Vampire Vixens

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D’ordinaire plutôt suave et enclin à multiplier les amants dans ses cryptes millénaires, le vampire se fait carrément goulu de cul lorsque vient le tour des polissons du Z de Seduction Cinema de repasser sa cape. Celui de Vampire Vixens (2003), suite de The Vampire’s Seduction (1998), ne portera d’ailleurs qu’une courte chape, de celles qui ne cachent pas grand-chose, puisque c’est à la hot hot hot Tina Krause de lui prêter ses formes, qu’il serait préjudiciable de cacher plus de dix secondes…

 

 

Démodées, les morsures ! Et trop antiques, ces forteresses de pierre où des Bela Lugosi et Christopher Lee pincés, le sérieux porté en bandoulière, flottent sans jamais effleurer ne serait-ce que qu’une toile de tarentule. Quant à ces Van Helsing et leurs bagages gorgés de grimoires chrétiens, d’abécédaires démoniaques et de livres de recette miracles pour renvoyer les princes de la nuit dans leurs catafalques, ils méritaient bien qu’on les sorte de leurs basiliques pour leur donner un bon coup de plumeau. C’est tout du moins ce que devaient penser les chenapans de Seduction Cinema, en ces années 2000 affairés à la parodie lubrique de tout et n’importe-quoi. Chez eux, la sword and sorcery selon Tolkien parle de confréries du string, le found-footage façon Blair Witch Project évacue les étudiants au caméscope greffé à la main pour accueillir des bimbos moins effrayées par la présence d’une soi-disant sorcière qu’à l’idée de manquer de crème solaire, King Kong se trouve remercié au profit du libidineux Kinky Kong, et cela fait belle lurette que l’on ne pratique plus la guerre des étoiles mais l’amour inter-galactique dans les locaux de ces artisans le plus souvent défavorisés. Quelques noms appréciés des connaisseurs relèveront éventuellement le niveau, tel le prolifique Jim Wynorski, toujours partant pour déshabiller ses copines dans un chalet loué pour deux jours et demi. Ou même Don Glut, pas vexé de zigzaguer entre les libertines si cela lui permet de ressusciter pharaoniques momies et transylvaniennes chauve-souris. Reste que Seduction Cinema restera moins associé à ces honnêtes faiseurs qu’à ses starlettes en jupons, Misty Mundae étant à coup sûr la plus connue de ces cohortes déculottées et l’argument de vente numéro 1 de cette billetterie du suçon cheap et du coup de langue interdit. Et comme toujours lorsque l’on parle de boîte indépendante tapant dans (et sur?) le classic monster, c’est aux descendants de Dracula de prendre le plus cher, justement parce qu’ils ne le sont pas, cheros. Un faux dentier, des habits sombres (un costume de Batman pensé pour le carnaval de Rio de 1991 fait généralement l’affaire), une comédienne vaguement charismatique et le tour est joué.

 

 

A Tina Krause, grande prêtresse du no budget le plus amateur, d’ainsi montrer les crocs, cette belle brunette prenant le rôle, et l’accent offert avec, de Dracoola, version cool et tits en avant de vous-savez-qui. Une vampirette malheureuse aussi, puisque l’on nous apprend en intro qu’elle fut réduite en cendres par Wally Van Helsing (John Fedele, acteur pour la Série B famélique mais en charge d’effets spéciaux sur de respectables efforts comme The Mist ou Lord of Illusions), version geek et mongoloïde du vampire hunter. Cela va d’ailleurs mieux pour Wally depuis qu’il s’est débarrassé de sa Némésis, le nazebroque aux chemises à pois devenant par magie un séducteur à cravate, cadre dans une firme composée de lèche-culs en costards. Mais on connaît la chanson par coeur : Dracoola ne saurait s’en tenir à son rôle de fond de cendrier, et un péquenot pervers, Eugene Renfield, s’empresse de récolter ses restes, récite deux incantations à la va vite et la ramène à la vie. Mais comme Seduction Cinema et son réalisateur du jour, John Bacchus (The Erotic Witch Project, Play-Mate of the Apes, Bravengers : Age of Buldgetron) n’ont aucun respect pour les vieilles légendes, voilà que la roussette reprend des formes (et quelles formes!) sous le slip tâché de diarrhée de Renfield. La grande classe. Vexée de sa condition, elle vampirise évidemment son nouvel esclave et le pousse à aller liquider Wally, redevenu comme par enchantement le nullard qu’il était jadis. Ce sera tout niveau script, merci bien, et ce sera quasiment tout ce que l’on verra de Dracoola. Elle vole bien dans les airs le temps d’un instant, et le combat tant attendu entre la mistress of the dark et Van Helsing aura lieu (il la piège avec une tartine dans laquelle il a glissé un steak, soit stake en anglais, et soit pieu une fois re-traduit en français. Oui, il schlingue leur jeu de mot). Mais ça s’arrête là, Bacchus ayant d’autres projets pour son Vampire Vixens qu’il souhaite parcouru par le moins de suceurs de sang possible.

