Pool Party Massacre

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Ce bel été 2020 laisse deux choix, et seulement deux, aux ragondins des cinémas de quartier que vous êtes : soit vous vous envolez pour je ne sais quelle destination paradisiaque pour y choper la chtouille de l’année parce que les gens sont trop cons pour mettre un masque correctement, soit vous vous enfermez dans vos caves climatisées et y enchaînez du bis plagiste façon Deep Blood ou du bain de sang estival. Vu que l’animal attack ça va cinq minutes, et parce que vous connaissez mon amour sans limite pour les coups de serpette dans le botox d’une jeunesse qui n’avait rien demandé, l’option slasher sera retenue via Pool Party Massacre (2017), low budget sentant bon le mojito et la machette limée.

 

 

Pool Party Massacre serait renommé chez nous Bob le Bricoleur se rebiffe que personne ne trouverait matière à s’en plaindre. C’est que notre tueur en série de sortie ici utilise tout le panneau mural Leroy Merlin au fil de son épopée meurtrière, qui le voit s’inviter dans une fête au bord de la piscine organisée par Blair, jeune rousse pétée de thunes et ravie de se rappeler à quel point elle est supérieure au reste du monde en sirotant son jus d’orange. Sanguine, l’orange : par ici ça ouvre la gorge d’une brune incendiaire à la scie à branches, le metalhead venu laver la pataugeoire termine sa journée avec un tournevis dans l’oeil, le livreur de pizza finit les entrailles à l’air après sa rencontre avec une scie électrique (mais merci pour la quatre-fromage, hein!), l’accro aux textos se retrouve avec un marteau planté dans la mâchoire, la mémé d’à côté se prend une pioche dans le haut du crâne, le lourdingue parti se masturber aux gogues a droit à un coup de perceuse dans le dos, alors que la mamzelle qui avait tant besoin d’une douche découvre les joies de la débroussailleuse. Ne restera de la malheureuse que quelques morceaux de bidoche et un tampon ensanglanté… Comme dans Psychose, mais la retenue, la finesse et la maîtrise technique en moins. Un bref coup d’oeil au CV du réalisateur/scénariste/producteur/comédien (comme souvent dans la Série B sans brouzoufs, mieux vaut jouer les couteaux suisse et avoir plusieurs lames à son actif) Drew Marvick laisse supposer que l’on ne tombera effectivement pas dans le registre Hitchockien. Le monsieur a ainsi offert ses traits à toute une ribambelles de Z malodorants, dont un Ted V. Mikels (Astro Zombies: M4 – Invaders from Cyberspace, auquel il prête son imposante carrure pour jouer l’Astro Zombie en question) et lorsqu’il vient défendre Pool Party Massacre sur le net en lui collant un 10/10 pour contrebalancer les mauvaises notes qui tombent d’un peu partout, il assure que ses influences se trouvaient plutôt du côté de Killing Spree, Sleepaway Camp 2 et Slumber Party Massacre 2. Soit du cheesy qui colle aux doigts pour le reste de la semaine et vous laisse avec des croûtes de gouda jeune sous les ongles. Pour être tout à fait honnête, la déception aurait presque été de mise si l’on en était pas ressortis avec la phalange visqueuse.

 

 

