Blood Relic

Category: Films Comments: No comments

Après avoir passé de nombreuses années à produire et réaliser des B-Movies portés sur la cartouchière avec des starlettes plus ou moins has-been placardées en gros sur l’affiche (Lance Henriksen, Robert Davi, Frank Zagarino, Martin Kove), l’également comédien lorsque l’occasion se présente J. Christian Ingvordsen (Hangmen en 87 avec une toute jeune Sandra Bullock, les Airboss, Strike Zone et on en passe) décida dans les années 2000 de changer son fusil d’épaule en tapant dans l’horreur pour teenagers, notamment via The Bog Creatures en 2003. Sans trop s’éloigner de ses thématiques soldatesques néanmoins, son Blood Relic (2005) se déroulant dans un musée de l’aviation militaire.

 

 

Le slasher, c’est la vie. Bon, sauf pour ces éternelles majorettes que l’on recoiffe au taille-haie, pour ces premiers de classe interdits d’orgies dans les sororités mais cueillis au fil barbelé par des MILF psychopathes ou ces gros costauds spécialisés dans l’attrape du ballon ovale, dont la virilité se voit réduite en marmelade à coups de marteau. Mais pour tous les autres, qu’ils soient des grands brûlés ou des fanatiques de la cagoule ou du masque de hockey, comme pour ces spectateurs ne quittant jamais leurs plus beaux t-shirts à l’effigie de Final Exam ou Humongous, le slasher c’est la vie. Logique que Mister Ingvordsen décide de tremper son doigt dans la confiture et d’y goûter à son tour, d’une part parce qu’en 2005 le genre a repris des couleurs depuis quelques années, d’une autre parce que cela lui permettra de quitter les champs de bataille, les bunker pris d’assaut et les entrepôts où l’on causaille à coup de grenades, auxquels il était abonné jusque-là. Ils sont sympas les Zagarino et consorts, mais on peut comprendre la lassitude éprouvée à fixer leurs pectoraux parfaitement huilés et le choix d’aller ziguer une soirée avec des étudiantes peu farouches. « Allez Mark, fous-toi à poil ! » lance l’une d’elle à son flirt du soir dans Blood Relic, telle une déclaration d’amouuuw à la nudité gratuite, aux courbes offertes aux baroudeurs de vidéo-clubs abandonnés et à la boobs party dans tout ce qu’elle a de moins subtil. Voir encore cette scène à laquelle il fallait penser, lors de laquelle une mimie croise un type masqué, et donc peu avenant, dans une réserve bordélique. Le Monsieur menace la Madame de sa lame, et celle-ci comprend qu’elle va devoir dévoiler un peu de chair pour espérer connaître de nouveaux lendemains chantants. Mais alors que ses tétons reçoivent le baiser gelé du glaive, la voilà qui lâche un gémissement de plaisir. C’en est trop pour son assaillant, qui retire son masque et lui reproche de ne pas jouer le jeu : elle est censée être terrifiée par ce faux viol à venir, et le petit scénario qu’ils avaient mis en place ne devait pas faire de la mamzelle une chaudasse ravie d’être violentée. Mais elle n’y peut rien, ça l’excite, et pour se rattraper elle lance à son compagnon « Si tu veux on peut dire que tu m’as tuée et que tu baises mon cadavre ! » Blood Relic s’annonce décidément bien, très bien.

 

 

