The Sexy Adventures of Van Helsing

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Puisque l’on s’intéresse à la vie sexuelles des animaux, pourquoi ne pas s’inquiéter de celles des légendes du fantastique ? Dont acte chez Seduction Cinema, ramassis de coquinous très occupés à enfiévrer les blockbusters du début des années 2000 et à dénuder les icônes du grand écran. Tim Burton ramène La Planète des Singes dans nos astres ? Eh bien le studio sans le sou se fend d’un Play-Mate of the Apes où les fourrures sont rasées façon ticket de métro. Le bon peuple n’a que Frodon et sa terre du Milieu aux lèvres ? Celles de guerrières pas timides s’humidifient pour le bien de The Lord of the G-Strings : The Femalship of the String. Spider-Man se tape une toile et tout le monde en redemande ? Voilà SpiderBabe, version perverse et aux huit pattes baladeuses. Et lorsque Van Helsing fait un retour pétaradant et envoie Hugh Jackman trouer du vampire et récolter du bifton, Seduction Cinema met les deux dollars qu’il lui reste en banque pour démouler The Sexy Adventures of Van Helsing (2004), qui nous rapproche d’Ed Wood plutôt que de Stephen Sommers.

 

 

L’arrivée dans toutes les chaumières de l’Internet haut-débit fut à l’art du softcore ce que la météorite fut aux dinosaures : une cause d’extinction quasi-totale. On peut d’ailleurs comprendre que le spectateur lambda désireux de se malaxer le service trois pièces ou de se tripoter la figue ait, les années passant, décidé de se détourner de ces caresses plutôt réservées pour embrasser sans retenue les moins chastes étreintes dispensées par tous les xHamster et Pornhub de la planète. Pourquoi payer 20 à 25 dollars pour une galette ne contenant que des simulacres de fornication, où quelques amatrices aux physiques très girl next door n’en finissent plus de faire les ciseaux sans que l’on puisse voir quoique ce soit, quand toutes ces Lisa Ann, Ava Devine et autres joueuses olympiques de la baise se prennent trois bites dans la boîte à pain sans même avoir à se remaquiller une fois le nettoyage du colon terminé ? Certes, on en trouve encore des parodies sexy se refusant à écarter les cuisses et laissant le gros du travail à votre seule imagination, mais on les sent loin ces glorieuses années 2000 où des filles pour la plupart tout à fait normales et probablement elles-mêmes des fans du Z aux momies en plastoc profitaient du boom du DVD pour être (mal) payées à faire des parties de Twister sans culotte. Faut-il pour autant regretter la relative disparition de ce pan du fantastique grivois ? The Sexy Adventures of Van Helsing tend à nous prouver que oui, on peut verser une larmichette bien salée à la seule idée que ces batifolages plus gais que véritablement salaces soient de l’histoire ancienne, et que bon nombre de ces comédiennes soient désormais rangées des voitures et du doigtage. Pas tant pour ses parties érotiques d’ailleurs, fidèles à ce que l’on pouvait attendre d’elles mais pas forcément très excitantes – et votre serviteur avoue avoir fréquemment joué de la zapette plutôt que de la braguette sur ce coup-là – mais plutôt pour la bonne humeur évidente du bazar, qui se voit comme une comédie idiote, fière de son humour stupide comme du petit budget avec lequel elle doit composer.

 

 

