Vampire Cop

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Après avoir fait le trottoir en compagnie des asphalteuses mangeuses de chibre de Cannibal Hookers, le petit monarque du Z Donal Farmer fait porter l’insigne à un vampire que l’on jurerait sorti d’un mauvais épisode (si tant est que certains soient réussis) d’Alerte à Malibu. Heureusement que le futur réalisateur de Shark Exorcist se rend compte à temps que son oiseau de nuit a le mordant d’un canari, et qu’il le remplace sans traîner par des prostituées aux courbes d’enfer. On en revient toujours aux fondamentaux, au fond.

 

 

Nous pourrons toujours débattre durant des heures sur la bataille entre le faux sang tout ce qu’il y a de plus pro et les mélanges amateurs de gouache écarlate et de ketchup avarié, nous pencher sur le bien-fondé du « less is more » lorsque la créature à l’écran ressemble à un tas de rouleaux de PQ (denrée rare s’il en est en 2020) réunis au sparadrap, voire nous demander s’il est bien judicieux de multiplier les tunnels de dialogue pour atteindre les fatidiques 80 minutes alors que le public sait se contenter d’un B-Movie plafonnant à 1h15, la vérité est que tout cela ne comptera plus dès l’instant où ces dames tomberont soutien-gorge et petite culotte. Et s’il existe une pelloche illustrant parfaitement cette table de la loi, c’est bien Vampire Cop (1990), lutte nocturne entre un flic claquant de la canine et des malfrats spécialisés dans la prostitution et le trafic de drogue. Un pitch relativement prometteur, néanmoins effacé d’un coup de téton par les multiples scènes à caractère érotiques que Farmer ne manque évidemment pas de balancer, et ce à un rythme métronomique. Et pour être francs, si la tactique se veut un peu trop facile et racoleuse, il semble difficile de donner tort au gugusse derrière Demon Queen et Scream Dream, son quatrième métrage longue durée ne tenant sur ses deux pattes qu’à partir du moment où les boutons des chemisiers virevoltent à travers la pièce et lorsque les robes de nuit se déchirent.

 

 

 

C’est d’ailleurs un peu de sa faute, lui qui semble avoir localisé la moitié de son film dans les chambres sans charme des motels d’Atlanta, lieux où se réunissent les pires bandits de la région. Enfin, « les pires »… A condition d’oublier qu’ils sont crédibles comme Jean-Marie Le Pen a un concert de Sexion d’Assaut, incapables qu’ils sont d’avoir l’air dangereux même lorsqu’ils sortent la tronçonneuse pour tailler dans le lard du chef de la police, incarné par Mal Blood Feast Arnold. C’est en tout cas dans ces crèches fadasses (deux lits, des murs blancs, une table de nuit et vous avez en bonne partie le décorum complet de Vampire Cop) que cela magouille entre gens de mauvaise compagnie, que cela punit de la fille de joie coupable de rébellion et que cela zigouille du policier en couverture. De quoi faire regretter les vieux châteaux où flottait un Christopher Lee impérial. Et aussi de quoi faire regretter les œillades macabres et ironiques de Lugosi l’éternel, le blood sucker récupéré par Farmer, un certain Ed Cannon que l’on ne recroisera plus jamais par la suite, étant absolument pathétique. Passe encore qu’il soit un peu trop doré pour un mecton censé rester terré dans son appart toute la journée, histoire d’éviter des séances d’UV mortelles pour sa condition de… hum… immortel. Et on peut éventuellement oublier qu’il soit une version au rabais du déjà très ringard David Hasselhoff, voire même qu’il se trouve infoutu de jouer la comédie. Après tout, vous avez plus de chances de trouver un paquet de farine en pleine crise du Covid que de tomber sur un acteur capable dans une production Farmer. On le sait, donc inutile de feindre la surprise. Par contre, était-il obligé pour Cannon de se laisser aller à ces ridicules grimaces dès qu’il s’apprête à mordiller de la jugulaire ? Un appui sur le bouton « pause » au bon moment – ou au mauvais, c’est au choix – ferait ressembler Vampire Cop a une préquelle du Huitième Jour plutôt qu’à l’indigne descendant du Cauchemar de Dracula qu’il se veut être. On comprend que le bonhomme n’alla pas plus loin et se tient loin des écrans depuis lors… Tout comme on pige un peu plus que la carrière de la modeste scream queen Melissa Moore (le diptyque Sorority House Massacre II/Hard to Die de Jim Wynorsky) ne décolla pas comme celle d’une, mettons, Michelle Bauer : la blondinette évite l’antipathie et sait faire don de son corps, mais elle a le charisme dans les chaussettes, il faut bien le dire.

 

 

Et n’allez pas croire que ça s’arrange ailleurs. Farmer, touché par la mollesse de l’ensemble, s’assoupit sur sa caméra (rah ces interminables plans fixes dans les chambres louées à 20 dollars la nuit), sur son banc de montage (la continuité, ça sera pour une autre fois) et sur sa machine à écrire vu la fainéantise du script. Voire cette scène super crédible lors de laquelle une fifille, sauvée par le keuf qui se lime les canines, va voir une présentatrice vedette incarnée par Melissa Moore dans ses quartiers privés, en bordure de mer, alors qu’elle est en train de bronzer. C’est vrai, rien de plus facile que de se présenter chez une star du petit écran pour lui faire part de vos soucis, et tout le monde sait qu’il suffit d’aller frapper à la porte de Léa Salamé lors de ses soirées chili avec le gratin de France Télévision pour en ressortir avec l’assurance qu’elle enquêtera sur votre petit problème. Bref, heureusement qu’elles sont là, ces apprenties starlettes, payées une misère pour déambuler en bikini ou frotter leur poitrine sur l’un des plus mauvais vampires du septième art, seuls instants où Farmer semble relever la tête. N’empêche que le net ne manquant jamais de boobs 100 % bio, difficile de conseiller Vampire Cop à qui que ce soit, y compris aux doux pervers dont la liste des courses se résume à une énorme paire de nibards.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: Donald Farmer
  • Scénarisation: Donald Farmer
  • Production: Max Chesney, Faye Chesney
  • Pays: USA
  • Acteurs: Ed Cannon, Melissa Moore, Morrow Faye, Mal Arnold
  • Année: 1990

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