The Willies

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The Willies (1990), ou les chocottes si l’on s’amuse à traduire. Celles que se font volontairement un trio de jeunes dans une tente, au détour d’un petit direct-to-video donnant dans le film à sketchs faussement infantile. Et tout cela offert par une partie de l’équipe à l’œuvre sur Le Retour des Morts-Vivants !

 

 

Vous connaissez probablement Brian Peck, même sans le savoir. Pas pour ses talents de réalisateur, ceux-ci ayant eu la vie trop courte pour se faire remarquer, l’Américain n’ayant en tout et pour tout écrit et réalisé que ce seul The Willies. Non, si son nom ne vous est pas inconnu, c’est parce qu’il fut l’un des punks des cimetières de Return of the Living Dead, où il se plut tant qu’il sera également des séquelles dans de plus petits rôles. Visiblement en très bons termes avec le restes de la distribution, il invitera d’ailleurs James Karen et Clu Gulager pour qu’ils tiennent des petits rôles dans son unique forfait, qui installe évidemment son campement non loin des ossuaires du genre. Trois gamins d’âges variés, parmi lesquels Sean Astin des Goonies et Joshua Jon Miller de Near Dark (et futur scénariste de The Final Girls), s’amusent à se foutre la trouille à la lueur d’une bougie, en plein camping dans leur jardin et au fil d’une anthologie inhabituelle puisqu’elle n’est pas découpée en parts égales. Certaines histoires dureront ainsi à peine trois ou quatre minutes pendant que d’autres se feront moyen-métrages et prendront près de la moitié du film. Faut dire aussi que The Willies a tout du film patchwork, Peck utilisant par exemple un court-métrage inutilisé jusque-là et tourné quelques temps auparavant, quitte à ce que son premier et dernier boulot derrière la caméra prenne des airs de pot-pourri. On passera d’ailleurs sur les deux premières historiettes, en fait des légendes urbaines comme nous nous en sommes tous racontées au jeune âge, ici le récit d’une grosse cliente d’un fast-food croquant dans un rat frit alors qu’elle avait commandé du poulet, puis les brèves mésaventures d’un vieille homme dans un train fantôme plus vrai que nature et dans lequel il décédera d’une crise cardiaque. Deux mises en bouche agréables, par définition de courte durée, seulement là pour planter le décor, mettre dans l’ambiance et préparer au plat de résistance que sont les deux mythes à suivre.

 

 

Le premier nous tire aux cabinets d’une école primaire, où un petit bigleux finit systématiquement maltraité par un trio de chiards menés par un salopiaud portant un t-shirt Iron Maiden. Petite parenthèse : dans les films des 80’s et des 90’s, les sales gosses du cinoche étaient toujours représentés comme des métalleux en culottes courtes, à un point tel que j’en viens à me demander si les petits hardos étaient vraiment de telles plaies. Parenthèse fermée. Leur victime peut en tout cas compter sur le concierge des lieux, qui n’a de vieux monsieur que l’apparence puisque sous sa peau d’homme se cache en fait une créature que l’on décrira comme le monstre de Pumpkinhead en plus cheapos. Son but dans la vie : se repaître des sales garnements et parfois des adultes impolis. S’en suivra un grand nombre d’allées et venues aux gogues, où se planque l’homme de ménage démoniaque, où il pourra becter nuques longues et professeur acariâtre entre deux pauses pipi. Rien de très novateur, mais la simplicité du chapitre parle en sa faveur et en fait une petite chose facile à suivre, qui vous rappellera peut-être vos jeunes années à craindre d’aller aux toilettes tout seul de peur de vous noyer dans l’urinoir. Les choses sérieuses commencent réellement avec le dernier sketch, le plus long et sans aucun doute celui pour lequel le film entier fut monté, car le plus soigné et réfléchi. Il fait les présentations avec un autre sale gosse, le corpulent Gordy Belcher (Michael Bower, que l’on reverra dans le « sans plus » Evolution d’Ivan Reitman), weirdo pur sang dont le grand hobby est de s’enfermer dans la cave de ses parents pour y arracher les ailes des mouches et placer les démembrées dans des décors confectionnés par ses soins. American Diner avec des mouches, batailles médiévales avec des mouches, église avec des mouches… Vous aurez compris. En plus d’être pour le moins étrange, Gordy a la mauvaise habitude de faire de mauvaises blagues (qui veut des cookies à la mouche à merde?) et de voler l’engrais trafiqué du fermier du coin, dont les recherches ont permis de créer des carottes et des radis de la taille d’un chien. Evidemment, le passe-temps du gamin finira par se retourner contre lui, et Gordy aura l’occasion de goûter à ses propres sévices…

 

 

Sous ses airs de version plus mature de Chair de Poule ou Fais-moi Peur !, The Willies cache un projet bizarroïde, bon enfant à la surface, méchant dans le fond, commercial en apparence, repoussoir à jeunes téléspectateurs dans la pratique. On ne parle pas tant de la cruauté des fins d’historiettes, toutes sinistres et ne faisant jamais de cadeaux à leurs protagonistes, mais plutôt du rythme qu’impose Peck à sa bande. Soit lent à l’extrême, lancinant au possible, surtout sur la dernière partie où l’auteur semble se donner pour mission de couvrir tous les angles de la vie de Gordy. Peu d’épouvante durant ces trois quarts d’heure, en vérité, mais une ambiance lourde, un malaise grandissant face au quotidien d’un inadapté pour qui, on le sent, cela finira très mal. The Willies, sans tourner le dos au monster fest que promet sa belle jaquette, nous prend par surprise en réussissant surtout son ambiance et sa caractérisation. Dans tous les cas une passerelle idéale pour des jeunes gens sortis des petites terreurs télévisées mais pas encore prêts pour un Creepshow des familles.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: Brian Peck
  • Scénario: Brian Peck
  • Production: Gary DePew, Brad Southwick
  • Pays: USA
  • Acteurs: Michael Bower, Sean Astin, Joshua Miller, James Karen
  • Année: 1990

4 comments to The Willies

  • Denis  says:

    J’ai eu envie après t’avoir lu de retourner faire quelques recherches sur Return of the Living Dead, Brian Peck a l’air d’avoir une sacrée réputation selon les sites anglo-saxons.

  • Denis  says:

    Un peu plus sordide.
    Des accusations de pédophilie.
    Beaucoup moins drôle.

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