Car soyons honnêtes, on pressentait que Marvick n’allait ni nous proposer le pinacle du psychokiller movie, ni l’alpha et l’oméga du slasher flick, ses talents limités se vérifiant à chaque étape de ce Pool Party Massacre pas particulièrement bien filmé. Y compris lors de meurtres répétitifs dans le choix des prises de vue, et les effets gore se résument à du sirop d’érable ruisselant sur des bikinis aux couleurs de l’été. Le brave Drew ne réalisera pas le prochain Halloween après-demain, et ne se retrouvera pas non plus catapulté à la tête du nouveau remake de Vendredi 13 la semaine prochaine, c’est un fait. Tant pis, pour ne pas dire tant mieux, Pool Party Massacre n’étant de toute façon pas destinés aux clients occasionnels de la grande surface du slasher, repartant toujours sous le bras avec du boudin noir de marque ou du jambon fumé réputé. La cible première de Marvick, ce sont ces morfales du genre courant chaque matin dans les vieilles échoppes de village pour croquer à pleine carie des produits locaux. Du travail de petit producteur pour ainsi dire, avec salaison faite sur place. C’est le cas de le dire puisque Marvick utilise sa propre maisonnée (superbe baraque en passant, qu’il ne s’est sans doute pas payée en jouant le zombie spatial pour Mikels) pour la changer en abattoir et demande à sa chère et tendre de jouer les trucidées pour le bien de sa petite entreprise dégoulinante. Du fait-maison, de la tarte tatin de grand-mère et du moulu sous les aisselles. Pas étonnant que ça refoule un peu du coup, avec des comédiens que Marvick invite à la surenchère, histoire de souligner au feutre fluo l’esprit campy de son affaire. Drôle d’ailleurs d’en voir certains s’outrer de l’aspect peu crédible des dialogues et grimaces des interprètes, pris en plein débat sur Ferris Bueller et Fight Club ou occupés à imiter la jouissance masculine. Oui, c’est con et personne ne se comporte comme ça dans la vraie life de tous les jours, mais c’est justement la vanne, les gars…

 

 

Pas la peine d’espérer autre-chose qu’un petit carnage entre amis correctement rythmé donc, le seul léger propos de l’ensemble étant ce croche-pied fait à ces filles de la haute, dont la prétention n’a d’égal que la stupidité. Spoilert Alert ! Si cela liquide de l’apprentie Kardashian, c’est d’ailleurs en vue d’éliminer des fifilles plus populaire que la coupable, aidée par son frangin pour sa part tout simplement heureux de pouvoir se salir les mains. Un bourreau d’ailleurs incarné par Marvick lui-même, signe qui ne trompe guère quant à son plaisir sincère de taper dans l’étripage 80’s pas finaud mais franc de la côtelette. On s’en fout dès lors si ça pare au plus pressé niveau filmage ou si ça cause un peu trop : Pool Party Massacre ressuscite les beaux esprits de l’exploitation eighties, se fait plaisir (sans doute un métalleux, Marvick convoque les rois du stoner Fu Manchu et le bon Death Metal de Crypticus, et ça c’est youpi) et profite à son tour de la grande qualité des shot-on-video sortis du terreau entre 85 et 89. Comprendre que l’absence d’un montage savant et hollywoodien, de plans iconiques et que la volonté que semble avoir l’auteur à suivre ses personnages partout (si une meuf va de la cuisine à la chambre à coucher, vous la verrez passer dans chaque pièce séparant son point de départ de sa destination) renforce finalement la plausibilité de l’ensemble. Comme si, plus qu’à un film, nous assistions au quotidien ensoleillé – mais parsemé de branlettes sanglantes, c’est entendu – de ces jeunots aussi détestables qu’amusant à scruter. Pool Party Massacre fait donc contre mauvaise fortune bon coeur : il n’y a pas un radis là-dedans, mais nous en ressortons pas moins avec la juste dose d’abattage estudiantin, de poitrines mouillées et d’acteurs en roue libre. Je n’en demandais certainement pas plus.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Drew Marvick
  • Scénario : Drew Marvick
  • Production : Drew Marvick, Brian Mills
  • Pays: USA
  • Acteurs: Kristin Noel McKusick, Dora Deceuninck, Alexis Adams, Nick Byer
  • Année: 2017

 

 

2 comments to Pool Party Massacre

  • Adrien Vaillant Adrien Vaillant  says:

    Bon on va pas se mentir, c’est du Z moderne pur jus même si le côté shot on video à l’ancienne commence effectivement à avoir son propre charme rétro. Ce qui m’emmerde c’est que ce type de film commence sérieusement à devenir envahissant avec la multiplication des plateformes streaming, et ça devient difficile de voir un vrai slasher sympa sans tomber sur 15 produits ce genre de truc.

    M’enfin l’affiche est bien cool quand même.

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