Aleta : Vampire Mistress (Empress Vampire)

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S’il y a une vie après le porno, celle-ci doit être faite de canines en plastoc, d’explosions de vampires dignes de Duke Nukem 3D sur Playstation, de fantômes chinois au format JPEG et de danses ringardes le poitrail à l’air. C’est en tout cas la destinée d’Ange Maya dans Aleta : Vampire Mistress (2012), que sa page IMDB nous présente comme the woman of the year de par son implication dans des associations caritatives, dans l’immobilier et les placements bancaires. Étonnement, aucune mention n’est faite de son passage dans Taste my Asian Ass.

 

 

Ange Maya, mieux connue des petits pervers branchés cougars sous le nom Ange Venus, s’est probablement réveillée un beau matin de l’an 2010 avec la migraine et le cul en vrac, décidant dans la foulée et après un bon café que la rupture entre cette belle Asiat’ et le cinéma X était consommée. Comment occuper son temps libre et remplir le frigidaire, dès lors ? Peut-être inspirée par son passage éclair sur le plateau du Blood Scarab (2008) de notre vieil ami Don Glut, la reine du handjob made in Hong Kong décide de flatter son égo au détour d’une petite Série B (pour ne pas dire archi Z) horrifique où elle tiendra tous les rôles : actrice, auteure de l’histoire, productrice, chorégraphe – car oui, ça va swinger chez les roussettes -, chanteuse, maquilleuse, traductrice et même décoratrice. Elle aurait eu quatre bras qu’elle aurait probablement tenu la caméra et fait la prise de son aussi. Comme elle est montée comme vous et moi, mais pas comme Djamel Debbouze, elle délègue la réalisation à Phil Condit, vieille connaissance avec laquelle elle travailla déjà sur Long Hair Dream Land (2009), collection de scénettes toutes à la gloire de sa longue chevelure d’ébène. A priori que du très dispensable, notre Ange ne faisant que s’y dandiner ou répondre à des questions durant quelques 47 minutes. Vous nous excuserez de préférer Aleta : Vampire Mistress, aussi sorti en DVD sous le titre Empress Vampire (voire même Empress of the Evil Dead) et mettant ses petits petons dans le plat d’entrée de jeu. Lors d’une soirée d’Halloween huppée, Maya brise la nuque et pompe les globules rouges de deux braqueurs, tandis que les vampirettes en nuisette à son service s’infiltrent dans une soirée pyjama, où les participantes sont trop jeunes pour avoir dansé sur Boney M. mais pas assez pour ne pas avoir d’implants mammaires. On en kidnappe une, on trucide les autres, et la fameuse Aleta décide de tailler une pipe à celui qui l’accompagnait au bal masqué alors que celui-ci est en train de conduire. Ange Maya s’étant, on le rappelle, distinguée dans des titres comme White Cougars Black Cocks, nous sommes assez peu surpris. La petite différence, c’est qu’elle ne laisse pas son amant venir, lui arrachant le zob aux dents (et en hors-champ, votre imagination comblera tous les trous) et créant tant de brouhaha qu’elle finit par se faire remarquer.

 

 

Populaire comme pas deux, elle est effectivement recherchée par un Russe vengeur et en descendance directe des Van Helsing, une médium et un agent du FBI, qui se rentrent tous dedans à la sortie d’un bar et décident, alors qu’ils ne se connaissaient pas il y a encore trente secondes, de partager leurs informations. Pour le moins expédié, mais on devine qu’une boîte de prod. appelée Ange Maya Pictures fut avant tout montée pour laisser toute la place à, c’est mathématique, Ange Maya. Alors on s’envole pour la Chine au détour de plusieurs flashbacks nous apprenant que la vilaine Aleta était auparavant une aimante impératrice, changée en suceuse (de sang, mais pas que…) à cause de deux scientifiques des temps anciens qui ouvrirent un portail vers une autre dimension. Des espèces de vers démoniaques en sortirent et possèdent depuis la belle aux yeux amandes. Quelqu’un sur le set a probablement revu le From Beyond de Stuart Gordon le week-end précédent. Reste que devenue une gêne pour son empire, même si ce dernier profite de sa propension à baiser et tuer tout ce qui bouge (c’est pas pour dire mais Ange s’était retrouvée aussi dans MILF Gang Bang 2, elle est donc assez peu timide en la matière), l’immortelle fut trahie et envoyée en Roumanie, où elle est sauvée par un beau bûcheron, Van Helsing de son état. Pour le remercier, elle décide bien sûr de coucher avec lui, parce qu’elle était auparavant dans Asian Hookers of Chinatown 2 et a donc du métier. Le grand amour… bientôt perforé par un pieu de bois : si le jeune Van Helsing se verrait bien papillonner encore un peu, son daron pique un stress à l’idée de se coltiner une vampire comme belle-fille et tente de la liquider, avec pour conséquence son propre égorgement. Mécontent que son papou se retrouve avec le gosier ouvert comme une braguette (Ange Maya en a ouvert d’autres), le bel amant se rebiffe et la plante. Inutile, la démone ne peut mourir, et en représailles elle lui arrache un œil, qu’elle glisse dans la plaie sanglante de sa poitrine. Ainsi, le malheureux vivra en elle pour l’éternité et pourra assister à sa vengeance, la vile de l’Est promettant de décimer toute sa lignée pour les siècles à venir. Pas la pire des idées du film en passant, et si les sfx n’étaient pas photoshopés mais de bons vieux effets en latex, on aurait pu applaudir.

