Battle Queen 2020

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En ces temps troublés, quoi de mieux qu’une bonne petite Série B pour respirer un bon coup, même si les énoooormes melons de Julie Strain prennent toutes la place dans le sac de couchage ? Pari manqué avec Battle Queen 2020 malheureusement, cette riquiqui productions New Concorde, boîte à malice de Roger Corman, modelée en 1999 mais seulement sortie en 2001, décharge plus de déceptions que de plaisirs.

 

 

Pour une mauvaise pioche, Battle Queen 2020 en est une très mauvaise en ce mois de mars certes ensoleillé, mais néanmoins rendu sinistre par le résultat d’un potage au pangolin dont on se souviendra. C’est que dans ce vilain champignon atomique, de ceux que l’on ne voit pousser que sur la carpette tâchée de béarnaise et attaquée par les résidus de pop-corn d’un vidéoclub abandonné, il est question d’un monde en perdition, rendu dévasté par la chute d’un gros caillou spatial ; ce qui, on en parle peu, risque d’arriver le 29 avril de cette même année 2020. Résultat : les élites vivent dans une base luxueuse, où ils passent leurs journées à tripoter des prostituées acceptant les palpations les plus glauques si cela peut leur permettre de manger à leur faim, tandis que le reste de la populace pousse des caddies gorgés de sachets souillés dans des couloirs seulement décorés de tonneaux enflammés. Les nobles en haut, la merdasse en bas pour faire simple, et cette dernière se chope comme de coutume une vilaine crève. Si le but était de se changer les idées et d’oublier les mots « Corona », « Rythm of the night », « Papier cul » et « Jogging sauvage », c’est manqué tant ce direct-to-video entièrement construit sur la popularité de Julie Strain – et sur ses gros nibards – se plaît à nous glisser un spleen de tous les diables dans le calbute. On ne parvient même pas à choper une demi-molle lors de ces nombreuses séquences où les filles tombent le latex et les manteaux en poils de belette, tant Battle Queen 2020 ne parvient jamais à se montrer sexy malgré ses cohortes de cocottes peu farouches. Question de goût sans doute, la majorité des mamzelles ici présentes devant leurs formes, souvent généreuses, à des toubibs de Beverly Hills. Et dans notre crypte toxique, si on a jamais caché notre intérêt pour les bustes féminins, on reconnaît aussi sans se gêner que l’on goûte assez peu les dunes siliconées. Faut que ça retombe un peu, par Zeus ! Vous avez déjà essayé de vous faire offrir une branlette espagnole par deux menhirs ? Ca rappe un peu le casque, quand même…

 

 

Chez Julie Strain, on préfère donc son regard incendiaire et sa badass attitude plutôt que ses implants durs comme le roc. Malheureusement, la pauvre n’a pas grand-chose à faire, et mieux vaut oublier la belle affiche – celle qui fit tant rêver le petit Mordo lorsqu’il la découvrit, dans une autre vie, dans les Notules Lunaires d’un Mad Movies alors juteux – la montrant telle une Mad Maxette du futur, avec une pétoire énorme en main et la chevelure au vent. Des promesses d’action jamais vraiment tenues, car si elle se rebiffe bel et bien, cette mère maquerelle entraînant ce qu’il reste de jolies nénettes à satisfaire les bourgeois de l’apocalypse, c’est trop tardivement. Et sans éclats : quelques manchettes, une bastos logée dans un vilain front, quelques coups dans les roupettes et vous pouvez vous dirigez vers la caisse numéro trois, celle réservée aux clients avec moins de dix articles dans les pognes. Rien dans l’assiette quoi, si ce n’est quelques décors enneigés et du boobs passé au contrôle technique la semaine dernière (« Ils tiendront encore dix ans vos nichons, ma bonne dame »). Quant au script, il se trouve être bien trop ambitieux pour son propre bien, nous causant – alors qu’on en a rien à foutre – d’une élite accrochée à ses privilège, se nourrissant du sang des pauvres pour maintenir leur jeunesse. C’était l’occasion de balancer la Strain dans une baignoire remplie de sang, façon Bathory post-nuke, se frottant les mamelons alors que ça s’échange des coups de hache et que ça se balance des pneus crevés sur la gueule à l’arrière-plan. A la place on se retrouve avec une ambiance de cabaret à peu près aussi affriolante qu’un aprem’ téléfilm de Noël sur M6 et avec des débats plus ou moins agités sur la manière dont on va se débarrasser des obligatoires rebelles venus renverser le nouvel ordre mondial. Si c’est pour voir des gus s’engueuler et se dévisager pendant une heure, autant zapper chez Pascal Praud, au moins ça tape du poing sur la table de temps en temps.

 

 

Le plus triste là-dedans, c’est que malgré ses efforts pour nous divertir – et ceux de ses deux Big Mac pour détourner l’attention et nous faire oublier que Battle Queen 2020 est daubé de chez daubé – la pauvre Julie nous rappelle surtout que, depuis quelques temps maintenant, sa santé tire plutôt la tronche tandis que les annonces de sa mort fleurissaient sur les réseaux il y a peu. C’est pas de sa faute évidemment, mais difficile de ne pas y songer. Jeff Wincott, autre comédien éternellement relégué à la deuxième division, fait aussi de son mieux dans le rôle du leader des élites, tourmenté entre son amour (réciproque) pour Strain, son désir de rester jeune et sa conscience malmenée. Mais rien à faire, on se fait grave chier, ça met 40 minutes pour démarrer et, même une fois rentré dans la danse, il n’y a pas grand-chose à retirer de l’expérience, pénible d’un bout à l’autre. Faites-vous une fleur et allez donc voir ailleurs si la Julie y est, vous ne pourrez de toute façon pas tomber plus bas.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: Daniel D’Or
  • Scénarisation: Billy Hulkower, Michael Druxman, Caron Nightingale, William Bostjancic
  • Production: Roger Corman, Philip Jackson, Daniel D’Or
  • Pays: USA
  • Acteurs: Julie Strain, Jeff Wincott, Brian Frank, Bill Baker
  • Année: 1999-2001

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