The Barge People (Mutant River)

Category: Films Comments: 2 comments

Il y a des mecs comme ça qui parviendraient à vous faire culpabiliser de vous lever après neuf heures le dimanche matin. Des gars comme Charlie Steeds, Anglais particulièrement prolifique puisqu’il signe entre 2016 et aujourd’hui neuf films, dont quatre tournés en 2020 ! A croire que le Covid 19 ne ralentit pas tout le monde, et certainement pas les mutants dont il est question dans le présent The Barge People (ou Mutant River, 2018), survival sous les influences, voyantes et combinées, de Massacre à la Tronçonneuse et La Colline à des Yeux.

 

 

Le producteur/réalisateur Charlie Steeds, nouvelle coqueluche de l’underground européen ? Le bonhomme y travaille, en tout cas, ne relâchant pas ses efforts depuis le milieu de la décennie écoulée et se présentant à la porte des horror addicts tous les deux mois avec de nouvelles bobines maudites sous le bras. Des produits présentant pour la plupart fort bien puisqu’ils profitent de beaux artworks et évitent donc l’écueil du tout photoshopé, pour retrouver un style que l’on pensait éteint avec l’apparition du DVD. Un trip rétro auxquels semblent d’ailleurs souscrire les films eux-mêmes si l’on se fie à leurs titres, très orientés B-Movies pour hommes des bois : Escape from Cannibal Farm, A Werewolf in England, Vampire Virus, Death Ranch, Winterskin… Pas la peine de chercher la ballade romantique sur le sable des Maldives dans cette collection de petits budgets, Steeds optant plus volontiers pour le désossement de citadin sous le crachin britannique. C’est d’ailleurs de ce dont il s’agit dans The Barge People, récit du week-end champêtre que s’offrent deux sœurs avec leurs copains respectifs (tous ou presque des réguliers de l’oeuvre du Charlie), passé sur une péniche prêtée par un vieux barbu. Quelques jours au vert et au calme pour recharger les batteries en reniflant des crottes de canetons ? Si seulement… Car en se faisant les ennemis d’un couple white trash, puis en naviguant sur un canal où séjournent des mutants mi-rosbifs mi-batraciens, la petite troupe vient tout juste de s’enfoncer dans le survival typique des 2000’s, option The Hills Have Eyes par Aja ou Creep par Christopher Smith. Elles vous manquaient, ces bagarres à la machette dans des hangars ou de vieilles granges ? Elles sont là ! Vous regrettiez la spéléo sanglante de The Descent, où une cocotte avance dans le noir sans se rendre compte qu’un type avec une face de castor (donc pas tout à fait le genre de mec qui fait un carton aux speed dates) la suit dans l’ombre ? C’est dans la boîte ! Rien ne vous enchante plus que de voir une jeune femme battante, s’accrochant à sa dernière étincelle de vie alors qu’elle galope dans une forêt noire et humide ? C’est dans le panier aussi !

 

 

Avec Mutant River, Steeds passe pour ainsi dire son BEP de survival flick, multipliant les détours (mortels, évidemment) habituels du genre : les êtres monstrueux parfaitement organisés et aidés par certains locaux, qui se révéleront être les parents de ces abominations, le coup du pneu crevé alors que l’héroïne se pensait sortie d’affaire, les protagonistes clichés que l’on retrouve systématiquement dans ces bosquets malfamés (la brune qui ne compte pas pour des prunes, la blonde précieuse, le citadin accroché à son smartphone, le brave gars proche de la nature prêt à se sacrifier en cas de danger) et même le vieux fou à la Crazy Ralph, présent pour avertir des passants qui feront la sourde oreille, qu’ils sont sur le point de boire leur dernière pinte. C’est des Anglais, ils passent comme de juste un temps non-négligeable au pub local à se mettre la gueule en vrac. Niveau script, le scénariste Christopher Lombard compile joyeusement, n’apportant comme relative nouveauté que le décorum des canaux, tout le reste semblant piqué dans la remise aux outils rouillés de Michael Berryman et Gunnar Hansen. Pour l’originalité, on repassera, y compris lors des tueries, sur le papier fort peu excitantes puisque résumées à des chutes de hachoir dans le buffet ou à des coups de dents acérées, les mutants aquatiques étant bien sûr cannibales. Heureusement que ceux-ci ont de la gueule et sont joliment iconisés, la scène voyant l’un d’eux sortir sans un bruit du canal étant même l’une des plus belles séquences de monstres de ces dernières années.

 

 

Et heureusement aussi que la carrosserie de The Barge People rattrape le manque de puissance de son moteur, l’ensemble étant visuellement très soigné. Steeds sait tenir une caméra, c’est un fait, et bénéficie en outre d’une photo de toute beauté qui lui permet de s’amuser à balancer de la gouache partout. Et puis cette première partie introductive, plus portée sur l’ambiance et contenant son lot de décors pour vos calendriers les plus déprimants, tient du petit bonheur pour le spectateur à l’âme paysanne. N’empêche qu’à part un massacre certes bien tenu mais ne parvenant jamais à sonner neuf, Mutant River ne semble pas avoir grand-chose à dire, et boit même la tasse lorsqu’il fait tomber à intervalles réguliers les complaintes et regrets de personnages à l’article de la mort. Des dialogues généralement écrits à la va-vite, et pas spécialement bien récités par la troupe en action… Ca bourrine donc comme il faut dans cette jolie flaque, jusqu’à virer au splatter généreux en jets de soupe aux courgettes (le sang des bestioles est vert pâle), mais ça ne parvient jamais non plus à être plus qu’un aimable trip régressif qui nous refait le coup, désormais usé, de la bande-son à la Carpenter. A voir une fois, pour se tenir au courant.

Rigs Mordo

 

 

 

  • Réalisation : Charlie Steeds
  • Scénario : Christopher Lombard
  • Production : Charlie Steeds
  • Pays : Grande-Bretagne
  • Acteurs : Kate Davies-Speak, Natalie Martins, Makenna Guyler, Mark McKirdy, Matt Swales
  • Année : 2018

2 comments to The Barge People (Mutant River)

  • petertaste  says:

    Personnellement j’ai pas du tout accroché, les ficelles fanboys slasher années 80 m’ont vite saoulé, le rythme mou et le peu d’intrigue tant les ficelles sont grosses m’ont clairement dissuadé d’aller jusqu’à la fin …. Dommage car sur papier ( et même le trailer ) ça avait de la gueule, mais entre le papier et le résultat final…

    Bon réveillon à toute l’équipe

    Petertaste

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