 

 

Retour au présent, où le gus du FBI, la médium et le Russkof se demandent comment faire pour trouver le repaire d’Aleta, par ailleurs décoré de bâches noires et donnant dès lors l’impression que l’ensemble a été tourné au fin fond d’un sac poubelle. Pendant ce temps, notre star mène la grande vie, se baignant dans le sang de ses prisonnières, Bathory style, ou organisant des comédies musicales où sa voix de chipmunk imitant Pat Morita fait tout sauf des merveilles. Mais au moins on se marre devant ce qui tient moins des galipettes du Cirque du Soleil que de ces vidéo-clip d’entreprises où les employés se ridiculisent à jamais avec des pas de danse appris à la va-vite. Et ce malgré les impressionnantes contorsions d’Ange Maya. Mais on se doutait de sa flexibilité depuis Go Fuck Myself 3. Eventuellement, le FBI découvre où elle se terre, l’agent à la tête des opérations s’engouffrant jusqu’à elle pour lui proposer de rencontrer son patron, une espèce de secrétaire haut-placé aux Bureaux de la Défense. Pas contraire à ce rendez-vous, la Maya n’en manque pas moins d’attacher le jeune homme, de le fouetter en tenue de dominatrice et de le violer. Parce que, vous savez, elle a aussi joué dans Ass Eating Maniacs, alors… Le gaillard, qui ne sait pas trop s’il doit être heureux ou non d’avoir été agressé sexuellement par une vampire sexy, rejoint son patron à sa partie de golf (forcément, ils jouent tous au golf dans les B-Movies) et l’amène jusqu’à Aleta. Les discussions s’entament, le FBI souhaitant faire de la Chinoise une arme pratique pour faire le ménage parmi les pays ennemis, l’increvable beauté ayant juste à séduire des Poutine ou Coréens déments pour mieux les mordre à la jugulaire. Intéressée à l’idée, l’impératrice ne manque bien sûr par l’occasion de s’offrir une nouvelle partie de jambes en l’air, en souvenir de Luv Dat Asian Azz 6, et enchaîne sur la meilleure comédie musicale vue depuis West Side Story. Fuck La La Land, dans Empress Vampire, un garde du corps, qui s’amuse en privé avec l’une des goules d’Aleta, lui presse les seins en chantonnant « J’aimerais que les collègues voient ce que j’ai dans les mains ! ». Ryan Gosling ne peut pas lutter contre pareil génie.

 

 

Pendant ce temps, le Russe et la nénette aux pouvoirs psychiques font connaissance, la mamzelle découvrant que le Van Helsing a vu sa femme se faire étriper devant ses yeux, Aleta ayant même arraché le bébé du ventre de cette femme enceinte pour le vampiriser, forçant le pauvre père à planter un pieu dans le torse de son propre nourrisson. Assez trashos quand même. Les deux zigouillent quelques femmes vampires, la meuf aux pouvoirs psy est capturée, le buveur de vodka file la sauver et parce qu’il faut bien que la fête finisse un jour, on convoque les fantômes du passé pour qu’ils ouvrent un trou noir dans lequel est sucée Ange Maya. Pour une fois que ce n’est pas l’inverse… Sacrée affaire en tout cas que cet Aleta : Vampire Mistress, gros délire érotico-épique (en dépit d’un budget rase-motte) totalement porté par une Ange Maya visiblement un peu dingue, actrice pas loin d’être pathétique mais qui se rattrape par l’évident plaisir qu’elle prend sur le set. On le sent qu’elle est bien contente de changer de tunique à chaque scène, et qu’elle rit dans son kimono après avoir lâché des dialogues volontairement imbéciles (« Miaaam Miaaam Time ! » lance-t-elle avant de croquer une proie). Festival ininterrompu de faux seins (beaucoup), de vrais seins (peu), de chansons neuneues, d’effets spéciaux à faire chialer de rire un Bioman et d’une dose correcte de gore cheap, Empress Vampire a tout pour lui question so bad it’s good et mériterait presque de devenir culte dans les milieux autorisés. On s’emmerde certes parfois lorsque les débats s’étirent, mais le charme décalé d’Ange Venus fait tant effet que l’on en regrette qu’elle n’ait pas insisté dans le genre. C’est sans doute mieux pour sa crédibilité de pro du placement bancaire, mais persiste la triste impression que l’on y perd beaucoup quand même…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Phil Condit
  • Scénario : Phil Condit, Ange Maya
  • Production : Ange Maya,Phil Condit
  • Pays : USA
  • Acteurs : Ange Maya, Garreth Brawith, Laura Cotenescu, Tom Cochran
  • Année : 2012

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