Ancient Evil : Scream of the Mummy

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Dans le bel univers de la Série Z, il n’est jamais nécessaire de sortir les pieds de biche pour fracturer les sarcophages de nos vieilles momies : celles-ci sortent d’elles-mêmes pour répandre leurs malédictions sur de beaux sportifs en caleçon. Ben oui, David DeCoteau oblige, les vieux archéologues moustachus sont troqués par de jeunes gaillards qui n’ont pas de chapeau à la Indy ou de loupe en main, mais un gros paquet dans le slibard… Ancient Evil : Scream of the Mummy, la version LGBT du classique avec Boris Karloff ? Même pas !

 

 

Ben oui, n’ayant pas encore tout à fait pris son envol, et donc avec encore une patte dans le nid de Charles Band (qui aurait placé quelques fonds dans la présente pelloche), ce DTV plutôt mineur dans la longue filmographie (150 titres, qui dit mieux?) du poto Dave n’ose pas encore huiler les torses de ses mâles. Une seule séquence apportera donc l’attendue DeCoteau’s Touch, avec la discussions dans leur chambrées de quelques gaillards, dont un torse nu et portant un boxer blanc comme le réalisateur les apprécie tant. Est-ce à dire que c’est la foire à la forte poitrine et la kermesse du téton le reste du temps ? Non, bien sûr, et le pauvre DeCoteau n’a probablement pas assez de billets verts en poche pour motiver ses actrices débutantes à adopter la tenue d’Eve. D’ailleurs, il n’a pas de fric pour grand-chose, Ancient Evil : Scream of The Mummy (1999) puant la misère à tous les niveaux. Oubliez donc les temples et pyramides, les flashbacks historiques avec sacrifices sur des autels de pierre et les fouilles dans des souterrains colonisés par les plus venimeux scorpions, le mythe du revenant aux bandelettes selon Rapid Heart Pictures, propre boîte du David, c’est plutôt La Villa des Coeurs Brisés. Ainsi, c’est en bord de piscine dans une maison à peu près luxueuse, que l’on tente de nous vendre comme un institut où sera exposée une momie aztèque et toute sa bijouterie, que se déroulera toute l’action. Enfin, « action », c’est vite dit puisque la première moitié du bouzin se concentrera en bonne partie sur les problèmes de coeur des différents clichés ambulants, venus tournicoter autour du pauvre cadavre asséché et sorti de sa tombe pour servir d’attraction locale.

 

 

Ainsi, le gros lourdaud de service, blagueur à ses heures et suffisamment instruit pour être invité au plateau de Morandini, se demande comment il pourrait ramener l’étudiante sexy et studieuse dans ses loges, tandis que l’inévitable nerd bigleux essaie tant bien que mal de faire comprendre à la rousse un peu bécasse qu’il la trouve charmante. Envoyez 2 si vous souhaitez éliminer machin, et balancez votre téléviseur par la fenêtre et retournez jeter un œil, sinon les deux, dans les catalogues de la Hammer ou de la Universal pour avoir votre dose de monstre sableux. Non pas que la momie reste allongée tout du long de ces 80 minutes qui semblent durer des semaines, elle finit par se réveiller lorsque le geek se rend compte qu’il est en fait le descendant d’un grand prêtre et qu’il lui suffit de quelques vers obscurs pour faire du zombie son fidèle serviteur. Et vu que le garçon en a marre que ses camarades murmurent « loser » sur son passage et que les filles ne le voient pas comme un candidat potentiel aux jeux de l’amour, il va comme de juste utiliser son nouveau pote vieux de plusieurs milliers d’années pour obtenir vengeance et plonger le monde entier dans les ténèbres, à la faveur d’une vieille prophétie. Rien que ça. Epique sur le papier, mais plus que paresseux à l’écran, puisque l’ensemble se résume à un défilé d’allées et venues, de portes qui claquent, de teenagers jouant très mal engouffrés dans des tunnels de dialogues dont on ne voit jamais le bout. Et le tout sans jamais avoir recours aux effets gorasses, si ce n’est la découverte d’un corps badigeonné de jus de cerise et un autre avec le coeur arraché. Autant dire que le pauvre, dans tous les sens du terme, Ancient Evil ne pisse pas loin… et se fait carrément dans les bandelettes.

 

 

C’est d’ailleurs pas compliqué : si l’on ne savait pas que le brave DeCoteau avait torché dans les mêmes eaux quelques B-Movies appréciables, comme le Talisman de la Full Moon, on en viendrait à penser que dès l’instant où il n’a plus pu profiter des charmes de ses chères Scream Queen (Bauer, Stevens et Quigley) pour faire diversion, il n’est plus parvenu à faire illusion. Et malgré tout le respect que l’on a pour le bonhomme venu sur Terre pour nous offrir des délices comme Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama – ce qui en fait automatiquement un saint à nos yeux – force est de reconnaître que son Scream of The Mummy n’est à aucun moment divertissant ou même agréable. Tout juste apprécierons-nous la momie du titre, et pas forcément pour de bonnes raisons : un peu boulotte, voire même fat sous certains angles, on peine à croire qu’elle s’est déshydratée depuis plusieurs siècles. Et ça nous fait bien rigoler. Vous voyez à quoi on en est rendus pour essayer de trouver un point positif à cette vilaine compote de scarabées…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation: David DeCoteau
  • Scénarisation: Matthew Jason Walsh
  • Production: David DeCoteau, Sam Irvin, David Silberg
  • Pays: USA
  • Acteurs: Jeff Peterson, Trent Latta, Michele Nordin, Brenda Blondell
  • Année: 1999

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