Darkside, Les Contes de la Nuit Noire

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Rien de tel qu’une bonne poignée d’histoires horrifiques pour égayer une soirée pyjama ! Et puisque le genre du film à sketchs pue un peu de la gueule depuis quelques années, autant lorgner vers le passé pour en ressortir un Darkside, les Contes de la Nuit Noire certes inégal, c’est la loi du genre, mais méritant sa bonne presse auprès des férus des films segmentés.

 

 

Que vous le demandiez aux horror addicts déguisés en savants fous crachant des blattes en plastoc ou à un Tom Savini que l’on aimerait voir enfin donner vie à son remake de L’Avion de l’Apocalypse, la réponse sera la même : Tales from the Darkside (1990), c’est officieusement le troisième Creepshow. Pas difficile de faire mieux que le risible Creepshow 3 sorti en 2006, mais ces Contes de la Nuit Noire partaient de toute façon avec un sacré avantage. Soit la présence d’une bonne partie des gus à l’origine de la saga, comme George A. Romero et Stephen King à l’écriture, le premier adaptant en scénar’ la nouvelle du deuxième, d’ailleurs à la base prévue pour apparaître dans Creepshow 2. Et puis, si Darkside existe, c’est parce que la fine équipe fut dans l’incapacité dans les eighties de lancer une série télé Creepshow pour une question de droits, les poussant à contourner le problème en se fendant donc d’un Histoires de l’autre monde qui ne varie du projet initial que par son nom. Le succès étant au rendez-vous, rien de plus logique que d’y aller de sa version longue pour trois récits reliés entre eux par le triste sort à venir d’un bambin, kidnappé par une belle blonde bien décidée à le cuir au four pour elle et sa communauté de cannibales. Pour retarder sa cuisson, le gamin se met à lui lire plusieurs histoires, dans l’espoir de la faire changer d’avis…

 

 

La première est également la moins réussie, et ce malgré un argument de poids en la présence d’Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock et Watson étant ici à l’origine de l’affaire via sa nouvelle Lot 249. Soit la réception d’une momie par un étudiant qui se servira d’une incantation pour la ramener à la vie et la pousser à liquider ses ennemis, voleurs de babioles en sa possession ou salauds manigançant contre lui. La routine déjà bien installée depuis les essais de la Universal sur le même thème en somme, avec son manipulateur télécommandant à distance un tas de bandelettes venu du fond des temps pour servir d’instrument de vengeance. Certes, le réalisateur John Harrison (déjà à l’oeuvre sur la série et plus tard sur le Book of Blood selon Clive Barker) utilise plutôt bien son décor estudiantin, et il est amusant de voir s’activer autour du sarcophage un casting composé de futures stars (Steve Buscemi, Julianne Moore et Christian Slater). Et de toute évidence, nous sommes bien contents de pouvoir nous caler sous la langue quelques séquences franchement gore, la momie usant du crochet pour retirer un cerveau par des narines (on ne voit pas tout, mais l’idée a suffisamment de force pour qu’on sache s’en contenter) ou en ouvrant un dos pour y fourrer des fleurs. Alléchant, ce qui n’est guère surprenant vu que Dick Smith et ces Messieurs de KNB sont au générique de Darkside, mais peut-être pas suffisant pour nous sortir d’une tenace impression de déjà-vu, ce massacre à l’égyptienne ressemblant aux autres carnage orchestrés par Anubis déjà sortis avant lui. On dira que l’entreprise commence doucement…

 

 

Fort heureusement, ça se réveille dès le second chapitre, celui plus félin fomenté par King et Romero. Et sur lequel on sent planer le fantôme d’Edgar Allan Poe, un vieux paraplégique ayant fait richesse dans le monde pharmaceutique et ayant tué des milliers de chats pour ses tests recevant la visite mortelle d’un ange vengeur, sous les traits d’un gros minet pas jouette pour un sou. Comme toute sa famille a été dégommée par le monstre aux coussinets, le vioque n’a d’autres choix que de faire appel à un tueur réputé pour qu’il le débarrasse de cette satanée boule de poils. Mieux rythmé, doté d’un joli décor de manoir quasiment à l’abandon et constamment plongé dans la pénombre, ce Cat from Hell restera néanmoins dans les mémoires pour une scène particulièrement dingue, voyant l’animal s’enfoncer dans la bouche d’un malheureux pour mieux l’étouffer de l’intérieur. De quoi modifier légèrement l’image que l’on a de nos amis les bêtes, qui ont rarement semblé aussi diaboliques, et rendre culte un segment du reste sympathique, parenthèse gothique bienvenue dans un Darkside du reste très dans l’air du temps, et donc plus volontiers typé eighties que sixties.

 

 

Le meilleur reste néanmoins à venir avec Lover’s Row, chronique aussi romantique qu’étrange voyant James Remar croiser la route d’une vilaine gargouille, qui décapite le tenancier d’un bar sous ses yeux avant de lui faire promettre de ne rien dire à personne. On n’en dira pas plus, même si cet ultime segment a pour désavantage d’être trop prévisible. Ce qui n’entame en rien sa réussite et le poids de sa conclusion inspirée d’une légende asiatique, aussi cruelle que tristoune, de celles qui laissent un goût amer en bouche bien après la vision et vous donnent envie d’écouter du Alain Bashung en boucle. Une belle réussite et une raison plus que suffisante de faire l’acquisition de ces Contes de la Nuit Noire, globalement bien moulés puisqu’ayant la bonne idée de s’améliorer sketch après sketch. Les mathématiques sont donc rapidement faites et sans l’aide d’un boulier : malgré des scripts souffrant d’un manque d’imagination, les effets superbes (la gargouille et sa transformation resteront dans les annales) et une troupe de comédiens bien composée (les fans des années 80 dans tout ce qu’elles avaient de plus musclé apprécieront l’arrivée de Rae Dawn Chong, éternelle copine de Schwarzy dans Commando) font de ce Darkside un cheval aux sabots solides et méritant bien d’être perçu comme le réel Creepshow 3.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : John Harrison
  • Scénario : Michael McDowell, George A. Romero
  • Production : Richard P. Rubinstein, Mitchell Galin
  • Titre Original : Tales from the Darkside
  • Pays : USA
  • Acteurs : Christian Slater, James Remar, Rae Dawn Chong, Steve Buscemi
  • Année :  1990

2 comments to Darkside, Les Contes de la Nuit Noire

  • grreg  says:

    bonne chronique de ce film un peu tombé aux oubliettes,mais qui tient toujours la route. mes meilleurs voeux a la (dream)team de la crypte,et en esperant que le level soit toujours aussi haut!

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