RIP John Carl Buechler

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On n’arrête malheureusement plus la Faucheuse, depuis quelques années très (trop) occupée à venir labourer dans les champs du cinéma fantastique. Par manque de temps libre à ce moment-là, nous n’avions pas pu nous pencher sur les pertes de Dick Miller (Gremlins, Chopping Mall, Un Baquet de Sang) et Julie Adams (L’Etrange Créature du Lac Noir), et à peine ces mauvaises nouvelles réalisées que voilà le tour de John Carl Buechler. Pas une énorme surprise dans ce dernier cas, la communauté horrifique étant au jus que ce grand Monsieur des toutes petites productions était touché par le cancer du colon, son épouse ayant même tenté de lancer une campagne de financement pour ses soins. En vain, John s’étant éteint le 18 mars, à l’âge de 66 ans.

Malgré une interminable liste de crédits comme maquilleur ou faiseur d’effets spéciaux sur à peu près tout ce que la Série B d’épouvante a pu compter de sorties entre les années 80 et 2010, Buechler restera dans l’esprit des amateurs le réalisateur du septième Vendredi 13, Un Nouveau Défi. Un opus connu pour avoir mal vécu sa rencontre avec les cisailles de la censure, et donc le moins gore de toute la franchise, mais sauvé par un dernier acte dantesque voyant le vieux Jason se faire malmener par une blonde dotée de pouvoirs psychiques. Le boulot de réalisateur ne s’arrête cependant pas à son passage à Crystal Lake, John Carl étant aussi à l’origine de Troll, petite Série B fantasy souvent éclipsée par la suite frappadingue de Claudio Fragasso ; l’un des segments de la production Empire The Dungeonmaster ; le monster movie gentiment culte dans les milieux autorisés Cellar Dweller ; le troisième opus des Ghoulies, la saga qui sent la cuvette ; le thriller canin Watchers Reborn ; Deep Freeze et son gros cloporte des glaces ; le slasher sans le sou mais avec plein de vieilles trognes (Karen Black, Richard Lynch, John Phillip Law) Curse of the Forty-Niner ; le téléfilm Saurian avec Michael Paré ; le dinosaur flick The Eden Formula, avec Dee Wallace, Jeff Fahey et Tony Todd, le Candyman himself revenant ensuite chez Buechler pour The Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde. Le dernier film du John Carl, même si plusieurs autres projets étaient en développement avec sa présence à la barre. Avec une vingtaine de titres à son actif comme réalisateur, dont quelques pelloches pour les plus petits, Buechler pouvait néanmoins déjà être fier de son parcours en la matière.

C’est néanmoins surtout comme spécialiste des sfx sur des productions peu cossues que l’on se souviendra de lui, le bonhomme ayant livré bien des producteurs miséreux en gloumoutes généralement bien foutues. Quelques gros noms dans le lot, comme Re-Animator, Dolls, le quatrième et le sixième Freddy ou encore les Halloween 4 et 6. Mais le gros du taf de l’artiste se trouvait surtout dans la zone du direct-to-video, là où il croisa tant de fois Charles Band, Don Glut et Roger Corman, au fil des Mausoleum, Carnosaur et ses suites, Forbidden World, Dinosaur Island, le Piranha version 90’s, Eliminators, Trancers, The Mummy’s Kiss, Countess Dracula’s Orgy of Blood, Demonic Toys, Seedpeople… Et on en passe des dizaines, la liste étant trop longue pour que l’on se frotte à l’exhaustivité. Gageons que ces quelques exemples suffiront à pendre conscience à ceux qui ne connaissaient pas encore Buechler à quel point il fut important dans le milieu du fantastique à budget réduit. Inutile de dire que notre univers sera un peu moins joyeux sans lui…

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