Killer Crocodile 2

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Back to the swamps ! On l’avait dit à la fin de la chronique de Killer Crocodile : ce n’était qu’une question de temps avant que l’on se penche sur le cas de sa suite, tournée en même temps que son modèle. Mais par un réalisateur différent toutefois, Fabrizio de Angelis laissant sa place à son maquilleur sur le premier, Giannetto de Rossi. L’occasion d’aller encore plus loin dans le gore ? Ben pas vraiment…

 

 

S’il y a un plaisir de fantasticophiles qui s’est perdu au fil du temps, c’est bien celui de tomber sur un titre de film simple et direct comme un coup de coude dans les gencives. Prenez Killer Crocodile 2, à la fois patronyme de cette énième bisserie ritale faisant son beurre sur le dos de Spielberg et sur l’aileron de son Bruce, concept résumé en deux mots claquant à l’oreille comme un bon riff d’Iron Maiden, synopsis quasi-entier du bidule et même le scénario au complet. Car oui, Killer Crocodile 2 est la suite de Killer Crocodile 1, parle d’un crocodile tueur… et c’est à peu près tout. Pas de grand brainstorming pour le pitch, pas d’originalité particulière à pointer du doigt, juste le plaisir pour le nabab Fabrizio de Angelis de produire une suite à sa propre bobine dans la foulée de celle-ci. Après tout, pourquoi se priver ? Le public ne s’est pas encore totalement lassé des terreurs aquatiques, relancé fréquemment qu’il est par les nouveaux volets de Jaws, et cela permet de profiter de la présence sur les lieux des uniques survivants du premier chapitre. Soit Anthony Crenna et Ennio Girolami, de retour dans la flotte brunie du croco pour venir en aide à une pauvre journaliste (Debra Karr) envoyée sur les lieux pour écrire un papier sur les agissements d’un promoteur véreux, parti construire une station balnéaire sur un nid de bidons radioactifs. Et comme le reptile du premier épisode avait eu le temps de pondre un œuf, sa progéniture, tout aussi dangereuse que lui, prend le relais et s’en va mordiller les cuisses de figurants ne nageant pas assez vite. Ce sera tout pour le script, réduit à sa plus simple expression et parti pêcher, c’est une coutume dans le genre, toutes ses sous-intrigues dans Les Dents de la Mer. Eventuellement plus pessimistes que le Tonton Spielby et sa horde de suiveurs, les scénaristes/copieurs que sont De Angelis, De Rossi et l’indécrottable Dardano Sachetti se distinguent éventuellement par un casting composé à 95 % de pourris. Riche gaillard promettant que les marmots pourront se baigner dans la joie et la bonne humeur alors qu’il sait très bien que les fûts radioactifs séjournent au fond de la flotte, autochtones violeurs, brigands vidant leur chargeurs sur de vieux reporters, journalistes pimbêches ; Killer Crocodile deuxième du nom présente l’humanité comme un amas de malhonnêteté, au point que le personnage le moins antipathique du lot est encore la bestiole.

 

 

On exagère un brin, car cette vieille baderne de Girolami reste sympatoche en vieux loup de mer – ou plutôt en sangsue des marais -, tandis que cette barbe rousse d’Anthony Crenna a gagné quelques points de charisme depuis le film précédent. Et même si elle écope du rôle par définition ingrat de la citadine en détresse et un peu soûlante sur les bords, Debra Karr s’en sort en n’hésitant pas à sortir son petit canif lorsque nécessaire, notamment pour menacer un saligaud en train de lui déballer son service trois pièces sous le nez. Mais la star, c’est encore et toujours l’animal, ici pas mieux foutu qu’auparavant, et peut-être même un peu plus craignos qu’en 89, mais que les Italiens n’hésitent jamais à cadrer sous toutes les coutures. Bien loin de ces B-Movies ne montrant de leur monstre qu’un bout de patte, Killer Crocodile 2 y va à fond dès le départ, et se permet quelques séquences mi-cools mi-ratées voyant la bête traverser une cabane ou Crenna faire du rodéo sur son dos. Une dernière séquence hilarante s’il en est, conclue par l’indispensable explosion du reptile, nourri à la dynamite. Pas mal mais un peu classique, surtout après le final du premier film, lors duquel le même Crenna balança une hélice de bateau dans la gueule béante de son adversaire. D’ailleurs, cette séquelle est de manière générale nettement moins généreuse que son aîné. Déjà moins rythmée, les attaques du saurien étant plus espacées que jadis, Killer Croc’ Two a la mauvaise idée de se faire moins trashouille et gore. Etonnant lorsque l’on sait que c’est le maquilleur de L’Au-Delà qui tenait la barre, De Rossi n’étant pas connu pour se contenter de ces éternels bouillons de grenadine sortant de l’eau ou d’un banal corps sans tête… Et pourtant, l’une de ses rares réalisations est quasiment exsangue, ou en tout cas bien trop sage pour faire honneur aux attentes des spectateurs, venus dans sa boucherie avec l’espoir d’avoir de la blanquette de veau saignante. Las, on est repartis avec trois radis et deux haricots verts… La sanction n’en sera que plus dure : alors que l’on se voyait bien ressortir le premier Killer Crocodile de temps à autres, il paraît évident que celui-ci ne reverrait plus jamais la couleur de nos lecteurs s’il n’était pas planté sur le même disque que son grand frère. Du bis paresseux aisément contournable, pour faire bref.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Giannetto De Rossi
  • Scénarisation : Fabrizio De Angelis, Dardano Sacchetti, Giannetto De Rossi
  • Production : Fabrizio De Angelis, Camillo Teti
  • Pays : Italie
  • Acteurs : Richard Anthony Crenna, Ennio Girolami, Debra Karr
  • Année : 1990

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