Titanic 3 (Aliens vs Titanic)

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Décidément, l’idée de se réserver une couchette à bord du Titanic sera, dans quelques centaines d’années, toujours aussi mauvaise qu’elle pouvait l’être en 1912. Le Titanic 3 (alias Aliens vs Titanic, alias Predator World, 2017) bâti par Jeff Leroy nous le rappelle en envoyant une météorite au cul du soon to be destroyed vaisseau spatial Titan-1c, ses survivants échouant sur une planète déserte où ils devront repousser les avances d’aliens particulièrement salaces. Un monde futuriste peuplé de CGI douteux, de l’ex-pornstar n’ayant rien perdu de ses qualités plastiques (la choupette Bree Olson is on board, guys!), des gros vers de terre qui sortent des nichons de ces dames, du coït interracial entre une Terrienne médium et des monstres recalés au casting de The Predator, du cranium qui explose et en fout partout : tout ce dont manquait le film James Cameron enfin sur nos écrans, en somme.

 

 

Le débat fit rage et était sur toutes les lèvres siliconées lors de la dernière édition des Golden Globes, celle où Ricky Gervais fessa avec le talent qu’on lui connaît le cul de starlettes si embarrassées qu’elles en étaient à deux doigt d’en remettre leur bisque de homard (toutes nos pensées à Tom Hanks, pas loin de mourir sur place) : un film se déroulant dans un Titanic parcourant les galaxies et dont l’intro montre le capitaine en train de jouer avec des camions pompiers, qu’il fait dégringoler des courbes dénudées d’actrices X (Olson et Layla Price font don de leur chair) en faisant des « Bip Bip Bip » ou en tentant d’agripper les tétons des fifilles avec ses joujous, peut-il être raté ? La réponse est bien évidemment « non » et Titanic 3 ne manque pas de le prouver en commençant sur les chapeaux de roue : s’il nous fallait attendre une heure et demie pour que James Cameron daigne enfin mettre un peu de glace dans nos verres et lacérer la coque de son joli bateau, Jeff Leroy n’attend pas. Ainsi, alors qu’ils sont en train de fêter le nouvel an dans le rock et la débauche, l’équipage de la navette Titan-1c découvre qu’un caillou stellaire les suivait d’un peu trop près et vient de les emboutir. Au bord de l’implosion, la grosse chaloupe se retrouve en prime avec des choux de Bruxelles collés sur toutes les vitres, et de ces coques verdâtres sortent d’horribles extra-terrestres s’infiltrant dans les corps humains pour mieux les réduire en bouillie d’ex de Charlie Sheen (le veinard étant, pour rappel, sorti avec Bree Olson). On aurait bien fait un bout de chemin plus long avec la copine Bree, mais l’éternelle pote badass de Leroy qu’est Tasha Tacosa (Giantess Attack, Rat Scratch Fever, Dracula in a Women Prison… plus qu’une régulière du cinoche au Jeff, donc) tient à nous divertir aussi et prend le problème à bras le corps. Pilote connaissant son taf sur le bout du guidon, elle parvient à prendre la fuite à bord d’une petite navette (en 1912, on aurait parlé de canot), embarquant avec elle une médium aux cheveux roses (la jolie Jin N. Tonic, vue dans Exorcism at 60.000 Feet), le beau gosse presque trop parfait avec lequel cette dernière fricote, une vierge à lunettes très cruche, son boyfriend agité du slibard dont le père a inventé une sorte de viagra surpuissant, et un mecton tombé dans les vapes après avoir ingéré quelques-unes des pilules qui refilent une trique d’acier. La fin des ennuis ? Pas vraiment…

 

 

Certes, tout ce beau monde n’a pas grillé avec la quinzaine de malheureux restée à bord – quinzaine parce que Leroy n’a pas le budget de Cameron et qu’il ne peut pas se permettre de peupler décemment son embarcation, qui ressemble dès lors plus à une soirée pyjama dans un container qu’à la vie de croisière – mais les rescapés vont devoir composer avec ces foutus space worms. Sorte de virus échappés de leur planète natale parce qu’elle fut cramée par le soleil, nos limaces ont pour principal talent de pouvoir contrôler le corps et l’esprit de leurs victimes, leur but étant bien évidemment de se reproduire encore et encore jusqu’à envahir la galaxie toute entière. Un programme auquel n’adhèrent pas totalement Tasha Tacosa et ses nouveaux compagnons d’infortune, résolus à écraser les insectes visqueux qui n’en ont qu’après leurs orifices et leur matière grise. Malgré ce que l’un de ses patronymes laisse imaginer, Aliens vs Titanic ne se déroule à l’évidence que fort peu dans le rafiot intergalactique, et préfère la jouer comme les bonnes vieilles Séries B des eighties, façon Biohazard (Fred Olen Ray, 1985). Le casting, réduit à portion congrue, traversera donc une aride contrée où n’ont poussé que quelques buissons clairsemés, dans le plus pur style des creature features de la grande époque. En même temps, qui pour croire réellement que Leroy et son filou de producteur David Sterling (on ne présente plus la bête, vous la connaissez désormais) allaient remaker plan par plan le film catastrophe qui épingla le portrait du petit Leo sur les murs de toutes les adolescentes des nineties ? A moins, bien sûr, de considérer que la partie de baise entre l’aussi pinky que kinky Jin Tonic (ça c’est du nom de scène, bébé!) et le musculeux extra-terrestre à tronche de blatte – moment durant lequel ce taquin de Jeff nous balance une chansonnette presque romantique – soit un vibrant hommage à la célèbre séquence entre la Winslet et le Di Caprio sur leur banquette arrière…

