Psycho Cop Returns

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« Enfin, Brian, ce mec est un policier, évidemment qu’il est un peu bizarre et dérangé ! » Bah ouais, de quoi tu t’inquiètes, Brian ? Que le gardien de la paix désire te défoncer le sphincter à coup de matraque ou te donner un coup de jus via son taser ? C’est son rire sadique et son humour noir, le problème ? La déco de sa bagnole faite de membres et des guenilles ensanglantées te turlupine ? Allons Brian… Ce n’est que Psycho Cop Returns (1993), inoffensif mais rigolo petit slasher, principalement soucieux de faire voltiger un maximum soutifs en un minimum de temps !

 

 

On peut dire ce que l’on veut de cette enflure de Charlie Sheen, et surtout le pire. Que cet ancien A-list actor a l’air d’avoir le nez plus encombré que le Mont Fuji, qu’il faut être un immonde connard pour ne rien trouver de mieux à faire que d’aller enculer un gosse (Corey Haim dans le cas présent) et que, l’un dans l’autre, faut aussi être sacrément con pour prendre le volant en quête de prostituées édentées quand on a Denise Richard à la maison. N’empêche qu’à priori, l’éternelle bidasse de Platoon savait organiser un enterrement de vie de garçon. Invité à l’un d’entre eux, le futur réalisateur de Detroit Rock City – vous savez, ce teen movie avec Edward Furlong et les maquillés de KISS – et scénariste de Small Soldiers Adam Rifkin, plutôt que de glisser des gros billets dans les culottes à froufrous des strip-teaseuses conviées ce soir-là, profita de l’occasion pour prendre des notes pour son Psycho Cop Returns. Une suite pas forcément attendue par une horde de fanatiques du premier volet, race à priori rare comme un zèbre en Isère, il faut bien le dire. Psycho Cop premier du nom, c’était du directos to VHS bourré de défauts surtout rendu mémorable par son interprète, un Robert R. Shafer heureux comme un chaton devant son bol de lait de pouvoir écarquiller les yeux comme un dément, satisfait de balancer des vannes si mauvaises que même Elmaleh ne se hasarderait pas à jouer du copier/coller (il n’a pourtant jamais été très regardant, le chouchou) et, au fond, fier comme tout de rejoindre Krueger, Voorhees et Myers au panthéon des salopiauds incapables de laisser les autres s’amuser sans se sentir obligés de venir gâcher la fête. C’est sûr, son personnage, l’agent sataniste Joe Vickers, serait plutôt perçu comme le gros lourd avec lequel aucune fille ne se sent d’échanger quelques microbes à la fête de fin d’année. Et lorsque vient le moment de constituer les équipes à la Psychokiller Academy, Vick la gâchette reste le gros lourdingue choisi parmi les derniers, avec l’ourson viking de Berserker et le vieil ermite cannibale de The Forest. N’empêche qu’au contraire de ces semi-incapables jamais foutus d’attraper au rebond la caboche décapitée d’une final girl, Joe la crasse a derrière lui des bodycount assez élevés, perfectibles mais volontaires, et surtout une gouaille de tous les diables.

 

 

Rifkin, planqué derrière le pseudo Rif Coogan, ne s’y trompe d’ailleurs pas, conscient que personne, en 1993, ne désire vraiment se retaper un nouveau trekking dans une sylve bientôt trempée façon raining blood parce qu’un doux dingue se plaît à y faire voler les haches, ce que le premier Psycho Cop pouvait être dans ses mauvais moments. Le jeune réalisateur n’est pas dupe et sait fort bien que son audience n’est pas de sortie pour scruter, dans un silence d’église, un suspense à la John Carpenter, ni même pour frissonner et en profiter pour glisser une main rassurante sur la voisine épaule féminine. Le public de Psycho Cop Returns, c’est celui des after party du samedi soir, où des trentenaires à la panse de sanglier se versent des hectolitres de bière bon marché sur le crâne en tirant la langue, pendant que des petits maigres aux cheveux gras trempent leurs doigts dans une quatre fromage en récitant à l’avance les dialogues les plus crétins de leur choix du soir. Les aventures de Joe Vickers, le meilleur pote de Lucifer et le flic le plus coolos depuis Dirty Harry, sont une affaire de mecs, de tatoués. Et pas des tatouages façon « Nom du mec + nom de la meuf dans un coeur » ou « I Love you Mama », ni même ces proverbes asiatiques à la con ou ces dragons placés sur l’épaule pour faire guerrier tribal – on ne voudrait même pas de ces mecs dans une version école maternelle de Ninja Warriors. Nan, Psycho Cop Returns c’est pour les zigs s’étant gravé sur le torse la cloueuse de Nail Gun Massacre, pour les furieux se tirant la nouille sur les tronçonnages des petites intellos (fuck them!) de Pieces ou les acharnés de la mode (de Caen, ouais) prêts à cracher trente boules pour une contrefaçon taïwanaise d’un t-shirt avec la couv’ de Blood Rage grossièrement imprimée à l’avant. Psycho Cop Returns, c’est pas tout à fait la pelloche pensée pour être diffusée dans les facs de sociologie, pour la faire courte.

 

 

Et si pour vous l’idée de vous installer devant un ininterrompu défilé d’implants mammaires, dont ceux de notre éternelle copine Julie Strain, pendant que Robert R. Shafer crève des mirettes au crayon et balance de la cocotte à oilpé dans une benne à ordures situées vingt étages plus bas, sans jamais oublier sa petite blagounette pas drôle et le rire crétin qui va avec (« Quand on se comporte comme un déchet, on est traité comme un déchet… Ah ah ! Oh oh ! »), alors mieux vaut vous tenir éloignés du commissariat cheesy as fuck du Vickers. Pas franchement finaude, notre affaire récupère l’aspect cartoonesque de son modèle, en gomme autant de défauts que faire se peut (le rythme se fait plus enlevé, la réalisation gagne quelques points), fricote avec du gore pas vraiment trashouille mais pas trop soft non plus et, surtout, balance du fessier vigoureux comme si c’était les soldes chez Pornhub. Ah qu’elle est belle, la vie d’employé de bureau dans le zouli monde de la Série B, où l’on passe sa journée à côté de l’imprimante, que ce soit pour y faire des blagues aux copains en imprimant ses pires grimaces ou pour y asseoir une secrétaire, que l’on ne manquera pas léchouiller jusqu’aux recoins les plus intimes. Finesse zéro, scénar’ zéro, talent zéro (si ce n’est pour Rifkin, once again) mais plaisir maximum : Psycho Cop Returns a participé à tous ses entraînements de visée et touche toujours en plein front, son gilet pare-balle le protège des baisses de régime et il sait menotter une assemblée comme il se doit. Allez, médaille d’honneur pour tout le monde !

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: Adam Rifkin
  • Scénarisation: Dan Povenmire
  • Production: Robert R. Shafer, David Andriole
  • Pays: USA
  • Acteurs: Robert R. Shafer, Barbara Niven, Rod Sweitzer, Julie Strain
  • Année: 1993

2 comments to Psycho Cop Returns

  • Roggy  says:

    Pas encore vu cette suite mais c’est vrai que le premier n’était pas terrible à part le personnage du flic psychopathe. Si ce Psychocop returns n’a pas l’air très finaud mais ta chro est excellente !

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