, il décide subitement et de les accompagner. Et en tant que personnage lourdingue de service, il va pas arrêter, tenant à sa médaille de « trou du cul que le personnage déteste » qu’il finira bien évidemment par gagner. Et monsieur veut qu’on l’accompagne chez lui, et monsieur a faim, et monsieur a pas d’argent pour se payer sa pizza. Bref, tout le monde s’arrête dans un ATM comme on dit aux USA, histoire de retirer quelques billets pour satisfaire les caprices du grand con. Sauf qu’au moment de ressortir, les trois couillons se rendent compte qu’un mec fringué comme le tueur du premier Urban Legend (un anorak quoi, c’est de saison après tout) les attend dehors. Ils n’osent pas sortir et lui semble ne pas pouvoir rentrer. Et c’est au moment où ils pensent qu’il n’est peut-être pas si méchant (même s’il les fixe de manière inquiétante et insistante) qu’il se décide à tuer un pauvre passant qui promenait son clebs. Noël s’annonce mal, d’autant qu’il fait un froid à chier des sorbets dans la cabine…

 

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Vous l’aurez compris, on est en pleine fusion entre Phone Game et Frozen d’Adam Green (très sympathique série B avec trois jeunes coincés sur un télésiège).  Le plus dur avec ce genre, c’est de tenir sur la longueur, varier les péripéties n’étant pas forcément simple quand il faut composer avec un lieu unique et qui, dans ce cas-ci, ne permet pas énormément de choses. Une cabine ATM, c’est vide comme un film de Dany Boon. Et le parking qui l’entoure l’est tout autant. ATM parvient pourtant à maintenir le rythme, les problèmes arrivant les uns après les autres sans qu’on s’emmerde trop. Le problème c’est qu’on a l’impression d’avoir déjà vu tout cela au moins trente fois et qu’on devine aisément ce qu’il se passera par la suite. Lorsque le tueur rentre dans la cabine d’ATM, on se change en Madame Irma et le doute ne plane guère sur la suite des évènements et le retournement de situation ultra rabâché qui va en découler. Sparling se foule pas trop et nous sert un scénario lambda, téléfilmesque. La réalisation de son comparse David Brooks est elle aussi assez quelconque. Ca ne fait pas série Z fauchée mais ça ne fait pas non plus rêver, aucun plan ne restera dans les anales du genre, quand bien-même la photographie est assez jolie. Et n’espérez pas vous rattrapez sur les meurtres, malgré le magnifique « 16 » placé sur le dvd nous signifiant qu’il vaut mieux pas le mater avec des chiards, le film est d’une grande douceur. Le tueur tue toutes ses victimes en leur cognant sur la gueule, ce qui met un peu de sang par terre. C’est tout. La femme de ménage n’aura pas beaucoup de boulot à ce niveau avec cet ATM moins sanglant que la culotte d’une lycéenne.

 

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En bonne série B de base qui se respecte, ATM se devait d’avoir quelques têtes connues mais pas trop non plus, histoire qu’elles ne soient pas trop gourmandes niveau cachet. Ce qui est un comble vu que tout le film se passe dans un distributeur à brouzoufs mais bon… On se retrouve donc avec Brian Geraghty (le jeune militaire de Démineurs de Kathryn Bigelow), Alice Eve (The Raven, le film refaisant la vie d’Edgar Allan Poe) et Josh Peck (un rescapé des productions Nickelodeon, pour les gosses, aussi à l’affiche du remake d’Aube Rouge). Ils font un boulot correct et leurs personnages ont des réflexions assez justes sur la situation mais on ne peut pas dire qu’on s’attache des masses à eux. On n’est jamais à l’abri d’une surprise affective mais ce n’est pas ici qu’elle aura lieu, pas plus pour le film par ailleurs. Oh, ATM n’est pas honteux, il fait son office pour la soirée et n’a pas le temps de faire chier (le film est court, moins d’1h20). C’est une série B lambda, anonyme, emballée sans trop de passion mais avec un minimum d’application, avec un scénario qui n’hésite pas à éviter un happy end mais qui par contre aligne les poncifs et les twists fumant comme des feux indiens, donc repérables à des kilomètres à la ronde. En gros, ça se laisse voir d’un œil inattentif mais qui s’en souviendra dans dix ans ? Je ne parierais même pas sur les cinq prochaines années…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : David Brooks
  • Scénario: Chris Sparling
  • Production: Peter Safran, Paul Brooks
  • Pays: USA
  • Acteurs: Brian Geraghty, Alice Eve, Josh Peck
  • Année: 2012

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