Undead Pool – Attack Girls Swim Team vs the Unliving Dead

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Pas tout à fait la trilogie zombiesque la plus prisée des bouffeurs de viande morte, la saga Nihombie, débutée avec Zombie Self Defense Force (2006) et close avec Zombie Hunter Rika (2008). Il faut dire que pour un public plein de vers dans les oreilles et élevé au grain Romero, et dès lors habitué à une certaine conscience sociale et politique, ce volet du milieu qu’est Undead Pool (2007), où ça se tripote entre sœurs soi-disant jumelles entre deux décapitations à la règle à mesurer, a tout de la régression mentale, voire morale. C’est probablement pour ça que c’est si bien, d’ailleurs.

 

 

Pas de panique, chers amis du Soleil Levant : nul besoin de s’être recueilli au cimetière que l’on devine déluré de Zombie Self Defense Force pour apprécier Undead Pool, ou Attack Girls Swim Team vs the Unliving Dead si l’on veut atteindre notre quota de caractères en trois coups de copié/collé bien placés ; et un rapide jet de globe oculaire sur la fiche Imdb de Zombie Hunter Rika tend à prouver que cela vaut également pour le chapitre conclusif. Si les Nihombie sont reliés les uns aux autres, c’est par communauté d’esprit plus que par le partage d’une storyline ou d’une équipe, réalisateurs et comédiens n’étant que de passage dans le triptyque. Le présent Joshikyôei Hanrangun se suffira donc à lui-même, et débute avec l’arrivée de la jolie mais taiseuse Aki (Sasa Handa) dans sa nouvelle école, actuellement animée par le concours de natation à venir. Mal barrée la compète, cela dit, l’une des nageuses étant si malade qu’elle en tient à peine debout, tandis que leur coach, un salopard qui n’hésite jamais à gifler les filles pour les motiver, est retrouvé poignardé dans les douches. Pour ne rien arranger, un virus se balade dans la région, forçant les professeurs à rappeler dans les hauts-parleurs l’obligation de se laver les mains régulièrement et d’aller se faire vacciner à l’infirmerie. Ne zappez pas, vous n’êtes pas tombés sur CNews et ses débats sur la chloroquine, et si c’était le cas Christine Kelly finirait probablement la main dans la culotte tandis qu’elle repousse les assauts baveux d’un Eric Zemmour zombifié. Car oui, contrairement au COVID19, la contagion à laquelle fait face l’établissement transforme étudiants et personnel en de vils infectés cédant à leurs folies meurtrières. Undead Pool puise donc moins son eau croupie au puits La Nuit des Morts-Vivants qu’à la bassine The Crazies, voire plutôt dans la flaque boueuse I Drink Your Blood, d’ailleurs cité au détour d’un dialogue dans un anglais de bazar par la prof de langues, occupée à découper des orteils dans les WC. Yep, c’est ce genre de film.

 

 

Dans ce chaos où virevoltent la cervelle des écolières et leurs membres tailladés, Aki dévoile de sacrés talents pour le coup de pied dans la gueule des vils fiévreux, et c’est tout naturellement qu’elle sauve la plus frêle Sayaka (Yuria Hidaka), avec laquelle elle se réfugie aux cuisines. Sur place, elles découvrent en tapant la causette que toutes deux ont été abandonnées dans un orphelinat, qu’elles souffrent d’avoir perdu de vue une sœur jumelle, qu’elles ont un grain de beauté dans la nuque et la même tâche de naissance sur la poitrine (et paf, un justificatif pas cher pour un plan nichon gratuit). Serait-il possible que… ? Le hasard fait bien les choses, tout de même. Soeurettes ou pas, Sayaka décide de prendre soin d’une Aki épuisée par les combats d’une manière toute personnelle : la battante semblant incapable de se nourrir par elle-même, Sayaka aspire un peu de soupe aux petits pois qu’elle fait ruisseler dans la bouche de sa frangine lors de baisers salés. « Est-ce délicieux ? » questionne-t-elle avec un soupçon de malice. Ca a l’air, oui. Et ça dérape sûrement après cela, Sayaka mordillant les tétons d’une Aki pas contraire, tout en glissant ses doigts dans la petite culotte de, on le rappelle, sa sœur jumelle (même si elles se ressemblent comme George Clooney et John Goodman). Du gore rigolo à la Braindead – des entrailles sont arrachées d’un bide et servent ensuite d’écharpe à une zombiette très fashion – on ripe vers l’érotisme franco du clito. Et vu le réalisme de la scène (les intimités restent bien cachées, mais on devine que Sayaka a suivi à la lettre les consignes de se laver les mimines et les a véritablement savonnées avec l’écume d’Aki), on comprend que Yuria Hidaka et Sasa Handa ne sont pas des comédiennes comme les autres. Cela se vérifie en un tour sur Google Image, la plupart de leurs productions étant conçues pour les troisièmes parties de soirée, si vous voyez où je veux en venir…