 

 

Dracoola fait donc office de parenthèse dans un film pourtant censé être tout à sa gloire, l’occupation première de Bacchus étant plutôt d’envoyer ses Renfield et Van Helsing du pauvre reluquer par la fenêtre si des nénettes ne se tripotent pas dans la joie et la bonne humeur. Et devinez quoi, c’est bien le cas ! L’indispensable Misty Mundae hésite d’une bobine à l’autre entre l’hétérosexualité vécue avec son copain et le lesbianisme immiscé entre elle et ses copines de sororité, tandis que l’incendiaire A.J. Khan, belle blackette vue dans le très chouette Shock-O-Rama de Brett Piper, fait passer des entretiens très physiques pour sa boîte. Sous-entendu qu’elle les invite à raccourcir leurs jupes, à ne pas porter de soutien-gorge, à lui lécher la figue, à se laisser bisouiller la porte de service et vérifie si elles ont le doigté nécessaire pour le job. « Ce n’est là que le protocole » balance-t-elle en plein milieu de l’embauche, et le pire c’est qu’on les croirait presque, elle et ses jolis seins percés. N’empêche qu’on a beau les aimer beaucoup, les Misty et les A.J., et même la pas prude pour un sou Darian Caine (My Vampire Lover, Vampire Queen, Vampire’s Obsession : que des blood sucking movies sérieux comme un bouquin de Zemmour, vous imaginez bien…), tout cela peut lasser si l’on cherche plus qu’une branlette vite faite…

 

 

Niveau horreur, c’est le zéro tout rond, le propos n’étant de toute évidence pas dans les caveaux maudits. Question humour, vous nous verrez plus honteux que réellement hilares, même si la bonne humeur de Vampire Vixens se communique plutôt bien, heureusement pour elle. C’est donc encore et toujours les falzars que ça vise, et principalement celui du vidéovore excité comme un nerd à la sortie d’un nouvel iPhone à l’idée de lorgner sur des scream princess (parler de queens serait un poil exagéré) affalées sur leur sofa à pratiquer des jeux de mains, pas jeux de vilains pour l’occase. A l’heure du porno accessible en deux clics et un zip de braguette, les batifolages de la Misty n’ont probablement plus le même effet sur votre afflux sanguin, surtout lorsqu’à une recherche Google d’ici Hitomi Tanaka libère le Mont Fuji et le Mont Nantai dès qu’elle se dégrafe au-dessus d’un Japonais au sexe brouillé. Reste donc à savoir dans quel camp vous vous situez : chez les frénétiques du coup de poignet, auquel cas Bacchus risque fort de vous être d’une aide moindre. Ou chez ces gastronome du softcore, conscients que s’ils aperçoivent une fente humide ce sera par accident (si la réalisation de Bacchus impressionne, c’est surtout dans sa faculté à laisser le fruit défendu hors du champ ; pas facile quand les filles se trémoussent comme des lionnes, mine de rien), mais prenant leur plaisir dans leur imagination, venue combler les trous – c’est écrit sans mauvais jeu de mots, le film en possédant déjà son lot – de ces ébats bons enfants. Il leur en faudra une large dose, Vampire Vixens n’offrant au final pas grand-chose, si ce n’est l’occasion de vérifier si la fonction « avance rapide » de votre lecteur Blu-Ray fonctionne toujours comme au premier jour.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: John Bacchus
  • Scénarisation: John Bacchus
  • Production: Michael Raso
  • Pays: USA
  • Acteurs: Tina Krause, Misty Mundae, A.J. Khan, Darian Caine
  • Année: 2003

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