Dracula in a Women’s Prison

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Dossier Jeff Leroy, pièce numéro dix-neuf : Dracula in a Women’s Prison (2017). Et donc la réouverture du pénitencier hot hot hot où l’on se suce la jugulaire et les nibs, que l’on avait déjà parcouru avec joie au détour du superbe (ah si!) Werewolf in a Women’s Prison (2006) du même Leroy. De quoi avoir le barreau tout dur à nouveau ?

 

 

Dire que l’on tient Werewolf in a Women’s Prison en haute estime sur Toxic Crypt tient de l’euphémisme, au point que votre serviteur le glisserait sans hésitation dans un top 100 des meilleurs films d’horreur jamais réalisés. Oui, c’est à ce point. Comme de juste, l’annonce de l’arrivée de non pas une mais deux fausses suites changeant de monstre (Drac’ pour la première, la créature de Frankenstein pour la seconde) eut tôt fait de me faire faire trois pirouettes et quatre saltos arrière. Leroy étant en 2017 en pleine possession de ses moyens (voir et revoir son formidable Aliens vs Titanic, sorti sous le titre Titanic 3 chez les braves de Bzz Video, très supérieur au « vrai » Titanic avec Leo et Kate), aucune raison de s’inquiéter pour Dracula in a Women’s Prison, dès lors. L’ennui, c’est que le Jeff a la fidélité bien accrochée et décide de rappeler l’héroïne de Werewolf…, Victoria De Mare, sans doute une très sympathique demoiselle mais pas tout à fait un puits de charisme. Cette fois, elle découvre que sa sœur vient de périr à la prison de Campuna, et malgré sa fraîche guérison du cancer (un trait de caractère absolument inutile dans le récit et que plus personne n’évoquera par la suite) et la réputation peu glorieuse de cette ville d’Amérique du Sud, la courageuse part en quête de vérité. Sur place, elle rencontre Rosie (Rachel Riley, autre régulière de Leroy, star de ses deux Giantess Attack), tenancière d’un bar peinée depuis la mort de son époux et de son fils, le premier ayant été changé en goule par le directeur de la zonzon, qui aurait également dévoré son enfant. Inutile de le préciser, le dirlo en question a les dents longues et se fait appeler Dracula…

 

 

Ce que le spectateur le savait déjà puisqu’en entame et dans une tradition purement WIP, il lui est donné d’assister aux coups de cravache et de fouet dispensés par des gardiennes pas tout à fait lookées comme celles de Fleury-Mérogis. Pas d’uniforme parfaitement repassé chez le bon Tepes, mais des blondes siliconées peu vêtues, et uniquement de cuir ou à la mode gothopouffe s’il vous plaît, les seins à l’air et aux tétons à peine dissimulés par des sparadraps en X. On se croit moins en taule qu’au Titty Twister, mais c’est sans doute l’effet espéré. En somme, ce filou de Dracula a décidé de devenir big boss d’une maison d’arrêt en vue d’y trouver une réserve sans fin de globules rouge, et il y passe donc son interminable existence à siroter du jus de carotide en regardant ses matonnes vampirisées (dont Elissa We Are Still Here Dowling) tourmenter les captives. Pas suffisant pour pousser la De Mare à la marche-arrière, même lorsque la belle Rosie lui montre l’autel dédié à la mémoire de son fils, joliment décoré de bougies à l’effigie du Christ. Comme impressionnée par le courage de l’Américaine partie à la recherche de sa sœur, Rosie s’abandonne soudainement à ses tendances les plus saphiques, doigtant frénétiquement la Victoria (!) et lui versant la cire des bougies réservées à son mouflet sur les fesses de son invitée (!!). Fiou, ça a dérapé si vite qu’on a rien vu venir. Bravo Jeff. La suite de l’histoire ? Grosso-merdo des allées et venues entre la prison et le bar de Rosie, Victoria De Mare tentant une infiltration avant de finir prisonnière, puis échappée et enfin en quête d’aide de la part de sa nouvelle amie/amante. Un peu répétitif, certes, mais on connaît tous la faculté qu’à Jeff Leroy à coller un rythme diabolique à chacune de ses Séries B, non ? Ben non, justement…

