Frankenstein in a Women’s Prison

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Après un Dracula in a Women’s Prison (2017) ne parvenant pas à satisfaire toutes nos attentes, peut-être trop élevées, Jeff Leroy se devait de corriger le tir avec Frankenstein in a Women’s Prison (2017 itou), fausse suite venue faire perdurer le bel esprit du génial Werewolf in a Women’s Prison (2006). Bonne nouvelle : si l’enfer anatomique créé bout de chair par bout de chair par la doctoresse Tasha Tacosa n’atteint pas l’excellence de Werewolf…, au moins le niveau remonte-t-il par rapport à l’épisode vampirique.

 

 

De cohérence la petite trilogie des Women’s Prison ne s’embarrasse guère. Pour preuve le retour de Victoria De Mare à chaque opus, toujours dans des rôles différents. Ou encore le fait que Tasha Tacosa, fidèle parmi les fidèles du bon Leroy, trouvait la mort au début de Dracula in a Women’s Prison pour réapparaître miraculeusement à la fin de ce même B-Movie, bien entière et le sourire aux lèvres. Logique, elle venait annoncer le présent Frankenstein in a Women’s Prison, dans lequel elle porte la blouse blanche du rôle-titre. Comment se fait-il que notre bonne amie ait finalement survécu ? On ne le saura jamais et d’ailleurs, malgré les apparences, ce troisième volet ne fait pas véritablement suite au précédent. Certes, au détour d’une ligne de dialogue, on évoquera les horreurs jadis vécues au pénitencier de Campuna, ville du tiers-monde tour à tour attaquée par le grand méchant loup et les siroteurs de globules. Mais lorsque vient le tour du démiurge travaillant avec du rosbif faisandé mais bien humain, on reboote à nouveau, ne serait-ce que pour réutiliser la famille habituelle, généralement trucidée la semaine passée et que seule une remise à zéro permet de ramener à l’écran sans avoir à frôler la surchauffe cérébrale. Outre Tasha Tacosa, on retrouve donc Victoria De Mare, Rachel Riley, Jin N. Tonic, Christina Marie Leonard ou encore Kristin Mothersbaugh. Pas très surprenant au vu de l’habitude prise par le Jeff de rappeler ses troupes d’une production à l’autre, et puisque Dracula et Frankenstein furent tournés back-to-back ou presque on ne saurait s’étonner d’y croiser les mêmes silhouettes. Le ton général sera par contre légèrement moins dramatique que précédemment. Certes, Dracula in a Women’s Prison n’aurait pu être confondu avec La Liste de Schlinder mais Jeff Leroy, à sa manière (comprendre entre deux léchouilles de nibards et alors que des vampires explosaient en flammes pixellisées), tentait d’alourdir l’ambiance en se penchant sur les traumas d’une mère ayant vu son fiston et son époux tués par Dracula, tandis que l’héroïne se remettait d’un cancer. On lâche du lest pour une version Frankenstein nettement plus portée sur la comédie, au point de ne s’essayer que très tardivement à l’horreur pure.

 

 

Victoria Frankenstein (Tacosa) a de la chance : enfermée dans la zonzon de Campuna, elle profite de l’imprudence d’une gardienne siliconée et perverse pour lui briser la nuque et lancer l’émeute. Alors que les prisonnières se font la malle et que le directeur des lieux se fait trouer le buffet par Otto (Christina Marie Leonard), bossue que Frankenstein manipule en lui faisant miroiter un dos parfaitement droit, la chirurgienne démente décide de rester sur place pour conduire ses opérations à l’abri des regards. Son but ne varie guère de celui de ses ancêtres, Victoria étant elle aussi désireuse de créer un être de A à Z, une femme parfaite qui pourrait déboucher sur une armée de surhommes. Premier test, la transformation du directeur, changé en une créature colossale au teint verdâtre – le monstre de laboratoire typique, donc – malheureusement idiote et barbare. La faute à une cervelle endommagée par les coups de feu de la peu futée Otto, trop occupée à vérifier son compte MySpace pour faire du travail propre. A celle-ci de réparer son erreur en ramenant de la matière grise fraîche. Récompensée par sa maîtresse, elle perdra son dos rond… mais aussi la vue, Frankensein étant moins douée qu’elle ne veut bien l’avouer. Pas grave, Otto aura bientôt de belles mirettes pour remplacer les siennes puisque viennent d’arriver à Campuna deux équipes de prétendus journalistes, désireux de faire un reportage sur les mystères locaux. En fait des envoyés de chaînes télévisées concurrentes, des arnaqueurs ou idiots inondant les écrans plats d’émissions sur la chasse aux fantômes ou les invasions extra-terrestres. Plus que la Frankenstein, c’est d’ailleurs eux les stars du show, Leroy prenant la pleine mesure du potentiel comique de ces pseudos reporters malhonnêtes ou persuadés que les petits hommes verts et les spectres nous entourent, se faisant la guerre entre eux et traitant de sales sceptiques ceux qui ont la folie de se baser sur des faits véritables.

