Terreurvision numéro 6

Category: Fanzines Comments: 4 comments

L’habitude est prise désormais, et c’est une bonne habitude : depuis six ans déjà, le fantasticophile Nicolas François-Tholozan (Nico Tho sur les réseaux) compile et chronique les films de trouille sortis pendant l’année écoulée : Terreurvision autrement dit, ou votre rendez-vous avec la peur comme dit l’accroche. Belle reconversion quand on sait que Nico fut aussi le boss du fanzine Suspiria au début des années 2000 : les collectionneurs iront fouiller dans leur caverne… Terreurvision donc, un fanzine aux contours bien dessinés, à la ligne éditoriale claire et précise, qui ne souffre ni surprise ni déception puisqu’on sait où l’on marche et où l’on va : ici, pas d’obsessions bis ni d’improbables raretés, mais le panorama complet d’une année d’horreur et de frissons, soigneusement dressé par l’ami Nicolas.Inaugurée dans l’opus 5, la rubrique Enter the VOD ouvre le ban, sacrifiée à cette « nouvelle » manière de consommer du film via le monstre Netflix notamment. De belles surprises distribuées sur la plateforme, comme ce Watch Out joliment troussé… Puis vient le corps du zine, ces quelques 40 films passés au crible de la subjectivité la plus assumée : nous sommes souvent d’accord avec Nicolas (tableaux d’honneur à Ghostland), moins parfois (le surévalué Sans un Bruit), mais l’écriture absolument parfaite des chroniques fait chaud au cœur et aux yeux, tant l’ensemble se veut argumenté, éclairé, passionné et savant. Et puis surtout, Nico n’a jamais ce tic insupportable des gens blasés, sachant encore s’emballer après toutes ces années : la marque des hommes sincères, et des vrais amoureux du genre.

 

L’année défile donc en titres incontournables et en plus petites choses, en buzz immérités (Hérédité) et en trucs moins fameux qui eussent pourtant mérité meilleur sort critique. En cela, Terreurvision fait œuvre de salut public, mémento essentiel pour se rappeler les bonnes choses passées, les coups de bluff et les injustices… parfois réparées à la faveur d’une édition DVD/Blu-ray. En l’espèce, Nicolas n’en oublie donc pas les plus belles sorties qui scandèrent l’année 2018 : sous la toise, les beaux mediabooks ESC consacrés à la Amicus et les très chouettes coffrets Artus Films dévolus au cinéma gore de Lucio Fulci, sans oublier le fameux Jeu d’Enfant de Tom Holland (toujours chez ESC). Au final, se dessine une image de l’année passée, une couleur et un parfum : 2018, c’est le millésime du faux remake (Suspiria), de la sequel plutôt réussie (Halloween), de la suite méchamment ratée (Jurassic World : Fallen Kingdom) du spin-off moyen (La Nonne) et de la déception carabinée (Leatherface). Oui, encore une année à patrouiller dans le déjà-vu, à vadrouiller dans le prémâché et le déjà conçu. Heureusement qu’il y eut The Devil’s Candy, Le Rituel et le petit frenchie Cold Ground, found footage sympatoche dont le réalisateur est d’ailleurs interrogé dans le présent numéro. Comme le Belge Jonas Bloquet d’ailleurs, héros de La Nonne.
Bref, si la couverture a perdu de son épaisseur et de sa brillance (so what ?), et si le zine a très légèrement maigri (48 pages), Terreurvision fait toujours ce beau travail d’archives et de mémoire, qui propose une mise en page simple et carrée, très confortable à la lecture. Prions maintenant pour que Nicolas continue à éditer son fanzine sur papier (nous sommes du vieux Monde), et que l’année 2019 soit un peu plus riche d’originalité et de vraies surprises. (Contact : http://www.terreurvision.com/ : le zine est dispo au format PDF au prix de 3 euros, et en version papier au prix de 6 + 3,20 euros de frais de port).

David Didelot

4 comments to Terreurvision numéro 6

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>