Twisted Nightmare (Au-delà du Cauchemar)

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Le cycle de la vie du slasher, on le connaît : un pauvre petit puceau weirdo comme pas deux se fait chambrer par les jolies meufs et leurs copains sportifs, la victime des moqueries prend inexplicablement feu dans une grange maudite par les peaux rouges, revient deux ans plus tard avec la tronche d’une lasagne bolo trop cuite et la force d’un catcheur mexicain, et envoie dans la tombe les jeunes cons contre lesquels il a gardé rancune. Eux, par contre, ne reviendront pas à la vie avec la dose de biceps de fer et des restes de moussaka sur les joues. C’est injuste, c’est Au-delà du Cauchemar, ou en VO Twisted Nightmare (shooté en 85, sorti en 87).

 

 

En parlant de cycle, ne toucherions-nous pas à la fin d’un premier sur Toxic Crypt ? Je veux dire, j’ai lancé cette feuille de chou de Bruxelles numérique en 2013, ce qui fait tout de même sept longues années à causer de geckos préhistoriques lâchés en plein Los Angeles, de tarentules balancées dans le slip de William Shatner, de clodos se chiant eux-mêmes après un apéro sponsorisé par Tenafly Viper. 83 mois et des brouettes de prostituées explosant en étincelles après avoir sniffé la mauvaise coke, de mutants s’étant tourné les pouces trop longtemps dans leurs égouts et prenant l’air en attaquant le bon peuple. 365 semaines de junkies changés en dindon siroteur de globules rouges, de Dracula pervers violant de la nénette en gardant cape et pantalon dans des caves éclairées à la lampe de poche. 2555 jours de pantins black promettant à leur maîtresse de chaudes nuits à se faire léchouiller la vulve. 61320 heures de Paul Naschy emballant tout ce que l’Europe compte de jolies filles alors qu’il sent le Shih Tzu mouillé dès qu’il prend une douche. Ca fait beaucoup, quand même. Et comme il est bon de changer nos habitudes, et les vôtres, aujourd’hui ça sera horoscope pour tout le monde. Prenez garde à vous, Elle, Marie Claire et tout autre site pour mères de famille persuadées qu’un peu de sperme d’orang-outan sur la gueule leur ramènera leurs vingt ans, Toxic Crypt is comin’ for ya ! Alors allons-y et découvrons ensemble si vous faites bien de rester chez vous aujourd’hui ou si au contraire vous sériez bien inspirés vous raser et foutre le groin dehors parce que l’amour de votre vie vous y attend ! Bélier : Une journée placée sous le goût de l’intimité. Celle de votre partenaire. Brossez vous les dents avant. Et après. Taureau : Si j’en crois Vénus, le billet de 50 euros que vous avez perdu la semaine dernière s’est faufilé derrière le radiateur de la chambre à coucher. De rien. Gémeaux : Changez rien, on vous aime avec votre odeur un peu acide. Cancer : Fuck you. Lion : Ce sera le bonheur si vous êtes en couple. Sinon, il ne vous reste plus qu’à chialer un bon coup. Vierge : Vous allez le rester. Balance : Uranus en mauvaise posture laisse présager une sacrée journée de merde. Scorpion : Attitude de méfiance vis-à-vis du partenaire. Vérifiez qu’il est toujours bien attaché. Sagittaire : Chance de cocus pour vous les enfants, et tant pis si Madeleine se tape son beau-frère, le Casino vous sourira. Capricorne : Euh… Comment vous l’annoncer… Disons que demain c’est journée funérarium les gars… Verseau : Petites démangeaisons anales, mais rien qu’un coup d’ongle bien placé ne saurait réparer. Poissons : Evitez les randonnées et les journées au vert, sinon votre sort sera le même que les capricorne. En espérant que cela vous aidera. Ca n’a en tout cas pas aidé les jeunots de Twisted Nightmare, à première vue tous du signe du capricorne ou des poissons analphabètes…

 

 

Sorti de l’imagination du réalisateur/scénariste Paul Hunt, décédé en 2011 et avant cela titulaire de quelques bandes d’exploitation, Twisted Nightmare va donc s’échiner à abattre du teenager dont les capacités mentales ne dépassent jamais celles d’un Mentos à l’orange. Et dont l’espérance de vie a drastiquement chuté depuis qu’ils ont foutu le pied sur un soi-disant paradis pour vacanciers, en vérité une fermette isolée et maudite par les Indiens depuis belle lurette. C’est aussi sur place que tout ce beau monde assista à la combustion spontanée de l’un des leurs, charrié pour son incapacité à draguer de la biche en chaleur et donc mort avec du ressentiment plein les poches. Deux ans plus tard, sa sœur le voit encore prendre feu dans ses mauvais rêves, mais c’est tout de même avec le sourire qu’elle découvre une invitation à se rendre sur les lieux, non-signée et que toute la bande à reçue, les uns et les autres ignorant en outre qu’ils allaient s’y retrouver. Dans le petit manuel de survie rédigé par Jamie Lee Curtis, chapitre 4 paragraphe 3 alinéa 57, il est noté en gras et souligné en rouge que lorsque plus de quatre ou cinq abrutis sont réunis sur les lieux d’un drame passé sans savoir qui les y a conviés, il faut faire chauffer le moteur sans même poser ses valises et se casser sans vérifier s’il y a de la Kronenbourg bien fraîche au frigo. Impossible pour nos malheureux du jour : un mauvais esprit a vidé un sac de sucre dans leurs réservoirs, et de toute façon la majorité compte bien profiter du week-end pour renifler les tulipes, voire l’arrière-train des mamzelles ici présentes et, on s’en doutait, peu farouches. Ca ne prendra évidemment pas cinq minutes avant qu’une silhouette menaçante rôde dans les parages, le défunt jadis enflammé réapparaissant comme par miracle pour régler leur compte à ses anciens amis. Et sans politesses, s’il vous plaît ! Il pend une brunette sans même lui offrir un verre, démembre le boyfriend de cette dernière sans se présenter, égorge, électrocute et lacère à qui mieux mieux des couples pourtant tout ce qu’il y a de plus peace and love. Bon, pas quand ils s’en vont chasser le lièvre avec une artillerie digne de Schwarzy dans Commando, mais au moins ces demoiselles sont-elles zélées question cajoleries, elles qui n’hésitent jamais à tomber la nuisette…

