The Reincarnation of Sex

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Planquez vos nièces, voilà que le film de maison hantée vise sous la ceinture, et pas de chasteté ! La faute à Reincarnation of Sex (parfois nommé Mortal Possession, The Reincarnation of Sex ou A Reencarnação do Sexo en vo, 1982), petite bande d’exploitation brésilienne aussi bien pensée pour faire chauffer les caleçons que satisfaire le goreux en mal de nuques fauchées à l’herminette. Mais attention : à trop avoir une fesse sur chaque tabouret vient le risque de se fracturer l’anus au sol…

 

 

On peut toujours compter sur l’Amérique du Sud pour remettre tous les compteurs dans le rouge et aller plus loin que le voisin du Nord et le cousin du Vieux Continent. L’Exorciste et tous ses rip-offs décalqués en Europe s’amusaient à vicier les coeurs de braves prépubères, dès lors amenées à se changer en furie au champ lexical proche de celui d’un camionneur roumain ? Le Brésil réplique avec The Reincarnation of Sex, dans lequel la possession se fait clitoridienne et masturbatoire, entraînant orgies sanglantes et amants poignardés durant la procréation. Chez les empereurs du Futebol, point de Pazuzu ou de démon italien s’immisçant sous les jupes des filles pour prendre le contrôle de leurs ciboulots, mais un drame familial à l’origine du merdier à venir. Antonio le vieux fermier se vexe donc de découvrir que le bel Arthur qu’il a embauché pour qu’il arrose ses plantes s’assure également que l’abricot de sa fille Patricia soit bien mûr. Frustré sexuellement depuis que son épouse au regard de sorcière se refuse à lui, Antonio pique une colère et entraîne Arthur à l’abri des regards pour mieux le massacrer à la hache. Pas suffisant pour trancher le fort lien d’amour unissant les jeunes, Patricia ressentant le drame et partant déterrer la tête de son promis, qu’elle ensevelit sous l’anthurium rouge du salon, sans que cela semble réellement déranger ses parents. Soit… N’empêche que dix ans plus tard, la petite famille a abandonné les lieux : Patricia semble morte de chagrin, Antonio ne s’est jamais remis du choc vécu à l’époque et est désormais un vieillard coincé dans une chaise roulante, tandis que l’on ne sait trop ce qu’il est advenu de sa légitime. La ferme sera donc louée à un jeune couple désireux de commencer une vie nouvelle et au vert, ignorant qu’il est que la caboche d’Arthur gît toujours dans le pot de fleur. Et son influence, ainsi que celle de Patricia, commence à se faire sentir dans le bas ventre, désormais volcanique, de la nouvelle maîtresse des lieux, devenue une insatiable folle de cul, que son compagnon ne sait satisfaire alors qu’il a jouit trois fois et elle cinq. Belle performance, mais largement insuffisante pour la nymphomane, qui finit par poignarder son jules durant une nouvelle révision de la posture du gaufrier.

 

 

Comme s’il était certain d’avoir trouvé la formule parfaite, le réalisateur très branché fessards fermes et gaules tendues Luiz Castellini (le reste de sa carrière est née sous X, si vous voyez ce que je veux dire) ne s’en détournera plus de tout The Reincarnation of Sex, tout entier bâti sur le principe du vas-et-viens (logique vu le sujet) entre des scènes érotiques, à quelques doigtés seulement du hardcore, et des explosions de violence se finissant généralement avec une binette dans le front ou une lame plantée dans la poitrine. Arthur et Patricia n’ont pu s’abandonner aux joies du cuni dans la paille et du cheval renversé dans des draps de soie, fauchés qu’ils furent par un vieux frustré interdit de galipettes et les interdisant en retour aux autres ? Pas de raison que de nouveaux locataires en profitent plus, ceux-ci étant remplacés toutes les vingt minutes comme si un nouvel épisode de A Reencarnação do Sexo débutait, pour qu’Arthur reprenne le contrôle des besoins nocturnes des unes et des autres tandis que le spectre de Patricia apparaît, généralement la hache à la main, pour faire sursauter ces Messieurs. Nous aurons donc droit au couple marié se découvrant un nouvel appétit sexuel sous les murmures des fantômes, une lesbienne tentant l’hétérosexualité avec un routier avant de se rabattre sur une vieille amie homosexuelle et, enfin, une bande de jeunes cherchant à s’abriter lors d’un soir pluvieux et finissant par se mordre, se griffer et se gifler lors d’une touze improvisée. En guise de final, un psychiatre, oncle de l’une des victimes, vient enquêter sans jamais parvenir à imposer un happy end à notre menue Série B, qui se termine comme elle a commencée : dans la tragédie. Castellini a donc une cuisse sous la couette du lit vibrant du dieu Eros mais aussi un pied dans la tombe poussiéreuse du bon Thanatos, son œuvre tétant équitablement aux mamelles du softcore et de l’horreur virulente.

 

 

Sick sick sex au programme quoi, avec une ode au vibromasseur, présenté comme le parfait substitut à l’homme (« c’est plus hygiénique qu’un mâle » dit-on même) et point de départ d’une séquence mémorable. Les deux demoiselles décident de faire de leurs étreintes saphiques la parodie d’un accouplement entre un homme et une femme, la brune descendant le vibro au niveau de sa vulve pour demander à la blonde de le sucer… pour mieux le lui enfoncer dans la gorge. Ultime raffinement, si je puis dire, la vilaine malgré elle (pour rappel, c’est Arthur qui pilote) frotte le sex toy ensanglanté contre sa poitrine en conclusion de la scène, fort graphique. Comme le reste du film d’ailleurs, où l’on entraperçoit roupettes et chibres, doigtages si bien simulés qu’on finirait par y croire et bon nombre de rodéos sur matelas. Choquant lorsque mélangé à des excès sanguins plutôt directs ? Ca le serait peut-être si la structure même du bidule ressemblait à autre-chose qu’un éternel recommencement, avec de nouveaux amoureux à faire roucouler dans le sang coagulé débarqués tous les quarts d’heure. The Reincarnation of Sex fatigue plus vite qu’un ado à sa première branlette et ni l’utilisation de mélodies de Vangelis (étaient-ils seulement au courant de l’emprunt?) ni quelques efforts pour mettre en valeur de jolis décors ne peuvent empêcher la nique de sembler sèche. Demi-molle pour l’occasion, donc, Castellini n’allant pas assez loin dans le fion et la brutalité pour mériter plus qu’une brève œillade. Dans le genre, on retournera plutôt nous enrouler chez le dingo Patrick vive ancora de Mario Landi.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Luiz Castellini
  • Scénario : Govanni Boccaccio, Luiz Castellini
  • Production : Cláudio Cunha
  • Pays: Brésil
  • Acteurs: Patrícia Scalvi, Roque Rodrigues, Arthur Roveder, Célia Santos
  • Année: 1982

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