Cathodic Overdose – numéro spécial Stuart Gordon & Brian Yuzna, juin 2020

Category: Fanzines Comments: 4 comments

N’empêche, ça faisait un petit bail qu’on n’avait plus de nouvelles : 2018 si ma mémoire est bonne, quand Mathieu Nédey balançait son troisième Cathodic Overdose, et quand Valentin Sannier sortait La Fraîcheur des Cafards opus 6… De sacrés beaux souvenirs mine de rien, et la dimension fanzine dans ses couleurs les plus belles et ses atours les plus sincères. Entre-temps, les deux gusses n’ont pas chômé non plus, tant s’en faut, mais la vie ne s’écrit pas qu’en séries B et riffs méchants. Elle s’étale aussi en obligations, et l’on n’a pas toujours le temps d’une colonne sur Slime City ou sur Creepozoids.

 

 

 

La surprise est donc belle en ce début d’été, d’autant que ce numéro spécial vient de loin – et je peux en témoigner : les deux gars me parlaient déjà de ce projet dans les sous-sols du cinéma bruxellois Nova, lors de l’Offscreen Festival 2017. Mais l’on sait comment ça marche dans les mondes incertains du fandom : entre le dire et le faire, il y a souvent un abîme, qu’il faut franchir à force de volonté et de nuits blanches. Pari tenu donc, et gageure réussie. L’objet est à la hauteur des attentes, et nos deux tricoteurs peuvent être fiers de leur rejeton : la genèse chaotique de ce Cathodic Overdose est d’ailleurs racontée dans un édito en forme de conversation – qui transpire la passion dévorante et l’énergie sacerdotale sacrifiée aux dieux du B-. Quels dieux pour le coup ? Les bien connus Brian Yuzna et Stuart Gordon : deux mecs qui, aujourd’hui, ont sacrément la cote dans le « milieu », deux noms symboles de la série B US dans ce qu’elle a de plus accompli et de plus pur. Le Lyonnais Mighty Matt (personne n’est parfait 🙂 ) et le Bisontin Val le Blond l’ont bien compris, qui passent ici en revue toutes les entrées d’une double filmographie édifiante : Matthieu s’occupera du regretté Stuart, et Valentin du bien nommé Brian. Le choix de réunir les deux artistes en un seul volume est on ne peut plus pertinent, eu égard aux liens qui unissent les deux hommes : on ne refera pas ici l’histoire, elle est narrée de long en large dans ce numéro spécial.

 

 

C’est donc parti pour une grosse centaine de pages – du cultissime Re-Animator au plutôt cool Deep Water. Entre les deux, les bons souvenirs affleurent (Dolls, Le Puits et le Pendule, Le Dentiste, Dagon…), et l’on réalise alors combien l’œuvre de ces deux zigues a pu marquer notre cinéphilie, et formater nos inclinations pour les monstres, pour Lovecraft et pour cette manière de B-movie sans concession ni complexe. C’est bien simple, ce Cathodic Overdose fonctionne comme une machine à remonter dans le temps, et dans les passions d’une génération. Mais voilà, Matt et Val ont l’exhaustivité vissée au corps – cet apanage des fanzineux, qui cherchent patiemment l’objet oublié par souci de totalité et de justice : bien sûr, From Beyond et Castle Freak, bien sûr Le Retour des morts-vivants 3 et Fortress, mais pas que… Nos scribouillards creusent aussi dans les fins de filmos et dans les plus petites choses (la vidéo « éducative » Kid Safe par exemple), convoquant même Damien Granger pour nous parler lost projects (au nombre desquels le puits à fantasmes House of Re-Animator). Il faut dire que le mec est passé maître en la matière : les plus accros se souviennent encore de son B-Movies Posters, option ces incroyables films qu’on ne verra jamais. Bref, ce numéro « hors-série » s’impose comme le suprême vade-mecum si l’on cause Stuart Gordon/Brian Yuzna, d’autant que l’inventaire critique est ici augmenté d’un très utile family portraits : les fidèles autrement dit, les figures récurrentes dans les génériques. Une belle idée, car l’on sait que l’identité d’une œuvre dépend aussi d’un esprit de famille et d’une équipe inchangée. On ne vous fait pas un dessin, mais Jeffrey Combs, Barbara Crampton, le regretté John Carl Buechler… J’en oublie des pelletées, vous irez vérifier. Les filmographies récapitulatives viennent évidemment clore le volume, et l’on n’a alors qu’une seule envie : reprendre le machin au début et s’attarder plus avant sur la partie iconographique… Mazette, quelle classe ! Se mêlent ici photos iconiques et affiches rares, tout couleurs ou teintes sépia, qui donnent à cet objet la dimension des beaux ouvrages et des jolies choses : de celles qu’on range soigneusement sur l’étagère et qu’on ne voudrait gâter sous aucun prétexte. En d’autres mots, la forme au diapason du fond, ce que méritaient bien tous ces good movies… pour nous autres good people ! Pas de doute, ce spécial fera date dans l’histoire des zines. Pour choper la chose, envoyer 15 petits euros (frais de port compris) via Paypal, à l’adresse suivante : cathodic.overdose@gmail.com (paiement à un ami).

David Didelot

4 comments to Cathodic Overdose – numéro spécial Stuart Gordon & Brian Yuzna, juin 2020

  • BENEJAM Gilles  says:

    Je vous envoie 15 € par Paypal.
    J’ai hâte d’avoir la revue entre les mains, Gaaargglll!!!

  • Mighty Matt  says:

    Merci beaucoup pour ce joli texte les chevelus !!
    Vraiment content que l’objet vous ait plu !

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>