Glutors (Seedpeople)

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Que font Charles Band et ses troupes lorsqu’ils n’ont plus d’idées à peu près originales à infuser dans leurs 37 productions prévues pour l’année ? Eh ben ils vont puiser dans les classiques de l’épouvante ou de la science-fiction, pardi ! Et après La Belle et la Bête passé à la moulinette Full Moon pour les besoins de Meridian, c’est à L’Invasion des Profanateurs de se payer un gros relooking via Glutors (1992), version potagère pas tout à fait satisfaisante. Mais on s’y attendait…

 

 

Car on ne va pas se mentir, sur Toxic Crypt ça fait bien longtemps qu’on ne bande plus dur à l’idée de nous envoyer une production du vieux Charlie, tant celles-ci se montrent le plus souvent ternes, exsangues et dénuées de qualité. Si ce n’est celle, éventuellement, de ne durer bien souvent que 75 minutes et de devenir alors le parfait bouche-trou dans une journée. Mais ça va rarement plus loin, à plus forte raison lorsque l’on se penche sur le cas des pelloches usinées à partir de la deuxième moitié des années 90, proprement irregardables sans un bon oreiller. Trop fauchés pour assurer le spectacle, mais encore trop pros pour se parer du doux charme que peuvent posséder les véritables zéderies tournées dans un coin de cagibi. Alors pourquoi y revenir à intervalles réguliers si l’on sait que l’on va se coltiner une heure et quart de lieux communs de la Série B ricaine ? Parce que l’on garde encore des souvenirs émus des premiers efforts du studio comme les trois premiers Puppet Master, et parce que ce Glutors (on préférera le titre VO Seedpeople, plus parlant) nous fait franchement de l’oeil avec ses trois craignos monsters perdus dans une forêt noire. Puis à la barre se trouve Peter Manoogian, auquel on doit quelques belles heures d’Empire comme Arena ou Eliminators, ou cet agréable bande de jouets pas zentils qu’est Demonic Toys. Ca rassure toujours plus que de voir Charles Band au poste de réalisateur, le gazier s’en tenant cette fois à son rôle de producteur et d’« imaginateur », puisqu’il laisse la rédaction du scénario à Jackson Barr, déjà au script sur Trancers II et Subspecies. Bon, ça n’empêche pas que les clichés seront alignés en rang d’oignons quand même : invasion from outer space, grand remplacement, bestioles perfides capables de manipuler les cervelets, héros les plus au courant de la menace qui passent aux yeux du reste du casting pour de sombres zinzins (on a même droit au vieux fou vivant à l’écart de la civilisation) et twist final que tout le monde aura deviné avant même d’avoir appuyé sur le bouton « play ».

 

 

Autant dire que Seedpeople ne risquait guère de faire pousser des fruits particulièrement juteux, et on pourrait presque considérer que le petit patelin attaqué par des extra-terrestres (trois pour être précis, plus c’était trop chéros pour Mister Band) est lui aussi emprunté ailleurs, tant on y ressent un feeling à la Stephen King. Il aurait suffit que le personnage principal, un géologue incarné par Sam Hennings (Aviator, Drop Zone), ait une tendance à se noyer dans un verre de whisky chaque matin pour que l’on se pense atterris dans Le Maine, tiens. C’est pourtant à Comet Valley que germent des bestioles ressemblant à des jouets pour chats avec des yeux plus ou moins globuleux selon les cas, et commencent donc à manipuler les esprits pour assurer leur conquête de la Terre. Classique. Tout comme le déroulé des évènements : notre expert des cailloux sera d’abord un peu sceptique lorsqu’une gamine affolée lui expliquera qu’il s’en passe des drôles dans les bois alentours, il comprendra que le danger est réel en croisant un espèce de Critters (le principe du streum se changeant en boule de poils pour rouler à vive allure étant ici « emprunté »), tentera à son tour de convaincre les siens, en vain bien sûr, et à dix minutes de la fin tout le patelin ou presque sera sous le contrôle des cosses diaboliques, laissant le chevalier du jour seul avec un vieux papy dingo pour empêcher notre planète de devenir un gigantesque jardin plein de petits pois noirs de la taille de grosses citrouille. La routine en somme, et elle ne serait pas si triste si Seedpeople nous mettait dans l’assiette autre-chose que deux pauvres scènes voyant un mec être attaqué par un arbre qui lui dégueule du pop-corn dessus (dans le film c’est probablement du pollen, mais à l’écran on dirait que quelqu’un à oublié de mettre le couvercle sur sa poêlée de maïs) et un autre recouvert de chantilly (on peut supposer que c’est plutôt une sorte de sécrétion ou de la sève dans l’histoire). Ca fait peu, mais on se doutait que ce n’était pas dans la gargote du bandit Charlie que l’on aurait autre-chose que deux radis et trois cacahuètes à se caler sous les dents de sagesse…

 

 

Ne tirons pas à vue sur Glutors pour autant : bien que globalement faiblard, le tout est tout de même largement plus appréciable que des ratages façon Le Cerveau de la Famille ou The Creeps, n’ennuie pas réellement et saura satisfaire l’amateur de gloumoutes cheesy. A ce niveau, on ne peut que reconnaître le courage de Manoogian, à coup sûr conscient que ses bestioles ne foutraient pas la pétoche à un nouveau-né, mais brave au point de les montrer aussi fréquemment que possible. Tant mieux, car il n’y a rien de pire qu’un creature feature au scénario déjà-vu ailleurs (et en mieux dans la majorité des cas) et aux acteurs médiocres qui ne prend même pas le parti de déballer ses chimères dès que l’occasion se présente. Une générosité relative dans le cas de Seedpeople, mais c’est elle qui sauve les miches de cette Série B passable et trop ordinaire.

Rigs Mordo

Thanks au bro Jay pour le dvd !

 

 

  • Réalisation : Peter Manoogian
  • Scénarisation : Jackson Barr
  • Production : Charles Band
  • Pays : USA
  • Acteurs : Sam Hennings, Andrea Roth, Bernard Kates, Holly Fields
  • Année : 1992

2 comments to Glutors (Seedpeople)

  • Christian Dickinstone  says:

    De nada amigo !

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