Video Violence 2

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Sortez les Doritos Nacho Cheese et faites claquer la languette de votre cannette de Pepsi, Video Violence revient sur vos écrans 4/3 avec une séquelle où virevoltent toujours phalanges et globes oculaires. More of the same ? Pas forcément, Gary P. Cohen poussant cette fois tous les compteurs dans le rouge question second degré.

 

 

Attention, spoilers in the house !

 

 

Même réalisateur, mêmes comédiens, mêmes personnages, mêmes coulures de jus de tomate… et même film que précédemment pour Video Violence 2 (1988), suite du shot-on-video connu pour sa petite bourgade occupée à tourner des snuff movies en douce ? Pas tout à fait, car si Cohen n’oublie jamais de sortir les tenailles pour raccourcir les mimines de quelques pouces, il abandonne sans se retourner le côté thriller du premier volet, dans lequel Steven Emory (Art Neill), tenancier dégarni du vidéoclub local, enquêtait sur ces vidéastes amateurs shootant (dans tous les sens du terme) de la blonde dans leurs caves de Monsieur et Madame Tout-Le-Monde. Pour cette séquelle survenant quelques mois à peine après le premier film, et dont l’histoire se situe elle aussi après les événements survenus dans celui-ci, le réalisateur fonce droit dans le mur de la comédie à la faveur d’un pitch autorisant les débordements clownesques. Ainsi, après avoir torturé psychologiquement et physiquement les époux Emory, le gros Harold et le moustachu Eli prennent du grade et deviennent les stars d’une émission pirate, réceptacle de pulsions meurtrières transformées en autant de modules divertissant les foules. Imaginez donc un programme animé par Dechavanne et Foucault qui aurait adopté la Herschell Gordon Lewis Way of Life pour avoir une idée très précise du Harlod and Eli Show. Une joyeuse distraction, où les deux compères invitent de la jeune ingénue à se désaper pour mieux la charcuter et lancent, tel un Video Gag où les arrachages de coeur remplacent les chutes de balançoire, les vidéos envoyées par leurs téléspectateurs. Le shérif du premier film teste ainsi la chaise électrique qu’il a confectionnée dans sa cave et fait éclater un crâne, des filles faciles invitent un livreur de pizza pour le séduire et le hacher menu, un gosse reçoit un jouet meurtrier pour Noël, une comédienne se pensant embauchée pour un film de vampire se mange le pieu à la place du Comte blafard, et l’indispensable « instant cuisine » nous montre comment faire couler le raisiné de la nuque d’une belle brune.

 

 

Plutôt un assemblage de scénettes qu’un véritable film, et il est permis de regretter l’intrigue et l’ambiance oppressante de Video Violence premier. Non pas que ce défilé de blagues de mauvais goût, systématiquement accompagnées d’un rire gras (celui du gros Harold) renvoyant aux shows de Benny Hill, soit déplaisant ou pénible. On rebondit au contraire suffisamment vite d’une idée (même si jamais novatrice) à l’autre pour que ces quelques 75 minutes filent sans demander leur reste. Mais l’on ne se sent jamais réellement impliqués non plus, invités que nous sommes à un spectacle certes généreux en gore cheap, tétons tout ronds et jeux outranciers, toujours l’assurance de passer une soirée à tout le moins agréable, mais nettement moins prenant que la paranoïa justifiée de Steven Emory. Qui fait d’ailleurs son grand retour quelques minutes avant la fin, envoyant à ses tortionnaires passés une VHS les avertissant de son retour à la vie après moult passages chez le docteur et le chirurgien. Pas crédible un instant vu l’état dans lequel lui et sa chère et tendre étaient à la fin du premier chapitre, mais on saura pourquoi plus tard. Et les époux anciennement morts de débouler sur le plateau avec une tronçonneuse et une pétoire, promettant à Harold et Eli un sort pire que celui de leurs victimes. Tiré par les cheveux, mais l’idée de voir ces salopards de producteurs de cassettes saignantes prendre cher séduit suffisamment pour que l’on fracasse notre incrédulité au maillet. Malheureusement, dans un dernier twist, on découvre que les Emory sont toujours morts et enterrés, et que ce prétendu come-back n’était qu’une blague supplémentaire, celle faite par l’équipe technique à leur présentateurs, qui apprennent ensuite que leur émission sera bientôt adaptée en mini-série et en film. Manière pour Cohen de préparer le terrain pour un troisième long-métrage ? Dans une autre vie peut-être, Video Violence 2 restant à ce jour le dernier de la saga. Mais vu l’engouement ressenti aux states pour les SOV et autres micro-budgets des 80’s, allez savoir si Harold et Eli ne vont pas sortir de leur retraite pour remplir les rayons de K7 bourrées de fillettes édentées et d’éventrements de pauvres gaillards ? Il n’est pas interdit d’en rêver.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Gary P. Cohen
  • Scénario : Gary P. Cohen
  • Production : Ray Clark
  • Pays: USA
  • Acteurs: Uke, Bart Summer, Elizabeth Lee Miller, Art Neill
  • Année: 1988

2 comments to Video Violence 2

  • Didier L.  says:

    ça a l’air fun ! Je ne connaissais point

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