Sisters of Death

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Une initiation à une sororité qui tourne vinaigre, des cocottes réunies dans une maison isolée et dont il est impossible de s’enfuir, un vieillard revanchard pressé de punir celles qu’il considère comme coupables de la mort de sa fille, quelques coups de surin de-ci de-là… Vu de loin et avec une légère myopie, Sisters of Death (1976) a tout du proto-slasher. Mais de près et au microscope, on se rend surtout compte que l’on tient là une Série B lookée comme un vieux téléfilm, si chiante qu’après trente minutes on ne sait plus trop si on fixe la télé ou le mur planqué derrière…

 

 

Qui dit séance de bizutage dit souvent drame à portée de main, et soyez sûrs que ça ne loupe pas à l’orée de Sisters of Death, l’une des rares réalisations d’un Joe Mazzuca surtout amené à se modeler une carrière dans la production de dessins-animés (Les Maîtres de l’Univers, Captain Planet, She-Ra). Pour faire partie de la bande de filles huppées, les petites nouvelles doivent donc accepter que les anciennes, portant la toge et un tissu sur la tronche, jouent à la roulette russe avec leurs crânes dans la ligne de mire. Du faux, car celle qui tient le pistolet le charge d’une fausse balle, histoire de ne pas passer ses belles années derrière les barreaux à y manger de la popote aux épinards entre deux camionneuses. N’empêche que l’une des deux jeunes recrues se prend tout de même du plomb dans le cortex et s’effondre, la boîte crânienne en miettes. Sept ans plus tard, les biquettes, devenues bouddhistes, riches, vagabondes ou obligées de se taper de vieux gentlemen pour arrondir les fins de mois, reçoivent une invitation à se réunir dans une maison perdue au milieu d’une plaine désertique, où elles seront escortées par deux beaux mâles. D’ailleurs, comme ils trouvent les minettes alléchantes et voient là l’occasion de faire chauffer les bassins, les gus décident de s’inviter. Mauvaise idée, car le mastermind derrière cette convocation est le père de la défunte, persuadé que sa descendance ne s’est pas fait sauter le cervelet à cause d’un accident mais bien parce que l’une des demoiselles avait remplacé la fausse balle par une vraie. Désormais enfermées sur place, la bicoque étant encerclée par une grille électrique, les filles n’ont d’autre-choix que de découvrir laquelle d’entre elles fit le coup sept ans plus tôt, tout en tentant de survivre aux pièges du papa vengeur.

 

 

Crotale posé dans la cave, étranglement surprise, mygale dans les draps de lit, coup de jus parce que l’on s’est adossé un peu trop fort sur le grillage high voltage, attaque d’un toutou que l’on tente de faire passer pour un véritable cerbère alors qu’il veut juste jouer (ça se voit clairement), installation d’une sulfateuse pour en finir avec les petites jolies… Si ce n’est pour un ou deux coups de couteau dans le dos, Sisters of Death ne mériterait pas sa place sur les étals de l’horreur et aurait son tabouret réservé sur les grilles des programmes tv du dimanche après-midi. C’est qu’on tient quasiment un épisode de Drôles de Dames, vaguement corsé et au final sombre (je vous spoile, mais sachez que la vilaine qui piégea sa camarade quelques années auparavant s’en sort à la fin, et avec le sourire en plus!), mais pas suffisamment pour que les résidents d’une maison de retraite en perdent le sommeil. Et à dire vrai, il y a de grandes chances pour qu’ils ronflent comme des Harley-Davidson avant que cela commence à bouger, l’ensemble mettant tout de même 30 minutes pour en venir aux faits. Et après ? Ben ces dames hurlent en tombant nez à mandibules avec une araignée, les costauds se demandent comment ils vont pouvoir prendre congé du vioque énervé, ça jacte au bord de la piscine et ça pleure sur son sort sans que l’on se sente impliqué dans cette version fadasse d’un roman d’Agatha Christie.

 

 

Du platement réalisé que cette affaire, pas forcément rendue plus nerveuse par une bande-son jazzy (qui partage d’ailleurs quelques notes et mélopées avec le Venus in Furs de Jess Franco) et parcourue par des acteurs en roue libre. Certains sont pourtant dans nos petits papiers, comme Claudia Jennings de ‘Gator Bait ou le vétéran du Poverty Row Arthur Franz de Monster of the Campus, mais que voulez-vous qu’ils fassent de plus que parcourir la villa avec l’air inquiet ou consterné ? Malgré le drame du récit, on ne ressent jamais d’animosité ou de tension, si ce n’est peut-être en fin de parcours lorsque l’une des filles, celle qui appuya sur la gâchette il y a sept ans, admet ne s’en être jamais remise et à la fois alcoolique et prostituée. Mais sinon, c’est l’encéphalogramme plat du début à la fin… Cela aurait pu passer comme épisode de Charlie’s Angels un peu plus dingue que la moyenne, mais pour une bande d’exploitation, ça ne vaut pas un pet de cicindèle.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Joe Mazzuca
  • Scénario : Peter Arnold, Elwyn Richards
  • Production : Gustaf Unger, Gary L. Messenger
  • Pays: USA
  • Acteurs: Arthur Franz, Claudia Jennings, Cheri Howell, Paul Carr
  • Année: 1976
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