D’ailleurs, en plus de ces vertus libidinales, le DTV pris à bras le corps par Ingvordsen a pour lui des prémices plutôt originales pour le genre, puisqu’il sera question d’ensorcellement vaudou en lieu et place des désormais trop communs siphonnés du bulbe et autres geeks vexés que l’on se soit foutu de leurs tessons de bouteille au bal de fin d’année. Blood Relic débute avec la tuerie orchestrée par un pilote, possédé par un artefact vaudou qu’il trouva dans la forêt, sur un crâne empalé sur un bout de bois. Quand on trouve un collier ayant certainement appartenu à un type torturé par on ne sait quelle tribu de sauvageons, on s’empresse de le porter pour avoir la classe à Las Vegas, c’est bien connu. Quoiqu’il en soit, le pauvre gus a désormais le cerveau à l’envers et voit rouge au point de planter sa baïonnette dans le front d’un collègue, avant d’en dézinguer deux autres au gun. Conscient que c’est à son nouveau bijou qu’il doit sa folie passagère, il le planque dans un recoin de la base militaire où il travaille et se laisse cueillir par les autorités. 22 années passent et notre bidasse, qui n’a pas ramassé la moindre ride (un maquillage vieillissant devait coûter trop cher pour une menue production comme celle-ci) s’est vu remettre tous les neurones en place lors d’un long séjour en psychiatrie. Paré à retrouver le monde extérieur, il n’en décide pas moins de retourner dans sa base aérienne pour y retrouver sa relique… Mais en deux décennies, les choses ont bien changé sur place, et les artilleurs ont désertés ces lieux transformés en musée de l’aviation par cette vieille bouille de Billy Drago et son frère. Sauf que là aussi, rien ne va, le premier étant désireux de s’en tenir à des visites et explications sur les vétérans alors que le second, à l’approche plus moderne, aimerait installer quelques attractions et jeux vidéos pour attirer les marmots. Ca s’engueule forcément, parce qu’on a Drago et qu’il faut bien qu’il cabotine comme un dingue, et parce qu’il faut mettre la pression à la blondinette tout juste embauchée, qui comprend que l’ambiance n’est pas au beau fixe. Du moins chez les vieux, car les jeunes stéréotypés (le rêveur gentil comme tout, le blagueur lourdingue, les filles faciles et notre vieille copine Debbie Rochon en meuf badass) gardent la pêche et décident d’organiser une séance de spiritisme sur place, le soir-même. Si seulement ils avaient su que quelqu’un avait trouvé le talisman vaudou et emprunté un uniforme de pilote pour leur distribuer des coups de hache toute la nuit…

 

 

Blood Relic part donc plutôt bien : le décorum fait d’avions de chasse et de souvenirs de guerre change des bosquets malfamés et des campus trempés dans le sang, les occasions de faire voler les sous-vêtements sexy se multiplient (bonne idée, le strip-poker) et ça ne se retient pas trop niveau gore puisque ça s’en va trifouiller dans des entrailles, quand ça n’arrache pas des coeurs à la main. On notera d’ailleurs une petite influence Saw dans quelques sévices plus élaborés que la moyenne, même si en vieux de la vieille qu’il est, Ingvordsen ne peut s’empêcher de se référer avant toute-chose aux pelloches des 80’s. On pense un peu à un croisement Z entre Meurtres à la Saint Valentin et The Lamp, et ce n’est pas pour déplaire. Manque de pot, Blood Relic ne tient sur ses belles gambettes qu’un temps, et une fois la seconde moitié du film entamée, on se rend compte que le tour est déjà fait, la majeure partie du casting ayant déjà perdu la tête ou ses boyaux, ne laissant pour seul choix aux survivants que de meubler par un assommant blabla. Et vas-y que ça t’explique comment sortir du hangar, que ça se questionne sur tout ce voodoo shit, et que ça fait des vas et viens dans tous les sens, nos héros (hum…) du jour étant probablement des intelligences nées… mais qui ne se sont pas développées. Il faut les voir briser leurs téléphone portable par mégarde, ou oublier de prendre des outils et s’armer comme il se doit alors qu’ils se sont enfermés dans une pièce débordant d’objets contondants. Il ne se passe rien ou pas grand-chose dans Blood Relic en ces moments, comme si la pelloche s’était mise en pause, que tout ce beau monde devait reprendre son souffle ou estimait que c’était à l’audience de profiter d’un entracte. On ne peut pourtant pas dire que l’ensemble était particulièrement vif et éreintant, le gore, bien que présent, étant peu mis en valeur par une réalisation fadasse… Dommage, car ce petit slashouze de rien du tout avait notre sympathie jusque-là, sa volonté d’aller un peu plus loin que la moyenne du genre (les persos ont un background pour la plupart, et on ne nous avait encore jamais fait le coup du pilote d’avion tueur) le rendant charmant. Mais si le talent ne suit jamais et que la tension peine à monter, c’est malheureusement en vain…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: J. Christian Ingvordsen
  • Scénarisation: Matthew Howe
  • Production: J. Christian Ingvordsen, Matthew Howe, Billy Drago
  • Pays: USA
  • Acteurs: Billy Drago, Debbie Rochon, Joshua Park, Kelly Ray
  • Année: 2005

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>