 

 

En attendant que cela tranche des corps en deux ou que ça arrache du globe oculaire, on colle donc à leurs basques en se disant que tout cela n’est pas désagréable, que l’idée de la lutte entre deux croyances menées par de véritables timbrés est particulièrement bonne, mais que le sujet aurait sans doute mérité son propre film plutôt que de venir parasiter notre petit Frankensein flick sans le sou. Car de cette belle base, Leroy ne tire pas grand-chose, s’en servant surtout pour enchaîner les scènes saphiques particulièrement chaudes et visuelles (Jin N Tonic suce le gode de Rachel Riley puis le lui enfonce là où vous pensez bien, la même Tonic et De Mare se frottent gaiement dans le désert avec une Allemande aux énormes obus). On ne parlera pas de gâchis, car l’on savait d’avance que Leroy allait privilégier les coups de langue et de phalange aux dialogues ciselés, mais disons que l’on espère que le principe du combat entre pro-fantômes et pro-aliens sera réutilisée ailleurs, car il y a matière à une comédie gentiment folle là-dedans. Dommage également que Tacosa et Marie Leonard soient remisées au second plan, l’idée de la bossue obsédée par les réseaux sociaux étant là encore intéressante. Quant à la Lady Frankenstein de Miss Tasha, elle séduit de par son ambiguïté : sardonique au possible (elle hurle dans un rire diabolique les phrases cultes du classique de James Whale) et profiteuse de la triste condition de sa femme à tout faire Otto, elle n’en montre pas moins une facette plus positive à l’occasion, aidant par exemple les jeunots à se sortir du pétrin en dernière bobine. Intéressant, d’autant que Tacosa semble sincèrement s’amuser, enlaçant l’aspect campy de l’entreprise et formant un beau duo avec une Christina Marie Leonard venue du stand-up et donc jamais contraire au second degré d’un Jeff Leroy égal à lui-même. Comprendre que comme à son habitude il taille dans le lard (belle décapitation à la serpe), s’essaie à quelques idées visuelles (chouette utilisation de la caméra embarquée des journalistes) et fait tomber les soutifs en enchaînant les gags de mauvais goût. Werewolf in a Women’s Prison est encore loin et intouché, mais ne boudons pas notre plaisir, même s’il est plus mince qu’espéré : Frankenstein in a Women’s Prison malgré ses choix discutables reste un Leroy tout ce qu’il y a de plus appréciable.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Jeff Leroy
  • Scénario : Jeff Leroy, Vincent Bilancio
  • Production : Nick Mellilo, James Mellilo
  • Pays: USA
  • Acteurs: Tasha Tacosa, Christina Marie Leonard, Rachel Riley, Jin N Tonic, Victoria De Mare
  • Année: 2017

2 comments to Frankenstein in a Women’s Prison

  • Adrien Vaillant Adrien Vaillant  says:

    Grand fan de Werewolf, j’avais été assez refroidi par les images et les critiques de Dracula et je l’avais totalement zappé. Là par contre tu me motives grave pour me refaire la série dis donc ! Entre le cul, le gore, la folie et la continuité à deux balles, ça a l’air totalement mon genre ! Même si c’est dommage que le niveau de l’original soit jamais retrouvé 🙁

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