 

 

Il serait mentir que de prétendre que l’on ne s’y attendait pas, tant Undead Pool prenait des airs de supérette des obsessions perverses du Japonais moyen dès ses prémices. N’allez pas croire que le propos de cette pataugeoire ensanglantée – enfin, pas tant que ça, peu de scènes prenant place à la piscine, et certainement aucune horrifique – est de donner dans le film de morts-vivants. Certes, ceux-ci sont de la partie permettent quelques fulgurances gorasses, mais il suffit de voir leurs misérables maquillages pour comprendre que le réalisateur Kôji Kawano concentrait ses efforts sur d’autres zones. Celle située entre les cuisses de ses interprètes, notamment. Le but premier d’Undead Pool, c’est donc de zoomer sous les jupes de ces mamzelles, de les envoyer sous la douche et d’offrir à une audience passionnée par les maillots de bain (les Japonais en sont férus) l’occasion de se rincer l’oeil à moindre prix. Et de repousser les limites de l’acceptable encore un peu plus loin, au détour de la backstory d’Aki, jadis kidnappée par un savant fou. Pas un mad doctor à la Lugosi que l’on retrouverait occupé à créer des hommes-gorilles dans son sous-sol, ce serait trop soft, mais plutôt un type en costard rouge que l’on jurerait sorti du film Dick Tracy ou d’un vieil épisode de Batman. Son occupation première ? Entraîner Aki à devenir une meurtrière de premier ordre, mais aussi la violer encore et encore après l’avoir hypnotisée à l’aide d’une flûte, dont la musique qui s’en extirpe rend la pauvre gamine surexcitée et demandeuse de brûlantes étreintes. Ca ne s’invente pas.

 

 

L’histoire et ses multiples rebondissements prennent d’ailleurs toute la place lors du dernier acte, moins intéressé par ses zombies que par ses twists à répétition. Et attention spoiler, ça ne blague pas dans Attack Girls Swim Team vs the Unliving Dead, plus garni en révélations incroyables que dix saisons de Dexter et Lost réunies. Aki apprend ainsi que la contamination de son école n’est autre que l’horrible plan du scientifique timbré qu’elle a fui, et ce dernier, dans un cabotinage insensé, vient donc la récupérer. Après un combat de ninja avec des palmes tranchantes, Aki parvient à égorger son ancien ravisseur et retrouve Sayaka, qu’il avait faite prisonnière. Malheur ! Celle-ci n’a rien de la sœur jumelle espérée, et jouait la comédie pour le compte du savant fou, ce grain de beauté et cette tâche de vin sur les seins étant on ne peut plus factices. Décontenancée, Aki se retrouve à la merci de Sayaka, prête à assassiner sa cible… Pan ! Une balle fend l’air et s’écrase dans le torse de Sayaka, alors que le savant fou réapparaît, sans la moindre blessure. Ah ah, celui qu’Aki a envoyé se baigner dans les eaux écarlates du Styx avait, lui, un vrai jumeau ! Heureusement que notre héroïne a le pouvoir de cracher des laser par la chatte et de faire imploser sa Némésis, punie comme il se doit. On ne vous racontera néanmoins pas la toute fin, dont la poésie tranche avec le spectacle insensé déroulé jusque-là. Un délire typiquement nippon dans son mélange des saveurs, l’épouvante humoristique et cheap (franchement, les zomblards feraient chialer de rire, ou de honte, ceux de Bruno Mattei) laissant la place à la romance au goût de fraise Haribo puis aux coups de phalanges classés X et jouant probablement le vrai. Moins salissant et assuré dans son action que les Tokyo Gore Police et autre Machine Girl, mais bien plus kinky, Undead Pool a dans tous les cas le mérite de filer droit et sans jamais se retourner, ses 78 minutes, amplement suffisantes pour une production qui vise le fion, passant toutes seules. Ca ne plaira pas à tout le monde, mais les cinéphiles dépravés devraient y trouver de quoi lancer une lessive le lendemain.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Kôji Kawano
  • Scénario : Satoshi Ôwada
  • Production : Yôji Hirako, Dai Asaki
  • Titre Original : Joshikyôei hanrangun
  • Pays: Japon
  • Acteurs: Sasa Handa, Yuria Hidaka, Ayumu Tokitô, Mizuka Arai
  • Année: 2007

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