Ultime Combat / Ultime Combat Final

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Se sentant bien sur la tombe du regretté David A. Prior, décédé en 2015, Bzz Video décide de s’y recueillir encore un moment. Et après avoir fait le plein de camel toes via le rigolo Aerobic Killer, l’éditeur qui bourdonne si bien à nos oreilles s’en va en guerre via le doublé Ultime Combat. Port du casque obligatoire, évidemment.

 

 

Redécouvert en même temps que les joies liées aux bandes magnétiques par une jeune génération qui avait loupé le coche des années 80, il ne fallut pas bien long à Deadly Prey (1987) pour qu’il retrouve un statut culte et récupère ses galons de Série B arriérée. Une médaille presque infamante au beau milieu des eighties et pour les vingt années qui suivirent, mais quasiment un gage de qualité à la fin des années 2000, l’Américain peiné par le conformisme des productions horrifiques de l’époque s’en remettant alors à des petites choses des temps anciens, mal coiffées et pas lavées, involontairement drôles, décérébrées et dont le budget flirte avec le néant. On redécouvre alors le gros burger soi-disant veggie Troll 2, on se tape le cul par terre devant les mimiques du Samurai Cop, on tient la mimine caoutchouteuse des sous-E.T. foireux comme Mac and Me, on essaie de tirer un moindre sens au fourre-tout Miami Connection, on glisse une main dans les décolletés délivrés par Andy Sidaris. Et on s’engage dans l’armée de David A. Prior, dont le présent Ultime Combat devient sans attendre un fan favorite, de ceux que les petits cinémas s’arrachent et pour lesquels des centaines de gredins biberonnés à Troma font la file, pack de six en main et des miettes de Doritos plein la barbichette. Pas tout à fait de la bonne chère pour esthètes, mais de la boustifaille bien grasse pour qui n’a pas peur de se refaire Rambo à la sauce Aioli. Et sans script, Deadly Prey pouvant se résumer à un succession de saynètes forestières, mettant en lumière la musculature de Ted Prior, frangin du chef des opérations déjà croisé dans Aerobic Killer, après qui court tout un bataillon de mercenaires bientôt décimé. La faute au Colonel Hogan (David Campbell, lui aussi un coutumier des prods Prior), militaire dérangé dont l’entraînement consiste à une chasse à l’homme. Ce que le petit chef ignore, c’est que c’est le Mike Danton qu’il avait jadis formé que ses troupes ont kidnappé (alors qu’il sortait les poubelles!), et que ce gibier n’a rien du lapereau fraîchement sorti du terrier.

 

 

Relecture guerrière mais aussi terriblement enfantine des Chasses du Comte Zaroff, dans laquelle vient cachetonner ce bon vieux Cameron Mitchell, Ultime Combat incarne à la perfection le B-Movie d’action dans tout ce qu’il peut avoir d’imbécile. Loin de se faire passer pour pour ce qu’elle n’est pas et de se travestir en un cruel drame sur la guerre, la bataille organisée par les Prior mise tout sur sa barbarie, sur la capacité qu’à son increvable héros à plier des colonnes vertébrales, à proposer des séances d’acupunctures à la lance et à faire exploser des hélicoptères en deux bastos bien placées. Répétitif, et on n’en voudra à personne d’éprouver un sentiment de lassitude à force de voir Ted Prior, sorte de Musclor underground, passer pour la dixième fois devant le même tunnel de bambou. Tout comme on comprendra sans mal que certaines y voient là un plaisant summum de virilité, puisqu’après tout le surpuissant Danton y grogne comme un ours à chaque fois qu’il poignarde un ennemi, qu’il court pied nu et se ballade en slip durant tout le film, et qu’il abat son plus doué ennemi, le Lieutenant Thornton (Fritz Matthews) en lui arrachant le bras et en le tabassant avec. Pour raffiner encore un peu la scène, Super Prior scalpe le vilain, tout de même coupable d’avoir tué la femme du blond colosse devant ses propres yeux. Ca méritait effectivement un châtiment à la hauteur… Pour arroser l’arroseur, Deadly Prey conclut en ordonnant au Colonel Hogan d’abandonner ses frusques et de sprinter dans les bois, devenu lui-même une petite biche après laquelle foncera un loup assoiffé de violence. Une fin ouverte qui s’avérera utile en 2013 : entendant les déflagrations de joie de ses admirateurs, Ted et David décident de ressortir le mortier pour un The Deadliest Prey, ou Ultime Combat Final (2013) par chez nous, et de repartir comme en 40 avec la même équipée.

 

 

Pas pour jouer au chamboule tout cela dit. Peut-être effrayé à l’idée de s’éloigner de l’original, et possiblement atteint de fainéantise, Prior fait de sa suite un remake, reprenant l’intégralité des séquences du premier film. Ancien camarade venant filer un coup de main à Danton, à nouveau kidnappé alors qu’il sortait les poubelles, mises à mort similaires (on nous refait même le coup du bras coupé et servant d’arme!), présence d’une mamzelle diabolique aux côtés de Hogan, qui comme jadis liquide ses propres hommes lorsqu’ils ne sont pas à la hauteur… On fait sortir de prison les survivants (David Campbell rempile), on trouve des frères jumeaux aux morts pour justifier leur présence (Fritz Matthews is back) et bis repetita ! Entre rappel et reprise, Ultime Combat Final joue la carte du déjà-vu, et s’autorise comme maigre nouveauté un second degré référentiel, la retransmission des combats sur le net, l’arrivée sur les lieux de trois geeks (des fans du premier opus, par ailleurs croisés dans le documentaire Adjust your Tracking), soutien bienvenu à un Danton certes ridé, mais toujours prêt à fendre des gueules en deux. Plus que le résultat en lui-même, toujours aussi répétitif, c’est la plaisir évident pris par tout ce beau monde à se retrouver et faire sauter quelques mines comme au bon vieux temps que l’on retiendra. Les nombreux bonus (making-of, interviews, images d’archives : Bzz a bien bossé pour ce double DVD) soulignent d’ailleurs la chaleur de l’entreprise : si David Prior garde les pieds sur terre et manque d’enthousiasme, Ted semble sincèrement heureux de distribuer de nouveaux coups de coude, Campbell s’amuse de ce retour en arrière et Matthews rit d’en revenir à la Série B frénétique, lui qui était devenu pasteur en Pennsylvanie ! Deux jolies petites pages du low budget, que l’on ne saurait lire d’affilée sous peine de se coller une méchante indigestion, mais qu’il est plaisant de revisiter, couteau entre les dents et une grenade cachée dans le slip.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : David A. Prior
  • Scénario : David A. Prior
  • Production : David A. Prior
  • Pays : USA
  • Acteurs : Ted Prior, David Campbell, Fritz Matthews, Cameron Mitchell
  • Année : 1987 / 2013

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