Midnight Offerings

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S’il est peu probable que les pontes de TF1 décident que vos petites lucarnes manquent de pentagrammes enflammés et d’incantations ténébreuses, il n’en était pas de même au début des années 80 pour la puissante HBO. On le voit avec ce Midnight Offerings venu nous prouver qu’une Teen Witch peut aussi être une Teen Bitch.

 

 

Conseil d’ami, les jeunes : lorsque vous vous mettez à faire du gringue à une demoiselle dans la salle d’études et que celle-ci répond favorablement à vos avances, fouillez tout de même son sac en loucedé, histoire d’être certains qu’aucune tarentule séchée ou bouquin sur la sorcellerie ne s’y trouve. Le sportif David (Patrick Cassidy, ici dans son premier rôle et bientôt un récurrent de la série Dirty Dancing) a joué les curieux un peu trop tard et ne s’est donc pas rendu compte à temps que la Vivian (Melissa Sue Anderson, fichées chez nous pour sa participation au chouette slasher Happy Birthday To Me) avec laquelle il fricote est d’une dangerosité peu commune. Certes, elle n’a pas de balai dans le cul, mais elle pourrait bien en chevaucher un une fois la nuit tombée, la Miss étant la descendante d’une sorcière rangée des voitures. Et lorsque Dave manque de se faire virer de l’école et donc de l’équipe de football dans laquelle il se voyait faire carrière, Vivi chérie s’empresse de s’enfermer dans sa piaule pour y invoquer Satan et faire exploser la voiture du prof menaçant son boyfriend. Comprenant que quelque-chose ne tourne pas rond, David prend ses distances, d’autant qu’il commence à lorgner sur le beau popotin de Robin (Mary Beth McDonough, passée dans le Mortuary de 83), nouvelle arrivante dans l’école. Intolérable pour Vivian, vexée à mort et très décidée à garder son mec rien que pour elle. Et tant pis si elle doit enchaîner les maléfices pour parvenir à ses fins, comme par exemple propulser dans la tombe la gentille Robin. Problème : si celle-ci n’en a pas encore conscience, elle est la septième fille d’une septième fille, un coup du destin lui apportant des pouvoirs magiques à elle aussi.

 

 

Petit TV Movie plutôt oublié par chez nous malgré semble-t-il une sortie en VHS, Midnight Offerings a le mérite de ne pas faire semblant lorsqu’il s’agit de dérouler tout l’attirail du petit sorcier. Pentagramme avec une tête de bouc en son centre, calice contenant probablement autre-chose que du Pepsi Maxx, vieux grimoire bourré de variantes sur la soupe au crapaud, photographie des cibles brûlant une fois jetée dans les flammes, et puis l’inévitable chat noir en train de gueuler à l’arrière pendant le sabbat noir. Peu de risques d’entendre du rock chrétien dans la chambre de Vivian, la mamzelle étant visiblement plus intéressée par Venom et Hellhammer, et il sera difficile de lui donner tort à ce niveau. Elle est cool Vivian d’ailleurs, et si Midnight Offerings se regarde sans déplaisir, c’est grâce à elle et pas autre-chose : les yeux bleus perçant, souvent visible à l’arrière-plan pendant que Robin et Dave échangent des sourires de dragouilleurs, débarquant de nulle-part avec une toge en hurlant, cette bad teenager aurait pu avoir sa place au panthéon des boogeywomen si elle avait eu la chance de se retrouver sur une vraie production cinématographique et non sur un téléfilm, avec tout ce que cela comporte de limitations. Limitations budgétaires d’abord, puisque les attaques de la pactisante n’impressionneront pas grand-monde. Attaque d’un corbeau (que l’on voit à peine puisqu’il fait nuit à ce moment-là), pièce prenant feu, objets virevoltant d’un bout de la pièce à l’autre, cisailles venant se planter non loin du joli minois de Robin… On ne croisait pas les doigts de pied pour avoir un duel de rayons laser comme celui de Boris Karloff et Vincent Price dans Le Corbeau, mais on espérait des séquences fantastiques un peu moins timides tout de même.

 

 

C’est ensuite au script de montrer ses limites. Emballant au départ – car une baston de magiciennes pour un mecton pris au milieu du bordel plus ou moins malgré lui, c’est la promesse d’un teen movie divertissant – Midnight Offerings finit par manquer d’idées et se conclut plutôt platement, alors que Robin et Vivian s’affrontent dans un face à face trop prévisible. Quant au réalisateur Rod Holcomb, eh ben c’est un gars de la telloche. Comprendre que s’il emballe son bordel correctement et dans les temps, il se restreint aussi à un style basique, tel du fantastique en conserve ne créant pas de maux de ventre, mais ne créant jamais la tempête d’arômes espérée non plus. En outre, l’ensemble se fait bien trop bavard, et plutôt que de nous montrer les traumas passés des personnages via des flashbacks que l’on aurait accueillis avec des couronnes de fleurs, les uns et les autres passent les 90 minutes du film à se croire dans le fauteuil d’un psy et racontent donc leurs tristes vies. Seulement gênant à moitié cela dit, car si cette soirée télé garde perpétuellement la tête hors de l’eau, c’est grâce à la présence de comédiens tous très naturels. On y croit, à Midnight Offerings, et l’on s’attache autant à une Robin bien mignonne qu’à une Vivian parfaite en menace à jupette. Un bon comportement qui leur évite donc les mauvaises notes sur le bulletin de fin d’année, à défaut d’enchaîner les 10/10.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Rod Holcomb
  • Scénario : Juanita Bartlett
  • Production : Alex Beaton
  • Pays: USA
  • Acteurs: Melissa Sue Anderson, Mary Beth McDonough, Patrick Cassidy, Marion Ross
  • Année:  1981

 

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