 

 

Non pas que l’on s’emmerde devant Dracula in a Women’s Prison, à dire vrai le spectacle contient suffisamment de sexe et de violence pour que l’on garde les volets grand ouverts. Et puis le credo du poto Jeff, que l’on résumera à « On se marre bien mais je fais tout de même de véritables efforts malgré mon budget riquiqui pour faire un film qui se tient à peu près », garantit une certaine efficacité et un côté charmant. Difficile par exemple de ne pas avoir un petit pincement au coeur lorsque le papa des deux Creepies zoome sur le gnouf en carton qu’il a lui-même assemblé et posé au sommet d’un petit talus, seule manière pour lui d’obtenir un aerial shot. D’ailleurs très loin de se reposer sur ses acquis et de tomber dans le Z pondu à la va-vite, Leroy expérimente un peu, enchaînant les plans casse-gueule et les idées visuelles. Ce n’est pas du David Fincher, mais l’envie de bien faire reste palpable et indissociable de l’oeuvre du Jeff. Où se trouve le problème, dès lors ? Sans doute dans des décors fort sombres, à coup sûr plongés dans le noir pour limiter l’impression de misère qui se dégage forcément de ce B-Movie carcéral moins coûteux qu’un abonnement au Parc Astérix. On a beau nous mettre de la forte poitrine sous les narines, et faire cramer quelques immortels ou transpercer du sein ferme d’un pieu de bois, le décorum se veut trop triste et décoloré pour que l’on s’y amuse réellement. Et puis, si elle semble y mettre du sien, la De Mare, avec ses cris de coyote qui a une patte de bip-bip coincée dans la gorge et son cabotinage insensé, agace plus qu’elle ne séduit.

 

 

Enfin, contrairement aux déchiquetages et coups de griffes laboureurs de bidasses de Werewolf in a Women’s Prison, son pendant aux chicots pointus ne saurait proposer la même diversité dans le gore. De Mare et Riley sortent l’eau bénite ou leurs morceaux de bois, aspergent ou plantent les blood suckers, ceux-ci éclatent dans une compote de pixels et laissent apparaître leur véritable forme (des chauves-souris démoniaques, of course) puis disparaissent dans leurs propres flammes. Répétez maintenant l’opération une dizaine de fois et vous obtiendrez le gros de ce que le show Dracula in a Women’s Prison a à offrir. Le tour se fait donc vite, et Leroy et son scénariste (Vinnie Bilancio, par ailleurs comédien pour Sorority House Massacre et Blood Gnome) ne parviennent jamais à redonner l’impulsion nécessaire à leur script pour qu’il se réinvente naturellement. L’ensemble sonne dès lors forcé que les sourires de Dracula (Robert Rhine, plus digne du Vlad Tepes de Dracula, The Dirty Old Man que de celui de la Hammer, mais c’est à coup sûr un parti-pris de Leroy), même si Jeff Leroy oblige, cette mixture entre les Ilsa, Dracula, Prince des Ténèbres et les WIP de Mattei avec Gemser (joli clin d’oeil que celui de faire de la défunte sœur de l’héroïne une journaliste qui se faisait passer pour une prisonnière pour mieux fouiner) reste tout ce qu’il y a de plus consommable. On en attendait juste un peu plus, et on espère que la suite, Frankenstein in a Women’s Prison, relèvera le niveau.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Jeff Leroy
  • Scénario : Vinnie Bilancio
  • Production : James Melillo, Nick Milo
  • Pays: USA
  • Acteurs: Victoria De Mare, Rachel Riley, Robert Rhine, Elissa Dowling
  • Année: 2017

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