 

 

Paul Hunt – dont la photo disponible sur IMDB pourrait être source de vrais cauchemars tordus pour le coup, tant le mec ressemble à un body snatcher – sortait tout juste d’un séminaire à la Crystal Lake Academy et ça se voit, son Twisted Nightmare reprenant le couplet des quatre premier Vendredi 13, et plus encore. Emprunté, le double meurtre d’un couple empalé alors qu’il faisait la bête à deux dos, à la façon du Tueur du Vendredi (qui avait lui-même pêché l’idée dans La Baie Sanglante de Mario Bava, mais bon). Et relouée, cette petit bicoque perdue dans la forêt ayant déjà servi au tournage de Meurtres en 3 Dimensions, troisième opus des Friday the 13th. Logique dès lors de retrouver un mood similaire, même si Hunt n’est ni un Steve Miner ni un Joseph Zito et que son affaire évoque plutôt Night of the Demons, bigfoot movie à la structure de slasher dans lequel une carpette de mauvais poil (rires tonitruants) arrachait zob et bras à la seule force du poignet. Avec son assassin grognant dans les buissons, dont la silhouette évoquerait presque un loup-garou SDF et pourvu d’une force herculéenne, Twisted Nightmare jouxte le creature feature sans oublier que ce qui vend à l’époque, c’est le massacre estudiantin des bois, dont il reprend le principe en se gardant bien d’y changer quoique ce soit. Commun au possible, cet avant-dernier méfait de Paul Hunt (il tournera encore un Merlin en 1993 puis se consacrera à la production) peine effectivement à se distinguer du tout-venant du genre, si ce n’est par son incapacité à donner des rôles parfaitement définis à ses protagonistes, moins caractérisés qu’une brosse à dents dans une pub Colgate. Celle que l’on pensait final girl sera finalement déclarée complice du vilain, le beau gosse vaillant comme tout finira sa course avec une fourche dans l’estomac et une cocotte que l’on pensait abandonnée par le script (si tant est que celui-ci existe véritablement) se fera héroïne sur le tard. Pas toujours facile à suivre, surtout lorsqu’il y a trop de personnages à l’écran, mais au moins Hunt parvient-il à faire mentir les prédictions.

 

 

Rien qui mérite de s’inscrire dans la mémoire collective en somme, malgré quelques tueries joliment barbares, comme le sort peu enviable de ce flic à la tête arrachée, jetée dans les fourrées et sur laquelle le surnaturel maniaque tire encore avec le propre flingue du policier. Méchant juste ce qu’il faut. Pour le reste, on connaît déjà tout de Twisted Nightmare avant de l’avoir lancé : ce n’est pas trop amateur mais ça ne ressemble pas à du Argento non plus, la bande-son fait son office sans mériter une sortie en vinyle, il y a suffisamment d’effets et de latex pour éviter le syndrome « Quelques gouttelettes de purée de poivron rouge sur le chemisier et emballez c’est pesé ! », l’archétype du vieux fou mettant en garde les teufeurs contre le danger est bien là, les filles ne cachent pas longtemps leurs formes naturelles et les malheureusement obligatoires meurtres hors-champs, frustrants comme au premier jour, se rappellent à notre bon souvenir. Comme d’hab’. Il existe un Blu-Ray sorti chez les ricains de Code Red, et probablement aussi difficile à dénicher sur Ebay que le string du Petit Jésus, mais permettez-moi de douter de son utilité réelle, Au-delà du Cauchemar étant de ces Séries B gagnant à être visionnées via une vieille VHS. Remplacez le charme d’une image à court de souffle et suintante par un master tout beau tout neuf, et vous ne ferez que rendre la kill party de Paul Hunt encore moins remarquable qu’elle ne l’était déjà… Par contre, ses bonus vous apprendront que Hunt et son comparse Charles Phillip Moore se détestaient copieusement, que le réalisateur était parait-il drogué jusqu’aux tifs sur le tournage et se foutait bien de ce qu’il tournait, détestant sans se cacher le genre. Dans ces conditions, difficile de pondre un lingot d’or…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Paul Hunt
  • Scénario : Paul Hunt, Charles Philip Moore
  • Production : Sandy Horowitz, Paul Hunt
  • Pays: USA
  • Acteurs: Rhonda Gray, Cleve Hall, Robert Padilla, Scott King
  • Année: 1985 (sortie : 1987)

A lire aussi, la chro de l’ami Adrien sur Perdu dans la cinquième dimension!

 

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2 comments to Twisted Nightmare (Au-delà du Cauchemar)

  • Roggy  says:

    Tant d’année à te lire et voilà que tu ajoutes une rubrique astrologie à ton site. Bientôt le test des crèmes épilatoires sur monstres à peau sensible, je n’en doute pas. Tout le monde le dit, mais c’est vrai que ça a bien changé Mad Movies…

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