Après une petite intro où deux demoiselles révisent leur anatomie via quelques attouchements bien placés, nous découvrons une Van Helsing nouvelle génération, incarnée par Erika Smith, jolie actrice aussi bien capable de tourner avec les rois du no budget comme John et Mark Polonia (elle était de leur très sympa Splatter Beach) ou Brett Piper (elles traînait dans le bon Bite Me ! et l’excellent Shock-O-Rama) que de se retrouver dans un Martin Scorsese (elle n’y est pas créditée, mais elle joue bien dans The Irishman). Elle incarne ici une geek tête de linotte, dont les rêves se peuplent de plaisirs saphiques où elle imagine sa meilleure amie (notre copine A.J. Khan, dont on a parlé il y a peu puisqu’elle était la star de Muckman) en prof de danse pas contraire au strip-tease et au léchage de fessier. La Van Helsing contemporaine décide d’ailleurs la retrouver, et rêvasse encore de baisers interdits sur le chemin (dont certains avec Misty Mundae), retrouvant la Khan – Philomenia dans le film, quel nom ! – dans un snack, où elle s’apprête à avaler des assiettes de tartines comme on en trouve qu’aux states, genre sandwichs à vingt étages qui vous décalent la mâchoire dès la première bouchée. Pas très fine, Van Helsing essaie d’amener sa copine sur le terrain glissant de l’homosexualité, histoire de voir si elle serait potentiellement d’accord pour rejoindre sa couette un soir, et lui avoue qu’elle a une frousse terrible du mâle, parce que, explique-t-elle, ceux-ci ne sont que des rustres qui sortent leur zob pour un oui ou pour un non et vous l’enfoncent dans l’oeil. Véridique. Philomenia prenant cette peur comme illégitime, elle essaie d’arranger un coup entre le serveur mollasson du resto et Van Helsing, sans grands résultats puisque la jeune fille panique immédiatement, crache son croque-monsieur sur le pantalon du gaillard et prend ses jambes à son cou. Perdue dans une nuit brumeuse, elle rencontre une vieux soûlard qui lui fait le cadeau d’une capote usagée (!) et file pleurer sur son sort au cimetière local, digne de celui de Plan 9 from Outer Space puisque toutes les tombes sont en carton. Sur place, elle croise son ancêtre fantomatique, bleu comme un schtroumpf et venu lui apprendre que la fille de Dracula rode toujours dans les environs et que sa lignée à une revanche à prendre sur la vilaine. En effet, Van Helsing senior s’était fait croquer le derche (« Là où ça pue un peu » qu’il précise) par le passé et puisqu’il en garde rancœur, il serait bon que sa descendante débarrasse le coin de la vampirette. Un peu conne mais courageuse, celle-ci accepte et s’enfonce dans le caveau le moins crédible du monde, avec pancarte « Attention, ne pas entrer dans la crypte » à l’entrée et canapé luxueux à l’intérieur. Après avoir frappé au cercueil, la comtesse, forcément perverse puisqu’elle est jouée par la spécialiste du genre Darian Caine, sort de sa boîte pour deux choses : nous faire découvrir qu’elle lâche les gaz à chaque fois qu’on lui tire sur l’index, puis hypnotiser son ennemie jurée à l’aide d’une bague magique. La nouvelle mission de Van Helsing ? Ramener des vierges bien sûr, histoire que la gamine du vieux Drac’ puisse faire le plein de globules rouges. Mais persuadée qu’il sera bien difficile de trouver de la gamine n’ayant pas encore vu le loup, l’esclave décide plutôt de traquer la gouine, qui par définition ne devrait pas encore avoir vu la couleur d’un gland.

 

 

A partir de là, les errances de Van Helsing ne seront bien sûr qu’une vaste excuse pour la faire regarder par la fenêtre des appartements et rivaliser de voyeurisme, puisque toutes les nanas croisées seront occupées à se mettre de la chantilly sur les boobs, tester leurs nouveaux vibros, jouer au gendarme et au voleur d’une façon nouvelle et plus globalement s’échanger quelques coups de langue bien placés. Ca peut plaire, ça peut aussi emmerder, tout dépend d’où on se place sur l’échiquier du cul, et par chez nous on préfère les passages plus humoristiques, où ce Max Von Diesel qu’on nous présente comme réalisateur, et qui n’aurait à priori pondu que The Sexy Adventures of Van Helsing, s’amuse à parodier le vampire flick et tomber dans le schlock le plus total. Car pour être campy, cette toute petite chose moins cher qu’un Kinder Bueno l’est assurément. Jusque dans son dernier acte, petite partouze pas bien méchante où ça se mord peu mais se fait beaucoup de suçon, où Darian Caine tombe la cape et va se frotter aux pelouses qui lui sont offertes. Parce que la Van Helsing n’était pas totalement sous son emprise et qu’il faut bien faire honneur à sa petite famille, notre héroïne trompe la reine des ténèbres en lui faisant avaler une pizza pleine d’ail puis lui transperce le coeur à l’aide d’un gode en fer. Affaire réglée, et les plaisirs du guili-guili entre filles enfin trouvés pour la petite, qui s’en va se mélanger aux autres cocottes sur place. Fin de cette menue débauche, surtout séduisante lorsque les actrices font le show plutôt que les chaudes : Erika Smith en fait des tonnes en nerd ringarde, et A.J. Khan semble prendre un plaisir monstre à répandre des grimaces salaces et mimer des pénétrations avec les doigts, dans de gros clins d’oeil appuyés. Je ne pourrai jamais dire assez la sympathie que j’ai pour cette petite dame du fantastique sans le sou, qui semble toujours prendre son pied même sur le Z le plus mal fagoté. Et le tout sans forcément avoir à tomber la chemise et palper du nibard. Tout cela n’est donc jamais sérieux, et même proprement inutile pour tout dire, mais vous savez comment ça va : plus un truc ne sert à rien, plus on se dit qu’il nous est indispensable.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Max Von Diesel
  • Scénario : John Paul Fedele
  • Production : Seduction Cinema
  • Pays : USA
  • Acteurs : Erika Smith, A.J. Khan, Darian Caine, Isadora Edison
  • Année : 2004

2 comments to The Sexy Adventures of Van Helsing

  • Roggy  says:

    Je crois bien que je ne verrai jamais ce film, mais ta chro est à mourir de rire. Rien que pour ça, merci l’ami :).

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