Cheerleader Autopsy

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Jeunes, jolies et mortes : les mamzelles en jupettes de Cheerleader Autopsy (2003) seraient-elles les femmes parfaites ? Elles le sont en tout cas pour deux employés d’une salle d’autopsie, sortes de cousins vaguement éloignés de Beavis et Butt-head, pour qui la vue d’une paire de seins, même refroidis, justifie le rire idiot. Pour une leçon de maintien, on repassera…

 

 

Scream 2, Simetierre 2, La Mutante 2… Un rapide tour sur la page Imdb de Stu Dodge laisse à penser que le bonhomme fut de toutes les suites horrifiques dans les années 90, mais une inspection à la loupe révèle vite qu’il n’était qu’un minuscule rouage de ces grosses machines. Eh oui, pas de bol pour le gazier, mais s’il a bien foulé les plateaux et peut-être croisé la charmante Neve Campbell ou l’incendiaire Natasha Henstridge, c’était en tant que chauffeur ou parce qu’il transportait des câbles d’un bout à l’autre du set. Pas l’idéal pour percer, même si ça donne toujours de la gueule sur un C.V. d’avoir bossé, même lointainement, pour Wes Craven. On comprend dès lors que Dodge ait décidé de prendre sa destinée en main et de se lancer dans l’enfer du Guerilla Filmmaking via la vaste blague Cheerleader Autopsy, grasse comme les pets d’une armée de déménageurs polonais. La preuve : la boîte de prod. créée pour l’occasion est nommée Stinky Pictures (soit « les films qui puent » pour ceux qui ne parlent pas couramment le Donald Trump) et affiche pour tout logo le célèbre Penseur de Rhodes affairé sur les chiottes. Stu Dodge aurait voulu nous dire qu’il va nous refourguer de la merde qu’il ne s’y serait pas pris autrement… Et nous ne l’aurions pas contredit sur ce point, tant sa première œuvre (suivra en 2011 le pas plus sérieux Nerd of the Living Dead) nous laisse les doigts collants et malodorants, avec cette désagréables sensation que le PQ vient de trouer et qu’il va nous falloir courir jusqu’au lavabo en prenant soin de ne pas nous gratter le menton durant au moins quelques secondes. Ne vous méprenez pas pour autant : yep, Cheerleader Autospy is shit, but it’s good shit !

 

 

Le fécal et les trous de balle, c’est donc son truc à Dodge, qui malgré son nom n’en manque pas une, puisqu’il lance sa carrière sur les flatulences d’un conducteur de car scolaire, qui ne trouve rien de mieux à faire que se soulager à répétition dans la casquette d’un coach. Celui de la maigre équipe de cheerleaders d’un petit patelin, en route pour une compétition nationale où elles espèrent remporter une coupe dorée. Après avoir fait un dernier salut à leurs fans, soit une dizaine de péquenots (des rednecks ne carburant qu’à la bière bon marché et des vieilles s’insultant de « bitch » tous les deux mots), la troupe prend la route tandis que Dodge quitte les couettes de ses pom-pom girls pour s’intéresser au cas de deux étudiants en médecine légal. Enfin, étudiants… Plus pour très longtemps, car coupables de n’en avoir pas foutu un rame de l’année et d’avoir ramené les cadavres des plus séduisantes jeunes filles pour les culbuter dans leur piaule, les deux zigs sont sur le point d’être virés. Heureusement pour Blain (Brian D. Smith, scénariste du bon Beneath, le lac noir), le plus débrouillard et sérieux des deux, il peut compter sur l’aide de son oncle Clyde Prunus (ça ne s’invente pas), médecin légiste de profession qui embauche son neveu sans faire d’histoires. Mais Blain, un peu glandeur mais pas mauvais garçon pour autant, tombe très vite de haut : le Clyde (Brian C. Smith, que l’on suppose être le père de l’autre, croisé dans la suite de Cocoon) est un pervers en puissance, jamais en manque d’une bonne blague noire aux dépends des défunts, qu’il charcute gaiement pour mieux revendre leur viande morte à une entreprise fabriquant de la bouffe pour chien. Et comme si les lieux n’étaient pas déjà assez déjantés ainsi, l’homme de ménage est un autiste équipé d’un micro-pénis…

 

 

Cheerleader Autopsy commence à peine qu’il a déjà cumulé plus de mauvais goût que six saisons de South Park réunies, et sa propension à toujours foncer la tête la première dans les gags visant sous la ceinture ferait passer Poultrygeist pour Miss Daisy et son Chauffeur. Etonnant d’ailleurs que cette grosse zéderie ne soit pas tombée sur le catalogue de la Troma, tant la mentalité « ya rien de plus drôle qu’un zob putréfié et qu’un prout au jus résonnant dans un slip troué » de Stu Dodge semblait suffisamment odorante pour attirer ce vieux renard de Lloyd Kaufman. Clebs pissant sur sa maîtresse avant d’être jeté à la poubelle, plans nichons gratos, persos débitant des dialogues non-sensiques, médecins légistes se retrouvant avec des gaules de 50 centimètres en reluquant la poitrine d’une cocotte décédée… Tout est bien à sa place, merci. Et évidemment, le titre vendant la mèche, les danseuses finiront leur route chez les Prunus, le bus censé les amener à leur compet’ explosant en cours de route suite aux tirs d’un vieux bouseux trop alcoolisé. C’est ballot. Sauf pour Clyde Prunus, heureux comme un gosse à deux jours de la St Nicolas d’avoir de la chair fraîche qu’il pourra revendre à ses amis spécialisés dans la bouillie pour clébard. Même le concierge y trouvera son compte : puisque le chauffeur du bus, carbonisé partout si ce n’est au niveau du maillot, a un gourdin de taille raisonnable, rien ne s’oppose à ce qu’il remplace son pois chiche par ce gros morceau de boudin blanc. Si c’est de subtilité dont vous avez besoin, va falloir creuser plus loin, sorry. Et d’ailleurs, si c’est le vomissement que vous traquez, vous feriez bien de vous enfoncer deux doigts dans la gorge dès maintenant, car même si Dodge ne se retient jamais quand il s’agit de montrer des corps démembrés ou des fœtus cannés, les effets sont si mal foutus qu’on ne risque jamais de voir ses tartines de midi faire le trajet inverse.

 

 

Bref, on est pas tout à fait dans le frigidaire plein de macchabées flippants du génial The Autopsy of Jane Doe. Mais on n’est pas mal installés non plus dans cette tornade de gags caca-prout, pleine de bonne humeur, portée par un Brian C. Smith franchement drôle et dont le gore, bien que très orienté plastoc pas crédible, fait battre nos petits coeurs de metalheads toujours ravis de tomber sur une pochette de The County Medical Examiners, Dead Infection ou Carcass. Cheerleader Autopsy est d’ailleurs le pendant cinématographique parfait du grindgore : c’est con comme la lune, diététique comme un cheeseburger à cinq étages, mal foutu d’un point de vue technique (mais sans faire trop amateur non plus), la répétition y est volontaire et la crétinerie élevée au rang d’art. Et c’est sans doute pour tout ça qu’on a adoré, à dire vrai…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Stu Dodge
  • Scénario :  Stu Dodge
  • Production: Stu Dodge, Tatiana Komlos, Brian D. Smith
  • Pays: USA
  • Acteurs: Brian D. Smith, Brian C. Smith, Josh Latta, Misty Kapp
  • Année: 2003

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