Attack of the Beast Creatures

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Peu de chances que Michael Stanley et Robert Hutton soient dans vos petits papiers, les deux zigues étant tous deux portés disparus depuis la sortie de leur Attack of the Beast Creatures, shooté en 1983 mais rendu disponible deux ans plus tard, Stanley ne réapparaissant qu’en 2008 pour une comédie que personne n’a vue. Des hommes d’un seul direct-to-video en somme. Mais faut voir lequel, l’attaque de ces créatures bestiales n’étant pas de ces spectacles aisément oubliables…

 

 

1920. Un cargo prend l’eau en plein océan atlantique, laissant moins d’une dizaine de marins et de plaisanciers agglutinés dans une barque, dernière branche les empêchant de sombrer dans les profondeurs abyssales. Heureusement – ou malheureusement, comme nous le verrons – une île mystérieuse apparaît dans leur champ de vision, promesse d’une vie d’aventuriers et d’après-midi à se dorer la raie sur la plage. Et aussi d’étangs acides vous faisant fondre la face comme un sorbet fruits rouges sous le cagnard marocain et de pygmées carnivores, ravis de pouvoir se tailler une tranche dans les cuisses des naufragés malchanceux. Ca sera tout pour l’histoire, merci, Attack of the Beast Creatures n’étant définitivement pas de ces B-Movies parés pour faire autorité dans le registre du « petits mais costauds », genre qui pullulait d’ailleurs à l’époque. Gremlins de Noël, Hobgoblins de l’espace, Critters des champs, Ghoulies des gogues, et donc sauvageons riquiqui d’un îlot maudit, occupés à prier et gueuler devant la statue (en carton) de la divinité locale en attendant qu’un navigateur secoué par les flots ne vienne se perdre dans leur sylve. Des petits gars aux yeux phosphorescents, au dentier de piranha, chevelus comme des fans de Manowar et particulièrement rapides qui agresseront encore et encore les protagonistes inscrits au menu du jour. Seul espoir de pouvoir laisser cet enfer vert derrière eux, la barque empruntée au départ, mais vu que les petits salauds n’ont pas le crâne vide malgré leur tronche de tiki en bois, ils s’en sont déjà débarrassée…

 

 

Si votre plaisir dans la vie c’est la randonnée champêtre et l’usage de semelle sur les chemins de terre, Attack of the Beast Creatures devrait vous rappeler quelques dimanches au soleil puisque, l’un dans l’autre, à part marcher sous les feuillus et repousser les assauts de ces cousins affamés de la poupée diabolique de The Trilogy of Terror, les personnages ne font pas grand-chose d’autre. Dire que la Série B de Stanley et Hutton est répétitive serait en-dessous de la vérité, tant elle ne semble articulée qu’autour d’une unique scène répétée à l’envi. Les survivants se baladent avec méfiance dans des décors soi-disant tropicaux (mais on se trouve dans une forêt du Connecticut, et ça se voit), les minipouss cannibales débarquent en hurlant, les pauvres gens se débattent comme ils peuvent, et succombent éventuellement à leurs trop nombreuses blessures. Répétez l’opération trois ou quatre fois et vous avez votre low budget carnassier. Pour varier les plaisirs, on envoie deux gus barboter dans des lacs corrosifs, avec gros plans sur leur peau changée en coulis d’airelles puis sur leur pauvre squelette (bien sûr chipé au à la salle de classe de biologie) qui flotte dans les eaux fumantes. Soyons honnêtes : vous pouvez plier bagages après la première demi-heure sans que cela vous empêche d’avoir vu tout ce que Attack of the Beast Creatures garde en stock – allez, notons tout de même que le médecin de la troupe trébuche et s’empale sur une branche – le seul cliché réellement intéressant de la dernière partie étant celui du rassemblement religieux des monstres autour de leur idole.

 

 

Est-ce à dire que je me suis emmerdé grave ? Jamais. D’une part, le tout se veut dynamique, avec un montage parfois maladroit mais toujours assez pêchu, et on notera quelques idées visuelles appréciables, surtout venant d’un cheapie comme celui-ci. Et même si elle ne risque pas d’être éditée en vinyle de si tôt, la bande-son, qui fait de son mieux pour appesantir l’ambiance, ne déplaît jamais. Enfin il faut bien admettre que toute ridicule soit-elle, la tribu de mangeurs d’homme liliputiens charme, surtout lorsque ceux-ci sprintent comme des diables en agitant leurs petits bras. Kawaiiiii, hurleraient des japonaises en jupe ! Les p’tits gars sont craignos au dernier degré, mais si jamais un constructeur de jouets décide d’en sortir un en taille réelle, je serai le premier à l’acheter et à dormir avec.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Michael Stanley
  • Scénario : Robert A. Hutton
  • Production : William R. Szlinsky, Michael Stanley
  • Pays: USA
  • Acteurs: Robert Nolfi, Julia Rust, Lisa Pak, Frank Murgalo
  • Année: 1983 (sorti en 85)
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