Return of the Ape Man

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Nouvelles singeries pour Bela Lugosi avec Return of the Ape Man (1944) ! Une fausse suite du The Ape Man sorti une année auparavant, vu que ce prétendu retour remet en vérité les compteurs à zéro. Pas la peine d’avoir vu le précédent pour profiter de celui-ci, donc. Et pas la peine d’y chercher George Zucco (les films de momies de la Universal, The Mad Ghoul), haut-placé à l’affiche mais désespérément absent à l’écran…

 

 

Dans la famille « on s’est bien fait entuber, tiens… », je demande la Monogram, petite société tapant dans le B-Movie ancestral et faisant comme de juste partie du Poverty Row, allée des producteurs les plus miséreux qui soient. Et le vil garnement coupable de la leur avoir faite à l’envers n’est autre que George Zucco, Anglais fréquemment embauché par la toute puissante Universal, pour qu’il y joue les traîtres exotiques jamais en manque de manigances. Et souvent le vil Égyptien prenant le contrôle d’un tas bandelettes maudit pour qu’il lui serve de bras armé de la vengeance. Changement de veste pour Return of the Ape Man, sur lequel il est embauché pour porter le poil et le pagne d’un homme de Néandertal, sorti de son glacier par Bela Lugosi et John Caradine pour que sa bestialité puisse résonner dans le monde moderne. Mais tombé malade après quelques prises de vues – à moins qu’il ne se soit trouvé ridicule ainsi maquillé ? – Zucco décide de passer son tour et de se reposer… tout en gardant son nom bien placé dans les crédits, tel que le voulait son contrat ! Un petit coup dur pour la Monogram, qui se retrouve avec un seul et unique plan de l’acteur, à peine sorti de son glaçon et allongé sur une table d’opération. L’antre des petits budgets des 40’s trouvera néanmoins un remplaçant de choix pour son homme des cavernes en la personne de Frank Moran, ancien boxeur reconverti en comédien. Vu la carrure de notre poids lourd et sa grosse voix rauque, gageons que le prolifique réalisateur Phil Rosen (près de 140 films tout de même) y a gagné au change. Après tout, le nom de Zucco reste collé aux posters et peut donc attirer quelques fans des Mummy flicks, et son film se retrouve avec un costaud plus crédible en caveman.

 

 

Est-ce à dire qu’il faille se jeter sur Return of the Ape Man pour autant ? Bah, les fanatiques de la meilleure roussette du septième art qu’est Lugosi auront déjà fait le déplacement, tout comme les partisans d’un cinéma décoloré et extirpé des salles de quartier 40’s. C’est de toute façon à eux et seulement à eux que s’adresse le méfait de Rosen, routinier au-delà du raisonnable. Lugosi et Carradine – tous deux très bons – s’adonnent à leurs petites expériences dans la cave du Bela, s’en vont pour le Pôle Nord (ou plutôt des stock-shots d’un film Pathé tourné 15 ans plus tôt), en reviennent avec un Capitaine Caverne qu’ils s’empressent de réveiller, celui-ci a tôt fait de prouver que les hommes préhistoriques sont de gros caractériels, du coup pour le rendre plus civilisé Lugosi part à la recherche d’un cervelet qu’il compte planter dans la boîte crânienne de son ami velu. Que du très habituel en somme, y compris dans la dispute entre un Bela prêt à tout pour faire avancer sa déesse Science, et un Carradine au trop bon fond pour commettre le moindre acte répréhensible. Inutile de le dire, cela se passera mal pour à peu près tout le monde, et le caveman aux neurones trafiqués fera honneur à son rang en allant kidnapper la jolie brune d’à côté, nièce du pauvre Carradine.

 

 

Si vous êtes du genre à ne jurer que par l’effroi des années 40, et que vous n’êtes pas contraire à l’idée de grignoter les restes du plat de la veille, Return of the Ape Man et les traits pincés du vieux Lugosi devraient apporter tout le confort nécessaire à votre petite soirée placée sous le signe de l’épouvante à grand-papa. Si vous considérez par contre que rien ne vaut les coulures de la Universal, et que les bandes échappées du Poverty Row ne sont bien souvent que des causeries sans intérêt entre trois morceaux de cartons peints pour ressembler à des murs de pierre (ils sont bien là, rassurez-vous), alors vous devriez pouvoir vivre sans ce petit monster movie. A vous de voir, donc, Return… ne se situant ni au-dessus ni en-dessous de la moyenne du genre.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: Phil Rosen
  • Scénarisation: Robert Charles
  • Production: Jack Dietz, Sam Katzman,
  • Pays: USA
  • Acteurs: Bela Lugosi, John Carradin, Frank Moran, Teala Loring
  • Année: 1944

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