Terreurvision n°7

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Le pli est pris maintenant, celui d’une commande incontournable en début d’année, et d’un achat obligatoire pour tous les aficionados de la peur : je veux parler du fan/mag/pro-zine Terreurvision, votre rendez-vous avec la peur ! comme dit l’accroche. Rien ne peut arrêter Nicolas François-Tholozan (Nico Tho sur les réseaux, taulier du fanzine Suspiria au début des années 2000) qui – depuis sept ans déjà – compile et chronique les films de trouille sortis pendant l’année écoulée. Présentement, nous en sommes au n°7, qui revient donc sur l’anno domini 2019. Et quelle année quand on fait les comptes, plutôt riche en pelloches anxiogènes et en films d’épouvante : « les bonnes surprises se sont enchaînées en 2019, à un rythme inhabituel, dont le pic a été atteint aux beaux jours. » On peut croire le Nico et sa bande (Charles Cutterie, Nicolas Montfort et le petit nouveau Mounir Veldoti), qui ont ici sélectionné soixante-quinze titres plutôt édifiants.

 

 

 

Les règles sont toujours les mêmes donc, et les rubriques bien assises désormais. En entrée, Enter the VOD (ou pas), sacrifiée aux meilleurs titres des plateformes – Netflix en tête. Eh oui braves gens, on sait s’adapter dans les burlingues de Terrreurvision, et ajuster sa plume à nos nouvelles habitudes de consommation. Puis le plat substantiel bien sûr, décliné en cinquante reviews carrées de la touffe : à chaque fois, le synopsis, la chronique, la petite fiche tech’, la jauge de l’adrénomètre et la note chiffrée. Ajoutez une photo puis l’affiche du film, et vous avez là le format parfait d’une page estampillée Terreurvision. Pas d’afféteries ni de vains ornements donc ; juste la plume affutée du chroniqueur, qui s’y entend pour transmettre son avis (éclairé) et sa passion (toujours sincère)… Nico Tho en fait un max dans le lot, et l’on s’amuse vite à comparer ses opinions aux nôtres : telle est le charme de Terreurvision, qui nous invite à creuser nos coups de cœur et nos déceptions de l’année. Ainsi du très surestimé Midsommar ou du nullissime Simetierre (le remake j’entends), auxquels on préférera largement le très chouette Nightmare Cinema ou l’excellent Crawl… Tout y passe donc, de la dauberie intégrale à la vraie petite perle, de la sortie plastronneuse (Ca : Chapitre 2) au DTV coolos et (malheureusement) moins reconnu (L’Internat). Pour augmenter les plaisirs, on trouvera aussi évoquées les plus belles sorties Blu-ray/DVD de l’an passé : de celles qui nous poussent à flemmarder sur canapé, de celles qui nous confinent à la maison pour un cinéma de la solitude heureuse, du confort domestique et de la nostalgie franche. Oui, c’est un peu ma définition du bonheur… qu’on put atteindre grâce aux « petits Hitchcock » de la Hammer (Hurler de peur chez ESC Editions), au meilleur du thriller démoniaque (L’Emprise de Sidney J. Furie) ou grâce aux classiques 80’s ressortis de la nuit (Christine chez Carlotta Films).

 

 

Bref, Terreurvision sait traduire le parfum d’une année – faite de hype et de buzz certes, mais scandée aussi par la bonne surprise et la claque en pleine tronche : Brightburn : l’enfant du mal par exemple, ou, mieux encore, Child’s Play : la poupée du mal. Un parfait reboot en l’espèce, de ceux qui dépasseraient presque l’original… Même pas presque finalement, mais très franchement pour tout dire (pas taper SVP !). Il en va ainsi de notre cinéma, jamais avare en surprises, en révolutions et en débats. Le plus dynamique des cinémas en réalité, qui connaît bien sûr ses hauts et ses bas, ses périodes glorieuses et ses parenthèses grises, mais qui embrasse toujours très large dans la galaxie de nos terreurs et de nos fantasmes. Terreurvision est bien la mémoire de cette richesse, zine d’utilité publique en la matière. Et puis la couverture a recouvré son luxe (superbe pour le coup – Nightmare Cinema d’un côté, Child’s Play de l’autre), et le zine son épaisseur (52 pages au menu). Prions maintenant pour que Nicolas continue à éditer son fanzine sur papier, et que l’année 2020 réserve elle aussi son lot de beaux frissons… (Contact : http://www.terreurvision.com/. Le zine est dispo au format PDF au prix de 4 euros, et en version papier au prix de 6 + 3,80 euros de frais de port).

David Didelot

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