TC 2000

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Billy Blanks, Bolo Yeung, Matthias Hues, Jalal Merhi… Que des bonshommes ne demandant jamais de l’aide à leur maman pour ouvrir le pot de confiture à la framboise, tous réunis autour de TC 2000, que Merhi produit et que réalise T.J. Scott (les séries Gotham et Spartacus). Et pas pour une partie de Puissance 4, cette grosse ratatouille dans laquelle ont été balancés tous les succès de la SF de la fin 90’s/début 80’s misant, vous l’aviez deviné, sur les coups de talons dans la gueule.

 

 

Avec sa petite vingtaine de crédits en tant qu’acteur, dont la quasi-totalité se situe dans la zone « Soldes et Occases » des hypermarchés de la tatane, Jalal Merhi ne peut pas franchement prétendre dîner à la même table que les Lundgren, Van Damme, Norris ou Seagal, qui le prendraient probablement pour le serveur. Mais contrairement à eux, le Jalal n’a jamais eu les chocottes de prendre sa destinée en main, produisant tous ses films ou presque, écrivant ou réalisant à l’occasion, et ce quand il ne s’occupe pas carrément du montage de certaines des séries dans lesquelles il est impliqué. Un bosseur bien éloigné de ces action stars ne sortant de leur caravane que lorsque leur doublure a fini d’enchaîner les cascades et que les gros plans sont enfin de mise. Rien que pour ça, respect doit être rendu à Merhi. Et puis, on peut dire qu’il a carrément découvert T.J. Scott, désormais l’un des rouages les plus actifs de la grande machine à séries. Et qui était bien loin de l’espace infini et des tuniques colorées de Star Trek : Discovery (pour laquelle il a signé une paire d’épisodes) avec TC 2000 (1993), sci-fi movie bien de son époque puisque surfant à la fois sur l’amour qu’a le public pour les karatékas et autres abonnés à la salle de sport, et sur son intérêt grandissant pour la science-fiction âpre et adulte. On va donc transporter Robocop sur les tatamis, et infuser des combats clandestins dans un univers piochant autant dans Terminator que dans Total Recall, Blade Runner et Mad Max 2. De la pompe ? Gentillette alors, car l’entreprise est par définition sans prétention et en a bien conscience, le budget ne permettant jamais à Merhi and co. d’aller piétiner les pompes en cuir du vieux Arnold.

 

 

Reste que le bambin louant fréquemment son lot de VHS ou ayant passé une partie des années 80 dans les salles obscures avait sans doute retrouvé ses petits dans TC 2000 : dans un monde futuriste où la flotte est aussi rare qu’une vanne originale dans un spectacle de Gad Elmaleh, les pauvres vivent à la surface, desséchée, tandis que les plus riches sont parvenus à recréer une cité souterraine. Billy Blanks (Blood Fist, Talons of the Eagle, et des seconds rôles sur quelques blockbos façon Le Dernier Samaritain) et Bobbie Phillips (Back in Action toujours avec Blanks, le Showgirls de Verhoeven) sont chargés de la sécurité de la fameuse cité – dont on ne verra que des recoins d’usine et des salles de surveillance, Série B oblige – fréquemment attaquée par des rebelles menés par Merhi. Et pendant que tout ce beau monde joue au chat et à la souris dans des couloirs gris décorés de tubes en aluminium, leurs supérieurs et Matthias Hues (est-ce que notre grand blond de Dark Angel a déjà joué un gentil?) mettent au point une conspiration pour liquider tous les malheureux vivant au-dessus de leur tête. Blanks le découvre après que sa partenaire soit liquidée, trahie par les siens, et le caractère de fouineur du Billy le pousse vers la sortie, ses chefs l’envoyant se faire foutre, le laissant aller se planquer dans des bidonvilles où Bolo Yeung joue les justiciers. Il n’est pas spoiler que de vous annoncer que les deux vont unir leurs forces pour déjouer les plans des grands méchants, et que Bobbie Phillips n’est pas vraiment morte, transformée qu’elle est en cyborg super forte (et garnie d’un look à mi-chemin entre l’amazone, la spice girl et la pornstar 90’s façon Draghixa), le TC 2000, mais qu’elle ne foutra étonnamment pas grand-chose alors que le film porte tout de même son nom.

 

 

Débutant plutôt mollement et ne bénéficiant au départ d’aucune scène d’action saisissante, TC 2000 est de ces B-movies trouvant leur voie au fil des minutes, de ces petites pelloches terminant mieux qu’elles avaient commencé. Parce que Blanks semble mettre plus de coeur à l’ouvrage dans le dernier acte qu’à la case départ, sortant enfin ses plus beaux mouvements et donnant un os à ronger aux amoureux du coup de coude dans la gueule. Et parce que Merhi et Scott ont bien compris que lorsque l’on a un casting pareil – de seconds rôles, certes, mais reconnaissables et appréciés pour la plupart – il serait criminel de ne pas organiser une grosse mêlée générale en fin de parcours. Ouais c’est cheap, ouais l’androïde ne sert à rien, ouais tout ce beau monde est toujours ceinture jaune d’interprétation, et ouais la bande-son s’emballe parfois et semble plagier le thème principal de Terminator 2, ne se ravisant d’un coup que lorsque les avocats de James Cameron sont en vue. Mais on sent qu’il y a du coeur dans l’affaire, que nos musclés y croient un minimum et ont vraiment essayé d’en donner pour leur fric à leur clientèle à la mâchoire serrée. Bolo est évidemment gonflé à l’hélium et nous sort ses mimiques habituelles, tandis que Billy a toujours l’air d’être un Wesley Snipes resté trop longtemps au four, mais les deux dégagent une sympathie naturelle qui a tôt fait de contaminer TC 2000. Puis ya Matthias Hues en train de distribuer des gnons et qui se bat même contre Bolo, alors c’est deux ou trois points en plus d’office par chez nous !

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : T.J. Scott
  • Scénario : T.J. Scott
  • Production : Jalal Merhi
  • Pays : USA, Canada
  • Acteurs : Billy Blanks, Bolo Yeung, Bobbie Phillips, Jalal Merhi, Matthias Hues
  • Année :  1993

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