Trash Times Numéro 19

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Les temps sont durs certes, mais les temps sont trash : Trash Times opus 19 donc, qui s’étale sur nos étals en ce printemps 2019, après un crowdfunding Ulule couronné de succès. Les livres, les films et les zines désormais, au bon vouloir du financement public et de contributeurs généreux… Bon, chacun fait ce qui lui plaît comme disait l’autre, et chacun fait comme il peut surtout, car il est vrai que l’accouchement d’un fanzine – aussi beau que celui-ci – ratiboise vite question picaillons. Seul compte le résultat de toute manière : en un mot, pourvu qu’on ait l’ivresse et qu’importe l’alambic.

 

Avec le taulier Guillaume Richard et son quarteron de profanateurs, peu de risques d’être déçu : à l’automne 2016, l’ami Guillaume avait fabriqué un ahurissant n°17, sacrifié à la Satansploitation tous azimuts… A mes yeux, un volume définitif et déjà culte. Puis à l’été 2017, Trash Times revenait explorer les chapelles de la sous-culture avec le même brio et la même maestria : plat principal de ce tout jaune n° 18, le célèbre Santo, histoire de commémorer dignement le centenaire de sa naissance. Cette fois, Trash Times sacrifie au macho women comme il est dit sur la couv’, déclinées d’abord en un superbe dossier Andy Sidaris (le gros du numéro). Cédric Vancayseele retrace donc le parcours de ce petit maître de la série B, réalisateur définitivement 80’s (et 90’s), dont les trois B firent merveille en sa filmographie : Bullets, Bombs and Babes ! Et si l’on cause Babes (and Boobs !), il y a du monde au balcon chez le regretté Andy : Dona Speir et Julie Strain en tête, mise à l’honneur dans ledit papelard, et c’est très bien ainsi. Tout y passe donc : les débuts, l’aventure Malibu Bay Films, la galerie de playmates et l’inventaire des films commis par Andy, passés au scalpel de Cédric. L’approche est tout à la fois narrative et transversale, qui rend le dossier particulièrement agréable à lire – informatif autant qu’ »analytique » pourrait-on dire. Toujours est-il que le réalisateur de Seven et de Piège Mortel à Hawaï méritait bien ces douze pages d’hommage, parfaitement illustrées de surcroît, et conclues par une petite interview de la veuve d’Andy, Arlene Sidaris (productrice de son époux). Encore une fois, Trash Times débroussaille donc un territoire peu visité du B-Movie, et c’est bien là l’essentiel.

 

Pour faire bonne mesure – et coller aux mensurations de la gonzesse badass – Guillaume enquille quelques papiers improbables dont ce fanzine eut toujours le secret : tout est dans tout quand on lit Trash Times, et l’on ne s’interdit pas de causer catch féminin (l’incroyable série G.L.O.W. !) comics Marvel du « Monster Age » (Satana – succédané damné de Vampirella), rock band féminin topless qu’on découvrit dans le très putassier The Wild Wild World of Jayne Mansfield (The Ladybirds), sans oublier ce nouveau détour par la série B avec la petite carrière de Candice Rialson (étoile filante de la New World Picture).
Bref, on eût bien voulu que ça dure encore et encore, mais le numéro se clôt cette fois à la trente-et-unième page. Un peu court ? Oui et non, tant les pages de Trash Times sont d’une densité rare, bourrées jusqu’à la glotte d’infos et de photos. Comme on sait, ce n’est pas la longueur qui compte, d’autant qu’on retrouvera les rubriques coutumières de Trash Times à l’entame du numéro ; celles qui font aussi l’ADN d’un zine, son gène essentiel : Trash Corner donc (les joies et les peines de l’actu), et Trash Compactor (les nouvelles fraîches en matière de zines, de BD et de livres, augmentées d’un chouette entretien avec Christophe Bier à propos de son dernier ouvrage, Pulsions Graphiques).
Bref, un panorama bigarré de cette subculture si précieuse au cœur de Guillaume, et qui assure à Trash Times la cohérence et l’originalité des meilleures feuilles de chou dans le « milieu ». (Contact : Trash Times, 24 rue Lecocq, 33000 BORDEAUX / trashtimes@bbox.fr)

David Didelot

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