Sandy Hook Lingerie Party Massacre

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Vous n’êtes probablement jamais passés par le cabinet du Dr. Creepo, et il n’y a pas de quoi s’autoflageller pour cela. Tout comme il ne faut pas rougir de ne pas mieux connaître le bonhomme sous son véritable nom, Timothy Beckley. Un petit cochon des années 80, entre autres choses producteur de Driller, parodie X du célèbre Thriller de Mickael Jackson, quelquefois comédien, et à l’entrée des années 2000 occupé à devenir réalisateur de gros Z taquins. Comme il fallait s’y attendre du facétieux personnage, son premier effort Sandy Hook Lingerie Party Massacre (2000) sort peu les crochets de pêcheur mais déballe beaucoup de poitrines peu naturelles.

 

 

Se lancer dans le tournage d’un cheapie dont le prix équivaut à celui d’une boîte de Tic Tac, c’est parfois affronter les éléments déchaînés. « Méfiez-vous de ce que vous souhaitez » préconise le Dr. Creepo, qui avait pour le bien de son premier long-métrage besoin d’une franche bourrasque, son assassin ne sortant du vieux phare où il se terre que lors des soirées les plus tempétueuses. Le ciel l’a entendu, et c’est avec une véritable tornade que se retrouva l’auteur. Matériel endommagé, impossibilité de quitter le lieu de tournage, perte de certains accessoires… La totale, à laquelle il faut encore rajouter des policiers venant frapper à sa porte tous les matins, soit parce que les voisins ont entendu des cris de comédienne mimant l’écorchement, soit parce que ces mêmes bimbos à gros boobs attirent un peu trop les regards lorsqu’elles galopent sous la pluie en tenue d’Eve, voire encore parce que l’on a vu dépasser du coffre de la bagnole du producteur des membres découpés. En plastoc, les mimines et les gambettes, mais vu de loin, en plissant les yeux et en louchant un peu… Que d’aventures dans tous les cas pour une galipette campy au possible, et tenant plus du film de vacances à Saint Trop’ de votre Tonton Alphonse que de la production cinématographique comme on se la figure d’ordinaire. Imaginez un épisode de Jersey Shore ou de toute autre télé-réalité financée par MTV, apposez lui une patine de shot-on-video cracra, en basse résolution sinon c’est pas drôle, dans lequel Debbie Rochon et quelques copines à elle (ou plutôt des connaissances pas farouches du vieux Creepo) ne font pas grand-chose si ce n’est montrer leur cul et balancer quelques private jokes, et vous aurez une idée particulièrement précise de ce à quoi ressemble Sandy Hook Lingerie Party Massacre.

 

 

Pour faire vaguement honneur au mot « Massacre » de son titre, le fameux Sandy Hook, une sorte de sado-maso tout de cuir vêtu se prenant pour le Capitain Crochet, rend visite aux cocottes et les assassine avec ridicule, les frappant de si loin que l’on se demande s’il ne veut pas juste leur gratter le dos. Mais dans ce même titre, c’est surtout le « Lingerie » qui compte, et Creepo signe ici moult séquences vaguement érotiques, la troupe, des strip-teaseuses en vagabondage pour le week-end, saisissant la moindre occasion pour délivrer un peu de silicone. Baignade au jacuzzi, toilette devant le miroir, massage entre filles, délires masqués, provocations sur la plage (on perçoit d’ailleurs la curiosité des passants pas dans la confidence) : peu importe l’excuse tant qu’on a du téton qui pointe. Assez peu macabre (encore que… ce final voyant des badauds découvrir un torse dans l’écume de mer…), très branché rigolade – notre bazar est classé dans les comédies, et c’est pas pour rien – Sandy Hook Lingerie Party Massacre n’essaie même pas de se faire passer pour un vrai film, même s’il définit vaguement les danseuses du ventre en intro, tente de les distinguer les unes des autres. On aura donc la diseuse de bonne aventure en connexion directe avec les esprits, la snob se pensant meilleure que ses camarades, celle qui se prend pour Marilyn Monroe et est très fière de sa poitrine naturelle, la rockeuse nymphomane, la gothique portée sur les pratiques sexuelles plus extrêmes, et la blondinette soi-disant timide, ce qui ne l’empêche jamais de montrer sa jolie raie. Des traits de caractère vite oubliés une fois les demoiselles dans le feu de l’action – si tant est que l’on considère que s’affaler dans un fauteuil et parler de touche-pipi soit de l’action – et on sent bien que l’improvisation fut de mise. D’ailleurs, lors du bêtisier collé derrière le générique de fin, on peut voir que les nanas dirigeaient autant l’affaire que le vieux Creepo, et que la Rochon s’énervait parfois de les voir discuter alors qu’elle enregistrait une scène, preuve que nos comédiennes peinaient à faire la différence entre leurs papotages de coulisse et celles couchées sur pellicule. Reste à savoir à qui s’adresse ce bric-à-brac naviguant à vue. A pas grand monde, sans doute…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Timothy Beckley
  • Scénario : Timothy Beckley
  • Production : Timothy Beckley, Tim R. Swartz
  • Pays : USA
  • Acteurs : Debbie Rochon, Persephone, Margaret Scura, Zane Ka
  • Année : 2000

One comment to Sandy Hook Lingerie Party Massacre

  • Denis  says:

    Pas très appétissant le casting.
    🙂

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