Bait

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Ya des jours comme ça où vaut mieux pas filer au supermarché pour faire le plein de jus d’orange : dans Bait, non seulement employés et clients d’une supérette en bord de mer sont coincés entre la boucherie et la boulangerie suite à un tsunami, mais en plus il faut que des requins viennent faire leurs emplettes le jour même !

 

 

Russell Mulcahy restera toujours une promesse non-tenue : malgré quelques Séries B de premier choix armées du savoir-faire de l’Australien pour créer une ambiance (Razorback et Silent Trigger avec Lundgren, au hasard) et un gros succès que l’on n’apprécie pas trop par ici mais qui fait toujours bien sur le CV (Highlander, of course), le kangourou s’est très vite embourbé dans des boulots alimentaires de bas étage. On ne cause bien évidemment pas là des nombreux clips qu’on lui doit (principalement pour Duran Duran et Elton John), mais plutôt des séries télé pas terribles qu’il enchaîne depuis un moment et de ces DTV pas bandants à la Le Roi Scorpion 2: guerrier de légende (2008). Très pris par Teen Wolf, série populaire chez les ados reprenant le film avec Michael J. Fox pour en enlever le fun et en faire un truc dark et larmoyant, Mulcahy en est même réduit en 2012 à passer la main sur Bait, l’un de ses propres projets (il le scénarise), qu’il refile à son compatriote Kimble Rendall. Pas un nouveau venu question cinoche, et les slasherophiles se souviennent forcément de son consommable Cut (2000) avec Kylie Minogue. Entre les deux, le Kimble aura surtout joué les réalisateurs de seconde équipe sur de gros blockbo pétés de thunes, comme deux Matrix, I, Robot ou Ghost Rider, ce qui fait du long-métrage du jour un retour bienvenu à la mise-en-scène d’un long horrifique. Car Bait, c’est un peu la rencontre entre Les Dents de la Mer (qui dit requin dit Jaws, c’est bien connu) et les bandes où un groupe de personnes se retrouve bloqué dans des magasins, façon Zombie ou The Mist.

 

 

Ca débute donc comme un film catastrophe avec la tasse que se boit toute une ville lorsqu’un tsunami arrive, et ça continue comme un survival d’épouvante lorsque quelques malheureux se perchent sur des rayonnages ou des bagnoles pour éviter de servir de casse-dalle à deux squales. Des survivants pour qui il sera bien sûr compliqué de s’entendre, car un braquage eut lieu peu avant l’arrivée de la vague, créant des tensions bien compréhensibles entre le service d’ordre et les cagoulards. Bait sentirait-il le cliché ? Oui et ça ne s’arrête pas là, puisque serons aussi rameutés le patron de magasin égoïste, la fifille rebelle qui ne veut plus causer à son keuf de père, pour sa part une sorte de Bruce Willis du pauvre, la brune qui craque pour le braqueur taiseux et occupé à se la jouer badass (l’impassible Julian McMahon de Nip/Tuck), la blonde à la Paris Hilton venue avec son clebs qui fait la taille d’un haricot vert, son mec encore plus con que le clébard, et le preux héros, tourmenté depuis que son beau-frère s’est fait becter par un fucking white shark. On vous le donne en mille, la nénette qu’il devait épouser (Sharni Vinson, plus fadasse ici que dans You’re Next) est de la partie et les deux ne savent pas trop comment briser la glace… Bon, on va pas se mentir, on n’attendait pas vraiment de Bait autre-chose qu’un sharksploitation moderne, ne se prenant pas trop au sérieux, avec une patine à la Destination Finale (c’est un peu ce qu’évoquait le trailer) et du gore digital n’entraînant peut-être jamais la nausée mais permettant des prises de vues compliquées en live. On ne s’est pas trompé à ce niveau : c’est pas du Fulci mais bien du David Richard Ellis, avec ses poussées de violence en CGI, comme un mec coupé en deux ou une hélice se plantant dans un visage. De la brutalité proprette et qui ne fait jamais mal, assez typique des prods un brin ambitieuses de ces dernières années, et misant largement sur le relief, Bait étant sorti en 3D.

 

 

D’où la sensation d’avoir plus affaire à une démo technique qu’à une véritable Série B franche du collier, et celle d’être installé dans une attraction plus que devant un film, d’avoir affaire à une série de propulsions de trucs vers l’écran (des piafs, des crabes, des membres mâchouillés, la poiscaille dentée évidemment) plus que devant un récit en bonne et due forme. Forcément dommage, car si on ne s’ennuie pas réellement, le rythme étant correct, on ne se passionne pas non plus, la faute à des personnages trop creux, que Mulcahy et Rendall n’osent même pas changer en bouffe de squale. Bizarre tout de même de bénéficier d’un casting assez conséquent et de ne pas en profiter pour en déchiqueter plus de la moitié, seuls les protagonistes un peu négatifs finissant dans les bides des rois des mers. Pour le moins frustrant, d’autant qu’il est impossible de se raccrocher complètement à la patine visuelle de l’ensemble, car si Rendall offre un boulot correct, les CGI sont franchement inégaux, avec quelques requins pas très crédibles et un ou deux plans de l’océan indignes du Pixar d’il y a 20 ans. Constat amer donc : le minimum syndical est respecté, mais on était quand même en droit d’attendre plus des gars derrière Bait, qui nous laisse donc un peu secs…

Rigs Mordo

Merci au bro Jérôme !

 

 

  • Réalisation : Wallace Fox
  • Scénarisation : Harvey Gates
  • Production : Sam Katzman, Jack Dietz
  • Pays : Australie, Chine
  • Acteurs : Sharni Vinson, Julian McMahon, Xavier Samuel, Dan Wyllie
  • Année : 2012

2 comments to Bait

  • Roggy  says:

    C’est vrai que le film ne vole pas très haut, mais il reste divertissant avec quelques séquences sympathiques.

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