 

 

Nous n’avons par contre pas souvenance que Kate Winslet se mit à cracher des lombrics monstrueux par la vulve après avoir enfin profité de son jeune Italien. Ni que tout l’équipage dont Cameron avait la charge échangeait les bonbons aidant à l’érection comme les gosses se prêtent des cartes Pokémon, le gros du script de Titanic 3 semblant reposer sur les potentiels effets secondaires du médicament. Et notre mémoire peut nous jouer des tours, mais on jurerait qu’aucun alien miniature ne sortait des tétons de la brave Rose, même si le bain froid qu’elle fur forcée de prendre en dernière bobine les avait probablement beaucoup durcis. Faut dire que ce titre Aliens vs Titanic fut sans doute imaginé à la dernière minute par Sterling, le but premier du projet, alors titré Predator World, étant de surfer sur la sortie des nouvelles aventures des gueules de porte-bonheur rasta alors réalisées par Shane Black. Peur de se ramasser un procès derrière l’oreille une fois The Predator sorti ? Allez savoir… La très chouette édition DVD, proposée par la nouvelle enseigne bien de chez nous tapant dans le B et le Z gluant qu’est Bzz Video, nous explique même que le premier jet du scénario et le produit fini n’entretiennent finalement que de lointains rapports, preuve que c’est sur le tard que l’aspect « Titanic » de la chose arriva à bon port. En bref, plus qu’un mockbuster chassant sur les terres des gros succès de jadis, cette guerre des étoiles entre une poignée de miraculés et des streums obsédés sexuels tourne surtout à la vanne grivoise, avec son défilé de poitrines à l’air, de caleçons soulevés par d’irréprimables gaules et son monstre ne pouvant s’empêcher de tâter la poitrine de sa maîtresse alors que celle-ci tente de garder son sérieux.

 

 

Inutile de dire que l’ambiance est plutôt à la rigolade et que, Jeff Leroy oblige, le tout n’est jamais emmerdant. Oui, Titanic 3 subit une petite baisse de régime sur la fin, alors que les protagonistes se croient dans le paranoïaque The Thing et se soupçonnent les uns les autres d’être sous la domination de leur prédateur, le sérieux n’allant guère à l’entreprise. Mais pour le reste, nous sommes aussi heureux de retrouver quelques bouilles indissociables des productions Sterling (l’alors encore obèse Shawn C. Phillips, Tacosa bien sûr, Victoria de Mare…) que de voir que la légendaire générosité de Leroy ne s’effrite pas avec les années. Toujours forcé de composer avec des images de synthèses plus fidèles aux cinémathiques du premier Tekken qu’à celles des nouvelles aventures de la famille Skywalker, il n’en propose pas moins le maximum, alignant les explosions voulues épiques, les miniatures qui volent en éclat, les victimes projetées dans le néant stellaire et les vaisseaux – pas trop mal foutus pour le coup – passant à toute berzingue devant l’écran. Du tout bon en somme, parfaitement souligné par les efforts fournis par Bzz Video (qui ne s’est pas contenté d’une VF et de la VOSTFR et a ajouté les trailers, un avant/après sur les effets spéciaux, un module sur le script et le court-métrage Des Agents très spatiaux). Et osons dire que pour les rats des égouts de l’exploitation comme nous, la sortie de cet Aliens vs Titanic en galette toute française tient du miracle que l’on ne saurait refuser. Merci à l’équipe de Bzz donc, leur travail n’étant pas vain : si nous ne reverrons probablement jamais Titanic selon Cameron, soyez assurés que sa version grindhouse et coquine repassera par nos lecteurs, ne serait-ce que pour reprendre un verre avec Jin N Tonic la bien nommée…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Jeff Leroy
  • Scénario : Keith Parker, Ted Chalmers
  • Production : David S. Sterling
  • Titre Original : Aliens vs Titanic, Predator World
  • Pays : USA
  • Acteurs : Tasha Tacosa, Jin N Tonic, Kelly Erin Decker, Brenton Jones
  • Année :  2017

Pour choper la bête, direction le site de Bzz Video !

 

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