Hollow Gate

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Faut bien commencer quelque part, et avant d’envoyer Don ‘Dragon’ Wilson déboulonner de l’androïde dans les Cyber Tracker ou huiler les pecs du tataneur en chef Gary Daniels dans Firepower, les petits nababs du micro budget Joseph Merhi et Richard Pepin usinaient de la Série B horrifique fauchée. Planqué dans le carton de leurs premières livraisons, Hollow Gate (1988) fait figure d’acte isolé pour son scénariste et réalisateur Ray Di Zazzo, que l’on ne reprendra plus à aller mettre les mains dans la courge. A voir le résultat de ses pérégrinations dans les champs du slasher fatigué, on comprend ô combien cette retraite anticipée…

 

 

 

Si ce n’est votre vieille grand-mère qui juge indécent de pendre des squelette en papier aux fenêtre et que la saison des sorcières est une festivité bassement commerciale importée des Etats-Unis de plus, qui n’aime pas Halloween ? Ben y a Mark, blondinet auquel sa mère et sa mémé pensent faire plaisir en organisant dans leur petite maison une fête costumée placée sous le signe de la citrouille, une nouba lors de laquelle le gamin pourra jouer à se faire peur avec quelques lanceuses de maléfices et des diablotins rase-mottes. Sauf qu’aucun des conviés ne semble avoir de respect pour Mark, tout un chacun se foutant de la gueule du petit lorsque vient son tour d’essayer d’attraper une pomme avec les dents dans une bassine d’eau. En train d’ivrogner dans la pièce d’à côté, le père du gosse semble particulièrement furieux de voir que la chair de sa chair soit incapable de croquer dans un banal fruit, et décide de lui plonger la tête dans l’eau et l’humilier devant tous ses camarades. C’est qu’on ne plaisante avec la pêche aux pommes, nom de Dieu ! Dix ans plus tard, Mark a pris 30 ans – c’est ça de prendre des acteurs approchant les 40 berges pour les faire jouer des bacheliers – et ne supporte plus moqueries, contradictions et rejets. Particulièrement taquin le 31 octobre, le jeune pompiste accepte par exemple très mal qu’un couple déluré en route pour une fiesta le nargue en lui refilant la petite culotte, fraîchement enlevée, de la demoiselle à l’avant. Bien suffisant pour que Marky mette un peu d’huile sur le feu que ses clients ont au cul, et il enflamme le sous-vêtement avant de le glisser dans le réservoir de la voiture qu’il vient de servir. Un boum et quelques années plus tard, Mark se fait encore remarquer en draguant lourdement une minette à laquelle il veut offrir une crème glacée, et devant le refus de celle-ci d’aller fricoter avec celui que tout le monde considère comme le weirdo de service, celui-ci entreprend de l’étrangler. Cela commence évidemment à bien faire, et juges, avocats, magistrats et tout ce que la région compte d’autorités hésitent à envoyer le gaillard en cellule capitonnée. Il sera finalement décidé de le laisser aux bons soins de sa grand-mère, que Mark finira par poignarder…

 

 

Au même moment, quatre ados de 33 ans s’offrent une virée entre couples, et l’une des cocottes, alors qu’elle visite un magasin de costumes, tombe sous le charme d’une perruque à paillettes rose du plus mauvais effet. N’ayant pas envie de sortir neuf dollars pour que sa meuf ressemble à une danseuse du Crazy Horse, l’un des dudes s’arrange avec le vendeur, et en échange de la moumoute les garnements devront se charger de la livraison de plusieurs déguisements à Hollow Gate. Hollow Gate ou le luxueux terrain qu’occupe Mark, heureux de voir que quelques hôtes acceptent de se joindre à lui pour sa soirée Halloween, qu’il souhaite saignante. Et le bonhomme de changer de déguisement à chaque fois qu’il change de cible, devenant ici un cowboy, là un militaire, et plus loin un jockey ou un chirurgie ! Et les victimes de s’affoler et de se rendre compte qu’ils ne peuvent s’échapper, Mark ayant électrifié la grille leur servant de sortie ! Et les deux flics en patrouille, ou plutôt en train de se remplir la panse au bistro local, de traîner à aller voir ce qu’il se passe du côté de ce vilain Marky, qu’ils suspectent pourtant de tous les maux du monde ! Et le spectateur de s’emmerder comme au musée de du tire-bouchon tchèque et de se demander quand est-ce que ce barnum va enfin accélérer ! Aucun risque d’ailleurs que Di Zazzo se prenne une prune pour avoir brûlé l’asphalte, et on le voit déjà en train de paniquer à l’idée de ne pas avoir de quoi remplir les 85 minutes de bande commandées par Pepin et Mehri. Alors il s’installe sur la banquette arrière de nos policiers, occupés durant de longues minutes à réciter le CV diabolique de Mark le dingue, parce que ça lui permet de jouer la montre tout en en rajoutant une tranche sur le côté macabre de son méchant sans avoir à dépenser un kopek de plus dans de nouvelles scènes. Dans le même ordre d’idée, ce n’est pas de pause-pipi dont profitent les futurs estropiés ou assassinés entre deux assauts du malotru, mais bien de véritable cessations d’activité, les uns et les autres se plantant dans un coin du décor pour juger de la marche à suivre… pendant que le film semble s’arrêter purement et simplement.

 

 

Hollow Gate c’est la paralysie faite film, et son titre prend bien vite des airs de prophétie, puisque hollow signifie creux en bon français. L’adjectif va de fait comme un gant à ce petit psycho-thriller qui s’essouffle avant même d’avoir sorti les cisailles du tiroir, et qui se refuse à libérer un billet pour un peu de faux sang et de latex cramoisi. Du coup, les meurtres sont gore sur le papier, mais jamais à l’écran, et on ne retire pas grand-chose des mises à mort, lors desquelles une hache se plante dans l’arrière d’un crâne, une demoiselle se faire broyer par une moissonneuse et un bigleux se fait soi-disant bouffer par des clebs faussement enragés, mais véritablement pressés de lui faire un gros câlin. Tout ça pour une perruque rose…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Ray Di Zazzo
  • Scénario : Ray Di Zazzo
  • Production : Richard Pepin, Joseph Mehri
  • Pays : USA
  • Acteurs : Addison Randall, Katrina Alexy, Richard Dry, Patricia Jacques
  • Année : 1988

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